Hanami sonata

Hanami sonata propose un roman de Léa Silhol (publié ici pour la première fois) en deux parties qui se répondent. Hanami sonata se déroule à notre époque et fait se rejoindre des arcs narratifs concernant les Fays et la famille Izôkage au Japon.

La première partie du roman, Le maître de Kõdõ, est la version longue de la novella éponyme parue dans  le second volume du recueil  Sacra .  Le lecteur y suit le voyage de plusieurs Fays au Japon afin de venir en aide à une jeune Fay prisonnière de la GRID, un monde virtuel comme on peut en voir dans le genre cyberpunk. La famille en question, les Izôkage, ont une longue histoire faite de malédiction et de relations compliquées avec l’hiver. Cette première partie relate un moment important dans l’histoire des Fays puisqu’il représente l’éveil complet de Crescent (pour ceux qui connaisse le reste du Dit de Frontier). Il s’agit également du début (enfin du second début) d’une histoire d’amour qui a traversé le temps.

La seconde partie, La maîtresse d’échos,  fait un bond dans le temps à l’époque où la ville de Frontier a été (re)trouvée et où les Fays tentent de stabiliser leurs relations avec le reste du monde. Il propose à la fois un aperçu de ce qui arrive aux Izôkage et aux Fays, mais aussi, et surtout, une conclusion (provisoire) de l’histoire d’amour qui s’est nouée entre le “chef” de famille des Izôkage et Crescent, la prophétesse du peuple Fay.

Hanami sonata est à la fois une histoire d’amour, à l’image de celle proposée dans Possession Point, mais aussi un jalon important qui éclaire à la fois l’origine des Fays et d’une famille japonaise très liée au surnaturelle. Une agréable lecture dans tous les cas; un indispensable (comme souvent) pour ceux qui tenter de deviner l’intégralité de la Trame.

Les mondes-miroirs

Roman de la rentrée littéraire 2018 chez Mnémos, Les mondes-miroirs, si j’ai bien compris, est une réécriture approfondie d’un roman à quatre mains paru en 2011 (Teliam Vore). Je ne connaissais pas la “première” version publiée, c’est donc avec curiosité que je me suis lancé dans cette lecture….

Les mondes-miroirs est donc un roman de Fantasy, mâtiné d’un soupçon de techno-science et d’une dose de fantastique / horreur façon Lovecraft & Co.

Situé dans un monde marqué par l’existence de gigantesques arches à l’origine peu claire, avec des cités à leurs pieds. La cité de Mirinèce étant située à l’endroit où les arches se croisent et se rejoignent (au niveau du sol). Des arches, selon la théorie en vigueur, une peste s’est échappée il y a de cela une génération qui modifie en profondeur les êtres vivants en faisant des monstres. Suite à une guerre et à la magie, le mal est contenu dans les campagnes. Les héros de la guerre sont devenu les dirigeants d’aujourd’hui.

C’est dans ce contexte que le lecteur est invité à suivre deux jeunes femmes : Elsy et Élodianne. Deux sœurs, l’une adoptive, ayant grandi dans les bas-quartiers de Mirinèce, Elsy est mercenaire, à mauvais caractère et ambitionne de devenir riche, Élodianne est mage, est sortie de sa basse condition et maitrise la magie des mondes-miroirs, une branche mineur de la magie.

Lorsque des horreurs, rapidement nommées blasphèmes, menacent la ville de Mirinèce les deux jeunes femmes vont se retrouver à mener l’enquête et découvrir une menace dont l’origine semble lié à l’histoire des héros de la guerre et dont les implications pourraient révolutionner la magie.

Les mondes-miroirs est un roman plaisant qui propose un monde original et une histoire aux nombreux interrogations et révélations qui sont bien dosées dans le roman. J’espère qu’il y aura d’autres textes dans le même univers car certaines questions périphérique au récit n’ont pas eu de réponses; et je suis quelqu’un des très très curieux.

The Bear and the Serpent

Second tome de la trilogie débuté par The Tiger and the Wolf, The Bear and the Serpent débute peu de temps après la fin du premier tome.

Il suit deux arcs narratifs, l’un se déroulant dans le Nord, l’autre dans le Sud.

Dans le Nord, l’arrivée des “pale shadows” sur les côtes représentent un danger qui demande l’unification, même temporaire, des divers tribus. C’est donc les ours qui s’y colle, et principalement un ours solitaire et puissant (déjà croisé dans le premier tome). Le lecteur suit donc ses tentatives d’unification et la découverte de la menace venus d’au delà les mers…

Dans le Sud, Maniye Many Tracks, ayant réconcilié ses deux âmes et devenue championne, se retrouve plonger dans une guerre de succession entre un frère et une sœur. Le clan du serpent étant lui même divisé sur qui doit acceder au trone. Fuyant des assassins, ses pérégrinations vont la mener dans plusieurs endroit du royaume du sud, pendant que, dans l’ombre, des révélations impliquant le serpent et le futur du monde lui même se trame.

