Derniers jours d’un monde oublié de Chris Vuklisevic

Derniers jours d’un monde oublié est le premier roman de Chris Vuklisevic, publié dans le cadre d’un concours pour les 20 ans de la collection Folio SF. Roman de Fantasy, Derniers jours d’un monde oublié conte les changements de la société de l’île de Sheltel lorsqu’un navire étranger aborde ses côtes.

Cela fait trois siècles que l’île de Sheltel se croit seul au monde, après que la Grande Nuit ait englouti le monde. La société de l’île, où les habitants ont, à des degrés divers, des pouvoirs élémentaires, s’est stabilisé sur une organisation sociale ou le pouvoir est partagé entre la famille du Natif et celle de la Bénie. Le contrôle de la population est assuré par la crainte Main qui décide qui doit mourir lors d’une naissance et maintient un « pool génétique » sein dans la population. La question de l’accès à l’eau est également centrale sur l’île.

Lorsqu’un navire pirate venu de l’extérieur aborde l’île, l’équilibre fragile de sa société vacille et s’effondre. Ce sont ces derniers instants auxquels le lecteur est convié en suivant la trajectoire d’une pirate, de la Main et d’un riche et influent marchant de l’île conseillé de la Bénie.

Alors que la rencontre entre les îlotiers et l’extérieur se fait, les petits secrets et manigances de chacun éclatent au grand jour et font tombé l’équilibre des pouvoirs.

Derniers jours d’un monde oublié est un roman plaisant, non exempts de défauts, mais qui est une vraie réussite pour un premier roman.

Invisible Sun de Charles Stross

Suite direct de Dark State, Invisible Sun conclut également la double série des Princes-Marchands.

Pour rappel le pitch de base de la série est l’existence d’une famille étendue dont les membres ont la capacité de se déplacer entre des versions parallèles de notre Terre. Vivant dans un royaume médiéval, la famille à fait fortune en organisant un service de courrier rapide, via notre monde, et de trafic de drogue, via le leur.

Après avoir été découvert et avoir tenter d’entrer en guerre contre les USA (première série), les restes de la famille se sont réfugiés dans une Terre parallèle récemment découverte où une révolution venait juste de renverser une monarchie régnant sur les Amériques.

Dans la second série près de deux décennies ont passé et les USA et le Commonwealth sont plus ou moins secrètement pris dans une nouvelle guerre froide entre deux super-puissances technologiquement différente mais possédant des capacités nucléaires et de voyages entre les mondes.

Dans ce dernier tome les USA sont pris à leur propre piège lorsqu’il favorise un coup d’état lors de la première grand transition de pouvoir au Commonwealth. Et ce alors qu’ils ont réveillé une force extraterrestre hostile dans un autre univers parallèle.

Difficile d’en dire plus (j’en ai même trop dit peut-être), mais Invisible Sun propose une conclusion haletante à cette série qui se lit frénétiquement pour savoir ce qui va se passer.

The Sandman act I & II

Je  n’avais jamais lu le célèbre comics The Sandman c’est donc avec une certaine curiosité que je me suis lancé, l’année dernière déjà, dans l’écoute de son adaptation audio. Une adaptation qui tient plus de la pièce radiophonique (bruitages, plusieurs voix, musique) que du roman audio d’ailleurs.

Les deux actes parus jusqu’à aujourd’hui adaptent les arcs des volumes 1 à 6 (trois volumes par acte). Je les ai écouté en version anglaise mais les retours lus sur les versions francophones (acte 1, l’acte 2 sort prochainement)  sont bons également.

Et effectivement cette adaptation est passionnante. Aussi bien le choix des voix et le bruitage que l’histoire. Se déroulant dans l’univers des supers-héros DC (Batman,  Superman, Wonder-Woman …), l’auditeur est invité à suivre les aventures du Sandman, un être qui est à la fois la personnification des rêves et le Rêve lui même. C’est un Éternel, un membre d’une fratrie présente depuis le début de l’univers et qui sera encore là à la fin de celui-ci.

Lorsque débute l’histoire, Morphée, le Sandman, est emprisonné par un mage humain durant plusieurs décennie et, à sa libération dans les années 80, il se lance à la recherche de ses trois artefacts (un bijou, un casque et un sac de sable) qui lui ont été volés. Suit ensuite plusieurs histoires mettant en scène la personnification du rêve dans ses divers taches et offices.

Le tout forme une histoire passionnante qui se laisse écouter avec plaisir. Franchement jeter y une oreille vous ne le regretterez pas.

L’évangile selon Myriam de Ketty Steward

Myriam a 16 ans et vit dans une communauté ayant fuit l’oppression dans un futur post-apocalyptique. Son père était un prêcheur de la communauté et à sa disparition Myriam  se sent investit d’une mission par Dieu : mettre par écrit et ordonné les différents récits que la communauté à pu sauvegarder. Cela sera l’évangile selon Myriam.

