Flamboyance de Mathieu Gaborit

Second tome du deuxième diptyque sur Abyme, Flamboyance, après La cité exsangue, débute là où le tome précédent c’est terminé.

La cité d’Abyme tel qu’elle a existé pendant longtemps, décadente, flamboyante, excentrique, est sur le point de disparaitre. Menacée par une prise de pouvoir interne et par des intérêts religieux externes, la ville subit de plein fouet un coup d’état sanglant et moralise. C’est dans ce contexte que le vieillissant Maspalio, ancien prince-voleur et conjurateur, court dans la cité pour tenter de donner une sépulture digne à son amour de jeunesse et comprendre ce qui se trame vraiment. En parallèle sa fille, dont il ignorait même l’existence, lute pour sa survie et celle de ses amis…

Avec ce final flamboyant Mathieu Gaborit détruit, pour mieux la reconstruire, la cité d’Abyme. Une fin fort intéressante pour un cycle débuté au siècle dernier.

Eyes of the Void de Adrian Tchaikovsky

Second tome de la trilogie The final Architecture (débutée avec Shards of Earth), Eyes of the Void débute peux de temps après la fin du premier tome. Le lecteur est toujours invité à suivre l’équipage du vaisseau de récupération « The Vulture God » dont les allégeances ont évolués depuis le premier roman.

En effet, le vaisseau et son équipage sont plus ou moins maintenant avec la force militaire « le Parthénon » et Idris, l’intermediary (capable de parcourir l’espace entre les systèmes sans passer par les voies existantes), les aides à développer leur propre intermediaries. Pendant ce temps les architectes continues à détruire des mondes et s’attaquent maintenant à des mondes qui étaient « protégés » par des ruines des Originators, une race ancienne maintenant disparu. Le tout alors que dans la sphère humaine des tensions de plus en plus fortes la dirige vers une guerre interne.

Quand Idris est enlevé, le reste de l’équipage du « Vulture God » se lance à sa recherche, mais Idris va peut-être découvrir l’origine des architectes et plus encore.

Eyes of the Void est un second tome fort sympathique de space opera, j’admet être curieux de connaitre la fin de la trilogie.

House of Sky and Breath de Sarah J. Maas

Second tome de la série Crescent City (après House of Earth and Blood), House of Sky and Breath se déroule peu de temps après le premier tome.

Centré également sur les mêmes personnages que le premier tome, le roman montre leur évolution : Bryce Quilan est maintenant devenu très puissant et Hunt Athalar conserve son poste à la police de la ville mais maintenant en tant que ange libre. Ils tentent de vivre une vie de couple sans faire de vague car les Asteri (les puissants dirigeants de Midgard) leurs ont très clairement fait comprendre que leurs survies et celles de leurs proches dépend de cela.

Mais c’est sans compter sur l’arrivée, clandestinement, d’un réfugié du continent voisin où une rébellion des humains contre les créatures magiques fait rage, et des anciens « collègues » de Hunt, des bruts dangereuses. Sur ces prémisses, Sarah J. Maas développe un roman riche où de nombreuses intrigues se croisent et se mélangent dans un jeu de faux semblants.

Au final, Bryce, Hunt et leurs amis vont se retrouver au centre de plusieurs secrets qui remontent aux Asteri même. La fin du roman propose d’ailleurs plusieurs révélations et un twist qui m’ont particulièrement surpris; j’attend maintenant le tome suivant avec grande impatience.

House of Earth and Blood de Sarah J. Maas

Premier tome de la série Crescent City, qui se déroule dans la ville éponyme, House of Earth and Blood est un roman d’Urban Fantasy proposant une intrigue très intéressante dans un monde qui l’est tout autant, avec une forte dose de romance et soupoudré de « light porn ». Dis comme cela le pitch ne fait peut-être pas vraiment envie, mais l’autrice créé un monde riche et prenant.

Le roman se déroule sur Midgard, une planète / monde qui pourrait être le notre si ce n’est que, il y a plusieurs siècles, des créatures fantastiques et magiques l’ont colonisée et conquise. Les humains sont ainsi des citoyens de seconde zone (car ils ne maitrisent pas la magie) alors que anges, fayes, garous, tritons, sorcières et autres forment les vraies citoyens de Midgard. La planète est dirigés par un conseil d’archanges, les Asteris, et se trouve sous les menaces de démons qui peuvent y être invoquée et d’une rébellion humaine sur l’un de ses continents.

