Désirer la violence de Chloé Thibaud

Désirer la violence, ce que la pop culture nous apprend à aimer de Chloé Thibaud est un essai qui analyse les œuvres de pop culture (cinéma et séries principalement) en se posant la question de ce qu’elles présentent comme désirable et normal. L’essai est centré sur les femmes et donc sur les comportements et situations qui le concernent (que cela soit des attentes sur leurs comportements ou sur le comportement des hommes à leur égare).

L’idée sous-jacente est que même si les individus ont, bien entendu, leurs libres arbitres, la pop culture définit quand même des attentes et des possibilités qui vont rendre des choses désirables ou envisageables.

Les différents chapitres de Désirer la violence discutent chacun d’un aspect des imaginaires créés : la question des attentes sexuels (baisers volés, actes sexuels forcés, consentement, etc.), les relations homme-femme (bad boy, attentes dans une relation, manipulation, masculinité toxique, etc.), les violences conjugales, les violences sexuelles, les féminicides, la vengeance et la violence.

Désirer la violence, ce que la pop culture nous apprend à aimer est un essai super intéressant, bien écrit et agréable à lire. Il poste, je trouve, d’excellentes questions et proposent des pistes de réflexions pour réfléchir sur la culture que nous consommons et ce qu’elles ouvrent ou ferment de possibles.

The Mountain in the Sea de Ray Nayler

The Mountain in the Sea se passe dans un futur pas trop lointain, sur Terre ravagée par les catastrophes écologiques et le capitalisme.

Le roman suit plusieurs protagonistes dont les destins se croisent autours d’une île, réserve écologique, sous le contrôle d’une méga-corporation, DIANIMA, et qui abrite un androïde dont l’intelligence semble être consciente.

Le lecteur suit le Dr. Nguyen qui se retrouve sur l’île afin d’étudier la communauté de poulpes dans ses eaux qui a développer une société, une culture, et donc une intelligence plus que animale. Il suit aussi un hacker russe de renom qui travaille à percer les défenses d’une IA comme il n’en a jamais vu. Le lecteur s’attache aussi au pas d’un homme capturé pour travailler, comme esclave, sur un bateau de pêche industrielle contrôlé par une IA.

The Mountain in the Sea est un roman intéressant à lire qui construit un monde comme le notre un peu plus loin dans le futur et qui interroge nos relations avec les IA et pose une réflexion sur ce qu’est la sentience.

Si l’audio-lecture du roman m’a plus, arrivé à son terme je trouve qu’il vaut plus la peine pour le voyage que pour la destination; une fin donc un peu décevante pour un bon roman.

Phallers de Chloé Delaume

Court roman de lecture facile et rapide, Phallers se déroule dans une France du futur très proche dans laquelle des femmes se retrouvent avec le pouvoir de faire exploser les pénis.

Le roman suit le parcourt de Violette, une ado de dix-sept qui se retrouve un beau jour avec ce pouvoir et rejoint un groupe de femmes l’ayant aussi et qui décide d’utiliser ce pouvoir pour envoyer un avertissement aux abuseurs et violeurs.

Phallers déroule alors une histoire rocambolesques faite d’anecdotes, assez sordides mais réelles, sur la culture du viol et la masculinité toxique, et de situation d’explosions de pénis assez cathartiques avec un groupe d’hommes « qui sont des vraies hommes » en guise d’antagonistes.

Pax Elfica : Le Lanternier de Pierre Grimbert

Pax Elfica est une campagne de jeu de rôle, de type bac à sable, se déroulant dans une ville de Fantasy qui, après avoir subit le jouge d’un puissant nécromant, a été libéré par les elfes de la grande forêt qui ont décidé de rester et font respecter la « Pax Elfica ».

Le roman de Pierre Grimbert se déroule avant la campagne de jeu de rôle et n’effleure pas les grands secrets de cette dernière. Le roman peut-être ainsi à la fois lu comme une introduction à la campagne ou comme un fort sympathique roman de Fantasy. Le lecteur connaissant la campagne, où la jouant après coup, croisera nombre de personnages qui font le sel de cette dernière.

