Focus : Léa Silhol

De manière général je ne fais pas beaucoup d’articles « spéciaux » sur mon blog. Je l’ai créé pour garder une trace de mes lectures et c’est ce que je fais, parfois avec un peu plus de détails, parfois avec un peu moins et toujours avec pas mal de fautes d’orthographe et de grammaire (malgré toute ma bonne volonté la langue française à l’écrit ne se laisse pas dompté).
Mais de temps à autre il me prend l’envie de tenter quelque chose, j’ai donc décidé, au grès de mes envies, de proposer de petit focus sur certains auteurs qui me plaisent beaucoup et dont je pense que vous devriez les lire; au moins pour voir si à vous aussi ils pourraient vous plaire.
Une petite tempête dans un verre d’eau a secoué il y a peu la blogosphère SF sur le rôle du blogueur. Certains auteurs semblant croire que le blogueur était là pour assurer leurs promotions, Lhisbei a donné une réponse claire et que je partage sur son blog : en résumé simplifié « je suis sur mon blog chez moi et je fais ce que je veux ! »
Ceci étant dit, j’ai lu aussi ces derniers temps plusieurs éditos / coup de gueule / poste de blog mettant en évidence l’équation simple : un auteur pour continuer à écrire (dessiner / produire / etc.) doit pouvoir gagner quelque chose (c’est le cas dans l’édito de Comics Box de ce mois, c’est ce que dit Bellamy, ou encore Léa Silhol de qui il sera question tantôt). Au final l’argument est le même : « si vous aimez un auteur / un illustrateur / une série de comics achetez ce qu’il fait pour qu’il puisse continuer à le faire. » Auquel certains ajoutent : « et faites le avant que ce dernier arrête, après il sera trop tard pour venir lui dire que vous ne trouvez plus ses œuvres ».
Les focus que je souhaites faire sont donc à la fois une manière de donner un coup de projecteur sur un auteur que j’aime, mais aussi un acte un peu militant (et égoïste) pour essayer de vous donnez envie de découvrir un auteur que j’aime pour qu’à votre tour vous l’aimiez (ou pas…)
Pour ce premier focus j’ai décidé de vous parler de Léa Silhol. Une auteure qui a pour moi une double importance. Elle a été une des éditrices de feu les éditions Oxymore dont les ouvrages m’ont fait découvrir nombre d’auteurs devenus aujourd’hui centraux dans les littératures de l’imaginaire francophones aujourd’hui (Jean-Philipe Jaworski et Mélanie Fazi, par exemple), mais m’ont également donné goût à la nouvelle.
Mais après, ou avant c’est selon, d’avoir été éditrice, Léa Silhol est aussi auteure. Une auteur qui commence à publier au début de ce siècle et qui, après une (trop longue) éclipse entre 2008 et 2014, s’est remise à être publiée depuis 2015. Ce qui a changé, c’est que pour garder son indépendance et maintenir son intégrité, elle a décidé d’être publiée par Nitchevo Factory, une structure dédiée a apporter soutient aux artistes la formant et dont l’édition est seulement une de ses activités.
Ses ouvrages sont publiés via une plateforme d’impression à la demande ce qui implique, bien que cette dernière livre les libraires, que les livres sont moins présent sur les étals des libraires et donc du coup souffre d’un manque de visibilité.
Cela étant dit qu’est ce que Léa Silhol écrit et pourquoi je trouve cela bien ?
Et bien, elle écrit de la Fantasy au sens large : ré-écritures de mythes et légendes, Urban Fantasy, Réalisme Magique, etc. Elle écrit d’ailleurs admirablement bien. Pour moi elle a son meilleurs niveau lorsqu’elle écrit des nouvelles, là où son écriture riche et précise frappe le plus fort. Mais j’aime aussi ses romans, même si certains lui reprochent un style trop chargé (à titre personnel, je trouve que ces derniers romans parus sont plus agréable de ce côté là).
Elle développe surtout un univers commun, qui a comme nom officiellement officieux « La Trame ». Tout est lié chez Léa Silhol et chaque histoire, chaque personnage, chaque événement, trouve une place sur une trame plus large.
Là où le lecteur potentiel pourrait craindre de tomber, sans le vouloir, sur des ouvrages auxquels il ne comprend rien, chaque livre est en fait une porte d’entrée possible dans « La Trame » qui se tient seul. La lecture d’autres livres venant donner plus de profondeur à l’ensemble.
Dans sa bibliographie je vous propose une petite liste de ce qui est actuellement disponible avec le lien vers ma chronique, le pourquoi / pourquoi il faut le lire et un lien vers le grand géant où le lecteur peut se procurer l’ouvrage.