The Bear and the Serpent est une Fantasy toujours aussi agréable à lire, qui a les même défauts et forces que le premier tome : une écriture interessante, un monde orignal et bien construit, et quelques longueurs.

Meijo

Troisième tome de la saga du Sentiers des astres, Meijo debute ou le tome précédent s’est terminé.

L’expédition dans le Nord vers le Roi-diseur est en difficulté : traquée par une force hostile, ayant perdu son chef éliminé par un traitre en leur sein. Dirigé maintenant par le Barde de l’expédition, le groupe profite de l’aide de la peuplade locale des Teules qui les mènent via le sentier des astres, un raccourci situé à la frontière du monde des mortels et du monde des esprits à la recherche d’un chemin par delà les dangers de la forêt et vers la voie qui mène à leur quête.

En parallèle la courtisane Shakti se dévoile d’avantage contant son exilé et sa déchéance. Un récit âpre où la pauvreté et la necesité pousse shakti et son compagnon d’infortune aux pires bassesses pour survivre.

Meijo est un troisième tome à l’écriture toujours aussi belle. Un tome aux deux récits enchâssés de manière équilibrée qui dévoile par petite touche les enjeux de la guerre qui se livre au loin dans l’Heritage et qui fait la part belle aux mondes des esprits et à la magie.

Maintenant le plus difficile est d’attendre la sortie de la suite.

Nous qui n’existons pas

Nouveau texte de Mélanie Fazi, Nous qui n’existons pas est particulier sur plusieurs points.

Il s’agit, tous d’abord, non pas d’un texte de fiction mais d’un essai autobiographique; à la fois une chose rare pour une écrivaine peu prolixe et un hors collection pour l’association Dystopia.

Ensuite, c’est un texte qui est né d’un article de blog, publié en juin 2017 et repris dans le livre : “Vivre sans étiquette“. Dans ce texte, à la fois confession, coming out et libération de la parole, Mélanie Fazi explique sa différence : l’abscence de pulsion de couple. Elle ne ressent en effet aucun besoin de vivre en couple, aucune pulsion de rechercher l’âme soeur ou le coup d’un soir. Et ceci dans un monde où ce “besoin de couple”, de traversser l’existence à deux est un acquis pour (presque) tous le monde,

De ce post de blog est né l’idée d’écrire un texte plus large afin de se confier et de parler à la fois de son expérience et de ce que cela de vivre un pas de côté de la majorité, mais aussi dans le but de montrer à d’autres qui se sentiraient ainsi qu’ils ne sont pas seul.

C’est donc un texte (deux en fait, un premier écrit durant l’été 2017 et un second sous forme de “suivi” écrit durant le premier trimestre 2018) très personnel que propose Nous qui n’existons pas.

Dans celui-ci Mélanie Fazi se livre. Elle parle de la manière dont elle s’est construire, comme autrice bien sur, mais aussi, et surtout, comme être humain; de la difficulté de vivre dans un monde où la recherche d’un partenaire, de vie ou pour un court moment, est un donné, une évidence; de la manière de se construire, dans la douleur, avec le sentiment d’être différente de tous; de la manière de tenter de rentrer dans le moule et de faire illusion…

Difficile pour moi qui peine à aligner des mots de manière claire de rendre justice à Nous qui n’existons pas. Mélanie Fazi a le verbe claire, l’écriture agréable et fluide qui sait rendre intelligible et agréable à lire son parcours de vie et sa différence.

Nous qui n’existons pas est une lecture qui éclaire le parcours d’une autrice (ses textes prennent une autre dimension suite à cette lecture), mais aussi et surtout qui peut apporter confort pour ceux qui se sente décalé par rapport à la norme et, pour ceux dans la norme (c’est mon cas), une ouverture sur une autre manière d’être humain et de voir le monde.

Une lecture qui me semble importante dans le monde d’aujourd’hui.

Nous qui n’existons pas sort fin septembre / début octobre 2018 chez Dystopia.

The tiger and the wolf

Premier tome d’une trilogie de fantasy du prolifique Adrian Tchaikovsky, The tiger and the wolf propose un univers où chaque personne possède un totem animal, une seconde âme, qui lui permet de changer de forme.  Les différentes tribus / royaumes sont basés sur les animaux totems, divinités à part entière, des peuples de ce monde.

Le roman suit deux personnages principaux : Maniye, la fille du chef d’un clan de loup du Nord et le fils d’un seigneur d’un royaume crocodile du sud, champion de son peuple, partit en quête, dans le Nord, des mythiques guerriers de fer loups.

Maniye a une particularité, elle est également la fille de la reine du peuple tigre que les loups ont vaincu il y a une grosse quinzaine d’année dans une guerre pour le contrôle du Nord. Se mère a été ensuite assassinée, par ordre de son père, par le loup solitaire Borken Axe.