Le roman en lui même se concentre sur Tolan Dunkar, un nain, lanternier de profession (et donc un des rares habitants pouvant sortir la nuit lors du couvre-feu) qui tombe nez à nez, lors d’une de ses tournées, avec un jeune homme sortant d’un arbre et qui semble venir de sept ans dans le passé alors que le nécromant contrôlait encore la ville et au moment ou une mystérieuse sylve elfique a poussé d’un coup dans un quartier.

Débute alors pour Tolan, sa bouchère d’épouse, le jeune homme et une halfline architecte une course contre la montre pour comprendre qui est le jeune homme et déjouer la suspicion d’un inspecteur elfe très zélé.

Le texte de Pierre Grimbert est bien écrit et se lit avec plaisir.

Children of Memory de Adrian Tchaikovsky

Troisième, et pour le moment dernier, tome de la série Children Of, Children of Memory se déroule dans la continuation des deux premiers romans et suit une équipe d’explorateurs de la super civilisation formée par une partie des survivants de l’humanité, des araignées et des poulpes intelligents, une entité capable d’absorber la mémoire de ceux qu’elles rencontrent, une IA basée sur une ancienne scientifique terrienne (enfin une de ses nombreuses instances) et, nouveauté, d’une paire de corvidés peut-être sentients.

L’histoire se déroule sur une planète partiellement terraformée et où un vaisseau arche du reste de l’humanité s’est installée, formant une petite communauté survivant avec difficulté dans la peur de l’arrivée d’étrangers qui leur en voudrait. Insérés dans la communauté, les explorateurs mènent une mission d’anthropologie en se demandant si se révéler et intervenir. Dans le même temps, une jeune adolescente de la communauté recherche son grand-père, un des fondateurs de la colonie, capitaine du vaisseau arche, qui est supposément mort depuis de nombreuses années. Et tout cela alors que dans la forêt, une sorcière et ses familiers rôdent…

Mais la vie dans la colonie a des incohérences chronologiques, et la vie de la colonie semble recommencer et se dérouler de manière différente, mais toujours les tensions, les incohérences, la sorcière et ses familiers…

Tchaikovsky propose avec Children of Memory une réflexion sur la mémoire, la réalité qui si la révélation finale peut sembler un peu facile, reste bien construite et plaisant à lire. Moi j’ai bien aimé (mais les thématiques abordées me parlent).

La Maison des Soleils de Alastair Reynolds

Audio-lu en VO, La Maison des Soleils est un roman de science-fiction et d’aventure de Alastair Reynolds. Elle a une sorte de prequel / introduction sous la forme de la novella La Millième Nuit que je conseille fortement de lire car elle permet de contextualiser le cadre dès le début du roman.

Ce dernier se déroule dans un futur où l’humanité a colonisé notre galaxie, il la partage avec des machines pensantes qui ont émergé durant la colonisation. Si la plupart des civilisations galactiques vivent et meurent au fil du temps, les lignées, elles, parcourent inlassablement la galaxie et ses membrent se retrouvent à intervalle régulier (tous les deux cent milles ans) afin de partager leurs expériences.

La Lignée Gentiane est composé de mille clones, avec des variations génétiques, qui, initialement, ont tous eu la mémoire de la même personne. Cela fait maintenant près de six millions d’années que cette lignée parcourt la galaxie à la découverte des civilisations qui la composent. A l’approche de la trente-deuxième réunions, deux membres de la lignée (en couple) Campion et Purslan sont en retard. Cela va leur sauver la vie alors que la lignée est attaquée et presque décimée.

Se pose alors de la question de qui sont les agresseurs et surtout pourquoi la lignée est-elle devenue une cible. Le roman se développe en suite afin de répondre à ses questions tout en explorant le passé de la Lignée.

La Maison des Soleils est un roman fort bien écrit et bien mené par un écrivain dont la science-fiction est toujours bien construite et intéressante à lire.

Tower of Silence de Larry Correia

Quatrième tome de la Saga of the Forgotten Warrior, Tower of Silence de Larry Correia poursuit le récit de Ashok Vadal, et reprend là où le tome 3 s’était terminé.

Ashok est donné pour mort et récupère de ses blessures sur l’île isolée (et de facto rebelle) de Fortress. Alors que sur le continent les rebelles tentent de résister comme ils le peuvent à l’ordre donnée par la capitale d’éliminer l’ensemble des sans-castes.

