Lords of Uncreation de Adrian Tchaikovsky

Suite, et fin, de la trilogie The Final Architecture, débutée avec Shards of Earth et se poursuivant avec Eyes of the Void, Lords of Uncreation répond aux questions de l’origine des architectes (titanesques vaisseaux vivants qui transforment des planètes habitées en étranges œuvres d’art) et de qui sont leurs maîtres.

Au début de ce dernier tome. une coalition réunissant différentes représentants des différentes espèces sentientes semblent sur la bonne voie de trouver un moyen de combattre et d’éliminer efficacement les architectes. La coalition a en effet accès à de vastes ressources, à un artefact ancien qui semble détenir la clef pour se rendre en unspace et détruite les architectes là où ils naissent et sont le plus vulnérables.

Alors quand une alliance contre nature vient priver la coalition de ses ressources tous semble s’effondrer. Mais c’est sans compter la volonté de l’équipage du Vulture God, séparé mais toujours volontaire, qui vont peu à peu trouver des solutions et permettre de mener le combat en unspace et peut-être découvrir la vérité sur les ennemis des espèces sentientes.

Lords of Uncreation conclut la trilogie comme elle l’a commencé avec un roman de space-opéra où l’aventure et l’action se taillent la part du lion. Les enjeux sont plus importants ainsi que les risques et les récompenses. Au final une trilogie qui, si elle n’a pas forcément les ambitions d’autres écrits de Adrian Tchaikovsky, est un space opéra haletant et bien mené.

City of Last Chances de Adrian Tchaikovsky

City of Last Chances est un roman de Fantasy, tirant un peu sur le Weird, de Adrian Tchaikovsky. L’action se déroule dans la cité de Ilmar qui a été conquis il y a quelques années par une puissance étrangère, les Palleseen. Ces derniers veulent rationaliser le monde et lutte activement contre les anciens dieux et les pratiques magiques locales (par exemple en confisquant les objets magiques qu’ils trouvent afin d’en extraire la magie pour la réutiliser dans du matériel standardisé).

La ville d’Ilmar se caractérise par la présence en son sein d’un bosquet qui sert, parfois, de passage vers d’autres mondes et d’un quartier maudit hanté par l’ancienne famille régnante de la ville. En Ilmar se trouve aussi un quartier d’immigrés mal considérés, une universités, des usines dont les machines sont actionnées par des démons, d’anciennes familles nobles tentant de retrouver de leur superbe et une pègre qui profite de tous ce qui se passe pour s’enrichir.

L’action de City of Last Chances débute par la mort d’un membre important de l’administration Palleseen et la perte d’une puissante amulette qu’il transportait. Cette amulette sera le MacGuffin du roman et le moteur de changement qui mèneront à un soulèvement populaire.

Le roman croise les points de vue de plusieurs personnages (un prêtre d’un dieu oublié, une étudiante, un mage en exil, un professeur d’université, etc.) dont les destins vont se croiser et se re-croiser pour forme la trame de l’histoire d’Ilmar.

City of Last Chances fait partie des très bons romans de Tchaikovsk, auteur prolifique dont les textes vont du très bon au « fait le job sans plus ».

Eyes of the Void de Adrian Tchaikovsky

Second tome de la trilogie The final Architecture (débutée avec Shards of Earth), Eyes of the Void débute peux de temps après la fin du premier tome. Le lecteur est toujours invité à suivre l’équipage du vaisseau de récupération « The Vulture God » dont les allégeances ont évolués depuis le premier roman.

En effet, le vaisseau et son équipage sont plus ou moins maintenant avec la force militaire « le Parthénon » et Idris, l’intermediary (capable de parcourir l’espace entre les systèmes sans passer par les voies existantes), les aides à développer leur propre intermediaries. Pendant ce temps les architectes continues à détruire des mondes et s’attaquent maintenant à des mondes qui étaient « protégés » par des ruines des Originators, une race ancienne maintenant disparu. Le tout alors que dans la sphère humaine des tensions de plus en plus fortes la dirige vers une guerre interne.

Quand Idris est enlevé, le reste de l’équipage du « Vulture God » se lance à sa recherche, mais Idris va peut-être découvrir l’origine des architectes et plus encore.

Eyes of the Void est un second tome fort sympathique de space opera, j’admet être curieux de connaitre la fin de la trilogie.

Shards of Earth de Adrian Tchaikovsky

Premier tome d’une trilogie de space opera (The final Architecture), Shards of Earth se déroule dans un futur où l’humanité a essaimé dans l’espace et pris contact avec d’autres races / civilisations extraterrestres. Le voyage plus vite que la lumière est possible en passant dans un espace n’appartenant plus à la réalité. Ses voyages se font le long de « route » laissée par une civilisation disparue depuis des éons et dont des ruines se trouvent sur certaines planètes.

