Grown up digital

Grown up digital est un essai sur la génération Internet (les personnes nées entre 1980 et aujourd’hui et dont je fais, sur la frange inférieure, partie). Don Tapscott brosse le portrait de cette génération qui arrive aujourd’hui peu à peu sur le marché du travail et « au affaire » et sur la manière dont Internet à changé la vision du monde et la manière de penser même.

Il débute son ouvrage par le portrait de cette génération caractérisée par huit grands traits : liberté, « customization », « scrutinity », intégrité, collaboration, détente (« entertainment »), vitesse et innovation. Il montre comment Internet a changer leur manière de penser et d’agir, mais aussi la structure même de leur cerveau.

Il discute ensuite de la manière dont ma génération se comporte en tant qu’apprenant, travailleur, consommateur, membre d’une famille et citoyen. Les huit grands traits de ma génération ayant bien sur des implications concrètes sur notre manière de nous comporter dans ces différentes sphères.

Au final la lecture de Grown up digital me laisse un sentiment mitigé. A la fois guide pour la génération des baby boomers dans ses relations avec ma génération et ouvrage de synthèse sur le monde d’aujourd’hui et de demain, la manière dont ma génération est décrite ne me convainc qu’à moitié. J’ai par contre du mal à situer où se trouve mon malaise sur un ouvrage au demeurant fort intéressant, bien que parfois un peu redondant : défaut d’ouvrage de généralisation, génération globale sans aucuns mots sur les « oubliés » de la révolution digitale, idéalisation d’une génération ?

Une lecture au final intéressante mais qui idéalise peut-être un peu trop la génération digitale.

The City & the City

Second roman de China Miéville, mais le dernier paru, que je lis (après Perdido Street Station), et deuxième excellent roman. Contrairement à Perdido Street Station qui est un roman de fantasy, The City & the City est un roman noir.

Dans une cité imaginaire de l’Europe de l’Est, on suit, raconté à la première personne, l’enquête de l’inspecteur Borlú de la ville de Beszel sur l’assassinat d’une jeune étudiante en archéologie canadienne dont le corps a été retrouvé dans un parc de la ville. Une enquête qui pourrait sembler banale si le crime n’avait pas été commis à Ul Qoma. Le problème c’est que la ville d’Ul Qoma et de Beszel ne sont pas seulement deux villes rivales dont les relations politiques sont tendues mais également deux villes qui occupent le même espace physique. Les territoires des deux villes entremêlement dans l’espace et ses habitants ont l’habitude, et l’obligation, de ne pas voir l’autre ville et ses habitants.

Ce cadre étrange construit une double ville unique, deux cités fantastiques qui par leurs naturelles et absurdités me font penser à la « City » créée par Auster dans In the country of last things (Le voyage d’Anna Blume en français).

L’enquête de l’inspecteur Borlú prend une ampleur insoupçonnée lorsqu’il doit se rendre à Ul Qoma afin de résoudre l’enquête et comprendre ce qu’une légende locale, celle d’une troisième ville se trouvant entre les deux autres, « Breach » la mystérieuse et toute puissante police qui gère les brèches (toutes infractions qui nient la frontière psychologique entre les deux villes), des archéologues, des groupes nationalistes et des groupes unionistes (militant pour la réunification des deux cités en une) ont à voir dans le meurtre.

The City & the City est un roman formidable, d’une prouesse d’évocation impressionnante dans deux villes improbables. China Miéville est en train de rentrer par la grande porte parmi les auteurs qui m’ont marqué profondément. A vérifier avec ses autres romans, mais j’ai l’impression que c’est également un créateur d’univers, ou devrais-je dire de villes, de première ordre.

A short history of fantasy

A short history of fantasy est un court (moins de 300 pages) ouvrage présentant un historique de la Fantasy d’un point de vue anglo-saxon.

Les deux auteurs, après une introduction revenant sur les grandes controverses liés à l’étude de ce genre littéraire, brosse un ample panorama des œuvres et auteurs importants de la Fantasy compris au sens large (fantasy « classique » mais également littérature fantastique), ainsi que les grandes tendances du genre.

L’ouvrage est construit par ordre chronologique. Deux chapitres couvrent l’avant vingtième siècle et la première moitié de ce dernier, les autres couvrent chaque décennie suivante. Deux chapitres sont également consacrés aux auteurs ayant marqués l’histoire du genre (respectivement Tolkien & Lewis, et Pullman, Rowling et Pratchet). Il se termine par un glossaire et une bibliographie permettant au curieux d’élargir ses lectures.

