Un long voyage de Claire Duvivier

Un long voyage est un roman de low Fantasy qui est le récit de vie, écrit à la première personne, de Liesse, un insulaire qui a été élevé par la délégation impériale avant poste de la colonisation de l’archipels dont il est originaire.

Ni impériale, ni insulaire, il va se mettre au service de Malvine la nouvelle gouvernante de l’île pour ensuite la suivre sur son poste suivant dans la plus récente des provinces de l’Empire, une cité-état dont les habitants sont  les décédant d’anciens esclaves qui se sont libéré il y a de nombreuses générations en arrière. C’est là que Liesse sera témoin d’événements importants pour la cité-état et de loin de la fin de l’Empire; il passera dans la cité également la fin de sa vie.

Difficile d’en dire d’avantage sans déflorer l’intrigue et les surprises qu’elle recèle, mais Un long voyage est un roman qui prend son temps et qui s’attache aux petites choses du quotidiens et à un individu face aux événements historiques. C’est bien écrit, tout en finesse, une vraie réussite.

Les avis de Gromovar, Tigger Lilly, Anouchka, Lune et Nicolas (qui propose aussi une interview de l’autrice).

Les secrets du premier coffre de Fabien Cerutti

Premier recueil de nouvelles de Fabien Cerutti, Les secrets du premier coffre propose six textes se déroulant dans l’univers du Bâtard de Kosigan : trois nouvelles déjà publiées dans les anthologies des Imaginales mais revus/étendus par l’auteurs, deux nouvelles inédits et une pièce de théâtre (inédite également).

Fabien Cerutti écrit bien et tous les textes proposés ici sont intéressants à lire. Le lecteur connaissant le cycle du Bâtard y trouvera sans doute d’avantage de plaisirs car il ferra les liens avec des personnages connus et l’Histoire “cachée”.

“Légende du premier monde” emmène son lecteur dans un temps lointain qui vit la création des créatures magiques. Les mythes de Mu et de l’Atlantide sont ici convoqués afin de proposer un bout de la vie d’un savant/mage de génie dont l’influence se fera sentir pendant très longtemps…

“Ineffabilis Amor” narre les amours entre le pape Innocent III et une satyre, la nouvelle plonge également aux origines des croisades noirs qui décimèrent les rangs des peuples magiques d’Europe.

“Le crépuscule de l’aube” présente une voie pour la survie du peuple Fay, quand Pinocchio et Gepeto rencontre le monde de Kosigan; j’espère qu’une suite sera donné à ce texte un jour.

“Jehan de Mandeville, le livre des merveilles du monde” mène le lecteur, aux travers d’extraits du journal de Jehan de Mandeville et de parties narrées, vers la Chine afin d’apporter la pierre finale à un projet insensé d’exode pour les créatures magiques. Pour celui-ci je veux définitivement une suite !

“Les jeux de la cour et du hasard” est une pièce de théâtre truculente qui se déroule à la cours d’Angleterre et qui implique le Bâtard de Kosigan. Intrigues politiques et amoureuses, ainsi que sorcellerie, sont au rendez-vous pour un texte riche en rebondissements et en bon mots.

The Order of the Pure Moon Reflected in Water de Zen Cho

Avec ce court roman (une grosse novella dirait les anglo-saxon) Zen Cho propose une histoire de bandits digne d’un wuxia.

The Order of the Pure Moon Reflected in Water débute avec un groupe de bandits entrant dans un café, là ils font du grabuge et se retrouve avec une nonne de l’Ordre de la Lune pure reflétée dans l’eau qui survit dans un monde hostile après la destruction de son couvent. Le reste est une suite de pérégrination impliquant le recel de reliques sacrées, les autorités et beaucoup de malices.

The Order of the Pure Moon Reflected in Water est une histoire d’aventure avec une pointe de réflexions religieuses à l’écriture maitrisée et drôle.

[TAG] Les incontournables (récents) en SFFF

Une petite liste estivale regroupant une dizaine de titres “incontournables” en Imaginaire récent, c’est-à-dire paru en VO avant 2000; c’est le défis lancé par Vert sur son blog. Et comme une petite liste c’est toujours sympathique, je m’y colle aussi.


Après le problème des listes c’est qu’on oublie toujours un livre et qu’on veut toujours en mettre plus; et du coup je ne ferais pas exception en proposant une grosse liste. Mais bon pour ne pas à voir l’aire de trop tricher je vais la diviser entre Fantasy et reste de l’imaginaire; la Fantasy ayant une place à part dans mon cœur de lecteur cela me permet de tricher avec “élégance” (ou essayer du moins).

Un dernier mot avant la liste : c’est du 100% subjectif et si je devais en refaire une demain ou dans une semaine elle serait sans doute différentes.

Fantasy

Les contes de la tisseuses / Musiques de la frontière de Léa Silhol. J’aime beaucoup les écrits de Silhol et je trouve qu’elle est à son meilleur niveau dans les nouvelles. Ces deux recueils sont non seulement bien écrits mais super interessant : l’un est une ré-écriture des mythes, l’autre un recueil d’Urban Fantasy : pour moi un combo gagnant.

