Colombo Chicago

Je dois être un peu maudit; en effet chaque fois que je participe à un partenariat avec le site blog-o-book, je tombe sur un livre qui me parait alléchant et qui au final me laisse un peu sur ma faim. C’est le cas avec Colombo Chicago : une chronique s’étendant sur 70 ans deux deux familles sri-lankaises dont le destin oscille entre le Sri-Lanka et les États-Unis.

Pour être tout à fait honnête le roman n’est pas si mauvais que cela, le destin de ces deux familles est intéressant et montre la diversité des destins à partir d’une même origine. Non ce qui m’a laissé un peu sur ma faim c’est la multiplications des personnages que l’on ne suit qu’un bref moment, sans avoir le temps de bien les situer ni de vraiment s’attacher à eux ainsi que le choix de la narration. L’histoire des deux familles  n’est pas en effet présenté de manière linaire mais par de bref tableau, une vingtaine, un par chapitre, qui brosse le destin de un ou plusieurs membres de la famille dans un lieu précis à un moment donné. Si certains personnages réapparaissent, d’autres sortent rapidement du champ pour ne jamais y revenir.

C’est ainsi une fresque qui me semble inachevée qui est proposés. Le côté instantané de chaque destin m’a plus gêné que plus, ce qui est dommage car l’écriture poétique de l’auteur laissé promettre une présentation de destins communs (deux familles, deux pays) intéressante.

Comment j’ai vaincu ma peur de l’avion

Reçut dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio, Comment j’ai vaincu ma peur de l’avion est un recueil de plusieurs courts textes, quasiment des réflexions, du dernier prix Nobel de littérature, le péruvien Mariio Vargas Llosa.

Ces différents textes, écrits entre 1997 et 2008, propose une réflexion sur le voyage et les villes qui ont marqué Vargas Llosa. C’est ainsi que tout naturellement le recueil s’ouvre sur Comment j’ai vaincu ma peur de l’avion où l’auteur présente sa médecine littéraire (lire un bon roman) pour vaincre sa peur de l’avion. Viennent ensuite des textes sur les régions andines, Berlin, New York, Rome et Boma. Ici Vargas Llosa livre ses sentiments sur ses différentes villes. C’est bien écrit, agréable à lire et toujours très intéressant. Finalement, il livre également ses réflexions sur les bibliothèques et sur une des expériences commune de la vie contemporaine : se faire voler.

Ces textes rapides à lire (une heure de lecture tranquille pour moi) sont très sympathiques et m’ont fait passer un excellent moment. A vrai dire j’aurais bien aimé en avoir d’avantage à me mettre sous la dent….

Love in Excess

Love in Excess est le premier roman publié d’Eliza Haywood . Cette écrivaine britannique du dix-huitième siècle a écrit, durant sa longue carrière, de nombreux romans et essais.

 Love in Excess est composé de trois volumes (réunis ici en un seul) narrant les aventures d’un gentilhomme français : le comte D’elmont. Dans le premier livre, et alors que le comte rentre de la guerre auréolé de gloire, il est courtisé par une mystérieuse admiratrice. Après une série de quiproquos qui le voit confondre une femme pour une autre; il termine en se mariant avec l’admiratrice alors que l’autre femme se retire au couvent. Dans le même temps le frère cadet du comte tombe amoureux de la soeur de la nouvelle femme de ce dernier.

Dans le second livre, le comte découvre l’amour dans les yeux de la fille de son tuteur alors que son frère poursuit ses projets matrimoniaux. Le second livre finit tragiquement après la découverte de la vérité et le comte s’exile en Italie.

C’est donc à Rome que se déroule le troisième livre. Il met en scène le comte qui, toujours amoureux, doit lutter contre les assauts d’une admiratrice décidée alors que le frère de son aimée se débat dans une histoire d’amour compliquée. C’est à démêler le vrai de faux que le comte doit s’employer à faire triompher l’amour.

D’une écriture agréable, Love in Excess est un roman agréable à qui aime la littérature anglaise de l’époque. Le troisième livre est légèrement moins bon avec une histoire un peu trop complexe et capilotractée à mon goût.

Les Sept Guerrières d’Hori

Suite, et fin, des Sept Lances d’Aizu, les sept guerrières d’Hori ne se déroule plus à Edo, la capitale du Shogunat, mais directement dans le fief du daimyo détesté en Aizu.

