The labyrinth index

Neuvième tome de la série de La Laverie (du petit nom du service britannique de lutte contre les menaces “para-normal”), The labyrinth index débute quelque temps après la fin de The delirium brief alors que le Royaume-Uni est sous le règne du “nouveau management”.

Si la vie quotidienne pour les habitants de notre planète n’a pas vraiment changé, la donne géopolitique mondiale a évolué de manière drastique alors que “case nightmare green” (le moment où la barrière entre les mondes devient si fine que notre réalité sera envahi par des entités cosmiques de type “cthulhuesque”) se rapproche à grande vitesse. Non seulement des entités venus d’autres réalités sont maintenant actives sur Terre mais en plus leurs visions pour l’humanité n’est pas la même.

C’est dans ce contexte que Mhari Murphy, vampire au service de la Laverie, se retrouve chargée par le premier ministre de monter une équipe d’intervention afin de se rendre aux Etats-Unis et comprendre quels sont les plans de l’homologue américain de la Laverie alors que tous le pays semble avoir oublié qui est, et ce qu’est, le président de la première puissance mondiale….

Si, à mon avis, The labyrinth index n’est pas le meilleur roman de la série, il reste très intéressant par la manière dont il fait évolué l’univers de la Laverie et comment il met en lumière les plans plutôt radicals des Etats-Unis pour “sauver” le monde. Je suis vraiment impatient et curieux de voir comme tous cela va évoluer par la suite.

Dark State

Second tome de la seconde série des Princes-Marchands, Dark State reprend là ou Empire Game s’est arrêté : deux mondes parallèles, le notre avec un système de surveillance des citoyens très développé et celui parallèle où une version alternative des États-Unis s’est libéré il n’y a que quelques décennies d’un régime monarchique.
Les deux superpuissances sont des puissances nucléaires, et l’une des deux abritent les survivants du Clan, des personnes ayant la capacité naturelle de pouvoir se déplacer entre les mondes. Alors qu’un contact a eu lieux entre les deux puissances / mondes, démarre alors un jeu complexe dont l’enjeux ultime est d’éviter un conflit nucléaires entre les deux “empires”.
Mais derrière cet enjeux se cachent de nombreux autres enjeux : un conflit interne de succession qui se dessine dans le monde parallèle, le risque de voir les monarchies européennes tenter de reprendre pied en Amérique, l’allégeance de Rita (l’espionne américaine) entre sa famille d’adoption (anciennes taupes soviétiques aux Etats-Unis), son pays et sa famille biologique (le Clan), les tensions internes aux gouvernements américains et, dans un monde parallèle dévasté une menace plus ancienne encore qui se réveille….
Tous ses éléments se combinent pour former un roman à mi chemin entre le thriller d’espionnage et le roman de science-fiction. Dark State se lit d’une traite et tient son lecteur en halène. Le fin tient de plus de l’art assumé du cliffhanger, je veux la suite maintenant !

Empire Game

Second cycle dans la série des Princes-Marchands, Empire Game se déroule une vingtaine d’année après cette première série et s’intéresse à l’évolution de “notre monde” et de celui dans lequel les survivants du Clan se sont réfugiés.
Pour rappel, le Clan était un regroupement de famille, venu d’une terre parallèle, dont les membres avaient la capacité de se déplacer entre “notre terre” et la leur. Ils s’étaient enrichis en pratiquant le trafic de drogue (leur monde était d’un niveau technologique proche de notre moyen-âge). Découvert par le gouvernement américain, l’antagonisme entre le Clan et les USA s’était assez mal terminé pour les USA et très mal pour le Clan dont les survivants se sont réfugié sur une troisième terre parallèle nouvellement découverte où une révolution venait de remplacer la monarchie en Amérique du Nord.
“Aujourd’hui” (soit presque deux décennies plus tard) les choses ont évolués dans les deux terres parallèles. Chez “nous”, l’état est devenu super paranoïaque et surveillé de très près ses citoyens (caméras, surveillances électroniques, drones, testes génétiques,…) dans la crainte d’un retour du Clan. Dans le même temps, l’exploitation des plusieurs terres parallèles a permis une croissance économique importante.
Chez “eux”, les survivants du Clan se sont organisés et, au grand jour, ont épousé la cause de la révolution et mènent un plan d’avancée technologique au pas de charge afin d’être près le jour où les États-Unis les retrouveront.
Empire Game suit à la fois les événements dans notre monde, où Rita Douglas, une orpheline qui porte, sans le savoir, le gêne récessif permettant de voyager entre les monde est sur le point de se voir manipuler par son gouvernement dans la position de devenir leur super-espionne, et ceux du monde d’à côté où la mort prochaine du père de la révolution menace le gouvernement mis en place. La rencontre de ces deux mondes semblent inévitable alors qu’une menace plus ancienne et puissante porte son ombre sur tous…
Empire Game est un très bon roman, bien écrit et passionnant. Maintenant je veux lire la suite (qui ne devrait tarder à sortir)….

