All the Murmuring Bones de A.G. Slatter

Se déroulant dans un monde de Fantasy de type “victorien” (enfin c’est le feeling à la lecture) All the Murmuring Bones de A.G. Slatter propose une histoire de famille convoquant les différents contes et légendes de la mer.

Miren O’Malley est la dernière descendante de la famille O’Malley qui a passé un marché avec des créatures de la mer : fortune contre un de leur descendant à chaque génération. Mais elle est la dernière de sa lignée et la fortune a peu à peu abandonné sa famille. Afin de fuir un mariage dont elle ne veut pas, elle quitte la ville qui l’a vu naitre et part à la recherche de sa mère qu’elle croyait morte…

Débute alors un voyage marque par les créatures aquatiques, les légendes de l’océan, jusqu’au moment où les différents secret de famille seront révélés.

Je sors de la lecture de All the Murmuring Bones  avec un sentiment mitigé. D’un côté l’écriture est belle et fluide, l’histoire bien construite et l’utilisation des différentes légendes maritimes amenés avec soin; mais de l’autre arrivé à la fin je reste avec le sentiment d’une “jolie balade” un peu futile.

Mon envie est surtout de découvrir d’avantage de texte de l’autrice en espérant trouver un peu plus de sens dans d’autres histoires.

Cantique pour les étoiles de Simon Jimenez

L’humanité a quitté la Terre devenu inhabitable et vit maintenant entre des planètes colonisées et des stations spatiales. Lien entre les mondes des vaisseaux voyagent dans une contraction de l’espace et du temps, La Poche, où un voyage de quelques semaines/mois se traduit par plusieurs années passées dans le monde “réel”.

Nia Imani est capitaine de vaisseau, sur une planète agricole on lui confie un enfant muet tombé du ciel. Elle s’attache à lui lors du voyage de retour vers une station spatiale appartenant au consortium qui a permis à l’humanité de migrer vers les étoiles.

Chargée par une personnalité de l’ancienne terre, vielle de plusieurs millénaire), de veiller sur l’enfant elle s’exile au delà de l’espace sous contrôle du consortium. L’enfant en effet pourrait être la clef du voyage instantané entre les mondes…

Construit en plusieurs partie qui accélère le récit, Cantique pour les étoiles trace un portrait sombre du futur de l’humanité. Traversé par des fulgurances poétiques (le premier chapitre du roman par exemple, presque une nouvelle se tenant seul, est de toute beauté) le roman souffre d’un rythme inégale avec quelques longueurs. La fin d’une triste noirceur si justifiée pourra sans doute rebuté un peu le lecteur avide de fin heureuse.

Au final, Cantique pour les étoiles est un beau voyage un peu poussif qui aurait mérité un travail sur son rythme pour atteindre sa plénitude.

Numérique de Marina & Sergueï Diatchenko

Deuxième tome du triptyque inspiré par Les Métamorphoses d’Ovide, mais se lisant de manière totalement indépendante,  Numérique de Marina & Sergueï Diatchenko est un excellent roman, d’un niveau égale à Vita Nostra, le premier tome.

Numérique suit Arsène, un gamer de 14 ans qui passe plus de temps à jouer en ligne qu’à aller en classe. Lorsque ses parents le prive de son ordinateur, il se rend dans un cybercafé pour jouer à un MMORPG où il participe à une guerre politique de haut vole. Il y fait la rencontre de Maxime, un homme qui se présente comme le patron d’une entreprise de jeux révolutionnaires. Il propose à Arsène de devenir testeur et le fait participer à une compétition pour obtenir la place.

A partir de là les choses vont évoluer rapidement : jeux étranges et manipulations vont s’enchainer et Arsène (attention spoilers) va découvrir l’existence d’une entité entre numérique et chaire qui manipule le destin de l’humanité. Elle lui propose de le rejoindre et lui donne accès à des “pouvoirs” important, mais à quel prix pour lui et pour l’humanité… (fin de spoilers)

Pour le lecteur qui a déjà lu Vita Nostra, certains éléments de Numérique ne seront pas totalement une surprise, mais l’intrigue diverge et interroge d’autres éléments. Sans doute plus accessible, Numérique interroge avant tous notre rapport au monde numérique (TV, smartphone, Internet, etc.) et la manière dont ce dernier nous change, nous manipule et nous enchaine.

