Atlas Alone

Quatrième roman se déroulant dans le même univers (avec Planetfall, After Atlas et Before Mars), et pouvant se lire de manière indépendante (bien pour Atlas Alone, je recommande fortement la lecture de After Atlas avant), Atlas Alone se déroule six mois après les événements qui termines After Altas. Si vous ne voulez pas vous spoielez ce dernier, contentez vous de savoir qu’il est excellent, que vous devriez de ce pas lire les quatre romans, en gardant en tête que chacun à une ambiance différente, et arrêtez ici la lecture de cette chronique.

Après avoir quitté la terre à bord d’un vaisseau-arche et d’avoir assister aux conflits nucléaires provoquer par les commanditaires du vaisseau,  Carlos et son amie Dee s’adaptent avec difficulté à la vie dans un vaisseau. Suivant Dee, Atlas Alone débute par la vie quotidienne de cette dernière lors du long voyage sur les traces du Pathfinder. N’ayant pas de contacte avec les autres occupants du vaisseau en dehors du Cercle, un groupe de brillants individus qui ont été essentiel dans la construction du vaisseau, elle s’ennuie et lutte en même temps contre ses démons (la mort de ses parents et une vie de service forcé pour une grande corporation).

Lorsque, coup sur coup, on lui propose de travailler comme analyste pour la production de jeux en réalité virtuel, on l’invite sur un serveur de jeu où les capacités des avatars sont ceux du joueur, et on lui fait tester un nouveau jeu qui se termine par, chose normalement impossible, par la mort IRL d’un individu, Dee se retrouve au centre d’une intrigue qui la dépasse et pourrait changer le destin de la future colonie.

Difficile d’en dire plus sans dévoiler une intrigue passionante. Emme Newman sait comme personne développer des personnages aux névroses marquées auxquels le lecteur s’attache tout en produisant des intrigues prenantes. La série “Planetfall” devient, pour moi, au fil des publications une série majeure.

The Municipalists

The Municipalists est un sympathique roman se déroulant dans un futur proche et qui suit un agent d’une agence de planification urbaine américaine et une IA (qui peut projeter son image et sa voix grace à un pins porté par l’agent) devant lutter contre des agents rebels de l’organisation qui se sont lancés dans des opérations terroristes.

Résumé comme cela, le roman peut paraître un peu étrange, c’est en fait un roman d’enquête mâtiné de planifications urbaines et de comiques de situations. En effet, le héro du roman, l’agent Henry Thompson, est un agent compétent mais qui vit pour son travail. Alors qu’il enquête dans la ville de Metropolis, avec comme seul compagnon une IA expérimentale à tendance paranoïaque et alcoolique (oui oui alcoolique), il va mettre à jour un complot terroriste motivé par une idéologie urbaine….

The Municipalists n’est sans doute par un futur classique, mais c’est un roman plaisant, agréable à lire et très très sympathique.

Passing Strange

Novella (court roman) de Ellen Klages, Passing Strange propose une plongée dans le San Francisco des années 1940. Le court roman débute de nos jours alors qu’une vielle femme met en ordre ses affaires sentant la mort arrivé. Elle vend notamment une vielle illustration de pulp, par une autrice maintenant très bien cotée, gardée cachés durant des décennies….

Le lecteur plonge ensuite en 1940 pour connaitre l’histoire de cette vielle femme, de l’artiste et de l’illustration. C’est alors le San Francisco des minorités qui s’ouvre au lecteur. Entre Chinatown et le Magic City de la World’s Fair, c’est l’histoire de plusieurs femmes, lesbiennes, qui vivent leurs vies dans une époque qui considèrent encore cela comme déviances.

Des petites touches de magies sont soupoudrés ici et là dans le roman pour lui donner une petite touche à part.

L’écriture est belle, l’histoire aussi : Passing Strange vaut la lecture. Il devrait être traduit prochainement en français chez ActuSF.

Moon Rising

Troisième tome et dernier (?) de ce qui devait être une duologie Luna Moon Rising débute peu de temps après la fin du second tome. La situation sur la Lune est compliquée après l’intervention des terriens et la nomination comme “Aigle de la Lune” d’un Corta.

Le roman suit les différents protagonistes déjà présenté dans les précédents romans, sur la Lune principalement mais aussi sur Terre ou la méfiance contre les “lunaires” augmente. Difficile donc de résumé les différents arcs narratifs qui se croisent et se recroisent. Les différentes corporations familiales qui contrôlent la Lune, ainsi que l’université qui se trouve sur la face obscure de l’astre et qui se voit contraint de sortir de sa neutralité, s’affrontent afin de définir le futur de la Lune et de ses relations avec la Terre.

Fidèle au ton des précédents tomes, McDonald propose un mélange de politique, action et mélo sur la Lune qui emprunte autant à des romans comme Dune qu’au tele-novelas avec leur lots de pathos familiales et retournements de situations.