House of Earth and Blood débute avec la présentation de deux protagonistes : Bryce Quinlan, une demi-faye (humaine par sa mère, faye par son père qui est le dirigeant des fayes de Crescent City) et Danika Fendyr, la petite fille de l’Alpha des loups-garous de la cité, une jeune femme dont tous le monde dit qu’elle a le potentiel pour devenir l’Alpha de tous les garous de Midgard. Les deux jeunes femmes vivent une vie fait de fête de d’insouciance; vie qui se retrouve changée lorsque Danika est brutalement assassiné avec l’ensemble de sa meute. A ce moment là le roman fait un bon de quelques années, et suit Bryce alors qu’elle se retrouve à devoir enquêter sur une série de meurtres qui semblent lié à celui de son amie. Elle doit faire équipe avec un ange, Hunt Athalar, qui « travail » dans la police (il est en fait un esclave qui avait mené une rébellion contre les archanges et qui doit servir le gouverneur de la ville). Débute alors une enquête qui va changer leur vie et les mener a mettre à jours de nombreux secrets et complots.

House of Earth and Blood est un roman dense ou tous les protagonistes sont jeunes, beaux, sexy, baisables…. Mais le mélange entre romance/porn Fantasy et Urban Fantasy est somme toute plutôt bien fait et aussi bien l’intrigue que la construction d’univers sont brillants. Bref j’ai adorré.

Las cosas que perdimos en el fuego de Mariana Enriquez

Les onze nouvelles fantastiques, se déroulant en Argentine, qui forment le recueil Las cosas que perdimos en el fuego sont autant d’uppercuts qui frappent le lecteur.

Les différentes nouvelles ont plusieurs point en commun : récit court, baignant dans le fantastique, ayant souvent un protagoniste féminin, se terminant abruptement sans donné d’explications ou d’épilogues.

Las cosas que perdimos en el fuego forme donc un recueil où la violence du quotidien rencontre le fantastique de manière crus et violentes. C’est un recueil qui fouille dans ce cas l’humanité a de plus sombres et qui le fait bien. Les lecteurs de Notre part de nuit retrouveront même ici la visite d’une maison hantée qui est une version plus ancienne d’une scène retravaillée du roman.

Sorrowland de River Solomon

Vern est encore une adolescente lorsqu’elle fuit dans la forêt la secte des enfants de Cain dans laquelle elle a grandit. Une secte afro-américaine prônant le retour aux traditions et valeurs africaines. Vern donne naissance à ses jumeaux dans la forêt où elle vit et se cache durant plusieurs années. Mais quand elle commence à avoir des visions, à développer une force surhumaine et à changé, Vern décide, pour le bien de ses enfants et pour comprendre, de regagner le monde et de découvrir ce qui lui arrive. Une quête qui la mènera sur les traces de son passé et de l’histoire de la secte…

Sorrowland est un roman coup de poing qui aborde à la fois le destin des minorités aux États-Unis (afro-américains mais aussi amérindiens) et le rapport au corps et à la maternité. Un bon roman de science-fiction qui convoque une partie de l’imaginaire lié aux afro-américains en l’insérant dans un contexte contemporain et scientifique.

Tercer mundo despues del Sol

Tercer mundo despues del Sol, derrière ce titre en forme de clin d’oeil se cache une anthologie de quatorze textes de science-fiction / imaginaire écrits par des auteurs latino-américains. Ces différents textes portent un regard sur le présent et sur des devenirs possibles.

S’il peut être difficile de comparer des textes dont le principal point commun est l’origine géographique de leurs auteurs, il y a quand même quelques grandes thématiques qui émergent : réflexion sur l’identité, sur la modernité des cultures dites traditionnelles, sur le rôle de la technologie sur un continent qui utilise plutôt que créé, sur le rôle de la mémoire, sur la représentation des minorités.

