Revenger

Après avoir lu la trilogie solarpunk d’Alastair Reynolds, j’étais curieux de découvrir d’autres romans de cet auteur. Son dernier roman, Revenger, était décrit comme étant plus focalisé sur l’histoire je me suis laissé tenter.

Revenger se déroule dans un futur très éloigné. Notre système solaire (ou est-ce un autre) à bien changé : plus de planète mais des gigantesques “stations” dérivant dans l’espace autour du soleil. La plupart ont des générateurs de gravités, la plupart sont inaccessibles car entourées d’un puissant champ de force; celles qui restent sont habitées par ce qu’il reste de l’humanité (ainsi que par quelques races extraterrestre venues du grand vie).
Des vaisseaux naviguent entre les stations, servant de moyen de déplacement mais également de moyen d’enrichissement pour les plus aventureux. En effet, les champs de force qui protègent la grande majorité des stations s’abaissent parfois pendant quelques temps, permettant aux plus courageux de découvrir artefacts et technologies, plus ou moins anciens, plus ou moins puissants, des temps où ces stations étaient utilisées.
L’histoire du système est en effet fait d’occupation successive qui se perdent dans les brumes du temps.
Adrana et Fura Ness sont deux jeunes filles, sœurs, qui décident de fausser compagnie à leur père (un bourgeois ruiné suite à de mauvaises inversions) pour s’engager sur un navire. Débute alors une aventure, centrée sur Fura, la plus jeune des sœurs, qui les mènera à découvrir certains mystères du système solaire et, après la rencontre avec la pirate la plus dangereuse et mythique du système, à changer également leurs vies.

Revenger peut se résumer en disant qu’il s’agit d’une histoire de pirate dans l’espace. Si effectivement le roman est plus focalisé que la trilogie que j’ai pu lire de Reynolds, il est aussi moins ambitieux et propose avant tous du dépaysement et de l’aventure façon “pirate”.

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Poseidon’s Wake

Troisième, et dernier, tome de la trilogie d’Alastair Reynolds (après La Terre bleu de nos Souvenirs et Sous le vent d’acier) Poseidon’s Wake se déroule à nouveau une bonne centaine d’année après le tome précédant. Il est centré sur les fils et la petite fille de Chiku Akinia.
 Dans sa première partie le roman se déroule à la fois dans le système solaire où le fils de Chiku est ambassadeur au près des robots de mars; suite à un accident qui le laisse pour mort, il est sauvé par les robots et utilisé afin de répondre à un appel de la part de l’IA Eunice venant d’un système solaire non-colonisé. Et à la fois sur Crucible où l’appel est destiné à la fille de Chiku qui se trouve en résidence surveillée suite à l’activantion de la gigantesque structure extraterrestre se trouvant sur Crucible avec comme effet la destruction d’une arche spatiale. Ne pouvant voyager du à son âge c’est sa fille qui part, avec d’autres volontaire, en direction du système inconnu.
La seconde moitié du roman se déroule dans le système non-colonisés où les vaisseaux venu de la Terre et de Crucible vont devoir faire face à Eunice, des éléphants intelligents, une énigme-testament laissé par une ancienne race bien plus avancée et des intelligences artificiels extraterrestres.
Poseidon’s Wake a les mêmes défauts et qualités que les deux autres romans du cycle. Bien écrit, il se lit avec plaisir, mais une fois de plus son intrigue est parfois un peu complexe par rapport au résultat et les avancées de l’humanité impulsé par un facteur extérieur.
Agréable à lire, il reste néanmoins, pour moi, le moins bon de la trilogie.

Sous le vent d’acier

Second tome de la trilogie d’Alastair Reynolds, débutée avec La Terre bleu de nos Souvenirs, Sous le vent d’acier se déroule deux ans après le premier tome. Centré sur la fille de Sunday Akinia, Chiku qui s’est fait clonée en deux exemplaires et synchronisé ses souvenirs entre ses clones. L’une d’entre elle est partie pour tenter rattraper le vaisseau de son arrière-grand-mère, une autre est partie dans un des gigantesques vaisseaux se dirigeant vers Crucible, la planète où une gigantesque structure extraterrestre a été détectée, la dernière restant sur Terre pour vivre une vie paisible.
 