Là les sept survivantes du clan Hori, un grand maitre zen et un bretteur d’exception devront déployer des trésors d’ingéniosité pour arriver à bout de leur ennemis. Ce dernier, non content d’être en son fief, est aidé par un puissant immortel qui ne peut être tuer que dans des conditions bien particulières.

L’histoire prend de nombreux détours et de retournements de situations en retournements de situation finis par se dénouer. Combats, sorcelleries et politique occupent les premiers plan d’une histoire sympathique mais moins direct que dans le premier tome. J’aurais apprécier une résolution moins tortueuse et plus direct pour ce roman qui m’a quand même fait passer un bien bon moment.

Les Sept Lances d’Aizu

Les Sept Lances d’Aizu, sous-titré Les manuscrits ninja, est le premier tome d’une histoire en deux se déroulant dans le Japon du XVIIe siècle. A ce que j’ai pu glaner sur Internet Yamada Fûtarô, qui a écrit ce roman dans les années soixante, est un précurseur du genre ninja.

Dans tous le cas son roman utilise tous les codes des films de ninja et des films de sabre asiatiques. La famille Hori est exterminée par les sept lance d’Aizu au service du Seigneur du fief du même nom. Seules sept femmes du clan survivent au massacre. Mise sous la protection de la sœur du Shogun, elles vont être entrainée par un maitre du sabre afin d’accomplir elle même leur vengeance.

Le roman est plaisant à lire et les aventures des sept femmes et de leur maitre rocambolesques au possible. Si vous aimez les ambiances films de sabre, ce roman est fait pour vous. Personnellement j’attends l’arrivée de mon paquet contenant la suite avec impatience.

Chagrin d’école

Second ouvrage de Pennac que je lis, après Comme un roman, Chagrin d’école m’a beaucoup plus. Il s’agit d’une réflexion à base autobiographique sur les cancres, l’enseignement, les enseignants et l’école.

Beaucoup de choses dans ce texte qui se lit avec plaisir, peut-être un peu trop d’ailleurs. S’il doit avoir un défaut c’est sans doute celui de l’éparpillement et des digressions; défaut qui fait également son charme. Le message de Pennac ? Difficile de tout résumé, mais sans doute qu’être cancre est une souffrance et pas une fatalité, qu’être enseignant est compliqué et merveilleux, que personne n’est parfait, que tous ont une chance (encore faut-il leur la donner), que rien ‘est perdu ni jamais acquis, que la pensée magique est à l’œuvre dans nos sociétés, etc.

Un ouvrage foisonnant, une lecture agréable, une réflexion rafraichissante, un parler franc : un merveilleux livre en somme !

El Asedio

Dernier livre en date de l’écrivain espagnol Pérez-Reverte, El Asedio est un gros roman se déroulant dans la Cadix des année 1811-1812.

C’est dans, et autours, de la ville assiégée par l’armée napoléonienne, et alors que se discute et s’écrit la nouvelle constitution, que Pérez-Reverte déploie un roman chorale qui suit les pas de plusieurs personnages qui se croisent et se côtoient. Il y a ainsi le capitaine français en charge du bombardement de la ville, la patronne d’une maison commerciale, un homme du peuple, un corsaire espagnol, un taxidermiste qui espionne pour la France et un commissaire de police sur les traces d’un tueur en série.

L’intrigue principal du roman tourne autours d’un tueur en série qui élimine de façon particulièrement horrible des jeunes femmes en laissant les corps à proximité d’un impact d’obus. Mais, même si le roman prend parfois des atours de roman noir, El Asedio est avant tous un roman historique qui dépeint le siège d’une ville.

Excellent roman, un lecteur impatient trouvera sans doute que l’intrigue principal traine en longueur et tourne parfois un peu en rond. Il pourra également penser qu’il y a un petit côté surnaturelle de trop aux motifs du meurtrier. Mais malgré ces quelques faiblesses, ce roman est pour moi l’un des meilleurs de l’écrivain espagnol.

El Naranjo

El Naranjo, l’oranger, est un recueil de cinq nouvelles de Carlos Fuentes dans lesquelles un oranger fait à chaque fois une apparition plus ou moins furtive.

Les deux premières nouvelles (Las dos orillas et Los hijos del conquistador) proposent des visons intéressantes des premiers temps de la conquête des Amériques. La première par une narration de la plume de l’interprète de Cortez qui vire à l’utopie, la seconde par un dialogue entre deux fils du même Cortez.

