Turning darkness into light

Se déroulant plusieurs décennies après la série des mémoires de Lady Trent (une suite de romans de Marie Brennan présentant les aventures d’une naturaliste étudiant les dragons dans un monde de low Fantasy faisant penser à notre monde de l’époque victorienne), Turning darkness into light suit une des deux petits filles de Lady Trent, Isabella Camherst, linguiste spécialisée dans le draconique ancien dans son travail de traduction d’un ensemble de tablettes anciennes présentant un mythe de création du monde de la civilisation disparue des draconiens.

Isabella est engagée pour réaliser cette traduction par un riche collectionneur, mais pas amateur d’histoire, Lord Gleinheigh. Il a trouvé les tablettes lors d’une expédition dans une zone peu réputée pour ses vestiges. Alors qu’Isabella débute sa traduction elle ne se doute pas qu’elle devra naviguer en terrain miné. En effet, une conférence sur l’avenir des derniers draconiens doit se tenir dans peu de temps et des tensions de plus en plus vive émergent entre amis des draconiens et groupuscule prônant l’humanité d’abord.

Le roman est formé d’extrait de journaux intimes, d’échange de lettres, d’extraits de presse et, au fur et à mesure que la traduction avance, des tablettes elles même. Le tout forme un roman très bien construit et haletant qui n’appelle pas à une suite.

A titre personnel j’ai beaucoup aimé Turning darkness into light que j’ai audio-lu. Je trouve que de l’ensemble des romans de Brennan se passant de le “monde de Lady Trent” c’est de loin le meilleur en terme d’ambiance et de rythme.

Anatèm

Publié en un tome en anglais (langue dans laquelle je l’ai audio-lu), et deux tomes en français, Anatèm est un épais roman de Neal Stephenson.

Il suit, dans un monde qui pourrait être le notre dans un futur indistinct mais qui ne l’est pas, les pérégrination de Fraa Erasmas un “moine” vivant dans la congrégation de Saunt-Edhar qui va être confronté a un événement à même de changer la conception du monde et les structures de pouvoir de son époque.

Difficile d’en dire plus sur l’intrigue sans gager ensuite tous plaisir de la lecture tant la question de la compréhension de ce qui se passe est centrale à l’intrigue. Par contre, je peux dire sans risque que ce roman, malgré parfois des passages de discussion philosophique un peu long, est un vrai bijou.

Stephenson créé une civilisation divisée entre un monde profane qui vit et évolue continuellement et un monde monastique basé sur la philosophie et les mathématiques (et donc non sur la vénération d’une divinité) qui vit avec ses propres règles et coutumes. L’utilisation d’un vocabulaire inventé, un peu déroutant au début mais qui devient de plus en plus naturel au fil de la lecture, est un vrai plus qui donne de la profondeur au roman.

Bref Anatèm est un excellent roman qui allie réflexion philosophique, création de monde et aventure de manière heureuse.

Terminus

Nous sommes en 1997 aux Etats-Unis, le gouvernement a, depuis les années 80, des missions en espace profond. Ce qui est moins connus du public c’est que le même procédé qui permet d’explorer les étoiles est aussi utilisé pour explorer des futurs possibles. De nouvelles technologies ont pu ainsi être développé plus tôt, mais, secret d’état, il a été aussi découvert que la fin de l’humanité est sur l’horizon, le Terminus, et qu’elle se rapproche.

Dans ce contexte, Shannon Moss du NCIS, ancienne marine ayant voyagé dans l’espace et le temps, et contemplé Terminus, est appelé pour enquêter sur un meurtre sordide d’une famille américaine. Seul problème, le suspect principal, le père de famille, est un ancien marine ayant voyagé dans le temps et supposément perdu en mission comme le reste de l’équipage du vaisseau d’exploration dans lequel il servait….

Commence alors une enquête entre présent, 1997, et futurs possibles dont les ramifications sont bien plus importantes que ce que Shannon peut imaginer.

Terminus est ainsi un thriller de science-fiction mâtiné de fantastique/horreur brillant. Entre les implications vertigineuses de l’enquête et des retours entre présents et futurs possibles qui posent des mises en abimes de l’intrigue, Terminus est un petit bijou.

Bonheur TM

Bonheur TM est un roman d’anticipation tirant vers le Cyberpunk et la dystopie. Il suit les enquêtes de deux inspecteurs de police de la section “crime à la consommation”.

Dans le futur de Bonheur TM les technologies permettes à l’humain de s’améliorer physiquement (par des implants cybernétiques, des produits chimiques, des opérations, etc), il peut aussi avoir des androïdes à son service ou s’offrire des programmes d’assistant virtuel très performants. Mais le plus important il peut être heureux, car le bonheur est un droit. Et le bonheur passe par la consommation, après tous tout est monétisable et monétiser. Ne pas consommer est d’ailleurs un crime grave et avec l’aide de sponsor personnel, dont on prend le nom, il est très aisé de consommer afin d’être heureux…

Jean Baret propose ici un roman percutant où la quête insatiable du bonheur passe par un monde où consommer est le mot d’ordre et où le doute n’est pas permis, voir pas légale….

