Les Maîtres enlumineurs de Robert Jackson Bennett

Premier tome d’une trilogie, Les Maîtres enlumineurs de Robert Jackson Bennett sort chez AMI (si le COVID ne retarde pas à nouveau sa parution) en français courant mars, mais j’ai déjà pu l’audio-lire en VO (sous le titre Foundryside).

Présenté par certains, avec une certaine justesse,  comme un roman Cyberpunk déguisé en roman de Fantasy, Les Maîtres enlumineurs s’attache au pas de Sansia, une ancienne esclave dans des plantations, un sujet de laboratoire aux pouvoirs limités (elle sent les objets) et surtout voleuse talentueuse dans la cité de Tevanne (le “centre” du monde).

Le monde développé par Jackson Bennett est commandé par les maisons marchandes qui, depuis la cité de Tevanne, ont conquis peu à peu leurs voisins. Le “secret” de leurs puissances : des objets enluminés (“scrived”) avec une écriture magique qui change leurs réalités (des épées se croient plus rapide, des murs plus solides, des flèches plus rapides, etc.). Cette écriture est dérivée d’une écriture plus ancienne dont les gens savent peu de chose sinon que ses inventeurs auraient eu des pouvoirs quasi-divins.

Lorsque Sansia se retrouve a voler un artefact ancien, une clef, elle se retrouve projeté dans des intrigues qui la dépassent. Pour sauver sa vie, Sansia va devoir découvrir ce qui se cache derrière des manigances des puissants et découvrir, au passage, des secrets dangereux…

Les Maîtres enlumineurs propose effectivement une intrigue digne d’un roman Cyberpunk mais dont la technologie se manifeste sous la forme d’une écriture magique logique. Ce premier tome est une vraie réussite.

Lady Astronaute de Mary Robinette Kowal

Mary Robinette Kowal a débuté un cycle uchronique dans lequel un astéroïde a percuté la Terre peut de temps après la fin de la seconde guerre mondiale déclenchant un cycle de réchauffement climatique inéducable. Afin de permettre la survie de l’espèce humaine le programme d’exploration spatiale (et de colonisation) a été fortement développé.

Ce cycle, débutant avec Vers les étoiles et contant pour l’instant trois romans, est également composé de quelques nouvelles qui sont réunies dans ce recueil. Chronologiquement les cinq nouvelles  vont de peux de temps avant la chute de l’astéroïde (et présentant celle-ci sous un autre jours) au moment où Mars est une colonie terrienne.

Elles forment un complément intéressants aux romans qui se lit agréablement et rapidement.

Érèbe de Rozenn Illiano

Fin du XIXe – début du XXe siècle, Lisbeth vit à Paris, Elliot à Londres, ils sont jeunes mais chacun à sa manière se sent écrasé par le poids de sa famille, les Valentins et les St Johns.

La nuit ils retrouvent en rêve dans un lieu où l’hiver règne en maitre et où leur imagination leur permet de jouer les démiurges : Érèbe. Mais dans ce lieux que seul eux peuvent atteindre se joue une lutte à mort entre deux familles pour le contrôle du “monde du vide”.

Armés de leur intelligence, de rêves de l’avenir pour l’un et du passé pour l’autre, les deux jeunes gens vont tenter de comprendre et rompre la malédiction familial qui détruit génération après génération les rêveur de leurs famille respective.

Rozenn Illiano propose avec Érèbe un roman onirique aux saveurs hivernales. Pouvant s’apprécier tel quel, le lecteur attentif y trouvera de plus de nombreux clins d’œil à ses autres écrits.

The Relentless Moon de Mary Robinette Kowal

Troisième tome de la série uchronique de Mary Robinette Kowal débutée avec The calculating stars, The relentelss moon se déroule en parallèle à The fated sky, le second tome.

Se déroulant dans une chronologie alternative où un météore a frappé la Terre, aux USA, en 1952, cette série suit le développement d’un programme spatial international ambitieux ayant pour but la survie de l’espèce humaine dans l’espace; les changements climatiques déclenchés par le météore allant, à terme, rendre la Terre impropre à la vie.

