The River of Silver de S. A. Chakraborty

The River of Silver est à la trilogie de Daevabad (dont The Empire of Gold est la conclusion) ce que sont les scènes coupées à un film. En effet ce ne sont ici pas tant des nouvelles que propose S. A. Chakraborty que des scènes écrites et imaginées pour donner du corps aux différents personnages de la trilogie mais qui ont été « coupées » ou qui n’étaient pas prévu d’être insérées dans les romans de la trilogie.

Le recueil forme ainsi un complément qui présente, sous forme chronologique, d’explorer des moments de la vie des protagonistes, avant, pendant et un tout petit peu après, les romans.

Le tout est agréable à lire et si ce retour à Daevabad  est sans doute à réserver à ceux qui ont lu les autres livres il est très plaisant.

How High We Go in the Dark de Sequoia Nagamatsu

How High We Go in the Dark est le premier roman de Sequoia Nagamatsu. Le roman, se déroulant dans un futur proche, suit le déroulement d’une épidémie qui provoque des mutations incontrôlés des organes du corps humains.

Changeant de point de vu à chaque chapitre, avec des personnages qui réapparaissent dans la narration, et avançant dans le temps, How High We Go in the Dark débute par la libération d’un virus pris au piège du permafrost et se poursuit par les différents stade d’une épidémie extrêmement virulente.

Montrant à la fois le devenir d’individus et les réponses, et changement, des sociétés à cette menace, le roman s’attarde aussi sur les évolutions technologiques que l’épidémie provoque (du développement d’animaux pour la greffe humaine, et ce qui se passe lorsque des mutations se produisent dans leurs cerveaux, jusqu’au voyage spatiale).

Le roman propulse le lecteur loin dans le futur et se termine avec la révélation de l’origine du virus, loin dans le passé, et sur une note métaphysique.

How High We Go in the Dark est un roman agréable à lire mais qui ne restera pas dans ma mémoire comme un grand, voir un bon roman.

Perhaps the stars de Ada Palmer

Dernier tome de la tétralogie Terra Ignota de Ada Palmer, Perhaps the stars est la suite / second moitié de The will to battle. L’ouvrage conclut de manière magistrale une tétralogie qui ne l’est pas moins.

Au niveau de l’histoire, nous sommes toujours en 2454 et des poussières et le monde qui a connu une période de paix et de progrès inédits sombre dans la guerre. Une guerre un peu particulière car nouvelle pour la plupart des habitants de la planète, mais aussi car les deux piliers de la civilisation (le système de transport via voiture volante et le réseau de communication mondiale) sont hors services. C’est donc une guerre mondiale mais marqués par pleins de petits événements et incidents à échelle locale qui sont en jeux.

La narration est, comme le tome précédent, assuré par l’Anonyme, une personnalité du monde de 2454, et surtout un narrateur non fiable. Elle suit le (ou plutôt les) conflit(s) du début de la guerre jusqu’à sa résolution.

Difficile d’en dire d’avantage tant le roman est riche et complexe. Mais les thématiques abordés font de la série entière une pièce majeur, à mon avis, de la science-fiction : religion, devenir de l’humanité, premier contact avec une entité extra-terrestre / autre (divine ?), sens de l’existence, philosophie, etc. Bref Perhaps the stars clôt de manière brillante une série qui l’est tout autant.

Ring Shout de P. Djèlí Clark

Débutant comme un roman d’Urban Fantasy « à la Buffy » Ring Shout suite trois femmes noires qui, en 1922, chassent des Ku Kluxes. Les Klu Kluxes sont des créatures monstrueuses qui se cachent, en prenant leur place, sous une apparence humaine parmi les membre du Klu Klux Klan.

Sous ce prémisse sommes toutes assez classiques, se cache en fait un court roman magistrale. P. Djèli Clark  convoque en effet dans son roman des pans entiers de l’histoire américaine et des luttes raciales ayant secoués le pays. Par exemple le film Naissance d’une nation tient une place centrale dans l’intrigue, mais aussi bien sur le Clan ou encore la premier guerre mondial. Il convoque aussi des éléments réeels de la (les) cultures afro-américaine (les Gullah, les Ring shout, des légendes et mythes, etc.),

Le tout forme une tapisserie d’une extrême richesse qui vient soutenir un récit maitrisé de bout en bout aussi passionnant pour ses scènes d’actions et d’émottions que pour la réflexion sur le rôle de la haine et de la violence dans l’histoire humaine.

