Horsepower & Medicine

Situé dans la même région (imaginaire), Painted Hills, près de Santo del Vado Viejo, que le roman The Wind in his heart, la longue nouvelle (52 pages) Horsepower & Medicine reprend un de ses personnages, Santana Corn Eyes, maintenant en formation avec le groupe de jeunes gens qui “protègent” la tribu, et une de ses amies sceptique sur l’existence du surnaturelle Yirah Green.

Yirah Green travaille a réparer la moto de son oncle, se sentant comme inspirée par une présence. Mais est-ce qu’il s’agit bien du fantôme de son oncle ou d’un esprit au dessein plus sombre ? L’expérience va rapprocher les jeunes filles et ouvrir à nouveau le monde des esprits.

Un histoire dont De Lint à le secret, desert, mécanique et monde des esprits pour un récit amérindien sympathique.

The Wind in His Heart

Nouveau roman de Charles De Lint, le premier à destination d’un public adulte en huit ans, The Wind in His Heart est un gros roman (plus de 500 pages) où De Lint reprend les différents éléments qui caractérisent ses écrits.
Le lecteur y trouvera donc : un lieux : la reserve indienne située dansHierro Maderas Mountains (près de la ville imaginaire de Santo Del Vado Viejo); des personnages qui se cherchent ou qui fuient leur passé (Steve Cole, une rockstare supposément mort qui vit en ermite dans le desert depuis des décennies, Thomas Corn Eyes un jeune amérindien qui a le don de double vu mais rêve de quitte la reserve, Sadie Higgins une ado perdue et désœuvrée, et Leah Hardin une blogeuse de Newford qui vient pour enquêter sur la rockstare disparue), une tension en modernité et tradition (le village versus les casinos), des créatures de l’autre monde, etc…. Lorsque tous ces personnages se retrouvent dans la reserve et que le conflit entre les modernes et les traditionalistes escalade avec l’implication des esprits, les vies de chacun seront entraînées dans des directions insoupçonnées…
Sans être, de loin, son meilleur roman, The Wind in His Heart est un De Lint pur jus où l’écrivain montre une nouvelle fois tous son talent pour dépeindre des histoires humaines où le surnaturel côtoient notre monde quotidiennement pour qui sait le voir. Le roman aurait peut-être mérité d’être plus court, il a quelques longueurs, mais il m’a quand même beaucoup plus. Un mot finalement sur la version audio dont le lecteur, Tom Stechschulte, a une voix très grave / mature qui, si elle va bien pour le point de vu de Steve Cole, est parfois un peu surprenante pour les personnages féminins ou plus jeunes.

Forests of the Heart

Situé dans la série “Newford”, se déroulant dans la ville du même nom, Forests of the Heart est un gros, et bon, pavé qui se déroule sur une courte période durant un hiver particulièrement rigoureux pour la ville.

Le roman narre une tentative d’une bande de loups, originaires d’Irlande bien entendu, et “Gentry”, pour faire fabriquer un masque permettant de conjurer, des tréfonds du monde des esprits, une puissante et ancienne créature qui doit leur permettre de prendre la terre au delà des villes aux manitous locaux.

Le roman suit plusieurs personnes dont les vies vont se trouver lier au plan des loups et qui orbitent autours d’une propriété servant de lieux de retraites pour des artistes. Le lecteur suit ainsi une “curandera” mexicaine qui y séjourne, une sculptrice, un jeune indien vivant en ville, le tenancier d’un magasin de musique, un frère et une sœur originaires d’Irlande.

Comme souvent avec Charles De Lint, le roman parle de créatures anciennes, du musique,  mais également des liens qui se tissent entre les différents personnages. L’histoire de la ville de Newford évolue également de roman en roman, et de nouvelle en nouvelle. Pour moi c’est toujours un plaisir de lire De Lint, je ne désespère pas d’arriver, un jour, à lire l’ensemble des histoires se déroulant à Newford et que l’auteur en écrive enfin d’autres.

Eyes like Leaves

Eyes like Leaves est un roman de Fantasy écrit par Charles De Lint au début des années 80 alors qu’il était au début de sa carrière. Non publié à l’époque afin de ne pas positionner son auteur comme “écrivain de Fantasy”, il a été ressortit des cartons au XXIe siècle. De Lint lui a redonner une coup de “polish” et il a été publié.
 
Il s’agit d’un roman plaisant et bien écrit qui propose une Fantasy en prise avec l’époque à laquelle il a été initialement écrit : à la lecture, on pense à Tolkien, Eddings, Lackey etc. Dans un monde de Fantasy peuplé d’humaine et où les autres races ne sont que d’ancienne légende, comme la magie d’ailleurs, Eyes like Leaves invite à suivre  la quête de Tarn, un dhruide (magicien de la nature). Il se sent appelé, comme son maitre l’avait prédit, et se dirige vers le nord afin d’escorter une jeune femme vers son destin. Parallèlement, le lecteur suit le chemin similaire pris par le maitre de Tarn, un dhruide sans âge qui escorte un jeune homme également vers le nord.
 