Mêlant une histoire glauque, des personnages malsains et des répétions dans le texte bien maitrisée, Bonheur TM plonge dans le côté le plus sombre de la psyché humaine et son culte du soi et du bonheur personnel.

Un roman très réussi mais qui met mal à l’aise tant il tape juste dans ce que l’humaine à de plus mauvais.

Gideon the Ninth

Un empire spatial dirigé par l’Empereur Dieu immortel et divisé en neuf maisons de nécromanciens mènent une guerre millénaire. L’empereur a besoin de nouveau généraux immortels, les lyctors, il demande donc à chaque maison d’envoyer un nécromancien et son garde du corps, son cavalier, dans le complexe de la planète morte appartenant à la première maison; là où l’Empereur et ses lyctors sont devenus immortels il y a de cela de nombreux millénaires.

Là, la règle est simple : interdiction d’entrer dans une pièce fermée à clef sans avoir trouvé la clef. C’est dans cet ambiance étouffante et pleine de dangers potentiels que les représentants des maisons vont devoir affronter des épreuves nécromantiques pour tenter de devenir lyctors.

Évidement rien n’est simple et la plupart des représentants cachent leurs motivations et de dangereux secrets. C’est dans ce contexte que Harrowhark Nonagesimus l’héritière de la neuvième maison, celle qui garde le tombeaux qui ne doit jamais être ouvert, ce rend sur la planète de la première maison avec Gideon comme cavalière. Gideon est une orpheline, guerrière qui ne souhaite qu’une chose : quitté la neuvième maison pour s’engager dans l’armée. Elle a grandi comme seule enfant de la neuvième maison avec Harrowhark et sa haine de la nécromancienne est énorme.

La paire bien mal assortie devra apprendre à coopérer si elle espère survivre aux épreuves de la première maison.

Gideon the Ninth est un roman qui présente un univers séduisant entre technologie et nécromancie. Le lecteur se retrouve a tourner les pages du roman pour savoir comment tous cela va se finir et quels secrets cachent chacun. Hélas, l’histoire se perd en tours et détours et oscille entre moment où l’on se demande quand il va se passer quelque chose et de moments de nombreuses révélations.

Au final Gideon the Ninth, premier tome d’une trilogie, a plein d’atout mais souffre d’un rythme inégal et d’un style manquant de fluidité.

The Nobody People

États-Unis de nos jours, Avi, un reporter de guerre qui a perdu sa jambe, enquête sur deux attentats étranges. Rapidement il va être contacté par un groupe d’individus qui se présentent comme des résonants. Des êtres humains ayant de naissances des habilités particulière : télékinésie, génie des inventions, télépathies, pyrokinésie, etc. Ils veulent qu’Avi révellent au monde leur existence; le fait que la fille d’Avi soit elle aussi une résonante, et probablement une très puissante, n’est pas étrangère à leur choix.

De ce point de départ, Bob Proehl propose un roman aux nombreuses trames narratives qui suit la manière dont les États-Unis découvrent l’existence des résonants et répondent à cette découverte. The Nobody People a clairement comme inspiration principale les X-Men et les différentes sagas mutantes de Marvel. Le lecteur ne pourra que reconnaitre chez Bishop, le télépathe chef des fils des résonants et directeur d’une école pour eux, et ses anciens élèves qui collaborent avec lui, Charle Xavier et les premiers X-men. Par contre point ici de super-héros en costume ou de vigilants faisant régner leur loi dans les rues.

Le roman reprend également plusieurs thématiques développées chez Marvel : naissance d’une nouvelle subculture/race, peur de l’autre, résistance pacifique ou armée, racisme, camps gouvernementaux, etc.

En suivant plusieurs personnages (Avi et sa femme, Bishop et ses proches, la volée de terminale de l’école, des terroristes résonants) Proehl propose un roman complexe mais riche. En plaçant également son histoire sur plusieurs années, il montre l’évolution de la situation et la manière dont les fronts d’une lutte que l’on sent de plus en plus inéducable se forment.

Le roman se termine sur une situation de guerre civile imminente en laissant plusieurs mystères et questions sans réponses, une suite semble indispensable à cet excellent roman.

Le roman de Jeanne

En s’inspirant de figures historique, Lidia Yuknavitch propose un récit futuriste apocalyptique en trois actes qui suivent la fin de l’humanité et sa possible renaissance.

Alors que la Terre n’est plus qu’un espace stérile et mourant, dans le ciel le reste de l’humanité, sous les ordres de Jean de Men, réduite à des albinos stériles et asexués survit en pompant ce qui reste de ressource de notre planète. Christine Pizan est une artiste, elle est passée maître dans l’art de scarifier les tissus. Dans un acte de défiance face au pouvoir de Jean de Men, qui a fait condamné à mort l’homme qu’elle aime, elle décide de mettre en place une grande fresque retraçant l’épopée de Jeanne, la mystérieuse jeune femme qui semble être au centre de ce qui a détruit la Terre.