Se déroulant durant les années 60, et alors qu’une première mission humaine est en route vers mars, The relentless moon se concentre sur la base lunaire Arthemis, première colonie extra-terrestre humaine. Nicole Wargin, ancienne pilote durant la guerre, la cinquantaine est non seulement mariée au gouverneur du Kansas, et futur candidat à la présidence, mais est aussi une des premières astronautes. Alors qu’elle prépare une mission de “routine” en direction de la Lune elle se voit chargée d’enquêter sur une éventuelle taupe du groupe “la Terre en premier”  sur la Lune dont le but serait de saboter les effort d’explorations spatiales.

Le roman est donc assez rapidement une enquête en vase clos, dans un environnement super hostile. Mary Robinette Kowal propose ici un excellent roman aussi intéressant par son intrigue que par l’uchronie qu’elle propose où encore l’environnement extrême qui sert de toile de fond. Bref une vrai réussite que j’ai pris grand plaisir à lire.

A noter que chaque roman du cycle propose un point de vu légèrement différent tant au niveau intrigue que au niveau de l’environnement où cette dernière se déroule; je trouve cela rafraichissant.

Destroyer of Worlds de Larry Correia

Troisième tome de ce qui devait être une trilogie mais qui (c’est à la mode outre-Atlantique également) sera une série plus longe, Destroyer of Worlds de Larry Correia débute là où le tome 2 de se termine.

Ashok Vadal est maintenant général d’une rébellion. Alors qu’il se rend avec les soldats rebelles en direction d’un havre caché au cœur de la montagne, les juges de la capital décide l’extermination des sans-castes d’une région (comme teste pour un projet d’extermination plus grand). Ashok ne peut rester sans rien faire et le rébellion prend une tournure militaire.

En parallèle le lecteur est amené à suivre les trajectoires d’une historienne de la capital en possession d’un puissant artefact que le grand inquisiteur Ormand veut à tous prix et de Jakdish un guerrier de Vadal qui cherche pardon et gloire au près de son seigneur. La trajectoire de ses deux personnages va se croiser à Vadal…

Correia fait évoluer sa grande fresque de Fantasy, on sent la guerre qui se rapproche et les différents pions se mettre en place alors qu’en coulisse des forces anciennes semblent manipuler le tous. Comme pour les précédents Destroyer of Worlds est un roman haletant dont j’attend maintenant la suite avec impatience.

The midnight library de Matt Haig

Nora Seeds a 35 ans, elle vient de perdre son travail dans la boutique de musique de la petite ville britannique dans laquelle elle vit, son chat est mort, elle ne voit plus d’avenir à sa vie pleine de regrets : regret de ne pas avoir persévéré dans sa carrière de nageuse à l’adolescence, de ne pas avoir continuer à faire de la musique avec son frère, de ne pas avoir marier l’homme dont elle était amoureuse, etc. Nora veut mourir, elle se couche après avoir pris des médicament et “se réveille” dans une bibliothéque infinie où chaque livre est une vie possible qu’elle aurait pu vivre si elle avait fait d’autres choix.

Nora va donc pouvoir expérimenter différentes vie dans l’espoir de trouver celle qui lui convient, ou de mourir…

Dans The midnight library, Matt Haig reprend un thème courant : que serait ma vie si j’avais pris d’autres décisions. Et à partir de là il présente une réflexion sur les choix que nous faisons, leurs impacts sur nos vie et ce qui fait, en somme l’expérience humaine.

Il en ressort un roman fort sympathique qui, sans atteindre les sommets de Mes vrais enfants de Jo Walton (sur le même thème), est une excellente lecture.

The Old Drift de Namwali Serpell

Prix Arthur-C. Clarke 2020, The Old Drift est le premier romand de Namwali Serpell autrice zambienne vivant aux États-Unis.

The Old Drift suit le destin, sur trois générations, de trois familles zambiennes (de l’époque colonial à un futur proche) au travers de l’histoire de la Zambie.