Dans ce texte, Ketty Steward, re-construit le récit biblique en l’intercalant et l’éclairant avec des contes, des récits mythologiques et « classiques ». Le tout présentant Lucifer dans un rôle plus positif et introduisant Alphonse, le principe de la réalité.

Le tout donne un texte très agréable à lire qui éclaire via des récits l’expérience de la vie humaine.

Malfaiteurs du Paris des Merveilles

Après Contes et récits du Paris des merveilles, Malfaiteurs du Paris des Merveilles reprend le même principe : plusieurs nouvelles se déroulant dans l’univers créé par Pierre Pevel et qui se décline maintenant aussi en BD (les Artilleuses).

Ici ce sont les malfrats (voleurs et petites frappes) qui sont à l’honneur, mais dans des textes où ceux-ci sont souvent « au grand coeur » et œuvre en fait aussi un peu pour le bien commun.

Ce sont donc six nouvelles fort sympathiques et se déroulant à divers époques du Paris des merveilles qui sont ici proposées. A noté qu’une des nouvelles est de la plume de Pevel et met en scène les Artilleuses.

Je suis clairement preneur pour plus d’aventures et de recueils, ils forment des lectures très plaisantes.

War of the Marionettes de Adam-Troy Castro

Troisième, et dernier, roman du cycle Andrea Cort, War of the Marionettes n’est sortit en VO qu’en version audio.

Cette troisième enquête d’Andrea Cort, procureure spéciale du Corps diplomatique Hom-Sap, se déroule sur la planète Vlhan. Là de massifs extraterrestres sentients , dont le langage complexe n’est pas entièrement traduisible par la communauté galactique, organisent régulièrement une danse complexe dont l’issue est mortel pour les participants. De nombreux humains ressentent une forme d’appel et se font bio-modifié pour participé à cette danse.

Andrea Cort a été prévenue par les IA sources qu’un conflit pourrait éclater sur Vhlan menant à l’extinction de l’espèce humaine. A son arrivée sur la planète, la « danse » est violement interrompue par se qui ressemble à une guerre civile sur Vhlan. Débute alors une course contre la montre pour Andrea et le Porrinyard afin de comprendre se qui se passe et tenter d’éviter l’issue fatal qui semble inéluctable …

Disons le franchement, War of the Marionettes est un roman moyen. S’il conclut effectivement le cycle personnel d’Andrea Cort (et j’aimerai beaucoup lire un texte l’a mettant en scène se déroulant après ce roman), l’intrigue proposée est brouillonne et donne le sentiment que les personnages sont ballotés par des événements qui les dépassent et sur lesquels ils n’ont presque aucunes prises. Le dénouement d’ailleurs est un deus ex machina (enfin plutôt un IA ex que deus ex) du plus mauvais effet. Une fin de série donc assez décevante au vu de la qualité du reste du cycle.

Faraway Collection

Sous le titre de Faraway Collection se cache cinq nouvelles, publiées par Amazon en audio (la forme sous laquelle je l’ai lu) et en numérique, proposants des réécritures modernes de contes de fées.

Deux nouvelles sont plaisantes mais un cran au dessous :

« The prince and the troll » de Rainbow Rowell est une sympathique, mais anecdotique, histoire d’amour entre un travailleur de « la route » et une troll vivant sous un pont; le tout dans un monde de contes de fées contemporain.

« The wickeds » de Gayle Forman suit les trois méchantes de Blanche Neige, Cendrillon et Raiponce qui, des années après leurs déchéances, revisitent leurs histoires, décident de se venger et découvrent que les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être… Une nouvelle sur la place des femmes dans la société fort maline.

Trois nouvelles sont excélentes :

« Hazel and Gray » de Nic Stone projette deux ados amoureux dans une maison closes angoissantes alors qu’ils fuient des beaux-pères toxiques. Une revisite réussie de Hansel et Gretel.

« The Cleaners » de Ken Liu explore ce que pourrait être notre société si les souvenirs laissaient des traces sur les objets du quotidien.  Au travers des regards de plusieurs protagonistes, Liu décrit les changements à l’organisation et aux gens qu’une telle chose impliquerait. Une nouvelle bien écrite et intéressante basée sur « la princesse et le petit-pois »

« The princess game » est une enquête policière dans un lycée américain où des jeunes filles sont assassinées dans une mise en scène macabre les représentant en princesses de contes de fées. La nouvelle est composée des mémos audios d’un des enquêteurs, un jeune policier sorti de l’académie juste pour l’occasion, et qui revit peut-être un peu trop ses années d’étudiants pour le bien de l’enquête. Les principaux suspects étant l’équipe de foot américain qui se surnomme entre eux « les princes ». Un thriller sans rien de fantastique diablement efficace et bien écrit.