Il y a cinquante ans de gigantesques vaisseaux sont apparus et ont transformé des planètes habités, dont la Terre, en œuvres d’art modifiés au niveau atomique. Ainsi a débuté la guerre avec les Architectes. La guerre s’est terminée lorsque des humains modifiés, qui peuvent naviguer le non-espace, ont réussi à communiquer avec les Architectes en leur envoyant un message : « Nous sommes là et vous nous faites mal ». Les Architectes sont partis et des tensions existent entre deux entités humaines, dont l’une est un groupe de femmes nées de manipulations génétiques et qui ont servis de soldat lors de la guerre.

L’une d’entre elle a passé une partie importante du temps depuis la fin de la guerre en suspension et est chargée maintenant de retrouver Idris, un des hommes ayant permis la fin de la guerre et dont les capacités hors normes sont convoités par sa faction. Il travaille maintenant sur vaisseau de récupération et est l’une des rares personnes ayant la capacité de voyager entre les étoiles hors des « routes » qui est libre. Rejoignant son équipage, elle se retrouve prise dans une tourmente politique et militaire lorsque le vaisseau de récupération et son équipage découvre un vaisseau qui a visiblement croisé récemment le chemin d’un Architecte…

Entre factions militaires, pègres et empire extraterrestre la découverte des récupérateurs intéresse beaucoup de monde et pourrait éclairer le passé et le futur…

Adrian Tchaikovsky propose ici un space-opéra plein de bruits et de fureurs, dont les personnages vont de rebondissement en rebondissement et qui ouvre un univers et de mystères à résoudre dans le reste de la trilogie.

Bear Head de Adrian Tchaikovsky

Bear Head est une suite au sympathique Chiens de guerre. Ce second roman se déroule plusieurs décennies après le premier tome et alterne entre la Terre et Mars.

La situation géopolitique et sociétale a changer depuis la fin de Chiens de guerre; les animaux provolués (uplift) ont obtenu des droits et une certaines protections (il est par exemple interdit de leur implanté une hiérarchie pour les contrôler sans leur autorisation) mais leur statut reste précaire. La colonisation de Mars a débuté avec l’aide de travailleurs modifiés pour survivre dans un environnement extrême. Les formes d’intelligence distribuées (càd repartie entre plusieurs individus) sont par contre interdites et traquées. C’est notamment le cas de Bees, l’essaim d’abeilles intelligent, qui, après avoir aidé au début de la colonisation martienne, est devenu une sorte de grand méchant épouvantail.

C’est dans ce contexte que le lecteur suit. sur Mars, Jimmy Marten un travail humain modifié qui, pour gagner un peu d’argent illégalement, prend en charge dans son implant cérébrale des données de contrebande. Pour sa malchance ces données sont la personnalité de Honney (une ourse provoluée déjà présente dans Chiens de guerre) qui est sur Mars pour retrouver Bees et mettre fin aux agissements dangereux d’un politicien.

Sur Terre le lecteur suit à la fois les souvenirs de Honney qui explique comme elle arrive à la situation au début du roman et l’expérience de l’assistante de Warner S. Thompson, le politicien en question, qui a été privée de son libre arbitre et doit tout faire pour satisfaire son sociopathe de patron…

Feydrautha analyse le roman bien mieux que moi sur bon blog pour ceux qui en veulent plus. Mais comme lui je trouve ce second tome plus fouillé et abouti que le premier; Bear Head propose une réflexion sur les droits humains et des créatures pensantes et sur les dangers que posent une certaines évolutions possibles de la technologie.

The doors of Eden de Adrian Tchaikovsky

The doors of Eden est un court roman d’action où Tchaikovsky s’attaque au thème des mondes parallèles. Le lecteur est invité à suivre la trajectoire de plusieurs personnages qui finissent par se croiser : Lee et Mal deux jeunes anglaises partageant une passion pour la cryptozoologie et dont l’une a disparu dans un ailleurs étrange, la génie mathématique trans Kay Amal Khan, les agents du MI-5 Julian et Alison, le richissime entrepreneur Rove et son tueur Lucas.

Tous ses personnages se retrouvent pris dans une intrigue qui les mènent à tenter de sauver l’ensemble des univers, passant d’un monde à un autre, découvrant au passage des évolutions différentes de la vie et d’autres intelligences.

The doors of Eden est bien écrit et sympathique à lire. Une fois cela dit il faut aussi ajouter qu’il s’agit avant tous d’un court roman d’aventure dont la toile de fond et l’existence de mondes parallèles. Ici c’est donc l’action et l’aventure qui prime, l’évolution des différentes intelligences entre les différentes mondes est réfléchi et agréable à lire mais cela reste une toile de fond pour le récit d’actions. Pris dans ce sens c’est un sympathique roman qui se laisse lire avec plaisir.

L’avis de Gromovar et FeydRautha

Chiens de guerre

Le futur proche, après avoir tenter d’utiliser des robots et IA pour faire la guerre, les états ont choisis les bioformes, animaux modifiés pour combattre.

