Mesías

Second tome de la collection d’anthologie thématique Traviesa, Mesías propose quatre nouvelles d’auteurs latino-américains, sélectionnées par l’autrice bolivienne Liliana Colanzi, sur le thème de la religion. Les quatre récits sont de très bonne facture, oscillants entre les genres noirs & de l’imaginaire.
Álvaro Bisama (Chili) – « Arena negra » se déroule à Santiago et suit un jeune voleur de voiture qui va se retrouver à mettre à jour les projets d’un culte familial millénariste et armé…
Luciano Lamberti (Argentine) – « Cómo conocí a los Sefraditas » se déroule durant la crise des Malouines et suit un jeune homme qui entend des voix et qui veut s’engager dans l’armée, mais les extraterrestres sont-ils parmi nous?
Giovanna Rivero (Bolivie) – « La piedra y la flauta » se déroule à Santa-Cruz et suit une jeune femme qui s’intéresse de près à un sans abris qui prétend, avec succès, que les rats de la ville lui parlent du futurs, en parallèle elle se souvient de son enfance et de son oncle hippie…
Carlos Yushimito (Perou) – « Tatuado » se déroule au Brésil et suit la réalisation du dernier tatouage d’un chef de gang alors que sa vie est contée en parallèle.
Un court recueil excellent et bien pensé.

Nuestro mundo muerto

Autrice bolivienne vivant aux États-Unis Liliana Colanzi est considérée comme une des étoiles montantes de la littérature bolivienne, elle propose avec Nuestro mundo muerto huit nouvelles qui sont autant de fenêtre sur l’humain et ses réactions. Les situations décrites sont profondément marquées par les origines boliviennes de l’autrice (lieux, personnages et vocabulaires)

Au détour de chaque nouvelle, l’étrange, le fantastique voir un peu de science-fiction surgit. En un sens Nuestro mundo muerto se rattache au genre de l’imaginaire à la manière de plusieurs courant de la littérature latino-américaine, entre autre, qui injecte une dose d’imaginaire dans le quotidien.
« El ojo » suit une jeune étudiante dont la mère est surprotectrice. Elle attend que quelque chose se passe sous le regard de « l’Oeil » qui la surveille et la pousse. Une nouvelle sur les attentes parentales et la pression qu’ils font porter sur chacun.
« Alfredito » est mort à dix ans, ses camarades de classe doivent se rendre à sa veillée funèbre… Une nouvelle sur la vie et la mort vu par des enfants…
« La Ola » voit une bolivienne qui étudie aux États-Unis rentrer à Santa Cruz au près de son père mourant. Une nouvelle sur « chez soi », le chemin que l’on se choisit et le poids de notre vie familiale.

« Meterorito » est le croisement d’une famille paysanne bolivienne qui a recueilli un jeune homme qui prétend voir des « êtres supérieurs » et une météorite qui tombe sur terre. Une nouvelle avant tout très humaine.

« Canibal » deux jeunes femmes boliviennes sont sur Paris, elles s’aiment, elles trafiquent, l’une s’en va, l’autre se pose des questions pendant qu’un cannibale en fuite est à Paris. Rien de gore dans cette nouvelle, mais l’autopsie d’une histoire d’amour sur le point de sombrer.

« Chaco » une nouvelle sur un jeune homme de cette région désertique de la Bolivie qui est hanté par le fantôme d’un indien.

« Nuestro mundo muerto » suit les premiers colons de le planète mars, une histoire de choix, de solitude, de maladie et de folie…

« Cuento con pájaro » mutliplie les points de vu sur un médecin ayant fait une bêtise et se cachant « à la campagne ».

Au final Nuestro mundo muerto est peut-être plus un recueil de nouvelles sur l’expérience humaine que sur l’imaginaire; il ne reste pas moins que ces textes bien écrits sont autant d’instantanés fascinants à lire et à contempler sur la nature humaine.