Slaying the dragon de Ben Riggs

Slaying the dragon a secret history of dungeons & dragons est une enquête sur les coulisses de la création et de l’évolution de l’entreprise qui a sorti le premier jeu de rôle. Ben Riggs retrace, à l’aide de nombreux interviews qu’il a menés et documents qu’il a consultés, l’histoire de TSR (l’éditeur de D&D) de ses débuts en 1974 à son rachat par Wizards of the Coast en 1997.

Difficile de résumé en détail l’histoire de TSR ici présentée mais Riggs met en évidence certains errements de la direction de TSR tout en montrant aussi le foisonnement créatif et l’apport de cette entreprise aux jeux de rôle et à la culture populaire.

Slaying the dragon se lit avec gusto et éclaire de manière extrêmement intéressante l’histoire de D&D et du jeux de rôle. A titre personnel j’aimerai énormément un ouvrage similaire traitant de la période 1997 à nos jours.

Locklands de Robert Jackson Bennett

Troisième et dernier tome de la trilogie débutée avec Les Maîtres enlumineurs, Locklands se déroule plusieurs années après le second tome.

Les enjeux et le décors de ce dernier opus sont bien plus larges; l’auteur quitte la cité de Tevanne pour le vaste monde. Et le monde est en danger. L’entité enluminée pensante qui est né à la fin de Shorefall mène une guerre de conquête totale en transformant en esclave l’humanité. Seul deux forces semblent capables de lui tenir tête : le premier des Hiérophantes et la bande de Sancia, Berenice et Clef qui forme maintenant une nation nomade dont les membres sont liés par des enluminures.

Mais lorsque le premier des Hiérophantes est capturé par leur ennemi commun, Sancia, Berenice et Clef n’ont d’autre choix que de lancer une expédition presque désespérée au cœur des territoires qu’il contrôle afin de libérer et de tenter d’empêcher la réalité même d’être modifiée de manière définitive.

Locklands est une conclusion satisfaisante et haletante a une Fantasy qui, tome après tome, devient de plus en plus science-fictionnelle. Après, même si j’ai beaucoup apprécié ma lecture, je trouve que ce dernier opus perd en qualité et originalité ce qu’il gagne en enjeux et gravité.

The Veiled Throne & Speaking Bones de Ken Liu

Fin de la trilogie, devenue tétralogie avec le dernier tome séparé en deux gros volumes , de la Dynastie Dandelion The Veiled Throne et Speaking Bones continue l’histoire multigénérationnelle des îles de Dara. Les romans reprennent quelques temps après The Wall of Storms et se déroulent sur deux continents.

A Ukyu-Gondé, la princes Théra tente de rallier les tribus rebelles contre les Lyucu avec comme objectifs d’empêcher le lancement d’une flotte pouvant apporter des renforts aux forces lyucu qui occupent une parte de Dara. Le chemin vers la victoire est ardus et passe pas de nombreuses déconvenues et la découverte d’une culture profondément différentes.

En Dara une paix fragile règne entre les Lyucu qui ont conquis deux des îles/royaumes de Dare et le reste de l’Empire. Ici l’intrigue se scinde en plusieurs fils qui suivent ce qui se passe dans les îles occupées, à la cours et dans une des villes de l’Empire. Le lecteur est invité à suivre plusieurs jeunes gens qui seront au cœur des changements qui viennent.

Difficile de résumer cette énorme fresque peinte par Ken Liu. En effet, la tétralogie s’étend au final sur plusieurs dizaines d’années d’histoire de Dara, sur deux continents et en suivant plusieurs personnages. Liu mêlent également l’Histoire avec la petite histoire des gens du peuple. Ce qui ressort quand même c’est une tétralogie passionnante et bien écrit par un auteur « ingénieur » qui met au centre de ses intrigues l’innovations techniques, la résolution par les protagonistes de l’histoire problèmes via l’ingéniosités, la réflexion et la technique. C’est également une histoire qui prend en compte les éléments culturels et la manière dont les gens réagissent et s’adaptent (ou non) aux cultures différentes, au progrès techniques et à l’innovation.

Le Chien du Forgeron de Camille Leboulanger

Un conteur dans une auberge régale son auditoire de l’histoire de la vie, et la mort, du plus grand héros celte, qu’il a lui même connu : Cuchulainn, surnommé le Chien du Forgeron.