Conte de la Tisseuse : la ré-édition de son premier recueil de nouvelles. Une ré-écriture de contes, légendes et mythes qui est un vrai bonheur à la lecture. C’est sans doute la porte d’entrée royale pour découvrir Léa Silhol, à conseiller avant tous aux fans de nouvelles et de Fantasy. (A noté que l’édition collector diffère de l’édition normal pour sa couverture rigide et par une petite série de portraits de créatures féeriques jamais auparavant publié, à réservé aux fans ou aux amoureux des couvertures rigides).

Sacra vol. 1 et Sacra vol. 2 : deux recueils de nouvelles qui se répondent, proposant quelques nouvelles déjà parues au part avant et beaucoup d’inédits. A leur actuel, c’est pour moi les deux meilleurs recueils publiés par l’auteure. Les différents textes oscillent entre de la Fantasy, avec une version fantastique de Venise, et de la Fantasy Urbaine. Si vous aimez les nouvelles, les rélfexions sur l’art, Venise et la Fantasy Urbaine (urbaine par romance, attention) ces deux recueils sont fait pour vous.

Possession Point : un roman d’Urban Fantasy en forme de road movie. Se déroulant à notre époque, le roman narre la lute d’un gang de Fays perdus dans notre monde qui les rejette et les craint et cherchant la mythique cité de Frontière qui pourrait devenir leur havre. Un roman pour ceux qui aime l’Urban Fantasy.

Sous le Lierre : un gros roman presque plus proche de la littérature blanche (du Réalisme Magique par certain aspect) que de la Fantasy qui se lit comme l’histoire de la rébellion d’une jeune fille au caractère bien trempé face aux traditions anciennes de son petit coin d’Angleterre. Se passant au début du XXe siècle, le roman parlera à ceux qui aiment leur Fantasy légère, les récits de passage de l’adolescence à la vie d’adulte et les traditions païennes liées à la Nature.

La Sève et le Givre : premier roman publié de Silhol, premier tome d’une trilogie pour l’heure inachevée (mais qui dans mes souvenirs se tient tous seul) et seul ouvrage disponible en poche (chez Point Fantasy), ce roman, que j’ai lu bien avant d’avoir un blog, est de la Fantasy féerique qui retrace un conflit entre les cours d’ombre et de lumière. Un roman fait pour ceux qui aime la Fantasy féerique et l’écriture riche et « vénéneuse » (pour citer le quatrième de couverture.

Voila terminer le tour des ouvrages disponibles de Léa Silhol. J’espère vous avoir donner l’envie d’en prendre un et de le lire.

Dans tous les cas n’oubliez pas que ce qui compte c’est d’y prendre plaisir.

 

Le Village

Premier roman d’Emmanuel Chastellière, Le Village est une vraie réussite. Roman fantastique, il donne au lecteur une histoire avec un mystère épais qui se découvre peu à peu au fil de la lecture. Difficile donc d’en parler en tentant d’en révéler le moins possible.
Je peux néanmoins écrire que le roman débute par le réveil d’une jeune femme (à la fin de l’adolescence) dans une vielle demeure bourgeoise. Elle n’a aucuns souvenirs de sa vie et commence alors l’exploration des environs : la demeure, un pont, la campagne, un village désert, les marais alentours…. Et surtout la présence de docteurs de peste, de loups mort-vivant, d’un troll qui semble vouloir capturer la jeune fille; et aussi, retranché dans les marais, d’autres jeunes gens, ayant eu aussi perdu la mémoire, se nommant « les enfants perdus » et qui tentent eux aussi de survivre et de trouver une sortie.
En parallèle, l’histoire d’un village touché par une peste étrange et d’un mystérieux camelot qui arrive une nuit pour proposer une solution qui damnera le village et ses habitants.
Sur ces base, Le Village est un roman diablement bien écrit et efficace qui déroule une histoire angoissante et mystérieuse avec juste ce qu’il faut de pathos et de relations entre individus. Une vraie réussite qu’il faut lire !

