340 mps

Nouveau recueil de Léa Silhol, 340 mps (la vitesse du son) propose neuf textes, dont six inédits, autour du thème de l’obsession. Les divers textes contiennent peu de créatures de fantasy (on y croise néanmoins quelques Fays, les gardiens des portes, …) mais beaucoup d’humanité. C’est en effet au cœur d’un des éléments qui nous constitue que Silhol va recherche le moteur de ses personnages et de ses histoires.

D’obsession il est donc question : obsessions pour les objets, pour les gens pour les sensations, c’est le tour de ce sentiment obsédant qu’il est question ici. Les textes sont, comme toujours, très bien écrits et prenants (au cœur, à l’esprit et aux tripes). Une mention d’ailleurs particulière pour le choix des textes, Léa Silhol a été anthologiste et cela se ressent dans ses recueils dont la construction est toujours murement réfléchies; cela se sent et cela donne une plus values au recueil bien au delà des textes pris individuellement.

Je suis fan des écrits de Silhol, cela doit se voir sur ce blog, mais rarement ses textes m’auront donné le sentiment de parler aussi de moi (ou en tous cas d’une partie de moi).

Le recueil s’ouvre pas un court texte coup de poing (“Wild”) dont je ne dirais rien de plus; il faut juste le lire !

Il continue avec “Folding / Unfolding”. Une lettre d’une mère à sa fille qui raconte son obsession avec les éventails et la manière dont sa collection a été construite. Un des textes qui me parle, je ressens, en moins violent, parfois ces mêmes élans pour les livres et les jeux de rôles…
“The Cat & the Choker”, déjà publié en revue auparavant, est centré sur un membre de la famille des Usher, les gardiens des portes, qui part à la recherche, dans la grande maison familiale, d’un magnifique bijou qui apporte beauté à celle qui le porte, mais qui est aussi une sentence de mort. Un très beau texte sur le prix de l’obsession.

“Sous l’Aiguille” est un court texte qui mêle tatouage, magie, amour et vengeance. Déjà paru, il y a près de 16 ans, dans la revue Elogy, le texte est plaisant.

“Traverser sous les Roues des Voitures” est un texte qui prend aux tripes sur les choix de vie, l’admiration pour un artiste et ce que cela représente dans une vie. Un texte pour lequel, une fois encore, je perçois des échos atténués, et un peu distordus, de mes propres sentiments.

“Faiseurs d’Étoiles” suit une jeune auteure qui tombe sous la coupe d’un éditeur parisien qui, sous prétexte d’en faire une nouvelle star littéraire, abuse d’elle et lui fait écrire un roman qui n’a plus rien d’elle. Une victime lucide mais en partie consente, des personnages pour qui toutes ressemblances avec des personnes existants ne peut-être que fortuites (et lointaine), un texte mordant.

“Winter Wonderland INc” est la dernière réédition de ce recueil, un jeune homme se retrouve engagé comme Le père Noël : bonne paye, travaille au pôle nord, mais tant de secrets….

“Le Dernier des Dark Boys” voit une femme parler de son tatouage à une ado et de là déroulé le fil de sa vie amoureuse avec son dernier “Dark boy” et comment cela a marqué sa vie. Une nouvelle où le lecteur pourra apercevoir frontière et vivre à nouveau ses tourments amoureux de l’adolescence dans tous ces excès mais aussi dans la manière dont cela nous marque. Une nouvelle fois une nouvelle qui a trouvé chez moi un écho, de manière assez surprenant en fait tant c’est éloigné de ma propre histoire…

“Arena” est une conversation entre un ange et une humaine qui se rappel la construction du temple de Jérusalem. Si c’est la nouvelle qui m’a le moins parlé et plus du recueil, elle le conclut assez logiquement.

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