Débute alors un récit qui retrace sa naissance (serait-il le fils d’un dieu ?), sa jeunesse, ses premiers faits de gloire et les quêtes qu’ils mènent avec ses compagnons; mais aussi sa défiance du haut roi, sa soif de reconnaissance, sa rage….

Camille Leboulanger retrace et réécrit avec une très belle plume la légende de Cuchulainn en montrant que les hauts faits d’un héros sont interprétés dans sa légende. Car, au final, l’histoire de Cuchulainn c’est avant tous celle d’un homme enfant à qui le monde doit tous et qui ne sait avoir de limite; c’est l’histoire d’un homme qui se croit supérieur à tous, et surtout supérieur aux femmes. Bref Le Chien du Forgeron est un très bon roman que j’ai pris grand plaisir à lire.

Noon du soleil noir de L. L. Kloetzer

Roman de Sword & Sorcery inspiré du cycle des épées et de Sherlock Holmes (enfin c’est mon sentiment personnel après lecture), ce roman de L. L. Kloetzer met en scène, sous la plume de Yors, un ancien mercenaire, les aventures / enquêtes de Noon du soleil noir, puisant sorcier qui s’installe un beau jours dans la plus grande cité du monde, La Cité de la toge noire.

Yors, tel un docteur Watson, lui sert de guide et d’associé dans son entreprise de vendre ses services de sorcier aux habitants de la cité. S’en suit plusieurs enquêtes de Noon et Yors à travers la cité qui met en évidence que plusieurs forces occultes la traversent.

Noon du soleil noir est un roman fort bien écrit et très sympathique à lire. J’espère qu’il y aura d’autres aventures / enquêtes de Noon et Yors car j’ai pris beaucoup de plaisir à ma lecture.

Flamboyance de Mathieu Gaborit

Second tome du deuxième diptyque sur Abyme, Flamboyance, après La cité exsangue, débute là où le tome précédent c’est terminé.

La cité d’Abyme tel qu’elle a existé pendant longtemps, décadente, flamboyante, excentrique, est sur le point de disparaitre. Menacée par une prise de pouvoir interne et par des intérêts religieux externes, la ville subit de plein fouet un coup d’état sanglant et moralise. C’est dans ce contexte que le vieillissant Maspalio, ancien prince-voleur et conjurateur, court dans la cité pour tenter de donner une sépulture digne à son amour de jeunesse et comprendre ce qui se trame vraiment. En parallèle sa fille, dont il ignorait même l’existence, lute pour sa survie et celle de ses amis…

Avec ce final flamboyant Mathieu Gaborit détruit, pour mieux la reconstruire, la cité d’Abyme. Une fin fort intéressante pour un cycle débuté au siècle dernier.

Eyes of the Void de Adrian Tchaikovsky

Second tome de la trilogie The final Architecture (débutée avec Shards of Earth), Eyes of the Void débute peux de temps après la fin du premier tome. Le lecteur est toujours invité à suivre l’équipage du vaisseau de récupération « The Vulture God » dont les allégeances ont évolués depuis le premier roman.

En effet, le vaisseau et son équipage sont plus ou moins maintenant avec la force militaire « le Parthénon » et Idris, l’intermediary (capable de parcourir l’espace entre les systèmes sans passer par les voies existantes), les aides à développer leur propre intermediaries. Pendant ce temps les architectes continues à détruire des mondes et s’attaquent maintenant à des mondes qui étaient « protégés » par des ruines des Originators, une race ancienne maintenant disparu. Le tout alors que dans la sphère humaine des tensions de plus en plus fortes la dirige vers une guerre interne.

Quand Idris est enlevé, le reste de l’équipage du « Vulture God » se lance à sa recherche, mais Idris va peut-être découvrir l’origine des architectes et plus encore.

Eyes of the Void est un second tome fort sympathique de space opera, j’admet être curieux de connaitre la fin de la trilogie.

House of Sky and Breath de Sarah J. Maas

Second tome de la série Crescent City (après House of Earth and Blood), House of Sky and Breath se déroule peu de temps après le premier tome.