Le monde d’Eyes like Leaves subit le règne alterné de l’été et de l’hiver, deux divinités frères qui ne s’apprécient guère. Le focus de pouvoir du dieu de l’été a été détruit et son frère menace le monde. Les différents protagonistes sont lancés dans une quête afin de sauver le monde, même s’ils ne savent pas exactement comment.
 
Eyes like Leaves m’a fait passer un bon moment, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un roman de Fantasy très classique, bien écrit, mais à l’intrigue convenue. S’il n’avait été écrit par un écrivain reconnu comme Charles De Lint, sa sortie en 2012 m’aurait paru incongrue; en l’état c’est un roman que je recommanderais plutôt aux fans de l’auteur ou de la Fantasy “année 80”.

Widdershins

Se déroulant plusieurs années après The Onion Girl, Widdershins propose une conclusion à l’histoire de Jilly. Le roman noue plusieurs trames narratives qui se croisent et se répondent.
Le roman débute lorsque Lizzie, une violoniste jouant d’un groupe de musique celtique traditionnelle, rencontre coup sur coup des bogans, un « cousin » de la tribu des corbeaux (un esprit amérindien) et un cousin cerf. Elle se retrouve alors, bien malgré elle, prise en otage d’un conflit qui la dépasse, entrainant avec elle Geordie et Jilly.
A partir de ce point de départ, le roman se subdivise en différentes trames narratives. Il y a ce qui arrive à Jilly, qui se retrouve a devoir faire face, de manière très directe, à ses terreurs d’enfant (elle a été abusée par son frère) dans le monde des esprits. Lizzie se retrouve a devoir trouver son chemin dans ce même monde des esprits après avoir été enlevé par les bogans.
Plusieurs esprits se lance a la recherche de Jilly et Lizzie (par devoir ou par amitié profonde et sincère) mais se retrouve rapidement pris dans l’inimité existante entre les esprits amérindiens et les Fays venus d’Irlande avec les migrations européennes. Les tensions deviennent si importantes que le clan des Buffalo est sur le point de déclencher une guerre. Une dispute entre un esprit saumon et un esprit corbeau sont la source de tous cela, leur relation et leur implication est également décrite dans le roman.
Excellent roman, Widdershins prend toute sa dimensions pour les lecteurs qui ont déjà lu une partie du cycle de Newford et qui ont lu The Onion Girl. Bien que pouvant se lire sans trop de difficulté sans ce « bagage », je ne le conseillerai pas comme cela.

The Onion Girl

The Onion Girl se déroule, comme une bonne partie des livres de De Lint, dans la cité nord-américaine fictive de Newford. Dans cette version de notre monde les esprits sont une réalité tangible, bien que cachée, et en Amérique (et Newford entre autres), les esprits ancestraux des indiens rencontres les esprits venus en Amérique avec les différentes vagues migratoires.
Dans The Onion Girl, De Lint revient sur plusieurs personnages féminins déjà apparues dans plusieurs nouvelles : Sophie (qui en rêve à une seconde vie dans une ville qu’elle a rêvée), Wendy et Jilly Coppercorn une artiste qui perçoit les créatures magiques qui vivent dans la ville. C’est sur cette dernière que le roman est centré.
Jilly est victime d’un accident qui l’a laisse à moitié paralysée sur un lit d’hôpital. Alors qu’un ami indien demande à des esprits de l’aider à guérir, ceux-ci lui disent qu’il faut d’abord qu’elle soigne d’elle même une blessure plus ancienne. Jily a été en effet victime d’abus sexuels, par son frère, dans sa jeunesse.
Alors que Jily, qui peut maintenant rejoindre le monde des esprits en rêve, lutte pour comprendre comment soigner un traumatisme aussi ancien et fort, sa petite sœur, perdue de vue depuis que Jily a fugué de sa famille durant son adolescence, réapparait dans sa vie d’une manière violente.
The Onion Girl est un roman de fantasy urbaine de qualité. Le récit oscille entre notre monde et le monde des esprits, le présent et le passé, la vie de Jily et de sa sœur. Le roman est parfois violent vu qu’il traite d’abus sexuels. La lectrice du roman est très agréable à écouter.

From A Whisper To A Scream

Second livre, chronologiquement parlant, se déroulant dans la ville de Newford (mais premier où le nom de la ville apparait), From A Whisper To A Scream est l’un des quelques livres de la série a être plus sombre.
Il suit la trajectoire de plusieurs personnages (un policier d’origine indienne, un photographe de presse, une “fugueuse”, un mafiosi irlandais) confronté à un esprit d’un pédophile tueur revenant d’outre tombe pour venger sa mort et retrouver sa fille qu’il abusait. Le récit est sombre, mais avec de nombreuses lueurs d’espoirs. Il est bien écrit et reprend des thèmes chère à De Lint : le mélange des cultures (ici vaudou et shamanisme indien se croisent), la vengeance, l’identité, l’entraide… La ville de Newford se dévoile peu à peu, et apparaisse deux “quartiers” emblématiques de la ville : la réserve indienne et le quartier pauvre/abandonné des “Tombs”.
Pas un grand roman, From A Whisper To A Scream est néanmoins agréable à lire et prenant.

