Mongrels

Mongrels raconte, à la première personne un chapitre sur deux, et à la troisième pour les autres chapitres qui sont des flashbacks, le fin de l’enfance et l’adolescence d’un jeune américain pauvre, vivant sur les routes avec son oncle et sa tante, et qui a la particularité d’être issu d’une famille de loup-garous.
 
Tout l’intérêt du roman est là, c’est de voir la vie sur les routes, entre pauvreté, petits-boulots, violence et criminalité qui caractérise ces loup-garous qui n’ont rien de désirable. Le narrateur ne peut pas se transformer, encore, c’est donc un point de vu d’enfants et d’ados qui est donnés à lire.
 
Difficile d’en dire plus car il n’y a pas à proprement parler une seule histoire dans Mongrels, mais une collection de moment montrant la vie sur la route et l’entrée dans l’âge adulte d’un enfant balloté par son oncle et sa tante d’un bout à l’autre du pays dans un road-trip qui ressemble à une fuite en avant.
 
Une lecture pas inoubliable mais sympathique quand même, fort bien rendu en livre audio.

La voie des oracles : Aylus

Troisième, et dernier, tome de la série de La voie des Oracles, Aylus est un très bon roman qui termine la série de manière très intéressante en y ajoutant une touche sombre bienvenue.
 
En dire plus sans révéler la conclusion du volume précédent est impossible; donc amis lecteurs si tu ne veux pas en savoir plus arrête ici ta lecture !
 
Le troisième tome revient sur à l’époque de premier tome en présentant les versions alternatives des différents personnage dans la nouvelle réalité créée par Thya. Aylus devenu Empereur a banni la religion chrétienne et redonné une nouvelle vigueur aux cultes antiques. Il dirige l’Empire romain depuis Rome avec une cohorte d’oracles et de devins qui l’aide à prendre les bonnes décisions.
 
C’est une version dystopique de Rome qui est présenté ici, où une personne peut-être arrêtée car les devins ont prédis qu’elle commettra un crime, où les besoins du peuple ne sont pris en compte que si le Futur indique que cela en vaut la peine. Rome est redevenu puissante mais au pris de la misère de la masse.
 
Dans ce contexte les différents personnages de la série sont différents mais toujours au centre de l’intrigue : Thya la jeune est envoyée par l’Oracle brulée (Thya « la vielle ») sur le chemin permettant de rétablir le véritable destin du monde. C’est une conclusion où les Dieux prennent part à la lutte et où de grands conflits de profile à l’horizon qu’Estelle Faye propose.
 
 La série de La voie des Oracles fait partie du haut du panier de la Fantasy française actuel.

La voie des oracles : Enoch

Débutant peu après le premier tome, Enoch présente la suite de l’histoire de Thya, jeune patricienne romaine doué du pouvoir d’augure dans un Empire romain en perte de puissance et qui rejette ses anciens dieux pour le Christianisme.
 
Fuyant la Gaule et les manigances de son frère, Thya, son Oncle et le jeune Enoch doté maintenant d’un pouvoir sur la brume et le feu, se rendent en Orient sur la trace des mystérieux dieux du destin des Étrusques. Poursuivi par son frère, qui a trouvé une nouvelle alliée en la personne de la déesse Hécate, trahie par le Destin, Thya va découvrir l’Empire romain d’Orient et voyagé sur la une partie de la route de le soie.
 
Enoch est un roman très bien écrit et agréable à lire, au ton beaucoup plus sombre que le premier tome et à la conclusion surprenante (pour un ouvrage vendu « jeunesse / ado »). Une lecture qui vaut la peine même pour une personne qui n’est pas dans la cible de la collection.

The man who rained

Second roman de Ali Shaw, que j’ai découvert avec The trees, The man who rained est un roman de découverte de soi et de romance.
 
Lorsque le père d’Elsa, qui comptait beaucoup pour elle et qui était chasseur de tornades/orages meurt, tué par une tornade, Elsa décide de changer de vie et quitte New York pour la petite ville de Thunderstown.
 
Dans cette petite ville marquée par son lien avec la météo Elsa va découvrir que le « temps qu’il fait » peut s’incarner dans des animaux et dans un homme, Finn, dont elle va tomber amoureuse. Dans une communauté où toutes les manifestions de la météo sont craintes et éliminées (une personne est même chargée de tuer les animaux qui ont du vent dans leurs veines), l’existence même de Finn met leur relation en danger.
 
Ali Shaw sait construire des personnages détaillés et décrire leurs relations de manière admirable. The man who rained est donc un roman poétique minutieusement construit où la vie des personnages est le pivot autour duquel se construit l’histoire.