Alors qu’elle arrive à l’âge adulte, elle doit choisir entre son âme de loup et son âme de tigre. Découvrant que son père, distant, veut l’utiliser pour assoir sa domination sur l’ensemble des peuples loups, elle prend la fuite, prenant avec elle un prêtre serpent du Sud tombé dans les griffes de sa tribu.

Débute alors une fuite dans tous le Nord qui mènera Maniye au près des nombreux peuples du Nord à la recherche à la fois de son passé mais aussi de son futur.

Parallèlement, le champion crocodile  mène sa propre quête dans le Nord qui lui ferra croiser et recroiser les traces de Maniye.

The tiger and the wolf est un bon roman de Fantasy, il souffre peut-être (cela me semble assez courant chez Tchaikovsky) parfois de quelques longueurs, mais il est frais et propose des personnages entre humains et bêtes fort sympathiques.

Iron Council

Troisième, et dernier roman, de la série Bas-Lag, Iron Council revient, par rapport au tome précédent (il se lit d’ailleurs de manière indépendante), en la cité de Nouvelle-Crobuzon.

Roman révolutionnaire, Iron Council suit deux histoires parallèle : celle de Judah, un golemiste de talent (il peut animer des golems faits de différentes matières) qui a participer, il y a de cela longtemps, à une révolte d’ouvriers qui construisaient un chemin de fer. Après avoir pris contrôle d’un train, ces derniers ont pris la fuite avec devenant le mythique Conseil de de fer. Judah lui est rentré à la Nouvelle-Crobuzon mais est parti à nouveau à la recherche du train pour les pervenir qu’ils sont en danger.

L’autre histoire est celle de Ori, un révolutionnaire qui prend par à des activités de plus en plus subversive avant de se retrouver au centre et en marge d’une des plus grandes révolutions que connaît la Nouvelle-Crobuzon.

Le tout alors que la cité-état est en guerre face à un ennemis qui semble déterminé à tous pour gagner la guerre…

Iron Council est un roman oscillant entre l’étrange, la Fantasy et la révolution industrielle. Avec une thématique éminemment politique, le roman est une réussite, bien qu’à titre personnel je trouve qu’au niveau des histoires racontées c’est le moins prenant de la trilogie.

L’archipel d’une autre vie

Pour une fois je me suis attaqué à une lecture qui n’appartient pas au genre de l’imaginaire (un cadeau, les meilleurs : une lecture qui a plut à quelqu’un d’autre).

C’est donc avec curiosité que j’ai attaqué L’archipel d’une autre vie d’Andreï Makine un auteur que je ne connaissais que vaguement de nom.

Le court roman propose deux histoires enchâssées. Il y a tout d’abord un jeune géomètre, 7rphelin d’état, envoyé, dans les années 70, Sibérie orientale, dans un coin éloigné, qui un jour suit un inconnu dans la toundra. Cette homme va lui raconter comment, alors qu’il était soldat dans les années 50, la traque d’un fugitif dans cette même toundra allait changer sa vie.

Difficile d’en dire trop au risque de gâcher la fin du récit. Je me contenterai de dire donc que le roman est à la fois une critique politique d’un système soviétique déshumanisant, une aventure humaine où les hommes se révèlent, aux autres et à eu même, dans la confrontation à une nature sauvage et vierge de tourments des hommes.

Au final donc, un beau roman “nature” donc la belle conclusion vaut la lecture.

La short list du prix Planète SF 2018

Depuis déjà quelques années, je suis membre du jury du Prix Planète SF des blogeurs.

Il se trouve qu’il y a peu la short list des titres séléctionés pour le prix 2018 a été annoncée.

Il s’agit de quatre excellents titres que valent vraiment la lecture :

Une sélection entre Fantasy et Science-Fiction que je ne peux que vous engager à lire.

Créatures

Créatures est le titre de l’anthologie 2018 des Imaginales, dirigée par Stéphanie Nicot. Comme chaque année l’anthologie présente une quinzaine de nouvelles tournant au tour du thème de l’anthologie (et depuis 2017 celle-ci est le thème du festival également, depuis 2017 également les nouvelles ne se cantonne plus au genre de la Fantasy).

Comme souvent, l’anthologie 2018 propose, dans son ensemble, de bons textes.

Le sommaire de l’anthologie réunit des noms très connus et d’autres un peu moins. Par manque de temps (je suis pas mal pris en ce moment) je ne détaillerai pas chaque texte (pardon !),

Néanmoins que le lecteur sache qu’il trouvera en ces pages, entre autre, un des premiers ordinateurs qui accède à la conscience (dans une ucrhonie de Jean-Laurent Del Socorro), des créatures hantant des villages (en Fantasy chez Anthelme Hauchecorne ou durant la seconde guerre mondiale chez Claire & Robert Belmas), des golems (chez Adrien Tomas), des créatures fabriquées (chez Fabien Cerutti), des visions du futurs (chez Élisabeth Bonarburg, Jean-Louis Trudel ou Estelle Faye) et bien d’autres choses encore.

En bref, si vous aimez les nouvelles de qualités, cette anthologies, comme toutes celles des années précédentes et un must read.