Centré également sur les mêmes personnages que le premier tome, le roman montre leur évolution : Bryce Quilan est maintenant devenu très puissant et Hunt Athalar conserve son poste à la police de la ville mais maintenant en tant que ange libre. Ils tentent de vivre une vie de couple sans faire de vague car les Asteri (les puissants dirigeants de Midgard) leurs ont très clairement fait comprendre que leurs survies et celles de leurs proches dépend de cela.

Mais c’est sans compter sur l’arrivée, clandestinement, d’un réfugié du continent voisin où une rébellion des humains contre les créatures magiques fait rage, et des anciens « collègues » de Hunt, des bruts dangereuses. Sur ces prémisses, Sarah J. Maas développe un roman riche où de nombreuses intrigues se croisent et se mélangent dans un jeu de faux semblants.

Au final, Bryce, Hunt et leurs amis vont se retrouver au centre de plusieurs secrets qui remontent aux Asteri même. La fin du roman propose d’ailleurs plusieurs révélations et un twist qui m’ont particulièrement surpris; j’attend maintenant le tome suivant avec grande impatience.

House of Earth and Blood de Sarah J. Maas

Premier tome de la série Crescent City, qui se déroule dans la ville éponyme, House of Earth and Blood est un roman d’Urban Fantasy proposant une intrigue très intéressante dans un monde qui l’est tout autant, avec une forte dose de romance et soupoudré de « light porn ». Dis comme cela le pitch ne fait peut-être pas vraiment envie, mais l’autrice créé un monde riche et prenant.

Le roman se déroule sur Midgard, une planète / monde qui pourrait être le notre si ce n’est que, il y a plusieurs siècles, des créatures fantastiques et magiques l’ont colonisée et conquise. Les humains sont ainsi des citoyens de seconde zone (car ils ne maitrisent pas la magie) alors que anges, fayes, garous, tritons, sorcières et autres forment les vraies citoyens de Midgard. La planète est dirigés par un conseil d’archanges, les Asteris, et se trouve sous les menaces de démons qui peuvent y être invoquée et d’une rébellion humaine sur l’un de ses continents.

House of Earth and Blood débute avec la présentation de deux protagonistes : Bryce Quinlan, une demi-faye (humaine par sa mère, faye par son père qui est le dirigeant des fayes de Crescent City) et Danika Fendyr, la petite fille de l’Alpha des loups-garous de la cité, une jeune femme dont tous le monde dit qu’elle a le potentiel pour devenir l’Alpha de tous les garous de Midgard. Les deux jeunes femmes vivent une vie fait de fête de d’insouciance; vie qui se retrouve changée lorsque Danika est brutalement assassiné avec l’ensemble de sa meute. A ce moment là le roman fait un bon de quelques années, et suit Bryce alors qu’elle se retrouve à devoir enquêter sur une série de meurtres qui semblent lié à celui de son amie. Elle doit faire équipe avec un ange, Hunt Athalar, qui « travail » dans la police (il est en fait un esclave qui avait mené une rébellion contre les archanges et qui doit servir le gouverneur de la ville). Débute alors une enquête qui va changer leur vie et les mener a mettre à jours de nombreux secrets et complots.

House of Earth and Blood est un roman dense ou tous les protagonistes sont jeunes, beaux, sexy, baisables…. Mais le mélange entre romance/porn Fantasy et Urban Fantasy est somme toute plutôt bien fait et aussi bien l’intrigue que la construction d’univers sont brillants. Bref j’ai adorré.

Las cosas que perdimos en el fuego de Mariana Enriquez

Les onze nouvelles fantastiques, se déroulant en Argentine, qui forment le recueil Las cosas que perdimos en el fuego sont autant d’uppercuts qui frappent le lecteur.

Les différentes nouvelles ont plusieurs point en commun : récit court, baignant dans le fantastique, ayant souvent un protagoniste féminin, se terminant abruptement sans donné d’explications ou d’épilogues.

Las cosas que perdimos en el fuego forme donc un recueil où la violence du quotidien rencontre le fantastique de manière crus et violentes. C’est un recueil qui fouille dans ce cas l’humanité a de plus sombres et qui le fait bien. Les lecteurs de Notre part de nuit retrouveront même ici la visite d’une maison hantée qui est une version plus ancienne d’une scène retravaillée du roman.