La voie des oracles: Thya

Avec ce premier tome d’une trilogie, Estelle Faye propose une Fantasy se déroulant en Gaule durant le déclin de l’Empire romain au cinquième siècle de notre ère.
 
Thya est la fille d’un général roman respecté, mais à seize ans elle est loin de mener une vie de faste à Rome. En effet, Thya est une oracle, elle est dotée depuis son jeune âge du don de prophétie. Si à une époque plus ancienne son don lui aurait valu une place de choix dans la société romaine, la conversion de l’Empire au christianisme met sa vie même en danger. C’est pourquoi son père l’a mise en sécurité dans sa propriété gauloise.
 
Mais lorsque son père est victime d’une attaque picte, ordonnée en secret par le propre frère de Thya, elle écoute ses visions et entreprend le long voyage  pour la citadelle de Brog où son père arrêta jadis les Vandales.
 
Pourchassée, protégé en secret par les anciens dieux et les créatures de l’ancien monde, Thya voyage dans la Gaule accompagné d’un ancien soldat de son père et son neveux, Enoch, un maquilleur séducteur au passé trouble.
 
Thya est un roman dont les héros sont de jeunes gens, mais qui est écrit avec intelligence et où les anciennes croyances de l’Empire et le christianisme sont en lutte. Thya devra perdre de son innocence, découvrir les secrets de son passé et savoir lutter pour ne pas être le jouet du Destin.
 
Une série qui commence fort bien, maintenant je m’attaque à la suite.

Notre-Dame de la mer

Novella de Rozenn Illiano, et premier texte de cette auteure pour moi, Notre-Dame de la mer propose une histoire de vengeance fantastique au gout de nostalgie et de sel.
 
Sa grand-mère hospitalisé, Nellig se rend en Bretagne afin de s’occuper de la vielle maison qui représente encore aujourd’hui ses nombreux souvenirs d’enfance. Alors qu’une tempête arrive, Nellig vit douloureusement le séjour car son grand-père décédé il y a plusieurs années lui manque terriblement.
 
Durant son séjour, elle ressent un attrait morbide pour la mer et son quotidien se teinte de fantastique. Subissant les assauts d’une néréide, qui menace non seulement sa famille, mais également les marins,  Nellig va devoir plonger dans le folklore local et le passé de sa famille pour tenter de trouver une solution; à condition que la solution existe…. 
 
Notre-Dame de la mer est une novella très agréable à lire qui mélange fantastique et folklore avec bonheur grâce à une écriture tout en finesse et nostalgie.
 

In the Labyrinth of Drakes

Quatrième tome des mémoires de Lady Trent, la célèbre naturaliste étudiant les dragons (la série se passe dans un XIXe siècle ressemblant au notre, mais dont les nations sont imaginaires, où les dragons existent).
 
In the Labyrinth of Drakes narre les recherches qu’elle a effectué, pour le compte de l’armée Scirling  (L’Angleterre) dans le désert d’Akhia afin de développer une méthode d’élevage des dragons pour que l’armée puisse utiliser leurs os, une fois préservé, comme matériaux de construction.
 
Son séjour sera bien sur émaillé de nombreuses péripéties (enlèvement, sabotage, tentative d’assassinat, etc.), d’un soupçon de politique, de relations personnelles parfois compliquées, de réflexion sur la place des femmes et de découvertes.
 
La série sur « Lady Trent » est bien écrite et mélange aventures, politiques et découvertes sur les dragons de manière heureuse. In the Labyrinth of Drakes est totalement dans le ton et au niveau des autres volumes de la série. J’attend le suivant avec curiosité et impatience.

Acceptance

Troisième, et dernier, tome de la trilogie du Rempart Sud, Acceptance est un roman très bien écrit dont le titre s’adresse aussi bien aux personnages du roman qu’aux lecteurs : ici pas de vrais réponses mais des éléments pour comprendre comment les choses se sont passés.
 
Acceptance ressemble à une boite de pièces qui permet de compléter les puzzles que sont Annihilation (pour la Zone X) et Authority (pour le Rempart Sud). Le roman suit différents personnage clef : Saul, le gardien du phare, la directrice du Rempart Sud / Psychologue de la douzième expédition, Control et le doppelganger de la Biologiste. Le tout à des époques différentes.
 
Les différentes narrations, qui s’alternent, permettent de comprendre les événements qui mont mené à l’apparition de la Zone X, au vague plan de la directrice pour faire changer les choses (et sa première expédition à deux dans la Zone X) et ce qui arrive à Control après la fin de Authority.
 
