Moon Rising

Troisième tome et dernier (?) de ce qui devait être une duologie Luna Moon Rising débute peu de temps après la fin du second tome. La situation sur la Lune est compliquée après l’intervention des terriens et la nomination comme “Aigle de la Lune” d’un Corta.

Le roman suit les différents protagonistes déjà présenté dans les précédents romans, sur la Lune principalement mais aussi sur Terre ou la méfiance contre les “lunaires” augmente. Difficile donc de résumé les différents arcs narratifs qui se croisent et se recroisent. Les différentes corporations familiales qui contrôlent la Lune, ainsi que l’université qui se trouve sur la face obscure de l’astre et qui se voit contraint de sortir de sa neutralité, s’affrontent afin de définir le futur de la Lune et de ses relations avec la Terre.

Fidèle au ton des précédents tomes, McDonald propose un mélange de politique, action et mélo sur la Lune qui emprunte autant à des romans comme Dune qu’au tele-novelas avec leur lots de pathos familiales et retournements de situations.

Personnellement j’aime beaucoup Moon Rising  que je trouve plus dynamique que le second tome, tout en étant moins fort que le premier. Certains trouveront sans doute que le roman se perd en tours et détours, j’y vois là une caractéristique du genre tele-novelas habilement exploité mais cela ne plaira pas à tous le monde. Bien que le roman se termine avec un retournement de situation qui semble indiqué un chemin claire pour le futur de la Lune, j’espère qu’un tome suivant sera écrit afin de concrétiser les visions esquissées ici.

L’avis, plus négatif, de Gromovar.

Sunfall

2041, l’état géo-politique de la planète n’a que peut changer par rapport à aujourd’hui, la technologie a un peu évolué (Réalité virtuelle, voitures autonomes, IA non sentientes, ordinateurs quantiques), le monde a su faire face aux conséquences dramatiques du changement climatique (des iles et côtes ont été inondés, des événements extrêmes plus fréquents, etc.), mais un nouveau danger menace la Terre : le champ magnétique qui protège la Terre des radiations cosmiques faiblit peu à peu et les scientifiques ne savent pas quand (ou si) il reprendra du poil de la bête.

Ceci est le contexte d’ouverture de Sunfall, un roman qui suit deux scientifiques et une hackeuses lancé dans une course contre la montre pour tenter de sauver le champ magnétique planétaire.

Le roman multiplie les points de vue afin de permettre aux lecteurs de rentrer dans le monde de 2041. Le premier tier est ainsi un ensemble de scénettes se déroulant aux quatre coins du globe donnant au lecteur les moyens d’appréhender l’état du monde, il sert aussi de présentation des trois plus importants protagonistes :  une jeune hackeuse iranienne qui, par défis, va découvrir une conspiration voulant cacher l’étendu de la faiblesse réelle du champ magnétique, un physicien américain en pleine dépression suite à un divorce et dont les travaux sur la matière noire ont ouvert un nouveau champ de recherche et une spécialiste du soleil anglaise qui va se retrouver dans la commission de l’ONU en charge du problème.

La solution proposée est de donner un “boost” au cœur de la planète en utilisant des faisceaux dirigés de matière noire. Problème il faut des installations conséquentes et complexe et un groupe terroriste nihiliste veut la fin de l’humanité.

Au niveau rythme le premier tier, celui d’exposition, du roman manque peut-être d’un peu de punch, la suite par contre se lit comme un thriller mâtiné de science-fiction pour faire du Sunfall un roman Solarpunk prenant.

Le diseur de mots

Premier tome d’une nouvelle série de Fantasy, La lyre et le glaive,  (trilogie si j’ai bien compris), Le diseur de mots de Christian Léourier construit un monde de Fantasy sympathique peuplés d’humains (et de presque humains) et dont la stabilité est assuré par l’axe divin, la personification des divinités sur le monde.

Mais loins de ces grandes questions théologiques le roman s’attache au pas de Kelt, un diseur de mots. Outre qu’il ne peut pas mentire, Kelt est parfois visité par la Vérité et les mots qu’il prononce alors, bien que souvent cryptique, deviennent vraie.

Il ère espérant pouvoir retrouver une foret mythique dont il a été chassé. Mon son destin prend un tournant inattendu lorsqu’un pont s’effondre et que le gardien du pont l’accuse d’être responsable de la tragédie. Débute alors une cheminant qui vont le lancer sur sa destinée, accompagné d’une femme du peuple des étoiles, un peuple nomade forgeron, d’un guerrier et, plus tard, d’un lettré.