Mais le roman est plus que cela et est une vrai réussite aussi bien en terme d’intrigues, d’écriture que d’interrogations. La barre est placée très haute pour le dernier tome.

Les six royaumes d’Adrien Tomas

Présenté comme les carnets de recherches de la sœur grise Irego d’Eystilar, Les six royaumes est un récit d’Adrien Tomas, fort joliment illustré par Dogen Oztel.

Se déroulant deux siècles après La geste du sixième royaume, et donc un siècle avant La maison des mages,  ce roman illustré est à la fois un récit, celui de la sœur grise Irego qui recherche le secret de l’immortalité, et une présentation détaillé de l’univers des six royaumes, avec même la révélation de plusieurs secrets du monde.

Sans doute une lecture plutôt conseillée après la lecture du reste des ouvrages traitant des six royaumes, ce livre est une vraie réussite aussi bien les très belle illustration que le texte qui raconte une histoire tout en servant de guide de l’univers développé par Adrien Tomas. Si ce n’est quelques coquilles bien dommage pour un ouvrage qui se présente comme un “beau livre”, Les six royaumes est très plaisant.

La maison des mages d’Adrien Tomas

Se déroulant trois cent ans après La geste du sixième royaume, La maison des mages poursuit l’histoire des Aspects du monde (le Progrès et la Nature).

Dans les royaumes le changement majeur est l’ascension de la maison des mages, un groupe présent dans presque tous les royaumes humains et dédié à l’étude la magie de manière “scientifique”. Ses membres, les manciens, ouvrent non seulement la voie à des pratiques nouvelles de l’art magique mais apportent également soutient aux populations par l’éducation, les soins, etc.

Dans les sixième royaume, refuge des dernières race magique, la Fille de la sylve, une dryade dont l’arbre abrite l’aspect de la Nature se meurt. Une jeune elfe se retrouve chargée d’une quête pour protéger un bébé, retrouver l’aspect du Progrès et les sauver d’un complot d’envergure pour les détruire.

Accompagnée d’un mercenaire nain bourrus et rétifs, d’un apprenti mage plus intéressé par la bière que par ses études et d’un changeur (un homme-loup), la quête de l’elfe s’annonce difficile. Surtout que en Evondia une conspiration de la maison des mages prend le pouvoir obligeant le jeune souverain légitime à se réfugier chez les barbares des plaines et de là tenter de reconquérir son trône.

Roman chorale, La maison des mages est agréable à lire et bien mené. Un bémol sur la version audio que j’ai audiolu, si le lecteur est excellent, Audible a laissé pas mal “rush” dans la lecture (phrases qui aurait du être coupée); rien de rédhibitoire mais c’est plus que ce qui est habituellement présent dans leur production.

Pour quelques heures-lumières de plus…

Récemment j’ai, enfin, trouvé le temps de rattraper près de trois ans de retard dans ma lecture des sorties de la collection de novellas “Une Heure-Lumière”. Voila mes impressions de lectures :

Waldo de Robert A. Heinlein est une novella écrite en 1942 qui propulse le lecteur dans un futur où l’énergie rayonnante est utilisée pour alimenter à distance l’ensemble des inventions de l’humanité. Lorsque des pannes à l’origine inconnue apparaissent, l’entreprise derrière la distribution de l’énergie doit faire appel à Waldo, un scientifique brillant mais misanthrope. Une histoire bien écrite mais un peu datée sur différentes manière de percevoir le monde et la science.

Acadie de Dave Hutchinson se déroule dans un futur lointain où l’humanité a essaimé dans l’espace. Dans la Colonie, une constellation d’habitats spatiaux cachée, Duke est un  humain normal vivant parmi ceux ayant décidé de modifier leurs génomes, chose interdite. Il est “président” et doit veiller à la sécurité de la Colonie. Lorsqu’une sonde semble les avoir trouvé, une course contre la montre se lance pour se sauver… Acadie est une novella intéressante à la chute bien amené et surprenante.

L’enfance attribuée de David Marusek se déroule à la fin du XXIe siècle alors que les traitements de régénération rendent les humains quasiment immortel et que les IA personnelles sont une réalité.  L’artiste Sam Harger tombe amoureux de Eleanor Starke, une politicienne ambitieuse . Ils filent le parfait amour et se voit proposés de devenir parent; un luxe dans un monde d’immortels. Mais quand un bug, ou une attaque, dans le système détruit la vie de Sam que reste-t-il ? Une novella intéressante mais qui, je trouve se perd un peu dans son propos entre son début et sa fin.