Le roman oscille donc entre plusieurs points de vue et mêlent l’histoire de la Zambie et celles des différents protagonistes. Les membres des trois familles voient leurs histoires se croiser à plusieurs reprises avant de culminer, dans un futur proche,  sur une action qui va changer le futur du pays.

Entre roman historique, réalisme magique (par petites touches) et afrofuturisme, The Old Drift est une fresque très intéressante qui se perd parfois dans les pérégrinations de ses personnages. Il reste quand même une écriture prenante et une ambition.

Piranesi de Susanna Clarke

Après près de 15 de « silence » littéraire, l’autrice Susanna Clarke revient avec un court roman (un peu moins de trois cents pages, son premier et unique roman en faisait près de mille), Piranesi, qui est brillant.

Le lecteur découvre le journal de Piranesi, un jeune homme qui vit dans un manoir gigantesque où les pièces du rez-de-chaussé sont inondées, celle des combles perdus dans des nuages, et où chaque salle, énorme, est remplie de sculptures gigantesques. Dans ce labyrinthe Piranesi ne connaît que quatorze autres êtres humains, treize squelettes et l’Autre qui cherche a attirer à lui un grand secret de connaissance. L’Autre rend visite deux fois par semaines à Piranesi et lui demande de l’aide dans ses recherches.

Dans ce monde envoûtant et étrange Piranesi est chez lui, il connaît de nombreuses salles et le rythme des marées qui, depuis le rez-de-chaussée, inondent certaines salles régulièrement. Mais peu à peu le doute s’installe : qui est-il vraiment ? Que veut l’Autre ? Qui est-il ? Et qui ce mystérieux Seizième qui parcours un beau jours lui aussi le manoir ?

Piranesi est un roman puissant et beau qui peu à peu lève le voile sur un monde enchanté et sur le mystère d’un professeur d’université mi-gourou / mi-génie. Une lecture splendide.

 

The doors of Eden de Adrian Tchaikovsky

The doors of Eden est un court roman d’action où Tchaikovsky s’attaque au thème des mondes parallèles. Le lecteur est invité à suivre la trajectoire de plusieurs personnages qui finissent par se croiser : Lee et Mal deux jeunes anglaises partageant une passion pour la cryptozoologie et dont l’une a disparu dans un ailleurs étrange, la génie mathématique trans Kay Amal Khan, les agents du MI-5 Julian et Alison, le richissime entrepreneur Rove et son tueur Lucas.

Tous ses personnages se retrouvent pris dans une intrigue qui les mènent à tenter de sauver l’ensemble des univers, passant d’un monde à un autre, découvrant au passage des évolutions différentes de la vie et d’autres intelligences.

The doors of Eden est bien écrit et sympathique à lire. Une fois cela dit il faut aussi ajouter qu’il s’agit avant tous d’un court roman d’aventure dont la toile de fond et l’existence de mondes parallèles. Ici c’est donc l’action et l’aventure qui prime, l’évolution des différentes intelligences entre les différentes mondes est réfléchi et agréable à lire mais cela reste une toile de fond pour le récit d’actions. Pris dans ce sens c’est un sympathique roman qui se laisse lire avec plaisir.

L’avis de Gromovar et FeydRautha

The book of dragons

Cette anthologie centré sur les dragons proposes une trentaine de textes (nouvelles et poèmes)  traitant de ces créatures mythiques.

Sans détailler l’ensemble des textes, je l’admet cette chronique sera très, trop, courte, je peux néanmoins vous dire que l’anthologie vaut le détour. La majorité des textes vont du bon au très bon, et le nombre de textes qui m’ont moins plus est très faible.

Les différents auteurs proposent des textes de fantasy, mais également de science-fiction d’anticipation ou de fantasy urbaine. La figure du dragon est de plus utilisée parfois dans une acceptation plus métaphorique. Bref, The book of dragons est une bonne anthologie thématique que je ne peux que vous conseiller.

PS : un petit mot pour ceux qui ont apprécier Passing Strange de Ellen Klages, une des nouvelles de l’antho se passe à San Francisco et voit passé une des personnages de la novella (une histoire d’entrée dans l’âge adulte où Terremer de Leguin joue un rôle importe).