Alors que la première est perdue depuis longtemps, que les deux autres Chiku vivent leur vie sans plus penser à leur clone, un message venue de celle qui se dirige ver Crucible lance Chiku sur les traces d’une IA menaçant à la fois l’humanité dans le système solaire et celle se dirigeant vers Crucible.
 
Ossillant entre l’histoire sur Terre et sur le vaisseau (se déroulant donc sur plus centaines d’années), les enquêtes des deux Chiku vont modifier fondamentalement la vie de l’humanité. Dans le système solaire, une chasse aux informations dangereuses et sur le vaisseau un poker politique pour comprendre ce qui attend réellement les voyageurs sur Crucible et pour résoudre le problème du freinage permettant de ne pas dépasser la destination.
 
Sous le vent d’acier est un roman bien écrit, agréable à lire et passionnant. Je regrette seulement qu’il partage, en partie, les défauts du premier tome : une enquête dangereuse qui mène les protagonistes à beaucoup se dépenser pour un résultat qui aurait sans doute été fondamentalement le même sans leur intervention (où en tous cas similaire), et une propension au Deus Ex-Machina qui permet soit de faire avancer l’intrigue, soit d’en résoudre (s’y ajoute le fait qu’une partie des solutions aux défis de l’humanité sont d’origine extraterrestre).
 
Un bon roman donc, mais pas exempts de défaut.

La Terre bleue de nos souvenirs

Premier tome d’une trilogie proposant une histoire de notre futur, La Terre bleue de nos souvenirs d’Alastair Reynolds est également une lecture “de rattrapage” pour le prix Planète SF dont je suis juré.
Se déroulant en 2160 sur une planète divisée entre l’Union de états terrestre et l’union des états aquatiques, où l’humanité s’est développée en direction du système solaire (la Lune, Mars et certaines de ses lunes, ainsi que des astéroïdes sont colonisés), où les innovations technologiques ont drastiquement allongé l’espérance de vie, développé l’accès direct à la réalité augmentée grâce à des implants et où la surveillance par une IA a fait quasiment disparaitre la criminalité et la violence,  le roman suit un frère et une sœur, membre de la famille Akinya, famille qui contrôle une puissante et riche corporation d’origine africaine.
Le roman débute alors que la matriarche de la famille, exilée depuis 60 ans dans une station orbitant autour de la Terre et ancienne aventurière de l’espace à l’origine de la puissance familiale, décède. Geoffrey Akinya, biologiste s’occupant d’éléphants et peu impliquer dans les affaires familiales, se voit chargé par ses cousins de se rendre sur la Lune afin de récupérer le contenu d’un coffre ayant appartenu à sa grand-mère. C’est l’occasion pour lui de s’assurer l’obtention de fonds pour ses recherches et de pouvoir voir sa sœur Sunday vivant sur le côté obscure de la Lune dans une zone anarchique et libertaire.
Le contenu, d’apparence anodin, du coffre lancera le frère et la sœur sur un jeu de piste qui vont les mener dans tous le système solaire et au cœur des tensions régnantes entre les différentes puissances du monde de 2160. Le tout afin de découvrir qu’elle est le dernier héritage laissé par leur grand-mère.
Le roman est donc un jeu de piste et de péripéties qui fait découvrir au lecteur à la fois la manière dont le monde de 2160 s’organise mais également les différentes philosophies et technologies qui le traversent.
La Terre bleue de nos souvenirs est un roman très agréable à lire qui propose une vision plutôt optimiste de notre avenir. Comme histoire du futur, ce premier tome est une vrai réussite. Les seuls bémols que j’émettrai concerne une histoire peut-être un peu alambiquée et prétexte au voyage pour un résultat final qui n’utilise que peu les découvertes effectuées.