Abimagique de Lucius Shepard est une histoire d’amour malsaine racontée du point de vu de l’homme qui tombe amoureux de Abimagique (Abi). Il narre comment il est devenu fou de cette femme magnétique adepte de croyances new-age et de sexe tantrique. Mais lorsque ces croyances semble devenir une réalité et qu’il se retrouve pris dans une lutte mystique qui le dépasse saura-t-il faire les bons choix. Une novella fantastique un peu glauque comme Shepard sait si bien les écrire.

Le temps fut de Ian McDonald est une enquête menée par un bouquiniste qui découvre une étrange lettre dans un recueil de poésie. Il va découvrir une histoire d’amours à travers le temps. Cette novella d’histoire de voyage dans le temps est émouvante et fort sympathique.

La survie de Molly Southbourne de Tade Thompson fait suite à Les meurtres de Molly Southbourne. Elle suit Molly, enfin une copie de Molly car l’original est morte, qui découvre comme vivre, survivre seule dans le monde. Elle découvre aussi que Molly n’était pas la seule à créer des copies d’elle même depuis son sang et que plusieurs groupes s’intéressent de près à ce genre de pouvoir. Comme la première novella, ce récit est un thriller fantastique/weird fort sympathique.

Les agents de Dreamland de Caitlin R. Kiernan est un récit lovecraftien où deux agents de renseignements (US et UK) travaillent “ensemble” afin de comprendre et d’éviter une invasion d’entités venus d’au delà de Pluton. Entre enquête, fantastique et conspiration, Les agents de Dreamland  est une novella dense et brillante mettant en scène l’histoire réel, les mythes de Lovecraft et les théories conspirationnistes.

Vigilance de Robert Jackson Bennett est une novella brutale se déroulant dans un futur proche où l’Amérique sur le déclin assume sa violence avec une émission de télé-réalité, Vigilance, qui lance des citoyens armés dans un endroit du pays afin de tuer tous le monde ou d’être tué. Percutante, violente, sans espoirs, Vigilance est un novella qui laisse une trace.

Parue en 1938, La Chose de John W. Campbell est un classique dont est fortement inspiré le film Alien. Dans une station de l’Antarctique, une équipe de scientifique découvre une créature extraterrestre congelée. En voulant l’étudié, il l’a réveille et la créature “devient” une partie de l’équipe. Sans suite un huit clôt angoissant pour savoir qui est humain et qui ne l’est pas. Si le techno-jargon utilisé dans le récit a un mal vieillit, ce n’est pas le cas de l’intrigue et de l’écriture qui fait de La Chose un classique.

Ormeshadow de Priya Sharma est sans doute l’une des 3-4 meilleurs novellas de la collection. Il s’agit d’un récit d’apprentissage où l’imaginaire n’est que peu présent, et en même temps essentiel au récit. Fin du XIXe siècle, la famille du jeune Gideon Belman est ruinée et doit quitter Bath pour revenir dans la ferme familiale où vit son oncle et sa famille. Débute alors un récit d’entrée dans la vie adulte où se percute des rancœurs familiales, des styles de vie et des secrets. Le tout sous “l’ombre” de la légende des Belman qui veut que le bout de terre connus sous le nom de “Orme” et qui s’étend vers la mer est en fait un dragon endormi sous la garde de la famille Belman, mais ce n’est qu’une légende n’est-ce pas ? Ormeshadow est presque un roman par sa longueur et propose des portraits de personnages écrits avec justesse et émotion.

 

La geste du sixième royaume de Adrien Tomas

J’ai profité de la sortie récente en version audio de La geste dus xième royaume pour m’attaque à ce gros bouquin de Fantasy d’Adrien Tomas.

Il s’agit au final d’une histoire de Fantasy assez classique : un continent, cinq royaumes humains, dans les montagnes des cités naines, dans les royaumes humains des enclaves de magiciennes et au cœur du continent une forêt gigantesque où sont réfugiés les “monstres” et peuples “magiques”.

Cinq personnages hétéroclites et qui ne se connaissent pas : une magicienne, un barde, un demi-nain colporteur itinérant, un jeune voleur et un homme-loup. Ils ont été choisi par un des deux aspects du monde pour être ses champions et défendre le sixième royaume contre l’autre aspect du monde qui veut sa mort.