Au Yucatan Rex est un bon chien, à la tête d’un escadron expérimental, car composé de plusieurs animaux (un ours, un essaim d’abeilles et un crocodile), il combat pour son maitre les ennemis. Rex est un bon combatant, un bon leader, un bon chien, il sait comment rendre son maître heureux.

Alors quand il se retrouve coupé de son maître, à même de prendre ses propres décisions et que son maître tente de cacher des crimes de guerre tous change pour lui…

Chiens de guerre débute comme un roman de guerre narré par Rex, avec certains passages donnant voix à d’autres protagonistes, pour évoluer vers un roman qui décrit une singularité possible : l’émergence et l’acceptation ou le rejet par l’humanité d’intelligences autres.

Dans ce sens Chiens de guerre est un roman très malin, bien construit et qui sur une proposition « simple » développe une réflexion sur l’intelligence. Il a en plus le mérite de ne pas s’étendre sur des pages et des pages. Audio lu en VO, la version française sort ces jours chez Lunes d’encre.

Children of ruin

Lorsque j’ai appris que Tchaikovsky allait sortir une suite à l’excellente Children of time, je dois admettre que j’étais un peu sceptique. Le roman était en effet excellent et se tenait en lui même. C’est donc avec curiosité, et un peu d’appréhension, que j’ai débuté mon écoute de la version audio de Children of ruin. Arrivé à la fin de ma lecture, force est de constaté que ce deuxième opus est tout aussi bon que le premier.

S’intéressant à l’expédition humaine-araignée qui part à la recherche d’autres intelligences dont les faibles signaux ont été capté dans notre galaxie, le roman se concentre sur le premier atteint par l’expédition; là, un petit groupe d’explorateurs / ambassadeurs s’avance dans le système pendant que le vaisseau principal reste à l’extérieur celui-ci.

Ils découvriront un système ou deux planètes habitent la vie : une vie totalement alien et parasitaire sur l’une et des poulpes rendus intelligents par un membre d’une équipe de terraformation humaine de l’ancien Empire (celui qui s’est effondré). La rencontre entre ces différentes entités intelligentes se ferra dans la douleur risquant de déraper en guerre à tout moment.

Children of ruin alterne la narration de l’expédition découvrant le système et des flashbacks sur le passé de celui-ci, donnant ainsi un aperçu de l’évolution des formes d’intelligences qui s’y trouvent.

Children of ruin est une vrai réussite proposant à la fois une intelligence autre et une société de céphalopodes hautement avancées en étant dans un état d’anarchie quasi permanent.

Gromovar, Anudar, Feyd Rautha en parlent aussi.

The Hyena and the Hawk

Dernier tome de la trilogie de Echo of the Fall (les chroniques du tome 1 et du tome 2 sont déjà sur le blog) The Hyena and the Hawk narre la confrontation entre deux mondes : celui des « hommes » qui ont plusieurs âmes et peuvent prendre une forme animal et ceux des « plague people » qui ont forme humaine mais sont creux et détruisent tous sur leur passage.

Pour les différents protagonistes des deux premiers tomes débutent une course contre la montre pour tenter d’empêcher la fin de leur monde. Marqué par la rencontre des deux armées du Nord et du Sud sur des plaines ravagées le roman narre une guerre qui semble perdu alors que d’anciens secrets refont surface….

Difficile d’en dire plus; le lecteur ayant apprécié les deux premiers romans ne pourront qu’apprécier la conclusion bien mené de cette trilogie. Une mention particulière pour les descriptions des « plague people » qui semblent tous le long au lecteur familier tout en étant profondément étrange.

The Bear and the Serpent

Second tome de la trilogie débuté par The Tiger and the Wolf, The Bear and the Serpent débute peu de temps après la fin du premier tome.

Il suit deux arcs narratifs, l’un se déroulant dans le Nord, l’autre dans le Sud.

Dans le Nord, l’arrivée des « pale shadows » sur les côtes représentent un danger qui demande l’unification, même temporaire, des divers tribus. C’est donc les ours qui s’y colle, et principalement un ours solitaire et puissant (déjà croisé dans le premier tome). Le lecteur suit donc ses tentatives d’unification et la découverte de la menace venus d’au delà les mers…

Dans le Sud, Maniye Many Tracks, ayant réconcilié ses deux âmes et devenue championne, se retrouve plonger dans une guerre de succession entre un frère et une sœur. Le clan du serpent étant lui même divisé sur qui doit acceder au trone. Fuyant des assassins, ses pérégrinations vont la mener dans plusieurs endroit du royaume du sud, pendant que, dans l’ombre, des révélations impliquant le serpent et le futur du monde lui même se trame.

The Bear and the Serpent est une Fantasy toujours aussi agréable à lire, qui a les même défauts et forces que le premier tome : une écriture interessante, un monde orignal et bien construit, et quelques longueurs.