Franchement Ring Shout est une gemme qui réussit le tour de force de proposer une histoire palpitante d’Urban Fantasy, bien écrite et d’une richesse et profondeur rare.

We are satellites de Sarah Pinsker

Se déroulant aux États-Unis dans un futur proche, We are satellites de Sarah Pinsker suit, sur plusieurs années, une famille (Val, enseignante, Julie assistante d’un sénateur, David et Sophie leur deux enfants) qui fait face à l’apparition de Pilot. Pilot est un appareil qui se connecte au cerveau et permet d’atteindre, en le stimulant, une capacité de multitâche fonctionnelle; une faible lumière bleu sur la tempe marquant les gens qui ont un Pilot d’installé.

Val est plutôt contre, Julie plus tôt pour, David en veut un pour pouvoir suivre à l’école et Sophie ne peut pas en avoir un car elle a une maladie qui la rend sujette à des crises d’absence. Julie et David finissent pas avoir un pilote, David rejoint même l’armée après ses études secondaires, alors que Val et Sophie n’en ont pas. Sophie arrivée à l’âge adulte milite dans une association contre les Pilots.

We are satellites brosse la manière dont une évolution technologique va modifier une société en profondeur en créant parfois un gouffre entre les individus au sein même des familles. C’est aussi une ode au pouvoir qu’on les individus de peser sur le destin des sociétés. Ceci dit le roman n’est pas exempt de défaut : il tend parfois un peu trop vers le drama à mon goût et sa fin est un peu trop vite et facilement expédié par rapport au reste du roman.

Il n’est en reste pas moins que We are satellites est un texte bien écrit et très humain sur sa manière d’aborder les changements technologiques qui affectent les sociétés.

La nuit du faune de Romain Lucazeau

La nuit du faune est plus un conte philosophique de science-fiction qu’un roman. Se basant sur les connaissances astronomiques de notre univers il lance ses protagonistes, et avec eux le lecteur, dans un fol voyage vers le centre de notre galaxie…

Tous débute sur notre Terre dans un futur lointain qui a vu toutes traces de notre civilisation effacées par l’activé géo-physique de la planète, de même pour la civilisation suivante. Un membre de la race sentiente peuplant alors la Terre, un faune, se rend au sommet d’une montagne où se terre Astrée. Astrée est survivante de la race humaine qui, depuis des éons, vit ici sous la forme d’une petite fille. L’arrivée du faune va la tiré de sa routine et elle se lance dans un voyage au cœur de notre galaxie afin  de lui montrer le destin des races pensantes….

Débute alors un voyage qui interprète les observations astronomiques à travers le prisme d’un univers où la vie est partout présente, prenant des formes diverses et évoluant selon le degré d’avancement des civilisations.

La nuit du faune est un récit puissant et bien écrit qui propose une réponse vertigineuse à la question de l’origine et du devenir de la vie dans l’univers.

Derniers jours d’un monde oublié de Chris Vuklisevic

Derniers jours d’un monde oublié est le premier roman de Chris Vuklisevic, publié dans le cadre d’un concours pour les 20 ans de la collection Folio SF. Roman de Fantasy, Derniers jours d’un monde oublié conte les changements de la société de l’île de Sheltel lorsqu’un navire étranger aborde ses côtes.

Cela fait trois siècles que l’île de Sheltel se croit seul au monde, après que la Grande Nuit ait englouti le monde. La société de l’île, où les habitants ont, à des degrés divers, des pouvoirs élémentaires, s’est stabilisé sur une organisation sociale ou le pouvoir est partagé entre la famille du Natif et celle de la Bénie. Le contrôle de la population est assuré par la crainte Main qui décide qui doit mourir lors d’une naissance et maintient un « pool génétique » sein dans la population. La question de l’accès à l’eau est également centrale sur l’île.