The Delirium Brief

Débutée comme une série pastichant, avec une bonne dose administration et d’horreur lovecraftienne, des romans d’espionage, la série de la Laverie (du nom donné à l’agence top secrete britannique chargé de défendre le royaume contre des entités à plusieurs dimensions venus d’autres mondes) a peu à peu évolué en s’attaquant aux grands trops des littératures de genres (super-héros, vampires, elfes, licornes…). Après deux tomes s’étant un peu éloigné du personnage centrale de la série, Bob Howard, devenu plus tout à fait humains et puissant, The Delirium Brief remet sur le devant Bob.
Et autant le dire de suite, The Delirium Brief fait monter les enjeux à mesure que le risque de fin de monde augmente. Dans ce tome, la Laverie, et donc Bob, va devoir faire face à deux menaces de tailles : premièrement l’agence secrète ne l’ait plus et doit faire face à des enquêtes de la part de l’exécutif et du législatif britannique qui songent de plus en plus à externaliser la Laverie en la confiant au secteur privé. Dans le même temps, le Royaumes Unis est en proie à une attaque sournoise de grande envergure.
The Delirium Brief envoie clairement du lourd en augmentant les enjeux et en faisant réapparaître d’ancienne menaces qui semblaient avoir été contenues dans des tomes précédents. Sans déflore l’intrigue, le roman met la barre très haut et propose une fin très intéressante qui me donne envie de lire le tome suivant au plus vite (enfin dès qu’il sera sortit quoi).

The Nightmare Stacks

Après avoir pasticher différents types de romans policier/thriler par sa série de La Laverie (le petit nom de l’agence secrète britannique chargée de la défense du royaume contre les invasions d’horreurs non-euclidienne et autres dangers d’origine “magique”), Charles Stross a décidé de centrée ses nouvelles sur des archétypes fort de la culture populaire. Ainsi, après les “cultistes”, les vampires et les super-héros, The Nightmare Stacks s’attaque à l’invasion du Royaume Unis par une race extraterrestre (aka Case Nightmare Red) : les Elfes, enfin une version des elfes sous les traits de ce qu’il reste d’un Empire guerrier, basé sur la magie, la volonté du plus fort et un ensemble complexe d’obligation magique.
 
L’invasion est prévu près de la ville de Leeds où la Laverie est sur le point de déménager une partie de ses bases opérationnels et de commandement. Le lecteur suit ainsi une des nouvelles recrue de la Laverie, Alex Schwartz un mathématicien devenu vampire (faisant potentiellement de lui un puissant thaumaturge car immunisé au syndrome de dégénérescence cérébrale provoqué par la pratique de la magie) qui doit analyser les lignes leys de la ville afin de préparer la venue de La Laverie.
 
Originaire de Leeds, Alex va devoir gérer sa famille (la scène du diner de famille est d’anthologie), son manque d’expérience avec les femmes, son vampirisme, son travail, une petite amie qui est bien plus qu’elle ne parait être, et une invasion.
 
The Nightmare Stacks est un bon volume, qui digresse parfois un petit peu, mais qui a un bon rythme, une intrigue intéressante, des Elfes fascinants et qui fait évoluer, de manière violente, une fois de plus l’univers de La Laverie. Je suis curieux de lire la suite et de voir ce que Stross réserve au lecteur.