Le sentier des astres de Stefan Plateau une serie de Fantasy en court d’inspiration nordique et indienne qui bénéficie d’une très belle écriture.

Des nouvelles du Tibbar de Timothée Rey. Un recueil des nouvelles dans un monde de Fantasy loufoque. C’est très bien écrit et très drôle.

Le cycle de La terre fracturée de N. K. Jemisin. Une trilogie brillante, froide et violente qui propose à la fois un monde original, une histoire interessante et un système d’oppressions glaçant de réalisme.

Janua Vera de Jean-Philippe Jaworsky impose en quelques nouvelles un style exigeant et une voix forte.

Le cycle Le bâtard de Kosigan de Fabien Cerutti est une Fantasy historique, ou plutôt dans la “vraie version” de l’histoire, qui est aussi bien écrit que agréable à lire.

Perdido Street Station de China Miéville est un gros roman qui redéfinit quasiment tous ce que l’on peut attendre d’un roman de Fantasy; pour le coup parler d’un roman “original”, qui n’oublie de plus pas d’être passionnant, est justifié.

Un pont sur la brume de Kij Johnson est une novella simple et humaine sur les changements apporté par la construction d’un pont.

La brève et mystérieuse vie d’Oscar Wao de Junot Diaz est un roman de réalisme magique qui synthétise à merveille l’expérience du geek et de l’immigrant.

Finalement un recueil bonus où je triche beaucoup. En effet Kalpa Imperial de Angelica Gorodischer est sortit au début des années 80 (pas donc un incontournable récent) et est un recueil de nouvelles qui appartient pour moi à ce qui s’est écrit de meilleur dans le genre. Mais voila, il n’est sortit en français qu’en 2017, donc vu son importance et le fait qu’il n’était pas accessible au lecteur francophone avant je triche !

Autres incontournables de l’imaginaire

Anatèm de Neal Stephenson est un gros roman dont l’écriture joue sur le langage et qui propose un futur différent où les ordres monastiques ne sont pas religieux mais scientifique.

Serpentine de Mélanie Fazi est un recueil de nouvelles fantastiques. Chaque texte est un petit bijou.

Mes vrais enfants de Jo Walton est une double uchronie tout en sensibilité qui suit les deux vies possibles d’une femme anglaise dans deux mondes qui évoluent différemment.

The Trees  de Ali Shaw n’a malheureusement pas été traduit en français. C’est un roman post-apocalyptique où l’apocalypse est l’apparition soudaine d’une forêt recouvrant le monde. L’histoire d’une poignée de survivant est à la fois onirique et passionante.

Before Mars de Emma Newman fait partie d’une série de quatre romans de science-fiction  (à ce jour), dont deux traduits en français, qui ont la particularité de traiter avec brio de problèmes mentaux.

Existence de David Brin est un roman d’anticipation qui s’interesse à donner une réponse possible au paradoxe de Femi sur la vie extraterrestre, le tout en proposant une histoire interessante.

Terra Ignota de Ada Palmer est une tétralogie en cours de publication qui présente un XXVe siècle fasciné par les lumières. Une histoire d’abord exigeant qui ne plaira pas à tous le monde, mais c’est brillant.

The Empire of Gold de S. A. Chakraborty

Dernier tome de la trilogie débuté avec The city of brass et poursuivi avec The kingdom of copper, The empire of gold de S. A. Chakraborty débute immédiatement après la fin du tome précédent.

La cité de Daevabad est tombée au main de Banu Manizheh, une des dernières Nahid encore en vie. La magie a disparu car le seau de Salomon a quitté la cité. L’avenir s’annonce sombre pour beaucoup alors que débute un temps de conflits et d’incertitudes. Nahri et Ali ont été transporté au Caire où ils pensent leurs blessure et doivent décidés de la meilleure manière de tenter de reprendre le contrôle de “leur” cité.

S’en suit un roman qui fait une fois encore la part belle aux intrigues politiques mais aussi à l’action. Dans ce tome final alors que le futur de Daevabad va se décider des mystères et rancœurs anciennes vont être révélées.

The empire of gold termine en beauté une trilogie de Fantasy inspiré des mythes orientaux qui s’avère de très grand qualité.

Sinteval de Rozenn Illano

Faisant suite à Elisabeta, Sinteval suit le destin d’un groupe de vampires qui a, dans le premier tome, réussit à renverser le groupe des maîtres qui dirigeait le Cercle (à la fois un pacte magique et une organisation qui lie les vampires entre eux).

Mais voila, peu de temps après avoir repris le contrôle du Cercle, les vampires font fassent à une menace bien pire : l’annihilation. En effet la prophétie un peu obscure que les vampires mourants ont construits au fil des siècles  vient à passer : le Ciel s’ouvre et après une explosion de lumière les survivants (vampires et mortels) doivent faire fasse à une horde d’anges vengeurs et un compte à rebours pour la fin du monde. Si les vampires savent que la fin du monde n’aura pas lieu, ils savent aussi que leur race ne devrait pas pouvoir survivre ce qui arrive.