Personnellement j’aime beaucoup Moon Rising  que je trouve plus dynamique que le second tome, tout en étant moins fort que le premier. Certains trouveront sans doute que le roman se perd en tours et détours, j’y vois là une caractéristique du genre tele-novelas habilement exploité mais cela ne plaira pas à tous le monde. Bien que le roman se termine avec un retournement de situation qui semble indiqué un chemin claire pour le futur de la Lune, j’espère qu’un tome suivant sera écrit afin de concrétiser les visions esquissées ici.

L’avis, plus négatif, de Gromovar.

Sunfall

2041, l’état géo-politique de la planète n’a que peut changer par rapport à aujourd’hui, la technologie a un peu évolué (Réalité virtuelle, voitures autonomes, IA non sentientes, ordinateurs quantiques), le monde a su faire face aux conséquences dramatiques du changement climatique (des iles et côtes ont été inondés, des événements extrêmes plus fréquents, etc.), mais un nouveau danger menace la Terre : le champ magnétique qui protège la Terre des radiations cosmiques faiblit peu à peu et les scientifiques ne savent pas quand (ou si) il reprendra du poil de la bête.

Ceci est le contexte d’ouverture de Sunfall, un roman qui suit deux scientifiques et une hackeuses lancé dans une course contre la montre pour tenter de sauver le champ magnétique planétaire.

Le roman multiplie les points de vue afin de permettre aux lecteurs de rentrer dans le monde de 2041. Le premier tier est ainsi un ensemble de scénettes se déroulant aux quatre coins du globe donnant au lecteur les moyens d’appréhender l’état du monde, il sert aussi de présentation des trois plus importants protagonistes :  une jeune hackeuse iranienne qui, par défis, va découvrir une conspiration voulant cacher l’étendu de la faiblesse réelle du champ magnétique, un physicien américain en pleine dépression suite à un divorce et dont les travaux sur la matière noire ont ouvert un nouveau champ de recherche et une spécialiste du soleil anglaise qui va se retrouver dans la commission de l’ONU en charge du problème.

La solution proposée est de donner un “boost” au cœur de la planète en utilisant des faisceaux dirigés de matière noire. Problème il faut des installations conséquentes et complexe et un groupe terroriste nihiliste veut la fin de l’humanité.

Au niveau rythme le premier tier, celui d’exposition, du roman manque peut-être d’un peu de punch, la suite par contre se lit comme un thriller mâtiné de science-fiction pour faire du Sunfall un roman Solarpunk prenant.

Le diseur de mots

Premier tome d’une nouvelle série de Fantasy, La lyre et le glaive,  (trilogie si j’ai bien compris), Le diseur de mots de Christian Léourier construit un monde de Fantasy sympathique peuplés d’humains (et de presque humains) et dont la stabilité est assuré par l’axe divin, la personification des divinités sur le monde.

Mais loins de ces grandes questions théologiques le roman s’attache au pas de Kelt, un diseur de mots. Outre qu’il ne peut pas mentire, Kelt est parfois visité par la Vérité et les mots qu’il prononce alors, bien que souvent cryptique, deviennent vraie.

Il ère espérant pouvoir retrouver une foret mythique dont il a été chassé. Mon son destin prend un tournant inattendu lorsqu’un pont s’effondre et que le gardien du pont l’accuse d’être responsable de la tragédie. Débute alors une cheminant qui vont le lancer sur sa destinée, accompagné d’une femme du peuple des étoiles, un peuple nomade forgeron, d’un guerrier et, plus tard, d’un lettré.

Le tout alors qu’une religion unique, le culte de la Lyre, se développe et que des intrigues politiques se déploient pour mener à la guerre.

Le diseur de mots est bien écrit et agréable à lire, il représente une mise en place pour des évènements que l’on sent importants. J’attend la suite avec curiosité.

Horsepower & Medicine

Situé dans la même région (imaginaire), Painted Hills, près de Santo del Vado Viejo, que le roman The Wind in his heart, la longue nouvelle (52 pages) Horsepower & Medicine reprend un de ses personnages, Santana Corn Eyes, maintenant en formation avec le groupe de jeunes gens qui “protègent” la tribu, et une de ses amies sceptique sur l’existence du surnaturelle Yirah Green.

Yirah Green travaille a réparer la moto de son oncle, se sentant comme inspirée par une présence. Mais est-ce qu’il s’agit bien du fantôme de son oncle ou d’un esprit au dessein plus sombre ? L’expérience va rapprocher les jeunes filles et ouvrir à nouveau le monde des esprits.

Un histoire dont De Lint à le secret, desert, mécanique et monde des esprits pour un récit amérindien sympathique.

Black Leopard Red Wolf

Difficile de parler de ce roman après avoir lu la chronique de Gromovar qui, même s’il ne dit pas tous ce qui peut-être dit, est super complète et très interessante. Je vais quand même essayer.