The Annihilation Score

Dernier tome en date de la série de “La Laverie”, The Annihilation Score débute immédiatement à la fin de The Rhesus Chart mais ne se concentre pas, comme le reste de la série, sur Bob (et pourtant que j’aimerai savoir comment il vit les conséquences de The Rhesus Chart) mais sur sa femme Mo.
Travaillant également pour la Laverie, Mo est une musicologue qui utilise un violon maudit (et conscient) lors de situation particulièrement difficile; en résumé c’est une commando spécialisé dans la lutte contre des entités “surnaturelles”. Si elle et son violon forme une équipe dangereuse, utilisé un instrument maudit n’est pas sans conséquence.
Alors que The Annihilation Score débute, le mariage de Mo et de Bob est en difficulté. Bob étant rapidement envoyé, de manière répétée, en mission de par le monde et une nouvelle crise dans laquelle Mo se retrouve plongée jusqu’au cou, rend le sauvetage de leur mariage difficile.
Une partie significative de la population mondiale, et dont des UK, développe des pouvoirs mystiques, interprétés par la majorité comme étant l’apparition de supers-héros. Mo se retrouve à la tête d’une opération de diversion/contrôle du phénomène : une agence spécialisé dans la lutte contre les supers-vilains et le contrôle des supers-héros.
A la tête de l’agence, elle est secondée par deux “ex” de son mari : Ramona qui représente les Profonds et Marhi, la vampire. Devant à la fois gérer le naufrage de son mariage, les hautes sphères du gouvernement, des supers-héros et un complot qui implique un mystérieux “Roi Jaune”, Mo aura fort affaire pour survivre.
En s’attaquant au thème des supers-héros, Charles Stross propose une nouvelle fois un excellent roman. A titre personnel, plus que le thème super-héroique c’est l’évolution des personnages et de l’univers que je trouve vraiment intéressant, vivement le suivant !

The Rhesus Chart

Cinquième roman dans la série “The Laundry” (“La Laverie” en français) (l’histoire de Bob Howard, un fonctionnaire britannique qui travaille dans l’administration chargé de lutter contre les menaces occultes, “à la Lovecraft”), The Rhesus Chart se déroule entièrement à Londres et, en majorité, dans les arcanes de La Laverie.
Comme chacun le sait à La Laverie, les vampires n’existent pas; ainsi quand Bob Howard découvre, grâce à un projet personnel d’analyse de donnée (à l’image de ce qui se pratique chez Google), une épidémie de syndrome K (une variante de la vache folle qui atteint les sorciers) qui le mène vers un nid de vampires “nouveau-nés” situé dans une unité de traders c’est le début d’une mission qui s’annonce ardue.
Quand en plus, une des vampires connait l’existence de La Laverie est une ex de Bob, les choses se compliquent. Si on ajoute à cela, une guerre larvée entre deux vampires londoniens et l’intervention des Auditeurs (le top du top de la pyramide hiérarchique de La Laverie), le tous devient explosif.
The Rhesus Chart est un excellent roman que j’ai pris grand plaisir à lire. La fin du roman me donne vraiment envie de lire le prochain tome de la série.

Equoid

Novella se déroulant dans l’univers de La Laverie, Equoid se situe entre Jennifer Morgue et The Fuller Memorandum. La novella est disponible gratuitement (en anglais) en ligne sur Tor.com.
Bob Howard est envoyé en mission dans la campagne anglaise afin d’enquêter sur la possible apparition de licornes. Celles-ci n’ont rien à voir avec les douces licornes de nos légendes, mais plus à voir avec une forme de vie parasitaire, et carnivore, venu d’une autre dimension. Bob aura fort à faire pour comprendre ce qui se passe et quel est le degré d’implication de la police montée locale.
La narration, à la première personne comme toujours dans cette série, est entrecoupée de documents tirés du dossier EQUESTRIAN RED SIRLOIN et constitué d’une longue lettre de H.P. Lovecraft et de divers demandent de fond pour des projets gouvernementaux secrets.
Après un début un poil poussif à mon gout, Equoid se révèle être une histoire très sympathique qui permet de patienter avant la sortie, l’année prochaine ?, du prochain volume de la série.

Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

The Apocalypse Codex

Dernier tome en date de la série The Laundry (une série suivant les aventures d’un informaticien/espion au service de la couronne britannique travaillant pour une agence extra-secrète qui lutte contre des horreurs sans nom sortie tous droit des écrits de Lovecraft) , The Apocalypse Codex voit l’agent Bob Howard envoyé en mission pour superviser des intervenants extérieurs à l’agence (ce qui ne devrait pas exister).
Il va donc devoir enquêter, enfin surveiller deux personnes enquêtant, sur les agissements d’un pasteur néo-évangéliste américain qui se rapproche un peu trop du premier ministre. L’enquête qui devait être simple et “de routine”, si ce n’est que se passant sur le sol américain dont l’agence “paranormale” est un peu plus disons brutal que son équivalent britannique, se transforme rapidement en une course contre la montre afin d’éviter le réveil d’une horreur venant d’une autre dimension.
The Apocalypse Codex est à la hauteur des autres romans de la série. Le metaplot de celle-ci avance même de plusieurs pas à l’issue de ce volume. J’admets néanmoins avoir eu un peu de mal à franchir les 100 premières pages qui exposent la situation, la suite vaut par contre vraiment l’effort.

Les Princes marchands

Cycle de six tomes, ou plutôt long roman de six tomes (dont les deux derniers  n’ont pas encor été traduits en français) car, en effet, chaque tome débute là où se termine le précédent, les Princes marchands de Charles Stross reprend l’idée de base du cycle des Princes d’Ambre de Zelazny : une (ici six) famille dont les membres sont dotés de la capacité, en regardant le dessin d’un nœud particulier, de voyage entre les mondes. Comme dans les Princes d’Ambre, les familles se livrent un jeu politique complexe et dangereux. Mais contrairement aux Princes d’Ambre qui propose une saga s’étendant sur des milliers (pour ne pas dire des millions) de monde et avec des individus au statu quasi divin, Stross propose une histoire au dimension plus modeste et avec un “réalisme” plus fort.
Les Princes marchands débute lorsque Miriam, une journaliste trentenaire aux États-Unis, adoptée, découvre qu’elle fait en fait partie d’une famille de marchands inter-dimensionnels.  Ces derniers sont originaire d’un monde médiévale où ils sont de nouveaux nobles vendant leur service au pouvoir en place : ils transfèrent ainsi rapidement des courriers et de petits objets de valeur en passant par notre monde et ils transportent de la drogue en passant par le leur.
Miriam se retrouve plongé dans les intrigues du Clan (comme les familles se font appelées) et tente maladroitement de changer la situation. Son arrivée donne le coup d’envoi de modification profonde du clan. Ainsi, durant les six tomes, un nouveau monde est découvert, le gouvernement américain découvre l’existence du Clan, des révolutions éclatent dans le monde du clan et dans le nouveau monde (une monarchie victorienne avec une technologie du début du vingtième siècle). C’est ainsi la survie du Clan et de Miriam qui se trouve au centre des intrigues.
Le cycle a un côté feuilletonesque par toujours agréable; cela ne m’a néanmoins pas empêcher de le dévorer et de tourner les pages fasciné par l’histoire qui se présente. Mais au delà de la première impression, le cycle des Princes marchands me parait intéressant sur plusieurs points. Ainsi, contrairement à ma première impression, l’héroïne n’est pas toute puissante et si son arrivée provoque bien des changements, elle est avant tous un pion, important certes mais un pion quand même, sur l’échiquier d’une partie jouée par des intrigants beaucoup plus compétents qu’elle même. La réaction du gouvernement américain face à la menace représenté par le Clan est également à la hauteur de la paranoïa post-11 septembre (et si c’est jouissif à lire ce n’est pas beau à voir). Finalement, Stross propose également une réflexion sur les liens économique entre plusieurs mondes au niveau de développement différents que j’ai trouvé intéressante.
Au final, si le cycle des Princes marchands n’est pas la révélation de l’année, il reste néanmoins une lecture divertissante, agréable et une bonne variation sur les thématiques déjà abordée par les Princes d’Ambre.