Vita Nostra

Publié en 2007 en Ukraine, en langue russe,  Vita Nostra fait partie d’une tradition de roman, tel Harry Potter ou la série des Magiciens de Lev Grosman, en autre, mettant un scène un ado découvrant la magie au sein d’une école pour “élèves doués”.

Dans Vita Nostra c’est Alexandra (Sacha) Samokhina que le lecteur suit. Sacha est une jeune ado de Moscou, élève brillante, elle est abordée un jour durant ses vacances par un inconnu qui l’oblige à réaliser des choses sans queue ni tête (comme aller se baigner nue dans la mer tous les matins tôt durant un mois) sous peine de voir ses proches menacés.

Presque obligée elle doit intégrer l’institut de technologie spéciale situé dans une petit ville russe de province. Là elle découvre des professeurs étranges, un enseignement bizarre et des élèves de seconde et troisième année qui se comporte comme s’ils étaient sous l’effet de drogues ou avaient des problèmes moteurs…

Puis peu à peu Sacha elle même se met à changer, et en suivant son changement le lecteur découvre peu à peu ce que l’institut cherche à faire de ses élèves; une découverte lié à la trame de la réalité même….

Difficile d’en dire plus (Gromovar, comme souvent, en donne une lecture plus intelligente que moi) sans déflorer la découverte; il me suffira de dire quand même que la pression ne retombe jamais, les pages se tourne presque toutes seules sur un roman bien écrit, bien mené et à la réflexion sur la réalité passionante. En bref une vraie réussite qui devrait arriver prochainement en français vu qu’un éditeur a acqui les droits du roman.

Gnomon

Londres dans le futur proche. La société est gérée par un puissant système de surveillance et de IA, “The System”, qui permet tout à la fois de fluidifier le trac, de savoir quel est votre musique préféré pour vous lever le matin, mais aussi où vous étiez hier soir à 22h00 et avec qui.

Dans ce contexte les crimes sont plus rares, plus prévisibles aussi, mais un système policier existe encore, en partie car l’intuition humaine reste supérieur et une supervision de la mache est éthiquement importante.

Mielikki Neith est un agent du système et lorsque une suspecte de terrorisme, Diana Hunter, meurt lors de son interrogatoire (une sonde cérébrale), Neith se retrouve a devoir découvrir comment l’impossible a pu se produire. Son enquête se fait dans notre monde et en “visionnant” les souvenir de la suspecte.

Mais voila son enquête met à jour ce qui pourrait être une conspiration de grande envergure ou simplement les lubies d’une vielle femme. Pour découvrir la vérité, Neith doit naviguer l’esprit de Diana qui a développé une stratégie pour perdre la sonde mental en créant des histoires avec des personnes divers.

Le lecteur se retrouve ainsi à découvrir à la fois l’enquête de Neith, mais aussi la vie d’un peintre éthiopien en exil, d’une alchimiste de la Carthage antique et un financier grec.

Construit comme une sorte de mille-feuilles d’histoires qui se répondre, Gnomon est un roman impressionant de maitrise qui navigue entre plusieurs trames narratives qui finissent pas être étroitement liées.

L’avis oh combien mieux écrite de Gromovar.

The labyrinth index

Neuvième tome de la série de La Laverie (du petit nom du service britannique de lutte contre les menaces “para-normal”), The labyrinth index débute quelque temps après la fin de The delirium brief alors que le Royaume-Uni est sous le règne du “nouveau management”.

Si la vie quotidienne pour les habitants de notre planète n’a pas vraiment changé, la donne géopolitique mondiale a évolué de manière drastique alors que “case nightmare green” (le moment où la barrière entre les mondes devient si fine que notre réalité sera envahi par des entités cosmiques de type “cthulhuesque”) se rapproche à grande vitesse. Non seulement des entités venus d’autres réalités sont maintenant actives sur Terre mais en plus leurs visions pour l’humanité n’est pas la même.

C’est dans ce contexte que Mhari Murphy, vampire au service de la Laverie, se retrouve chargée par le premier ministre de monter une équipe d’intervention afin de se rendre aux Etats-Unis et comprendre quels sont les plans de l’homologue américain de la Laverie alors que tous le pays semble avoir oublié qui est, et ce qu’est, le président de la première puissance mondiale….

Si, à mon avis, The labyrinth index n’est pas le meilleur roman de la série, il reste très intéressant par la manière dont il fait évolué l’univers de la Laverie et comment il met en lumière les plans plutôt radicals des Etats-Unis pour “sauver” le monde. Je suis vraiment impatient et curieux de voir comme tous cela va évoluer par la suite.