Black Leopard Red Wolf était annoncé par Marlon James comme un roman qui se voulait une “réponse” à des séries comme Game of Throne mais puisant ses racines en Afrique. A ce niveau là l’auteur jamaïcain a sans doute réussi son paris (et un nombre impressionnant de références et d’inspirations doivent m’échapper).

Le roman violent, parfois crus, et épique se déroule dans une Afrique aux racines historiques. Raconté à la première personne il s’agit de la confession, narré à un inquisiteur, par Traqueur, un mercenaire à l’odorat surdéveloppé lui permettant de traquer n’importe qui et au passé marqué par le sauvetage d’enfants différents et la “bénédiction”  d’une tueuse de sorcières (le métal ne peut lui nuire).

Traqueur narre les péripéties d’un groupe disparat d’individus (un léopard change forme, une sorcière, un géant, une jeune fille, etc.) qui traque un enfant qui a été enlevé. Cette traque les mènera à traverser divers nations et affronter de nombreuses péripéties. La question de qui est l’enfant, quelles sont les implications politiques de sa disparition, qui le recherche et qui l’a enlevé sont centrales.

Mais les relations entre les membres du groupe qui le recherche sont cruciales aussi : amitiés, amoures, inimités, passés compliqués et chargés, trahisons sont autant d’éléments qui viennent enrichir le récit.

Au final Black Leopard Red Wolf est un roman de Fantasy violent, fantastique, riche et sans doute majeure. Une lecteur qui ne laissera pas indifférent et qui sortira en français en 2020 chez Albin Michel – Terres d’Amérique (un choix sans doute étrange pour un roman d’imaginaire).

Theory of Bastards

Theory of bastards est un roman se passant quelques temps dans notre futur. Le monde a peu changé, un peu plus de problème lié aux changements climatiques et écologiques, un peu plus de technologie (l’assistance informatique est partout, même implanté sur l’être humain au lieu d’être dans nos téléphones portables), mais globalement le monde reste le même.

Le lecteur est invité à suivre Francine, une scientifique qui travaille sur la manière dont l’évolution façonne nos comportements. Auréolée d’un prix prestigieux elle rejoint  une Fondation étudiant les grands singes afin de pouvoir étudier la manière dont les bonobos se reproduisent (et notamment dont les femelles choisissent le père biologique de leurs enfants).

Le roman oscille alors entre les recherches de Francine (et ses premiers pas à la Fondation où elle est “guidée” par un collègue ancien militaire), ses premiers contacts avec les bonobos et des flashbacks sur son histoire marquée par une endométriose handicapante.

Les nombreuses théories et expériences scientifiques sont bien amenées et une courte et lisible bibliographie commentée à la fin du roman montre d’où l’autrice les a reprises.

A la moitié du roman (attention spoilers) le ton du roman change lorsqu’une tempête de sable (de plus en plus fréquente) force à l’évacuation de la région. Francine et son collègue reste pour s’occuper des bonobos. Mais lorsque tous les systèmes informatiques craches simultanément, le roman devient une course contre la montre pour survivre et attendre les secours. Secours qui ne viendront pas alors que le roman bascule lentement vers une histoire de survie post-apocalyptique (apocalypse “douce”) avec une fin douce-amère qui laisse ouvert les possibles.

Le roman est bien écrit et si lit très agréablement. Certain lui reprocheront peut-être une intrigue mince, un changement d’atmosphère important à la seconde moité et une fin un peu abrupte, mais c’est parce que le roman est avant tous l’histoire de l’évolution de Francine et de sa maladie : il débute avec la convalescence de l’opération qui l’a guérit et se termine lorsqu’elle redécouvre son humanité en partie perdue à cause de la douleurs.

The Kingdom of Copper

Second tome de la trilogie Daevabad, The kingdom of Copper, débute cinq ans après le premier tome. Les différents chapitres suivent, de manière alternée, trois personnages :

Nahri, la jeune Nahid mariée au fils ainé du roi de Daevabad (la cité des djinns dont ses ancêtres étaient les maîtres mais qui est maintenant sous le contrôle d’une autre tribu de djinns). Elle lutte pour pouvoir exister dans une cité où elle est à la foi vénérée pour son statut de guérisseuse et surveillé car appartenant à la lignée qui contrôlait à l’origine la cité.

Ali, le fils cadet du roi, exilé et en disgrace que les manigances de courts vont ramener à Daevabad. Jeune homme idéaliste il doit composer entre son statut princier, ses convictions et ses relations familiales. Il y a en plus cette affinité avec l’eau qu’il ne devrait pas avoir….

Darayavahoush, le guerrier protecteur des Nahids, tué et ramené à la vie afin de servir une nouvelle fois ses anciens maîtres qui dans l’ombre trame la reprise de Daevabad ….

The kingdom of Copper mélange actions et intrigues politiques dans une cité peuplée par des djinns créant une Fantasy bien écrite, interessante et originale. Vu la fin du roman je suis très impatient de découvrir le dernier volume.