Au final Tercer mundo despues del Sol propose une plongée dans plusieurs textes fort intéressants et d’auteurs que je connais beaucoup moins car peu publié ici en Europe.

Le maître des djinns de P. Djèlí Clark

Lu en version audio en VO, Le maître des djinns de P. Djèlí Clark est publié en français par les éditions de l’Atalante. Il s’agit d’un roman d’une enquête d’Urban Fantasy se déroulant dans une version alternative du Caire en 1912. L’Egypte est devenu une grande puissance suit à l’apparition, dans le monde entier au XIXe siècle, de créatures surnaturels et magiques des légendes. Dans les rues du Caire se croise donc humains, mages et mystiques mais aussi Djinns et automates.

Fatma el Sha’arawi est enquêtrice au ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles; elle se retrouve à devoir géré une nouvelle partenaire et une enquête sensible : une fraternité britannique voit tous ses membres assassinés magiquement. Le principal suspect prétend être le mythique Al-Jahiz en personne, le mystique qui a ramener la magie, et multiplie les provocations et crimes au Caire.

Le maître des djinns est un roman très agréable à lire qui propose une Fantasy fraiche et noir (dans le sens « enquête) dans un Caire uchronique flamboyant.

L’architecte de la vengeance de Tochi Onyebuchi

Court roman, en anglais il s’agit d’une novella, l’architecte de la vengeance (Riot Baby en VO) de Tochi Onyebuchi est publié en français avec une introduction de Gilles Dumay et la traduction de deux essaies de l’auteur qui éclaire une partie des problématiques afro-américaines développées dans le roman.

J’ai audio-lu le roman en anglais, lu les deux essaies en anglais et lu en français l’introduction de Dumay. Les essaies sont une lecture intéressantes. Le roman lui même est un uppercut à la lecture. Le roman dégage une rage qui ne demande qu’à éclater qui convient bien à son sujet. l’architecte de la vengeance se déroule dans un futur proche aux États-Unis et suit un frère et une sœur afro-américains. Elle, l’ainée, à un don, elle voit une partie du futur des gens et avec le temps peut faire plus, bien plus, lui est « destiné » à la prison et ensuite à des moyens de contrôle technologiques plus insidieux; le tout forme l’image d’une Amérique divisées et où la révolution gronde.

A titre personnel je n’ai pas accroché plus que cela à ce texte, mais sa dimension politique et son écriture tout en rage contenue en fait sans aucun un doute un texte à lire.

Notre part de nuit de Mariana Enriquez

Roman fantastique argentin récemment traduit en français, j’ai audio-lu Notre part de nuit de Mariana Enriquez en VO. Dans ce roman, Enriquez construit un récit qui mêle l’histoire récente de l’Argentine (de la dictature des années 70 à 80, le retour à la démocratie et les soubresauts qui l’ont accompagnés, avec des événements sociaux importantes, comme l’épidémie du Sida par exemple) et les vies d’un père et de son fils, Juan et Gaspar.

Notre part de nuit débute par un road trip à travers l’Argentine, au début de l’année 1981, qui voit Juan, qui vient de perdre son épouse Rosario dans un accident de bus, se rendre chez sa belle famille avec son fils. Dans ce prologue, le lecteur découvre un père aimant mais malade, parfois violent avec son fils et surtout capable de prouesses surnaturels; car Juan est un médium la santé fragille.

A partir de là le lecteur plonge dans la vie du père et du fils en faisant des allers et retours entre le « présent » de la vie de Gaspar et le passé de la vie de ses parents. Juan est en effet un médium qui a été, très jeune, pris sous l’aile d’une famille riche d’Argentine membre de l’Ordre, un culte cherchant l’immortalité en communiquant avec des puissances surnaturels.

Difficile d’en dire d’avantage sans déflorer les secrets du roman qui se révèlent peu à peu. Je dirais juste que le roman tape juste; Enriquez construit une atmosphère de dangers et de violences contenues où le surnaturel est le miroir de l’histoire agitée de l’Argentine. L’enjeux de l’avenir de Gaspar menacé par sa famille maternelle et l’Ordre est menée crescendo jusqu’à un final très satisfantt tout en restant dans le ton du reste du récit.

Bref, Notre part de nuit est un très bon roman fantastique.