Mais attention si le roman donne des éléments de réponses, c’est avant tous le lecteur qui a une vision d’ensemble de ceux-ci, jamais les personnages.  Acceptance ne donne également aucune vérité absolu sur le pourquoi de la Zone X et le devenir de la Terre, mais plutôt des suppositions, une chronologie des événements et de bref coup d’œil derrière le voile.
 
Acceptance est au final un roman qui clôt de manière magistrale, je trouve, une trilogie qui a eu le don de non seulement me tenir en haleine, mais aussi de me communiquer un véritable malaise sur ce que nos esprits ne peuvent pas forcément appréhender, malgré tous les efforts que l’on peut déployer.

Shakti

Second tome de la tétralogie de Stefan Platteau « Les Sentiers des Astres », Shakti débute là où Manesh s’est arrêté.
L’expédition, dans les forêts du Nord, afin de rencontrer le mythique Roi-diseur est en mauvaise posture : décimée et encerclée par un ennemi nombreux et puissant. La première partie de Shakti narre la fuite de l’expédition dans la forêt. Le « cliffhanger » du premier tome obtient une réponse rapide et le lecteur ne marine pas pendant de  nombreuses pages pour savoir.
La seconde partie du roman est consacré au récit de Shakti, la Courtisane qui accompagne, avec sa fille, le groupe. Elle narre, entrecoupé par quelques scènes de la vie quotidienne de l’expédition,  son enfance et son entrée dans l’âge adulte comme fille d’une puissante chamane et seigneure dans une grande îles du Nord qui fait penser à une Islande plus verdoyantes que la notre. Les forêts de son enfances sont peuplés d’esprits et de seigneurs bêtes anciens dont un ours vivant une malédiction et dont le destin et celui de Shakti entremêlement.
Difficile d’en dire d’avantage sans dévoiler tous les rebondissements du récit. Il me suffira de dire que c’est admirablement bien écrit (ceux qui ont aimé Manesh ne pourront qu’apprécier) et que le rythme est un peu plus rapide que dans le premier tome. Mes deux seules regrets, au final, sont que le récit de la Courtisane n’est pas achevé dans ce volume et que j’aurai aimé avoir une histoire urbaine (cela viendra sans doute) alors que là le récit reste fortement marqué par la nature sauvage (admirablement bien décrite et rendue). A noter également l’extension de la mythologie du monde qui, mélange de shamanisme, de mythes nord-européens et indiens est fascinante.

Pour les indécis je vous conseil le teaser vidéo avec des extraits lus du roman (A quand la version audio ?)

The Trees

Je me fait en ce moment une petite cure de New Weird avec des romans de qualité. The Trees de Ali Shaw est l’un de ceux-ci. Le pitch du roman est très simple : une nuit , sans que personne ne sache pourquoi, des arbres poussent sur l’ensemble de la planète et mette à bas notre civilisation; un groupe de personnes traversent le Royaume Uni pour se rendre en Irlande au près de la femme de l’un d’eux.
Dis comme cela, l’intrigue parait simple, mais c’est sans compter le talent de Ali Shaw créé et fait vivre des personnages d’une rare justesse.
Il y a Adrien le professeur dont la femme est en stage en Irlande au moment de l’arrivée des arbres. Perdu, ne sachant pas que faire de sa vie, et cela déjà avant la Forêt, il se retrouve à partir pour retrouver sa femme, vivant au passage un voyage qui va le changer.
Il y a ensuite Hannah, la mère célibataire, bobo écolo qui voit d’abord dans l’arrivée des arbres le retour salvateur à la nature, avant de devoir affronter ce qu’implique la fin de la civilisation. Son fils Seb, ado pour qui l’informatique est tous qui va devoir arriver à l’âge adulte dans un monde bien différent du sien.
Finalement il y a Hiroko, une ado japonaise rencontrée sur la route qui traine son passé et un bagage de survivaliste qui la rend particulièrement apte à la survie mais peut-être pas aux rapports avec ses semblables
Ses quatre personnages vont faire le voyage en commun, en passant des mystères de la forêt (une touche de fantastique de plus en plus importante) aux communautés de survivants avant de trouver leur place (ou pas) dans ce nouveau monde .
Si The Trees est peut-être parfois un peu long, il s’agit d’un roman bien maitrisé où le prémisse post-apocalyptique permet à l’auteur de décrire des personnages profondément humain face à eux même, aux autres et à la nature.

L’avis de Gromovar (qui est responsable de cette lecture).