Débute alors une lutte à mort entre les champions du Père et celui du Maître qui se traduit par une guerre entre le sixième royaume et le reste des royaumes humains.

Sur ce canevas classique, Adrien Tomas tisse une fresque épique bien écrite et intéressante; de la bonne Fantasy en somme. La version audio est très agréable à l’oreille et aussi bien le texte que le lecteur vont bien.

Le sang de la Cité de Guillaume Chamanadjian

Premier tome d’une double trilogie (La Tour de garde, divisée entre capital du Sud écrit par Chamanadjian et capital du Nord écrit par Claire Duvivier), Le sang de la Cité se déroule dans une grande mégalopole, la Cité, de type renaissance, dont les différents quartiers sont sous le contrôle de clans qui se font parfois des guerres mortelles.

C’est le cas du clan de la Caouane (tortue de mer) qui a exterminé il y a de cela une dizaine d’année un clan adverse. Nox et sa sœur étaient alors enfants et on été trouvés, enfermés, dans une geôle. Recueilli par le Duc Servaint, le chef du clan de la Couane, ils font maintenant partie de son clan.

Nox est un jeune homme très sociable qui travaille comme commis dans une épicerie fine réputée de la Cité. Connaissant la ville et ses recoins de manière quasi surnaturelle il va se retrouver peu à peu embrigader dans les intrigues politiques de son clan qui veut ouvrir un canal traversant la ville.

Entre formation au jeu politique et à l’assassinat, Nox va découvrir peu à peu les secrets politiques et mystiques de la Cité…

Le sang de la Cité est un roman qui prend le temps de poser ses personnages, dont la Cité elle même, en déambulant dans les artères de la ville. A mon sens c’est sa grande force, celle de poser une ville avec sa vie quotidienne, mais aussi ses secrets mystiques et sa mythologie. Le personnage de Nox est attachant mais presque un peu benêt alliant une connaissance de la ville quasi surnaturelle à une naïveté naturelle qui le fait tomber dans des pièges politiques mortelles à plusieurs reprises. Je suis vraiment curieux de connaitre la suite et le premier tome de sa trilogie sœur.

Chevauche-brumes de Thibaud Latil-Nicolas

Premier tome d’une trilogie, j’ai profité de la sortie des deux premiers tomes en version audio (à quand le troisième ?) pour m’attaquer à cette série.

Le premier tome, “assez court”, suit les officiers et quelques personnalités marquantes  de la neuvième compagnies des légions du Roy du Bleu-Royaume (un royaume de Fantasy). La compagnie est envoyée dans une petite ville frontière où la brume noire et impénétrable qui marque la séparation entre le Bleu-Royaume et “autre chose” semble s’étendre et dégorger des créatures de cauchemars.

Jouant avec le code du roman de Fantasy de guerre et de la compagnie de mercenaire, Chevauche-brumes propose une histoire de guerre et de magie tout en posant les fondements d’un univers de Fantasy.

Une lecture agréable qui ouvre ma curiosité pour sa suite.

Demain et le jour d’après

Prévu pour fin avril prochain chez Albin Michel Imaginaire, Demain et le jour d’après de Tom Sweterlitsch, que j’ai audio-lu en VO (sous le titre Tomorrow and Tomorrow) est une quête assez glauque se déroulant dans un futur proche.

Aux États-Unis, dans un monde où presque tous le monde est muni d’un implant permettant d’être connecté en permanence et de vivre complétement la réalité virtuel, John Dominic Blaxton tente de survivre à la mort de sa femme enceinte, lors d’un attentat nucléaire qui a rasé la ville de Pittsburgh.

Travaillant comme enquêteur pour des compagnies d’assurances, il travail dans l’Archive : une reconstitution virtuelle de Pittsburgh basé sur les vidéos de surveillance privées et publics de la ville et permettant de revivre sa fin comme son passé récent. Ayant des problèmes d’addiction il est condamné à suivre une thérapie.

Lorsque son nouveau psy lui propose du travail en échange d’une “remise de peine” il saute sur l’occasion. Il se retrouve alors à enquêter sur une jeune fille dont l’image disparait peu à peu de l’Archive. Son enquête va le mener bien plus loin qu’il ne le pensait sur les traces d’un tueur sordide et méthodique.

Demain et le jour d’après est un thriller futuriste bien écrit et particulièrement remuant.