 

Juniper Wiles de Charles De Lint

Avec Juniper Wiles,  Charles De Lint revient après plusieurs année (près d’une grosse décennie si je ne m’abuse) à Newford avec un roman qui fait intervenir des personnages connus et de nouveaux.

Juniper est revenue à Newford après plusieurs années où elle a travaillé à Los Angeles comme actrice en jouant le personnage de Nora Constantine, une détective au croisement entre Buffy et Veronica Mars. Elle passe une partie de son temps maintenant a travaillée comme assistante pour l’artiste Jilly Copercorn.

Quand une personne veut l’engager comme détective, la prenant pour Nora Constantine, la réalité de Juniper se retrouve chamboulé : fantômes et personnages de fictions deviennent réel. Juniper, avec l’aide de Jilly,  se lance dans une enquête afin de découvrir un assassin et se faisant lever le voile sur le monde des esprits et des histoires…

Objectivement Juniper Wiles n’est pas le meilleur roman de Charles de Lint, mais c’est un retour agréable à Newford et surtout l’entrée d’une Urban Fantasy à la Buffy dans l’univers développé par De Lint. Une lecture agréable si ce n’est indispensable donc.

La troisième griffe de Dieu de Adam-Troy Castro

La troisième griffe de Dieu est un roman qui se déroule quelque temps après Émissaires des morts. Le livre est formé du roman éponyme et d’une nouvelle dispensable, Un coup de poignard.

Andrea Cort est maintenant procureur spécial du Corps diplomatique, son travail n’a pas changé fondamentalement mais elle est maintenant totalement libre de choisir les cas qu’elle prend et n’a plus vraiment de supérieur. Elle a également un nouveau but (les lecteurs du premier roman verront de quoi je parle) et un nouvelle amant et « associé ».

Invitée par la riche famille de marchand d’armes Bettelhine sur leur planète, Xana, Adrea est victime d’une tentative d’assassinat dès son arrivée sur la station orbitale de la planète. Prenant place dans un luxueux l’ascenseur  spatial avec des membres de la famille et quelqu’un de leurs proches conseillés et invités, Andréa doit gérer le sabotage de l’ascenseur et découvrir le(s)quel(s) des présents est un assassin et un saboteur.

Devant naviguer entre petits et gros secrets, l’enquête d’Andrea lui en apprendra d’avantage sur la famille  Bettelhine , sur la raison de son invitation et sur son propre passé.

La troisième griffe de Dieu est un roman très sympathique à lire (enfin audio-lire dans mon cas, avec la même excellente lectrice que le tome précédant: le tout en VF) et qui propose à la fois un crime en huis-clos et des révélations faisant évoluer Andrea Cort. Quelques répétions d’informations dans le texte semblent parfois un peu superflues, voir lourdes, mais globalement elle ne gâche rien au plaisir de la lecture de ce roman.

Edit : chronique modifiée le 04.09.21 suite à une erreur de compréhension de ma part sur la chronologie des textes.

Jaunes Yeux de Stefan Platteau

Quatrième tome du Sentiers des astres, Jaunes Yeux fait suite à Meijo. Audible ayant publié la version audio de la saga, j’ai profité que ce quatrième tome soit sorti dans ce format une semaine avant sa sortie papier pour m’y lancer avec bonheur; Matthieu Dahan, le lecteur de la saga, est excellent et donne vie avec brio au texte de Platteau.

Les survivants de l’expédition vers le Roi diseur ont maintenant trouvé une face sage (une face gravée dans le bois d’un arbre) qui leur ouvre le chemin vers le trône où siège l’oracle. Ils s’y engagent donc avec toujours à leur trousse des forces néfastes. Le chemin les prépare à la rencontre avec le géant et recèle des surprises (les anciens peuples ne sont jamais bien loin).

Parallèlement le lecteur en apprend d’avantage sur le passé de la courtisane et de sa fille. Il y a des révélations sur leurs relations avec le monde des brumes (des esprits) mais aussi sur la manière dont la courtisane est devenue la Nacre du Nord. Platteau en profite d’ailleurs pour donner à voir la vie dans une ville de l’Héritage  et contextualiser comment la guerre civile en cours a débuté.

Finalement un troisième récit, plus discret, vient s’entremêler aux deux précédents : la famille de Manesh qui prend part à ce qui pourrait bien être la bataille décisive de la guerre civile.

Difficile d’en dire plus sans déflorer les différentes intrigues. Il me reste juste à dire que la plume de Platteau est toujours aussi agréable, que la construction de son récit toujours passionnant à lire. Les lecteurs qui n’ont que peu gouté le tempo des précédents textes resteront sur leur faim ici également. Personnellement je trouve ce tempo juste et j’apprécie de prendre le temps du récit.  Jaunes Yeux a aussi quelques révélations et les différents fils de l’intrigue font de plus en plus sens, la fin du roman me laisse par contre avec un cris : « la suite, vite la suite, je veux savoir..:: »