Le tout alors qu’une religion unique, le culte de la Lyre, se développe et que des intrigues politiques se déploient pour mener à la guerre.

Le diseur de mots est bien écrit et agréable à lire, il représente une mise en place pour des évènements que l’on sent importants. J’attend la suite avec curiosité.

Horsepower & Medicine

Situé dans la même région (imaginaire), Painted Hills, près de Santo del Vado Viejo, que le roman The Wind in his heart, la longue nouvelle (52 pages) Horsepower & Medicine reprend un de ses personnages, Santana Corn Eyes, maintenant en formation avec le groupe de jeunes gens qui “protègent” la tribu, et une de ses amies sceptique sur l’existence du surnaturelle Yirah Green.

Yirah Green travaille a réparer la moto de son oncle, se sentant comme inspirée par une présence. Mais est-ce qu’il s’agit bien du fantôme de son oncle ou d’un esprit au dessein plus sombre ? L’expérience va rapprocher les jeunes filles et ouvrir à nouveau le monde des esprits.

Un histoire dont De Lint à le secret, desert, mécanique et monde des esprits pour un récit amérindien sympathique.

Black Leopard Red Wolf

Difficile de parler de ce roman après avoir lu la chronique de Gromovar qui, même s’il ne dit pas tous ce qui peut-être dit, est super complète et très interessante. Je vais quand même essayer.

Black Leopard Red Wolf était annoncé par Marlon James comme un roman qui se voulait une “réponse” à des séries comme Game of Throne mais puisant ses racines en Afrique. A ce niveau là l’auteur jamaïcain a sans doute réussi son paris (et un nombre impressionnant de références et d’inspirations doivent m’échapper).

Le roman violent, parfois crus, et épique se déroule dans une Afrique aux racines historiques. Raconté à la première personne il s’agit de la confession, narré à un inquisiteur, par Traqueur, un mercenaire à l’odorat surdéveloppé lui permettant de traquer n’importe qui et au passé marqué par le sauvetage d’enfants différents et la “bénédiction”  d’une tueuse de sorcières (le métal ne peut lui nuire).

Traqueur narre les péripéties d’un groupe disparat d’individus (un léopard change forme, une sorcière, un géant, une jeune fille, etc.) qui traque un enfant qui a été enlevé. Cette traque les mènera à traverser divers nations et affronter de nombreuses péripéties. La question de qui est l’enfant, quelles sont les implications politiques de sa disparition, qui le recherche et qui l’a enlevé sont centrales.

Mais les relations entre les membres du groupe qui le recherche sont cruciales aussi : amitiés, amoures, inimités, passés compliqués et chargés, trahisons sont autant d’éléments qui viennent enrichir le récit.

Au final Black Leopard Red Wolf est un roman de Fantasy violent, fantastique, riche et sans doute majeure. Une lecteur qui ne laissera pas indifférent et qui sortira en français en 2020 chez Albin Michel – Terres d’Amérique (un choix sans doute étrange pour un roman d’imaginaire).

Theory of Bastards

Theory of bastards est un roman se passant quelques temps dans notre futur. Le monde a peu changé, un peu plus de problème lié aux changements climatiques et écologiques, un peu plus de technologie (l’assistance informatique est partout, même implanté sur l’être humain au lieu d’être dans nos téléphones portables), mais globalement le monde reste le même.

Le lecteur est invité à suivre Francine, une scientifique qui travaille sur la manière dont l’évolution façonne nos comportements. Auréolée d’un prix prestigieux elle rejoint  une Fondation étudiant les grands singes afin de pouvoir étudier la manière dont les bonobos se reproduisent (et notamment dont les femelles choisissent le père biologique de leurs enfants).

Le roman oscille alors entre les recherches de Francine (et ses premiers pas à la Fondation où elle est “guidée” par un collègue ancien militaire), ses premiers contacts avec les bonobos et des flashbacks sur son histoire marquée par une endométriose handicapante.

Les nombreuses théories et expériences scientifiques sont bien amenées et une courte et lisible bibliographie commentée à la fin du roman montre d’où l’autrice les a reprises.

A la moitié du roman (attention spoilers) le ton du roman change lorsqu’une tempête de sable (de plus en plus fréquente) force à l’évacuation de la région. Francine et son collègue reste pour s’occuper des bonobos. Mais lorsque tous les systèmes informatiques craches simultanément, le roman devient une course contre la montre pour survivre et attendre les secours. Secours qui ne viendront pas alors que le roman bascule lentement vers une histoire de survie post-apocalyptique (apocalypse “douce”) avec une fin douce-amère qui laisse ouvert les possibles.