La troisième nouvelle (La dos Numancias) narre la chute de Numance et plus généralement le récit de la conquête romaine (oui oui la Rome antique) de l’Espagne. Les deux dernières nouvelles se déroulent également aux Amériques (une à Acapulco dans les années nonante, l’autre est un récit de la main de Colomb); je ne serais en dire grand chose ne les ayant pas lues.

Première lecture de Carlos Fuentes et sentiment mitigé à la sortie. Je n’ai pas eu le courage de terminé le recueil, lors de ma tentative de lecture des deux dernières nouvelles le recueil m’est un peu tombé des mains. Je dois dire que l’écriture de Fuentes manque de fluidité à mon goût. Ceci étant dit j’ai quand même bien apprécié la lecture des trois premières nouvelles qui proposent un regard assez intéressant sur Cortez pour les deux premières et une continuation plaisante, bien qu’un peu verbeuse, de Salammbô . Une lecture pas mal mais qui ne me donne par envie de revenir à Fuentes dans l’immédiat.

Salammbô

Roman de Flaubert, dont étudiant en secondaire j’avais beaucouup aprécié la lecture de Madame Bovary, Salammbô est un roman historique narrant la guerre des mércenaires qui opposa Carthage à ses anciennes troupes suite à la défaite du la première guerre punique.

Bien qu’historique, le roman se permet quelques libertés avec l’histoire, le personnage de Salammbô, fille d’Hamilcar Barca, n’a, par exemple, aucune verité historique. La révolte des mercenaires est narrée du début à la fin du conflit et la narration change régulièrement de point de vue entre les principaux protagonistes carthaginois et mércenaires. L’écriture est déscriptive, “nerveuse” et directe et montre bien la violence de la guerre.

La figue de Salammbô est centrale dans le conflit car elle est à la fois une des motivations, intime et cachée, au conflit et une des solutions de celui-ci. Le conflit lui même semble être prisonier d’une logique égoiste et dépeint plus grands homme de l’histoire sous un jour peu flateur.

Au final, ce roman ne plaira sans doute pas à tous le monde; pour ma part j’ai eu beaucoup de mal a me détacher de ma lecture une fois celle-ci entamée.

The City & the City

Second roman de China Miéville, mais le dernier paru, que je lis (après Perdido Street Station), et deuxième excellent roman. Contrairement à Perdido Street Station qui est un roman de fantasy, The City & the City est un roman noir.

Dans une cité imaginaire de l’Europe de l’Est, on suit, raconté à la première personne, l’enquête de l’inspecteur Borlú de la ville de Beszel sur l’assassinat d’une jeune étudiante en archéologie canadienne dont le corps a été retrouvé dans un parc de la ville. Une enquête qui pourrait sembler banale si le crime n’avait pas été commis à Ul Qoma. Le problème c’est que la ville d’Ul Qoma et de Beszel ne sont pas seulement deux villes rivales dont les relations politiques sont tendues mais également deux villes qui occupent le même espace physique. Les territoires des deux villes entremêlement dans l’espace et ses habitants ont l’habitude, et l’obligation, de ne pas voir l’autre ville et ses habitants.

Ce cadre étrange construit une double ville unique, deux cités fantastiques qui par leurs naturelles et absurdités me font penser à la “City” créée par Auster dans In the country of last things (Le voyage d’Anna Blume en français).

L’enquête de l’inspecteur Borlú prend une ampleur insoupçonnée lorsqu’il doit se rendre à Ul Qoma afin de résoudre l’enquête et comprendre ce qu’une légende locale, celle d’une troisième ville se trouvant entre les deux autres, “Breach” la mystérieuse et toute puissante police qui gère les brèches (toutes infractions qui nient la frontière psychologique entre les deux villes), des archéologues, des groupes nationalistes et des groupes unionistes (militant pour la réunification des deux cités en une) ont à voir dans le meurtre.

The City & the City est un roman formidable, d’une prouesse d’évocation impressionnante dans deux villes improbables. China Miéville est en train de rentrer par la grande porte parmi les auteurs qui m’ont marqué profondément. A vérifier avec ses autres romans, mais j’ai l’impression que c’est également un créateur d’univers, ou devrais-je dire de villes, de première ordre.