Parallèlement à cela, le lecteur découvre peu à peu la vie de Jeanne, une petite fille qui se retrouve habitée par une étrange lumière bleu qui lui permet de communier avec la planète. En plus de lui donner de grands pouvoirs, cette lumière est la clef de la fin de la vie et peut-être de son renouveau.

Habillement écrit en trois actes, Le roman de Jeanne aborde bon nombre de thématiques “à la mode” : écologie, culture, genre, etc. Le tout formant un roman que je qualifierai de sous-Bordage (les thématiques de Bordage, l’improbabilité de certains ressorts narratifs mais sans la magie de l’écriture de ce dernier) qui est passablement indigeste.

The True Queen

Se déroulant dans le même univers, et avec l’apparition de la  plupart des personnages principaux du premier roman, The true queen est un sequel au roman Sorcerer to the crown de Zen Cho. Se déroulant dans un royaume-unis victorien où la magie est une réalité et la place de sorcier de la couronne est tenu, pour la première fois, par une femme, noire en plus, The true queen  suit les mésaventures de deux jeunes femmes malaises Muna et Sakti retrouvées amnésiques sur une plage de Janda Baik.

Lorsqu’il apparait qu’elle ont été magiquement maudite et que le lancer de cette malédiction est anglais, la sorcière qui les a prise sous son aile les envoies, via les territoires de fairy, aux Royaumes Unis. Mais seule Muna termine le voyage et se retrouve sous la protection du sorcier royale et de son école pour jeunes sorcières.

Débute alors une aventure pour comprendre qui les a maudit, retrouvé sa sœur et, en chemin, se retrouver au cœur de la politique des royaumes de fairy alors que la Reine des fays remue ciel et terre pour retrouver un pendentif qui lui a été volé.

Supérieur, ais-je trouvé, à Sorcerer to the crown, The true queen propose une histoire agréable et bien tournée.

House of Assassins

Second tome de la trilogie du Guerrier oublié, House of Assassins débute là où le premier tome s’était arrêté.

Angruvadal l’épée ancestrale s’est brisée, Thera la prophétesse, bien involontaire, de la rébellion et des anciens dieux a été enlevé par les magiciens de la maison perdue, Ashok Vidal l’ancien protecteur de la Loi devenu chef rebelle a donc fort à faire.

House of Assassins suit donc la traque des assassins mages qui ont enlevés Thera, en parallèle le lecteur peut voir comment le complot pour prendre le contrôle du pouvoir se déroule. Sans dévoiler toute l’intrigue, le roman est toujours aussi bien écrit et développe une histoire et un monde sombre et bien écrit.

J’attends de pied ferme le troisième et dernier tome (fin 2020 normalement).

Shadows of the Short Days

Reykjavi, Islande dans un monde qui pourrait être le notre durant la révolution industrielle, sauf que les créatures du folklore vivent dans la ville côte à côte avec les hommes, la magie runique codifiée existe et fonctionne, un centrale magique fournit en énergie une forteresse volante , la cité est protégé du monde sauvage où la magie rend la nature dangereuse par un mur, les soldats de la Couronne (The Crown) qui a pris le contrôle de l’Islande il y a une cinquantaine d’année parcours les rues….

C’est dans ce contexte que le lecteur est invité à suivre les histoires de Garún et Sæmundur, d’anciens amants qui lutte à leur manière contre le système. Sæmundur était doctorant à l’université de la ville, mais ses vues sur la magie (il veut expérimenter en dehors des formes ritualisées) l’on fait virer de la faculté, Garún est un métisse humaine / huldufólk (“fays”), peintre elle veut faire la révolution et tague régulièrement les murs de la ville avec de la peinture magique pour “réveiller” les habitants.

Leurs trajectoires vont se croiser pour les mener sur des chemins périlleux : Sæmundur pour cambrioler la partie interdite de la bibliothèque de l’université afin de se lier avec un démon pour mieux comprendre la magie, Garún pour préparer et mener une révolution contre la Couronne.

Shadows of the Short Days est divisé en trois parties : la première d’exposition montre aux lecteurs la ville de Reykjavi et les deux personnages principales dans leurs vies et luttes quotidiennes;  la second partie les voit agir et précipiter leurs chemins dans une direction inéluctable (Sæmundur sur la voie de la connaissance et de la perdition, Garún sur celui de la révolution et de la violence); et finalement la troisième et dernière partie sur la conclusion inévitable, tragique et dur le leurs choix.

Shadows of the Short Days est une Fantasy Urbaine sombre et magique qui m’a beaucoup plus dans un univers au croisement du folklore islandais, de la Fantasy et du Weird.