Lorsqu’un navire pirate venu de l’extérieur aborde l’île, l’équilibre fragile de sa société vacille et s’effondre. Ce sont ces derniers instants auxquels le lecteur est convié en suivant la trajectoire d’une pirate, de la Main et d’un riche et influent marchant de l’île conseillé de la Bénie.

Alors que la rencontre entre les îlotiers et l’extérieur se fait, les petits secrets et manigances de chacun éclatent au grand jour et font tombé l’équilibre des pouvoirs.

Derniers jours d’un monde oublié est un roman plaisant, non exempts de défauts, mais qui est une vraie réussite pour un premier roman.

Invisible Sun de Charles Stross

Suite direct de Dark State, Invisible Sun conclut également la double série des Princes-Marchands.

Pour rappel le pitch de base de la série est l’existence d’une famille étendue dont les membres ont la capacité de se déplacer entre des versions parallèles de notre Terre. Vivant dans un royaume médiéval, la famille à fait fortune en organisant un service de courrier rapide, via notre monde, et de trafic de drogue, via le leur.

Après avoir été découvert et avoir tenter d’entrer en guerre contre les USA (première série), les restes de la famille se sont réfugiés dans une Terre parallèle récemment découverte où une révolution venait juste de renverser une monarchie régnant sur les Amériques.

Dans la second série près de deux décennies ont passé et les USA et le Commonwealth sont plus ou moins secrètement pris dans une nouvelle guerre froide entre deux super-puissances technologiquement différente mais possédant des capacités nucléaires et de voyages entre les mondes.

Dans ce dernier tome les USA sont pris à leur propre piège lorsqu’il favorise un coup d’état lors de la première grand transition de pouvoir au Commonwealth. Et ce alors qu’ils ont réveillé une force extraterrestre hostile dans un autre univers parallèle.

Difficile d’en dire plus (j’en ai même trop dit peut-être), mais Invisible Sun propose une conclusion haletante à cette série qui se lit frénétiquement pour savoir ce qui va se passer.

The Sandman act I & II

Je  n’avais jamais lu le célèbre comics The Sandman c’est donc avec une certaine curiosité que je me suis lancé, l’année dernière déjà, dans l’écoute de son adaptation audio. Une adaptation qui tient plus de la pièce radiophonique (bruitages, plusieurs voix, musique) que du roman audio d’ailleurs.

Les deux actes parus jusqu’à aujourd’hui adaptent les arcs des volumes 1 à 6 (trois volumes par acte). Je les ai écouté en version anglaise mais les retours lus sur les versions francophones (acte 1, l’acte 2 sort prochainement)  sont bons également.

Et effectivement cette adaptation est passionnante. Aussi bien le choix des voix et le bruitage que l’histoire. Se déroulant dans l’univers des supers-héros DC (Batman,  Superman, Wonder-Woman …), l’auditeur est invité à suivre les aventures du Sandman, un être qui est à la fois la personnification des rêves et le Rêve lui même. C’est un Éternel, un membre d’une fratrie présente depuis le début de l’univers et qui sera encore là à la fin de celui-ci.

Lorsque débute l’histoire, Morphée, le Sandman, est emprisonné par un mage humain durant plusieurs décennie et, à sa libération dans les années 80, il se lance à la recherche de ses trois artefacts (un bijou, un casque et un sac de sable) qui lui ont été volés. Suit ensuite plusieurs histoires mettant en scène la personnification du rêve dans ses divers taches et offices.

Le tout forme une histoire passionnante qui se laisse écouter avec plaisir. Franchement jeter y une oreille vous ne le regretterez pas.

L’évangile selon Myriam de Ketty Steward

Myriam a 16 ans et vit dans une communauté ayant fuit l’oppression dans un futur post-apocalyptique. Son père était un prêcheur de la communauté et à sa disparition Myriam  se sent investit d’une mission par Dieu : mettre par écrit et ordonné les différents récits que la communauté à pu sauvegarder. Cela sera l’évangile selon Myriam.

Dans ce texte, Ketty Steward, re-construit le récit biblique en l’intercalant et l’éclairant avec des contes, des récits mythologiques et « classiques ». Le tout présentant Lucifer dans un rôle plus positif et introduisant Alphonse, le principe de la réalité.

Le tout donne un texte très agréable à lire qui éclaire via des récits l’expérience de la vie humaine.