Une course contre la montre s’engage alors afin de trouver dans les restes de l’Europe dévastée les connaissances nécessaire pour tous les sauver et, peut-être, devenir autre chose…

Sinteval est une suite à la hauteur d’Elisabeta qui répond à plusieurs questions et en posent bien d’autres. Maintenant je veux savoir ce qui se passe ensuite….

The Deep de Rivers Solomon

Court roman / novella de Rivers Solomon, mais aussi projet transmédia avec une chanson (que je ne suis pas allé écouter je l’avoue), The Deep narre un pan de vie de Yetu une sirène (enfin cela y ressemble beaucoup).

Le peuple de Yetu est sont les enfants des esclaves enceintes jetées par dessus bord des bateaux les transportant d’Afrique en Amérique. Le poids du passé étant si lourd à porter que seulement une personne de ce peuple porte la mémoire de tous : Yetu est cette personne.

Mais Yetu veut retrouver son innocence et fuit laissant son peuple avec le souvenir de son histoire tragique. Le reste est l’histoire à la fois d’un peuple et d’une jeune femme qui doit apprendre à vivre avec son origine tragique. Le résultat est une novella belle et triste à la fois dont la sortie français est prévu à la rentrée.

Les sept morts d’Evelyn Hardcastle de Stuart Turton

Un mix entre une enquête et le jour de la marmotte voila ce que propose Stuart Turton pour son premier roman. Son protagoniste principal se retrouve à passer de corp en corp dans la propriété isolée de Blackheath House, revivant plusieurs fois la même journée.. Peu de certitude sinon qu’il ne sait pas vraiment qui il est vraiment, que la fille des hôtes, Evelyn Hardcastle, sera assassinée le soir même, qu’il a deux autres concurrents qui ne vivent pas la journée de la même manière que lui, et qu’il doit trouver le coupable s’il veut pouvoir retrouver sa vraie identité et quitter la propriété.

A partir de cela, Turtout propose un roman qui se lit comme un Cluedo grandeur nature où le protagoniste principal doit creuser afin de découvrir les nombreux secret de la demeure, de ses propriétaires et des invités qui y sont réunis pour une petite fête. Si ajoute des questions l’identité du protagoniste principale, les raisons de sa présence ici et du passage de corps en corps et de la finalité de cette journée qui se répète encore et encore.

Les sept morts d’Evelyn Hardcastle est au final un roman passionnant où le lecteur va de surprise en surprise; une réussite.

A summer beyond your reach de Xia Jia

Paru en anglais suite à un crowfunding, A summer beyond your reach propose quatorze textes de l’autrice chinoise Xia Jia traduits en anglais par plusieurs traducteurs; une partie des textes sont inédits (en anglais), les autres étaient déjà parus en revues.

Les différents textes de ce recueil reprennent bon nombres de thématiques que l’ont peut trouvé dans une partie de l’imaginaire chinois : les tensions entre modernité et tradition, le role de la famille, les choix de vie et leurs influences sur le destin d’un individus, etc.

La pate de Xia Jia se sent dans une approche très humaine de ses personnages, nombre de ses nouvelles s’attaches à la description des sentiments des protagonistes, ainsi que sur de nombreux clins d’oeils à la culture classique chinoise et aux classiques de la science-fiction occidentale.

Le lecteur curieux pourra trouvé dans la chronique de Gromovar, bien plus fouillée que la mienne, un petit descriptif de chaque nouvelle. Pour ma part je me contenterai de dire que le recueil A summer beyond your reach est une lecture très agréable qui mêle réflexion sur la Chine et approche de thème classique de la science-fiction.

L’incivilité des fantomes de Rivers Solomons

L’incivilité des fantômes de Rivers Solomons, que j’ai audio-lu en VO, est un roman de science-ficiton se déroulant dans un vaisseau générationnel s’éloignant de la Terre afin de trouver un nouveau monde viable. Dans ce vaisseau un société rigide a été mise en place avec la classe dirigeante / supérieure dans les plus hauts ponts du vaisseaux et la classe servile dans les plus bas; la classe dirigeante est blanche, celle servile est noire. Ce point fait résumé à certain le roman en “une plantation de coton dans l’espace”;  ce en quoi ils n’ont pas totalement tort.

Mais le roman ne se résume pas totalement à cela. Déjà le société décrite ici est fermée, pas d’échappatoire physique possible en s’échappant dans des zones plus libres ou/et plus sauvages, ensuite le roman propose une intrigue : celle de Aster, esclave de par sa couleur de peau, mais métis, intelligente, brillante même, qui aide le chirurgien général du vaisseau (bien que ses compétences soient supérieures) et qui tente d’élucider le mystère de la disparition de sa mère qui connaissait le vaisseau comme sa poche.

L’incivilité des fantômes est un roman dur qui tient son lecteur en halène grâce à des mystères et à une histoire personnelle prenante.