Le roman voit donc les plans de plusieurs protagonistes avancés alors que la menace d’une invasion de démon venus des océans semblent devenir de plus en plus une réalité. Le lecteur découvre que la magie des « anciens » ressemblent de plus en plus à de la technologie et que leurs plans s’étendent au delà de leur disparition.

Tower of Silence est un roman efficace et agréable à lire, comme pour le tome précédent : la suite, la suite !

Migrant de Marina & Sergueï Diatchenko

Troisième, et dernier tome, du triptyque (dont chaque tome se lit de manière indépendante) inspiré des Métamorphoses d’Ovide, Migrant de Marina & Sergueï Diatchenko se présente comme un space-opéra classique, presque « à l’ancienne ».

Adreï Stroganov se retrouve, un beau jour, émigrant sur une planète extraterrestre, quelque part très loin dans le passé. Il n’a pas souvenir d’avoir demandé un visa d’émigration au Bureau universel de migration, mais une partie de sa vie futur était le prix de visa.

Vivant maintenant sur une planète où les habitants vivent en harmonie avec la nature et tous les besoins de base sont donnés, Andreï découvre que les habitants sont divisés entre citoyens de plein droit et assistés. Bien que pouvant vivre une vie comblée comme assisté, et malgré le fait qu’aucun humain, et migrant, n’ait jamais pu passer le rude teste permettant d’être citoyen, Andreï décide de tenter le test.

Débute alors une épreuve qui lui fera découvrir la vraie nature de la planète sur lequel il vit désormais et interroger la manière dont la réalité existe et se construit.

Il y a dans Migrant un petit côté « old-school » qui plaira à certain et en ferra fuir d’autre. Sans être un chef-d’œuvre, je dois dire que je me suis laissé petit à petit porté par ce roman fort bien écrit et intéressant.

Le Consentement de Vanessa Springora

Récit autobiographique, Le Consentement raconte comme V. (l’autrice) s’est retrouvée, à l’âge de 13 -14 ans, à devenir l’amante de G. (Gabriel Matzneff) un homme de plus de trente ans son ainé (et écrivain à succès qui ne cachait pas son penchant pour les très jeunes filles).

Le Consentement fait le récit glaçant de l’emprise que cet homme avant sur cette jeune femme en décortiquant la manière dont leur « histoire » a pu naitre, s’est développé et s’est finalement terminée. L’autrice montre bien que, à cet âge-là, de consentement, il n’y en a justement point. Elle montre également les mécanismes d’emprise utilisé par Matzneff pour maintenir près de lui des jeunes filles bien trop jeunes.

House of Flame and Shadow de Sarah J. Maas

Troisième, et dernier, tome de la série Crescent City, House of Flame and Shadow conclut la trilogie dans un déluge de pouvoirs et de révélations.

Débutant juste après le tome précédent, House of Flame and Shadow suit les trajectoires des différents protagonistes : Bryce Quinlan se retrouve sur le monde d’où sont originaires les Fays et va découvrir la véritable histoire de son peuple, Hunt Athalar et deux de ses compagnons sont prisoniers des Asteris, d’autres encore sont à Crescent City et tente de survivre comme ils peuvent à la lutte des Asteris pour asservir encore d’avantage les peuples de Midgard.

Le roman va de révélation en révélation et augmente à chaque fois les pouvoirs de ses protagonistes jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de se mesurer aux parasites millénaires que sont les Asteris.

Si on accepte les prémisses de ce type de roman d’Urban Fantasy croisé avec la Romantasy (la grande majorité des protagonistes ont des physiques de modèles, les hommes sont des mâles et les femmes de femelles, ils s’aiment d’un amour marqué par le destin, il y a quelques scènes de sexes crues, etc) et qu’on se laisse porté par l’histoire, la trilogie de Crescent City est dans là-haut du panier. Je la trouve relativement bien écrite, agréable à lire et avec la construction d’un monde très intéressant. Mon seul regret sur ce dernier tome, est l’absence d’un vrai développement du monde d’où sont originaires les Fays ; l’action s’y déroulant prenant place principalement dans des zones non peuplées.