Fées & Automates

Anthologies des Imaginales 2016, Fées & Automates propose, sous la direction de Jean-Claude Vantroye, treize nouvelles qui font se rencontrer les figures de la fée et de l’automate.

Le sommaire :
« Smoke and Mirrors » d’Estelle Faye : une nouvelle à l’ambiance fantastique se déroulant aux Etats-Unis et où une fée propose, via un automate « donnant la bonne aventure », un pacte bien funeste. Une courte nouvelle fort sympathique.
« Le Rouet noir » de Charlotte Bousquet : une nouvelle dans l’univers de Jadis où un assassin se retrouve pris dans un piège bien sombre qui menace sa place dans la roue des réincarnation même.
« Le crépuscule et l’aube » de Fabien Cerutti : une nouvelle dans l’univers du Le Bâtard de Kosigan qui relate un épisode de la guerre entre les hommes et les fées et d’un plan pour tenter de sauver ce qui peut l’être. Un texte très bien écrit qui me fait me dire que je devrais vraiment prendre le temps de lire les romans de Cerutti.
Lle Comte et l’horloger » de Benoît Renneson est une jolie histoire où un horloger est appelé à la demeure du vieux comte de la ville, guère aimé et avec peu de pouvoir, pour réparer de toute urgence une simple boite à musique. L’utilisé de cette dernière lui ouvrira un monde de magie….
« L’énergie du Désespoir » d’Adrien Tomas fait découvrir aux lecteurs une cité où l’énergie est prélevée sur des fées retenues captives. Lorsque des agitateurs détruisent les usines de reproduction de ces dernières, des chasseurs se lance dans les profondeurs de la forêt aux fées afin d’en capturer en nombre. Une chasseuse et son automate semble bien partit pour devenir riche, ou pas…

« L’étalon » de Paul Beorn narre la fuite d’un jeune enfant prisonnier des fées. Dans sa quête pour retrouver ses parents il arrive rapidement dans un bourg où ne vivent que des hommes et où les fées semblent être les bienvenue. Une nouvelle très bien pensée et menée.

« Magie de Noël » de Gabriel Katz est une nouvelle quasi cyberpunk, narrant, dans un Paris où certains quartiers sont devenus de vraies zones de non-droit, la quête d’un père pour trouver une fée (un robot de compagnie en résumé) pour sa fille alors que celles-ci ont été interdites de vente. Une nouvelle à la conclusion bien glauque, comme il se doit pour du cyberpunk.

« Al’Ankabût » de Nabil Ouali est une nouvelle que je n’ai pas fini. Non pas tant qu’elle soit mauvaise, mais plutôt parce que l’histoire d’une petite fille et de violence m’était dure à lire; la malédiction du lecteur devenu parent et qui projette….

« Le tour de Vanderville » de Pierre Gaulon voit un forint, débutant avec une attraction d’automates, faire la rencontre d’un mystérieux collègue dont l’attraction est beaucoup plus fantastique et… féerique. Une nouvelle fantastique très bien construite.

« AuTOMate » de Pierre Bordage raconte l’histoire d’amour d’une fée, vivant incognito dans notre monde, et un homme. Une longue suite de déception face à notre monde qui tranforme chaque individu en automate. Bordage fait du Bordage et, comme souvent, si ces nouvelles sont sympathiques elles manquent d’un petit plus pour s’élever au délà du « moyen. »

« Son dernier coup d’échecs » de Jean-Claude Dunyach et Mike Reskick est une nouvelle de SF qui met en scène une jeune femme et un automate/IA joueur d’échec et d’un tournoi fasse à une race extraterrestre. Une bonne nouvelle mais d’où la thématique de la fée est passablement absente.