Dear Ijeawele, or A Feminist Manifesto in Fifteen Suggestions

Courte lettre envoyé par l’autrice à une amie qui lui a demandé comment élevé sa fille afin qu’elle soit féministe, Dear Ijeawele, or A Feminist Manifesto in Fifteen Suggestions aborde différents points importants de la place de la femme dans la société et de la manière de sensibiliser les filles à ces questions.

Inscrit dans un contexte africain, les conseils donnés ici sont néanmoins valables partout. Un petit livre intéressant et qui ouvre des pistes de réflexions. Son seul défaut, de l’avis même de l’autrice, résidant dans le fait qu’il a été écrit avec que cette dernière soit elle même parente. Mais cela ne diminue en rien la portée des réflexions proposées.

Passeurs & Clairvoyants

Troisième et quatrième, et dernier, tomes de la série Town, Passeurs et Clairvoyants  sont deux romans qui se suivent et qui forment un tous. Ils se situent après Tueurs d’anges et Oracles.

Le contact entre le Ciel et la Terre a été refermé et que les anges ont quitté le monde, le temps reprend sa marche et l’apocalypse tant redouté semble avoir été évité de justesse. Les quelques anges restés sur Terre se meurent, comme d’ailleurs les déchus qui, privé d’un accès à la lumière des cieux, vieillissent en accéléré.

A Town, la cité consciente qui attire les personnes ayant des dons, Oxyde, toujours privé de son nom, ruminé les événements de ces derniers mois et son amour perdu, qui subsiste sous forme d’esprit errant qu’il ne peut / veut exorcisé. Mais le travail ne manque pas, une quantité impressionnante d’âmes errantes sont prisonniers du monde  Les doués de Town débute le long travail de les apaiser et de reconstruire quelque chose.

Mais des forces sont encore à l’oeuvre en coulisse, les Nihilistes, servant humains des anges, s’active et la partie d’échec entre Lucifer et son frères pour le destin du monde n’est pas encore terminée : l’apocalypse a-t-elle vraiment été évitée ?

Oxyde et ses proches devront faire la lumière sur ce qui se trame et, peut-être, sauvé encore une fois le monde.

Passeurs et Clairvoyants est le second mouvement de l’apocalypse, entre révélations et nouveaux personnages, les deux romans sont toujours aussi agréable à lire et devraient plaire à ceux qui ont appréciés les deux premiers tomes de Town. Rozenne Illiano est une autrice qui mérite d’être découverte et d’être lue.

Rosewater

Le futur proche, les Etats-Unis ont coupé les ponts avec le monde entier en s’isolant complétement, le reste du monde est assez proche du notre si ce n’est que des entités extraterrestres se sont posées sur Terre, sont mortes et on laissé des traces. Certaines sont encore là, c’est le cas au Nigeria, à Rosewater, cité construite autour d’un dome impénétrable qui s’ouvre une fois l’an provoquant  mutations et guérisons miracles….

Suite aux différentes visites, des individus ont développés des pouvoirs psychiques à divers degrés, c’est le cas de Kaaro qui travaille dans une banque comme sécurité psychique mais qui en réalité travaille pour une section parapsychique du gouvernement nigérien.

Alors que les psychiques semblent disparaître peu à peu saisi d’une maladie étrange, Kaaro se lance dans une enquête qui le fera déterrer des secrets de son passé et comprendre un peu se qui se passe à Rosewater.

J’ai du bataillé un peu pour entrer dans Rosewater, mais une fois entré dans l’histoire j’ai découvert un roman foisonnant proposant une anticipation interessante. Il s’gait du premier tome d’une série mais qui proposera, pour le tome suivant, un autre personne principal, développant ainsi plutôt son univers qu’une trame narrative d’un “héros”, ce qui fait de Rosewater un roman complet en soi.

Utopiales 2018

Comme chaque année avec l’automne, un des grands raouts du monde de l’imaginaire revient : les Utopiales.

Ayant lieu à la cité des congrès à Nantes du mercredi 31 octobre au dimanche 4 novembre (avec une journée réservée aux étudiants le lundi 5 novembre), l’événement propose moult conférences, des expositions, des projections de films, du jeux de rôle et de sociétés, une librairie d’imaginaire montée pour l’occasion ( la plus grande de France sur le genre)…

C’est à la fois l’occasion de s’instruire mais aussi celui de croiser plein de gens et de passer pas mal de temps au bar (cela tombe bien cette année il y en aura un de plus).

Bref j’y serais du jeudi au dimanche matin et j’espère passer un bon moment.

Le thème de cette année est Le Corps dans toutes ses dimensions (physiques, virtuels, sociales, psychologiques, etc.). De quoi donner lieux à des conférences et tables rondes interessantes.