Le roman est bien écrit et si lit très agréablement. Certain lui reprocheront peut-être une intrigue mince, un changement d’atmosphère important à la seconde moité et une fin un peu abrupte, mais c’est parce que le roman est avant tous l’histoire de l’évolution de Francine et de sa maladie : il débute avec la convalescence de l’opération qui l’a guérit et se termine lorsqu’elle redécouvre son humanité en partie perdue à cause de la douleurs.

The Kingdom of Copper

Second tome de la trilogie Daevabad, The kingdom of Copper, débute cinq ans après le premier tome. Les différents chapitres suivent, de manière alternée, trois personnages :

Nahri, la jeune Nahid mariée au fils ainé du roi de Daevabad (la cité des djinns dont ses ancêtres étaient les maîtres mais qui est maintenant sous le contrôle d’une autre tribu de djinns). Elle lutte pour pouvoir exister dans une cité où elle est à la foi vénérée pour son statut de guérisseuse et surveillé car appartenant à la lignée qui contrôlait à l’origine la cité.

Ali, le fils cadet du roi, exilé et en disgrace que les manigances de courts vont ramener à Daevabad. Jeune homme idéaliste il doit composer entre son statut princier, ses convictions et ses relations familiales. Il y a en plus cette affinité avec l’eau qu’il ne devrait pas avoir….

Darayavahoush, le guerrier protecteur des Nahids, tué et ramené à la vie afin de servir une nouvelle fois ses anciens maîtres qui dans l’ombre trame la reprise de Daevabad ….

The kingdom of Copper mélange actions et intrigues politiques dans une cité peuplée par des djinns créant une Fantasy bien écrite, interessante et originale. Vu la fin du roman je suis très impatient de découvrir le dernier volume.

The winter of the witch

Dernier tome d’une trilogie slave bien écrite et interessante (et dont le premier tome vient de sortir en français chez Lune d’encre) The winter of the witch commence peut de temps après la fin du second tome.

La cité de Moscou vient d’échapper à un traquenard des Mongols et d’un incendie (et également de la menace d’un sorcier immortel). La population est agitée et cherche un responsable, Vasya est la responsable toute trouvée : une sorcière. Devant fuir la ville, elle se réfugie dans le royaume de Minuit à la recherche de Morosko, le roi de de l’hiver qui, affaiblit, a été piégé par son jumeau, l’Ours, à nouveau libre.

Dans sa quête Vasya va découvrir son passé et prendre part à un conflit entre créatures surnaturelles et humanité, et entre Tartare et Russe.

The winter of the witch conclut en beauté une trilogie slave qui se situe à l’intersection entre histoire et folklore.

Akata Warrior

Second roman, un troisième serait prévu, de la série Akata qui suit les aventures de Sunny Nwazue une jeune albinos, née au Etats-Unis et vivant au Nigéria, qui se découvre être un “free agent”, un membre de le société des Léopards, des magiciens, Akata Warrior fait suite à Akata Witch.

Après avoir capturé un dangereux tueur magicien dans le premier tome, Sunny et ses trois amis magiciens continuent leurs études magiques dans le monde des Léopards. Mais Sunny voit toujours dans ses rêves le monde finir dans les flames.

Entre les ennuies de son frère ainé qui rentre à l’université, ses études de magie, le mystérieux message laissé par sa grand-mère (magicienne elle aussi) et la menace du retour de Ekwensu la dangereuse mascarade, Sunny aura fort à faire.

Akata Warrior est un super roman qui plaira aux jeunes et moins jeunes fan de magie et d’aventures.

Le loup – Une histoire culturelle

Historien connu pour ses livres sur l’histoire des couleurs et des animaux, Michel Pastoureau donne à lire, avec Le loup – Une histoire culturelle, un ouvrage richement illustré qui présente succinctement l’évolution de la figue du loup en Occident de l’antiquité à nos jours.

Examinant les mythes, légendes et histoire, ainsi que des documents iconographiques et relatant des faits historiques, Pastoureau montre comment l’image du loup a évolué au fils du temps en étant, bien souvent, une figure mauvaise et dangereuse.

Le texte est agréable à lire et interessant, je regrette peut-être un peu la tendance qu’à l’auteur à lancé des piques sur les travaux des scientifiques travaillant sur la biologie et les comportements des animaux les accusant, en résumé, de ne pas tenir compte des faits historiques lorsqu’ils remettent en cause la dangerosité des loups du moyen âge.