« Tsimoka » de Cindy Van Wilder une nouvelle se déroulant dans un cirque agréablement bien écrite mais qui ne m’a pas marquée.

« Le Plateau des Chimères » de Lionel Davoust se déroule dans l’univers d’Évanégyre et suit la conquête, par l’Empire d’Asreth d’un plateau riche en ressource magique. Seul hic, l’endroit est habitée par une puissante fée, une des dernières de sa race. En avant de l’armée, un déserteur et son mécha cherche refuge au cœur du plateau avec peut-être une solution pour la survie de la fée. La nouvelle fait partie de mes préférées du cycle d’Évanégyre…

Au final, j’ai trouvé l’anthologie des Imaginales 2016, Fées & Automates, un cran au dessus des autres années avec de nombreuses très bonnes nouvelles et quelques moyennes.

Poseidon’s Wake

Troisième, et dernier, tome de la trilogie d’Alastair Reynolds (après La Terre bleu de nos Souvenirs et Sous le vent d’acier) Poseidon’s Wake se déroule à nouveau une bonne centaine d’année après le tome précédant. Il est centré sur les fils et la petite fille de Chiku Akinia.
 Dans sa première partie le roman se déroule à la fois dans le système solaire où le fils de Chiku est ambassadeur au près des robots de mars; suite à un accident qui le laisse pour mort, il est sauvé par les robots et utilisé afin de répondre à un appel de la part de l’IA Eunice venant d’un système solaire non-colonisé. Et à la fois sur Crucible où l’appel est destiné à la fille de Chiku qui se trouve en résidence surveillée suite à l’activantion de la gigantesque structure extraterrestre se trouvant sur Crucible avec comme effet la destruction d’une arche spatiale. Ne pouvant voyager du à son âge c’est sa fille qui part, avec d’autres volontaire, en direction du système inconnu.
La seconde moitié du roman se déroule dans le système non-colonisés où les vaisseaux venu de la Terre et de Crucible vont devoir faire face à Eunice, des éléphants intelligents, une énigme-testament laissé par une ancienne race bien plus avancée et des intelligences artificiels extraterrestres.
Poseidon’s Wake a les mêmes défauts et qualités que les deux autres romans du cycle. Bien écrit, il se lit avec plaisir, mais une fois de plus son intrigue est parfois un peu complexe par rapport au résultat et les avancées de l’humanité impulsé par un facteur extérieur.
Agréable à lire, il reste néanmoins, pour moi, le moins bon de la trilogie.

La Ménagerie de papier & L’homme qui mit fin à l’histoire

Recueil de nouvelles de Ken Liu, La Ménagerie de papier est sans équivalent en anglais (un recueil du même nom existe bien mais son sommaire est différent). L’ouvrage présente une vingtaine de nouvelle d’un écrivain très doué dont les moins bon textes sont au minimum bons et les meilleurs sont du niveau des nouvelles de Ted Chiang.

Lu il y a déjà quelques semaines, je me contenterai de dire de ce recueil qui il est un indispensable pour ceux qui veulent lire des nouvelles de science-fiction (au sens large) parmi les meilleurs écrites cette dernière décennie. Ken Liu a une approche sensible des différents problèmes de nos sociétés et une écriture qui touche juste à chaque fois.
Peu de temps après cette lecture, je me suis attaqué à une novella qui vient de sortir dans la collection « Une heure lumière » : L’homme qui mit fin à l’histoire.
Il s’agit de la description d’un documentaire filmé sur une invention qui permet d’observer directement le passé, mais de manière unique; les particules servant à l’observation étant alors détruite.
Le documentaire parle des créateurs de l’invention et de son unique utilisation pour voir les exactions  de l’Unité 731, unité japonaise qui effectua des expériences médicales sur des civils chinois entre 1936 et 1945 lors de la guerre sino-nippone.
La novella est à la fois une réflexion sur le rôle de l’histoire et des historiens, de l’importance de l’histoire dans la politique international, du rôle du « devoir de mémoire » et une étude d’un pan sordide de l’histoire japonaise et chinoise. Une œuvre majeure je pense.