Des invités en pagailles, dont des auteurs “internationaux” tel que Steven Erikson, Andreas Eschbach, Kij Johnson, Christopher Priest, John Scalzi, Karin Tidbeck, etc.. Et de nombreux auteurs francophones. La liste complète se trouve sur le site des Utopiales.

Venez si vous pouvez, sinon guetter le site de ActuSF qui mettra sans aucuns doute en ligne les enregistrements des conférences.

In the the vanisher’s palace

Court roman (145 pages) de Aliette de Bodard sortant en numérique à la mi-octobre prochaine, In the vanisher’s palace peut se résumer en une réécriture post-apocalyptique magique de la Belle et la Bête.

Mais cela serait sans doute un peu réducteur, The vanisher’s palace se déroule dans un futur (ou une version alternative de notre monde) pos-apocalyptique.  La Terre a servi de grand terrain de jeu pour les “vanishers” qui l’on laissé irrémédiablement souillée avec des technologies dangereuses et des virus mortelles en souvenir avant de partir. Les survivants vivent du mieux qu’ils peuvent dans un monde dure où c’est l’utilité de chacun pour la communauté qui prime.

C’est dans ce contexte que Yen, la fille de la guérisseuse du village, est donnée à une dragonne (version asiatique : un puissant esprit des fleuves et rivières) en échange de soin pour la fille d’une notable du village. Emmenée dans son palais (en fait une ancienne demeure des “vanishers”) afin de servir de préceptrice pour ses deux enfants, elle va découvrir un monde encore plus étrange et dangereux que le sien, découvrir la magie et des secrets et peut-être trouvé une forme d’amour avec cette dragonne qui la trouble temps.

En créant un univers post-apocalyptique d’inspiration asiatique (probablement vietnamien mais  j’admets ne pas connaître assez les différences dans les folklores asiatiques pour faire la part de ce qui est partagé et ce qui est spécifique) entre magie et technologie, l’autrice propose un court roman très intéressant qui va plus loin que la simple relecture d’un conte classique.

La peste et la vigne

Second tome du cycle de Syffe (après L’enfant de poussière), La peste et la vigne continue l’histoire là où le premier tome l’a laissé.

On retrouve donc Syffe dans la situation qui était la sienne à la fin de L’enfant de poussière; celle-ci va durer plusieurs années et le roman à le bon goût de la traiter de manière assez rapide avant de lancer à nouveau le personnage sur les chemins.

Suit alors un roman en plusieurs temps qui fait passer Syffe des montages aux forêts verdoyantes, d’un peuple qui se cache à la guerre contre un autre peuple qui se cache.

Difficile d’en dire plus sans dévoiler toutes l’intrigues. Je me contenterai de dire que le roman lève timidement le voile sur certains mystères, sans apporter de réponses complètes et définitives. Le roman est toujours aussi bien écrit, le personnage principale a toujours la fâcheuse tendance à se laisser emporter par son destin sans réagir et le tout semble parfois un prétexte pour présenter les différentes régions d’un vaste monde.

Qu’importe, l’écriture est belle, le rythme lent convient bien à l’histoire, Le cycle de Syffe est bien partit pour devenir un cycle important et de qualité de la Fantasy francophone.

The moons of Barsk

Se déroulant dans le même univers, et avec les mêmes personnages, que Barsk: The Elephants’ Graveyard, The moons of Barsk débute plusieurs années après le premier tome et propose une histoire qui n’est liée au premier tome que par le lieux et les protagonistes principaux.

N’ayant plus besoins de présenter son univers (une confédération spatiale composée des animaux améliorés par les hommes, qui eux ont disparu, une histoire centré sur la planète de Barsk où résident l’intégralité de la “race” des éléphants, et où certains individus ont des capacités pré-cognitives, et/ou peuvent appeler à eux des particules qui constitue l’essence d’un individu, pouvant ainsi, par exemple, parler aux morts), Shoen livre un roman à l’intrigue plus interessante et plus fouillée que le premier tome; à mon goût du moins.

Le lecteur retrouve Jorl, sénateur et puissant “speaker of the death” et Pizlo “l’aberration” devenu ado. Ils vont découvrir, par hasard, une conspiration, le Codex, dont l’objectif est la protection de l’ensemble de la race éléphant et qui travaille depuis des siècles au développement de technologies innovantes. Si les intérêts de Jorl et du Codex semblent alignés, la tradition de méfiance de l’organisation et les vues très libérales de Jorl vont provoquer une confrontation tendue.

Shoen fait grandir son univers en le complexifiant proposant un roman abouti qui m’a beaucoup plus. Vu la fin de celui-ci une suite semble inévitable.