Meijo

Troisième tome de la saga du Sentiers des astres, Meijo debute ou le tome précédent s’est terminé.

L’expédition dans le Nord vers le Roi-diseur est en difficulté : traquée par une force hostile, ayant perdu son chef éliminé par un traitre en leur sein. Dirigé maintenant par le Barde de l’expédition, le groupe profite de l’aide de la peuplade locale des Teules qui les mènent via le sentier des astres, un raccourci situé à la frontière du monde des mortels et du monde des esprits à la recherche d’un chemin par delà les dangers de la forêt et vers la voie qui mène à leur quête.

En parallèle la courtisane Shakti se dévoile d’avantage contant son exilé et sa déchéance. Un récit âpre où la pauvreté et la necesité pousse shakti et son compagnon d’infortune aux pires bassesses pour survivre.

Meijo est un troisième tome à l’écriture toujours aussi belle. Un tome aux deux récits enchâssés de manière équilibrée qui dévoile par petite touche les enjeux de la guerre qui se livre au loin dans l’Heritage et qui fait la part belle aux mondes des esprits et à la magie.

Maintenant le plus difficile est d’attendre la sortie de la suite.

Shakti

Second tome de la tétralogie de Stefan Platteau “Les Sentiers des Astres”, Shakti débute là où Manesh s’est arrêté.
L’expédition, dans les forêts du Nord, afin de rencontrer le mythique Roi-diseur est en mauvaise posture : décimée et encerclée par un ennemi nombreux et puissant. La première partie de Shakti narre la fuite de l’expédition dans la forêt. Le “cliffhanger” du premier tome obtient une réponse rapide et le lecteur ne marine pas pendant de  nombreuses pages pour savoir.
La seconde partie du roman est consacré au récit de Shakti, la Courtisane qui accompagne, avec sa fille, le groupe. Elle narre, entrecoupé par quelques scènes de la vie quotidienne de l’expédition,  son enfance et son entrée dans l’âge adulte comme fille d’une puissante chamane et seigneure dans une grande îles du Nord qui fait penser à une Islande plus verdoyantes que la notre. Les forêts de son enfances sont peuplés d’esprits et de seigneurs bêtes anciens dont un ours vivant une malédiction et dont le destin et celui de Shakti entremêlement.
Difficile d’en dire d’avantage sans dévoiler tous les rebondissements du récit. Il me suffira de dire que c’est admirablement bien écrit (ceux qui ont aimé Manesh ne pourront qu’apprécier) et que le rythme est un peu plus rapide que dans le premier tome. Mes deux seules regrets, au final, sont que le récit de la Courtisane n’est pas achevé dans ce volume et que j’aurai aimé avoir une histoire urbaine (cela viendra sans doute) alors que là le récit reste fortement marqué par la nature sauvage (admirablement bien décrite et rendue). A noter également l’extension de la mythologie du monde qui, mélange de shamanisme, de mythes nord-européens et indiens est fascinante.

Pour les indécis je vous conseil le teaser vidéo avec des extraits lus du roman (A quand la version audio ?)

Dévoreur

Conte amère sur la relation entre les adultes et les enfants, Dévoreur conte la transformation d’un montagnard en ogre.
Situé dans l’univers du roman Manesh, mais totalement indépendant de celui-ci, Dévoreur se déroule dans des alpages. Elle suit, dans un premier temps, la femme d’un mage durant l’absence de son mari qui voit son meilleur ami, vivant dans l’alpage d’en face, se transformer sous ses yeux en un homme secret et coléreux qui terrorise ses filles. Puis dans un deuxième temps c’est le mage lui même qui part affronter l’ogre dans sa tanière pour tenter de sauver ses enfants.
 
Dévoreur est un court roman, une novella, un conte où l’ogre représente la part sombre de tout un chacun et qui interroge la confiance que les enfants placent dans les adultes.
 
Dévoreur est superbement écrit. Étant parent moi même, j’ai été particulièrement touché par la moral du conte qui frappe juste. La version papier du conte est un bel objet qui est vendu (19 euros) sans doute un peu cher pour le nombre de signes du roman; la version électronique est, elle, plus abordable. Il n’en reste pas moins que ce texte en vaut clairement la peine.
L’avis de Lune.

Manesh

Premier roman, et premier tome d’une trilogie, de Stefan Platteau, Manesh est un roman de fantasy non seulement bien écrit et agréable à lire, mais également passionnant.
Dans un monde qui emprunte aussi bien aux mythologies celtiques et nordiques qu’aux mythologies indiennes, et le mélange prend étonnement bien, le lecteur est invité à suivre le récit de l’expédition du capitaine Rana qui remonte un fleuve, à travers la nordique forêt du Vyanthryr, afin de trouver le mythique Roi-diseur, un oracle, afin de faire basculer le cours de la guerre civile qui voit s’affronter un puissant royaume à sa suzeraine afin d’obtenir son indépendance. Parallèlement à ce récit, narré du point de vue du barde de l’expédition, le lecteur découvre, en même temps que le barde, le récit de la vie de Manesh, un jeune homme trouvé à moitié mort dérivant sur le fleuve par l’expédition.
Contant son histoire à son rythme, Manesh dévoile, au fil de son récit, une vie peu ordinaire marqué par ses origines particulières. En effet, Manesh fait partie des rares enfants d’un géant. Ces dernier, solaires, lunaires ou des profondeurs, ont quitté le monde il y a longtemps suite aux guerres durant lesquelles les hommes les ont presque décimés. L’héritage des géants marquent pourtant profondément le monde et ses habitants. Enfant d’un géant solaire, Manesh possède des aptitudes hors du communs et une soif de comprendre le sens de sa vie.
Malgré l’utilisation de tropes commun en fantasy (les races antiques disparues mais pas totalement, la guerre entre royaumes, le voyage/la quête, le descendant des anciennes races), Manesh est un formidable roman qui se déroule au rythme du fleuve tout en proposant suffisamment de mystères pour pousser la lecteur à tourner frénétiquement les pages.