Sous le vent d’acier

Second tome de la trilogie d’Alastair Reynolds, débutée avec La Terre bleu de nos Souvenirs, Sous le vent d’acier se déroule deux ans après le premier tome. Centré sur la fille de Sunday Akinia, Chiku qui s’est fait clonée en deux exemplaires et synchronisé ses souvenirs entre ses clones. L’une d’entre elle est partie pour tenter rattraper le vaisseau de son arrière-grand-mère, une autre est partie dans un des gigantesques vaisseaux se dirigeant vers Crucible, la planète où une gigantesque structure extraterrestre a été détectée, la dernière restant sur Terre pour vivre une vie paisible.
Alors que la première est perdue depuis longtemps, que les deux autres Chiku vivent leur vie sans plus penser à leur clone, un message venue de celle qui se dirige ver Crucible lance Chiku sur les traces d’une IA menaçant à la fois l’humanité dans le système solaire et celle se dirigeant vers Crucible.
Ossillant entre l’histoire sur Terre et sur le vaisseau (se déroulant donc sur plus centaines d’années), les enquêtes des deux Chiku vont modifier fondamentalement la vie de l’humanité. Dans le système solaire, une chasse aux informations dangereuses et sur le vaisseau un poker politique pour comprendre ce qui attend réellement les voyageurs sur Crucible et pour résoudre le problème du freinage permettant de ne pas dépasser la destination.
Sous le vent d’acier est un roman bien écrit, agréable à lire et passionnant. Je regrette seulement qu’il partage, en partie, les défauts du premier tome : une enquête dangereuse qui mène les protagonistes à beaucoup se dépenser pour un résultat qui aurait sans doute été fondamentalement le même sans leur intervention (où en tous cas similaire), et une propension au Deus Ex-Machina qui permet soit de faire avancer l’intrigue, soit d’en résoudre (s’y ajoute le fait qu’une partie des solutions aux défis de l’humanité sont d’origine extraterrestre).
Un bon roman donc, mais pas exempts de défaut.

Harry Potter and the Cursed Child

Pièce de théâtre, Harry Potter and the Cursed Child devrait avant tous s’apprécier en représentation. N’ayant, comme beaucoup, pas les moyens en ce moment d’aller à Londres pour voir la pièce, je me suis rabattu sur sa version écrite.
 
Avant d’en parler une remarque : si j’ai apprécié, dans son ensemble, la série d’Harry Potter, je n’ai pas grandi avec elle et je l’ai découverte la vingtaine passée, je ne ressens donc pas une nostalgie particulière pour le petit sorcier.
 
Petit sorcier qui a d’ailleurs bien grandi puisque il a la fin trentaine / début quarantaine dans la pièce (qui se déroule sur plusieurs années). Elle suit les années d’étude à Hogwarts de son second fils, Albus-Severus, et de son meilleurs ami Scorpius Malfoy, les deux étant des Slytherins (ce qui ne manque pas de faire jaser).
 
L’intrigue tourne autour d’un retourne-temps assez puisant pour permettre de remonter des années en arrière et sur la possibilité pour Albus et Scorpius de sauver Cédric Digory. Evidement les tentatives ne vont pas aller sans provoquer des changements radicaux à leur présent et mettre en danger toutes les luttes de la génération précédente.
 
Au delà de l’intrigue principal (un peu « casse-gueule », comme souvent avec le voyage dans le temps), Harry Potter and the Cursed Child est avant tous une manière de faire entrer Harry Potter dans l’âge adulte et lui donner l’occasion de faire la paix avec son passé.
 
En effet, on voit le sorcier  revisiter son enfance et adolescence au travers des difficultés qu’il rencontre avec ses enfants (et de manière plus littérale avec les voyages dans le temps d’Albus et Scorpius). Les choix qui lui ont été notamment imposé, par Voldemort mais aussi Dumbledort, sont au centre du comportement hiératique (et de la crise de la quarantaine) qui frappe Harry.
 
Au final une pièce sympathique pour ses thématiques, à l’intrigue un peu bancale et qui mérite sans doute d’être vécue dans sa dimension première d’œuvre théâtrale.