The Dreaming Place

J’ai, depuis quelques années, l’envie de lire l’intégralité des ouvrages de Charles de Lint se déroulant dans la ville imaginaire de Newford. La liste présente sur son site Internet indique que The Dreaming Place est le première ouvrage, chronologiquement parlant, à se dérouler dans la ville. J’ai donc décider de commencer par ici.
Bien que “Newford” ne soit jamais mentionné, certains lieux et personnages se situe clairement dans la ville. L’histoire est somme toute assez simple et m’a donné un fort sentiment de déjà vu; le roman étant écrit avant le reste de la série, il contient en germe les différents éléments qui reviennent régulièrement dans le cycle : monde des esprits, manitous, personnages “dans les marges” initiées, etc.
L’histoire est écrite pour des ados (YA en anglais), Nina et Ash (dont le point de vu de chacune occupe un chapitre sur deux) sont deux cousines de 16 ans nées de mères jumelles. Ash vis chez Nina car sa mère est morte il y a déjà trois ans. Alors que Nina est une ado un peu nerd, ayant de bonnes notes en classe et respectueuse de ses parents, Ash est la rebelle toujours en colère. Mais voila, un beau jours un esprit de l’hiver, attiré par Ash, veut prendre Nina. Nina, dans notre monde, et Ash, dans le monde spirituel, auront fort à faire pour se sauver l’une l’autre.
Le roman est vite lu, mais me fait plus penser à un sympathique brouillon d’histoire plus complexe à venir.

The Mystery of Grace

La lecture de The Mystery of Grace de Charles de Lint est pour moi une première dans le sens que je n’ai pas lu ce roman mais écouté. Je me suis en effet lancé pour une première expérience de livre audio. Expérience concluante et que je retenterai tant j’ai trouvé agréable de me faire lire une histoire lors de mes déplacements à vélo ou lors de jogging.

The Mystery of Grace se déroule, comme The painted boy, dans la ville de Santo Del Vado Viejo. Grace est une jeune mexicaine tatouée de la tête au pied qui travaille dans un garage. Elle vit une vie normale entre sa passion pour les voitures et ses amis lorsqu’elle tuée lors d’un casse. Mais au lieu de passer de l’autre côte, elle se retrouve, avec d’autres personnes mortes avant elle dans le même quartier, dans une version fantôme de ce dernier. Pouvant revenir deux fois par an dans le monde des vivants, Grace va trouver l’amour et lutter pour pouvoir continuer son chemin vers l’autre côté.

Bien que dans le genre qu’affection De Lint, The Mystery of Grace ne met pas en scène de puissants esprits tirés des spiritualités du monde, mais des gens de tous les jours confrontés aux mystères de la vie et de la mort. J’ai trouvé cela rafraichissant et très agréable à entendre. Les deux voix, une féminine et une masculine, racontant le récit sont plaisantes, un regret néanmoins : la voix féminine a un fort accent américain lorsqu’elle lit les quelques expressions et mots en espagnol alors que l’héroïne est d’origine mexicaine, ce n’est pas gênant mais un peu dommage.

The Painted Boy

Jay, un ado américain d’origine chinoise, quitte Chicago pour se rendre à Santo Del Vado Viejo en Arizona. Il quitte sa famille, et surtout son autoritaire grand-mère, en quette de lui même et du sens à donner à sa vie. En effet, depuis ses onze ans, Jay à un tatouage de dragon qui est apparue sur son dos. Son chemin le mènera dans la communauté latino de la ville et à s’opposer aux gangs qui la gangrènent. Mais Jay n’est pas un ado ordinaire, c’est un dragon. Cette puissante famille d’esprits veillent sur un lieu et ses habitants. Jay ferra donc l’apprentissage de la vie adulte et l’apprentissage du monde spirituel. Il croisera ainsi de nombreux esprits animaux vivant parmi les hommes avant de trouver sa place.

The Painted Boy reprend tout les éléments qui font des romans de De Lint une réussite : l’apprentissage, les esprits animaux, le mélange de différents mythes et légendes dans le melting pot américain, le monde des esprits, la musique comme force de vie, etc.. Dans ce sens, The Painted Boy est un bon roman agréable à lire et qui tourne bien. Maintenant, il m’a quand même un peu laissé sur ma faim. Ceci pour deux raisons : la première est qu’au final aucuns des éléments utilisés dans ce roman n’est foncièrement nouveau pour qui a déjà lu un peu De Lint. Deuxièmement, j’ai eu un peu l’impression de m’être tromper sur la marchandise. En effet, j’attendais un roman utilisant les particularités des traditions chinoises et asiatiques; je me suis en fait trouver à lire un roman où ses traditions tenaient la seconde place et où les traditions amérindiens et latinos tenaient, une fois de plus, le  haut du pavé. Ce n’est pas que ce n’est pas bien, c’est juste que ce n’est pas nouveau chez l’auteur.