Numérique de Marina & Sergueï Diatchenko

Deuxième tome du triptyque inspiré par Les Métamorphoses d’Ovide, mais se lisant de manière totalement indépendante,  Numérique de Marina & Sergueï Diatchenko est un excellent roman, d’un niveau égale à Vita Nostra, le premier tome.

Numérique suit Arsène, un gamer de 14 ans qui passe plus de temps à jouer en ligne qu’à aller en classe. Lorsque ses parents le prive de son ordinateur, il se rend dans un cybercafé pour jouer à un MMORPG où il participe à une guerre politique de haut vole. Il y fait la rencontre de Maxime, un homme qui se présente comme le patron d’une entreprise de jeux révolutionnaires. Il propose à Arsène de devenir testeur et le fait participer à une compétition pour obtenir la place.

A partir de là les choses vont évoluer rapidement : jeux étranges et manipulations vont s’enchainer et Arsène (attention spoilers) va découvrir l’existence d’une entité entre numérique et chaire qui manipule le destin de l’humanité. Elle lui propose de le rejoindre et lui donne accès à des “pouvoirs” important, mais à quel prix pour lui et pour l’humanité… (fin de spoilers)

Pour le lecteur qui a déjà lu Vita Nostra, certains éléments de Numérique ne seront pas totalement une surprise, mais l’intrigue diverge et interroge d’autres éléments. Sans doute plus accessible, Numérique interroge avant tous notre rapport au monde numérique (TV, smartphone, Internet, etc.) et la manière dont ce dernier nous change, nous manipule et nous enchaine.

Mais le roman est plus que cela et est une vrai réussite aussi bien en terme d’intrigues, d’écriture que d’interrogations. La barre est placée très haute pour le dernier tome.

Vita Nostra

Publié en 2007 en Ukraine, en langue russe,  Vita Nostra fait partie d’une tradition de roman, tel Harry Potter ou la série des Magiciens de Lev Grosman, en autre, mettant un scène un ado découvrant la magie au sein d’une école pour “élèves doués”.

Dans Vita Nostra c’est Alexandra (Sacha) Samokhina que le lecteur suit. Sacha est une jeune ado de Moscou, élève brillante, elle est abordée un jour durant ses vacances par un inconnu qui l’oblige à réaliser des choses sans queue ni tête (comme aller se baigner nue dans la mer tous les matins tôt durant un mois) sous peine de voir ses proches menacés.

Presque obligée elle doit intégrer l’institut de technologie spéciale situé dans une petit ville russe de province. Là elle découvre des professeurs étranges, un enseignement bizarre et des élèves de seconde et troisième année qui se comporte comme s’ils étaient sous l’effet de drogues ou avaient des problèmes moteurs…

Puis peu à peu Sacha elle même se met à changer, et en suivant son changement le lecteur découvre peu à peu ce que l’institut cherche à faire de ses élèves; une découverte lié à la trame de la réalité même….

Difficile d’en dire plus (Gromovar, comme souvent, en donne une lecture plus intelligente que moi) sans déflorer la découverte; il me suffira de dire quand même que la pression ne retombe jamais, les pages se tourne presque toutes seules sur un roman bien écrit, bien mené et à la réflexion sur la réalité passionante. En bref une vraie réussite qui devrait arriver prochainement en français vu qu’un éditeur a acqui les droits du roman.