Les Terres de l’Est

Le second tome de la série des Récit du Demi-Loup (après Véridienne), Les Terres de l’Est est bien supérieur au premier tome (qui était déjà bon).
Si dans Véridienne Chloé Chevalier brossait l’enfance et l’entrée dans l’âge adulte de la princesse de Véridienne, de sa cousine seigneur des Eponas et de leurs trois suivantes, dans Les Terres de l’Est elle poursuit son récit en lançant ses personnages les uns contre les autres et en étendant leur univers (confiné au château dans le premier tome).
Une des suivantes vit dans la pauvreté avec le prince de Véridienne, tous deux ont été exilé, les Eponas sont quasiment devenu un royaume indépendant sous la férule de leur seigneure et de sa suivante, pendant qu’à Véridienne des changements s’annoncent alors que la princesse gagne en pouvoir. Le Royaume voit également l’épidémie de la Preste Mort ramenée de l’Empire de l’Est s’étendre peu.
Depuis cette situation initiale, le récit, formé des journaux intimes et lettres des différents protagonistes, se déploie sur plusieurs années en montrant à la fois l’évolution de Véridienne et des Eponas, mais aussi les voyages des exilés qui préparent une vengeance au long court. Le lecteur découvre donc d’avantage le vaste monde et le passé du prince. Le tout se mêlant pour former un récit qui prend de plus en plus d’ampleur au fils des pages.
Arrivé au terme de ce second tome, je n’attend qu’une chose : le troisième !

American Gods

Déjà lu, en français, il y a plusieurs années en arrière, l’arrivée prochaine d’une série TV l’adaptant m’a semblé une bonne raison pour relire, en anglais cette fois ci, American Gods de Neil Gaiman.
 
Le pitch de base est simple : Ombre sort de prison après plusieurs années le lendemains de la mort de sa femme et de son meilleur ami alors qu’elle lui faisait une fellation. Ne sachant bien que faire, il accepte la proposition de Voyageur, un mystérieux individu, qui veut l’engager comme homme à tout faire.
 
Débute alors pour Ombre un voyage au quatre coins des États-Unis qui vont lui faire comprendre que son employeur n’est pas vraiment humain et va le mettre au centre d’un conflit entre les Dieux à moitiés oubliés des différents peuples qui sont venus en Amérique et les nouveaux Dieux du monde moderne (Argent, TV, Technologie, etc.).
 
Durant ce voyage, Ombre va également évoluer pour devenir quelqu’un, quelque chose d’autre. Le tout en essayant de survivre et de comprendre.
 
American Gods est un gros roman fascinant qui explore les croyances humaines, « l’âme américaine » (US) et le devenir des nos mythes et légendes. Je place à côté des romans de De Lint, par exemple, qui traitent, d’une autre façon, des mêmes thématiques.

Le Chant des Épines

Premier tome d’une nouvelle série de Fantasy d’Adrien Tomas, Le Royaume Rêvé – Le Chant des Épines se présente au premier abord comme un roman de Fantasy classique : quatre royaumes aux particularités marqués dans le Nord, une prophétie un peu obscure et peu connue, Vermine une jeune femme sauvagone au pouvoir magique mystérieux (Ténèbres, un pouvoir qui lui parle), un royaume qui cherche à unifier les autres en éduquant les héritiers des royaumes (les Épines du titre), une menace à combattre….

A la lecture, Le Chant des Épines est une Fantasy très bien écrite et agréable à lire qui pose un univers assez intriguant derrière le vernis de Fantasy classique : les royaumes ont été fondé il y a une centaine d’année par les anciens esclaves des elfes qui se sont rebellés et libérés du joug de leur maître, des êtres très puissants et invisibles au yeux du monde (et dont la magie serait peut-être bien de la technologie), un inventeur nain dont le golem ressemble plus à un robot qu’à une création magie, des immortels qui semblent bien tirer les ficelles en coulisse.

Tous ces éléments ce mélange pour former un récit intriguant à mi-chemin entre la Fantasy et la science-fiction. Si l’histoire de ce premier tome est sympathique, c’est surtout les possibilités ouvertes par cette mise en place qui m’intrigue. J’ai hâte de pouvoir lire le tome suivant pour en savoir plus.