La lecture de cette ouvrage est intéressante et instructive dans les limites imposés (Fantasy au sens large et du point de vue anglo-saxon uniquement). IL ne me reste plus qu’à trouver son pendant pour la science-fiction et je serais un lecteur comblé.

Red Seas under Red Skies

Cela faisait déjà quelque temps que le second tome des aventures de Locke Lamora, Red Seas under Red Skies (faisant suite à The Lies of Locke Lamora), trainait sur ma PAL. J’ai finalement trouvé le temps de le lire et si la montagne de travail en attente sur mon bureau n’en a que peu apprécié la lecture (elle n’a que peu diminué) , mon envie de Fantasy de qualité a été largement rassasiée.

Red Seas under Red Skies débute là où le tome précédent s’est arrêté. Locke et son ami Jean sont maintenant seul et ont fuit la cité de Camore. Après deux ans de travaux, ils sont prés de touché au but et voler le chef de la pègre d’une autre cité-état. Hélas pour eux, leurs véritables identités filtrent et ils se retrouvent, bien contre leur grès, au centre des intrigues politiques de la ville et à devoir prendre le large pour « jouer » aux pirates.

Comme le tome précédent, Red Seas under Red Skies met en scène une Fantasy bien écrite, haute en couleur et pleines de rebondissement sans tomber dans les poncifs du genre. Un vrai plaisir. Vivement la suite tant la fin de ce second tome m’a laissé avec une forte envie de connaitre la suite.

Perdido Street Station

Premier livre de China Miéville et gros choc. Je savais déjà que ce livre bénéficiait de critiques excellentes et qu’il avait reçu de nombreux prix, ce à quoi je ne m’attendais pas c’est qu’il soit si bon.

Perdido Street Station narre l’histoire d’Isaac, un scientifique humain aux théories radicales à qui un Garuda (des hommes ailés à tête de rapace) ayant perdu ses ailes demande de l’aider à pouvoir voler à nouveau. De là les recherches d’Isaac vont involontairement libéré sur la cité de New Crobuzon des prédateurs si dangereux que même le gouvernement se retrouve sans ressources pour y faire face.

Ce résumé ne rend pas justice à l’écriture agréable de Miéville, ni surtout au monde étonnant qu’il met en scène : la ville de New Crobuzon est une métropole du début du XXe siècle ou la magie (conçue comme sciences) côtoie des sciences plus traditionnelles. Dans ces rues se croisent des races non-humaines ayant peu à voir avec les canons de la fantasy traditionnelle. Cette Weird Fantasy (puisque c’est le nom du courant auquel Miéville « appartient) porte bien son nom. Cette fantasy doit autant au Steampunk, à la SF qu’au écrits horrifiques de Lovercraft. C’est tout simplement brillant.

Et en me relisant, je réalise que j’ai oublié de parler du vrai héros de ce récit : la ville de New Crobuzon. Cette dernière transparait à chaque page et ce sont ces nombreuses déscriptions qui font sans doute de Perdido Street Station un roman étonnant, brillant et vraiment à part.

Homo Vampiris

Pour continuer dans la mouvance « vampire », je me suis attaqué au dernier livre de Fabien Clavel : Homo Vampiris.

Sous ce titre explicite se cache un fort sympathique roman narrant, du point de vue des vampires, le destin d’un groupe de cinq vampires révolutionnaires se nommant l’ancolie. Ce groupe, séparé depuis un échec révolutionnaire à Moscou à la fin du XIXe siècle, va se retrouvé suite à l’assassinat d’une des chefs d’un groupe d’humain chassant les vampires et suite à la rencontre d’un des leurs avec Nina, une jeune vampire un peu perdue dans ce nouveau monde.

Le roman se déroule dans un futur proche et narre aussi bien une histoire vampirique qu’il dépeint un monde à l’agonie alors que la nature se détraque de tout côté. Les vampires dépeint ici sont inspirés à la fois par l’image d’Épinal des vampires romantiques et à la fois par les vampires plus modernes (de jeux de rôle où de Twilight).

Homo Vampiris est un roman prenant qui m’a bien plus, même si la fin m’a paru un peu abrupte et, en quelque sorte, ratée. Fabien Clavel, l’auteur, remonte ainsi dans mon estime de lecteur tant je n’avais peu apprécié les derniers romans que j’avais lu de lui (une série de romans de fantasy pastiches de très mauvais gout).

Twilight Saga

Curieux je me suis lancé dans la lecture de la saga de BiteLite du moment : Twilight (Twilight, New Moon, Eclipse et Breaking Dawn).

Après avoir lu, parfois en diagonal, cette volumineuse saga, j’ai décidé de ne faire qu’un billet pour les quatre tomes. Je vous résume l’intrigue en quelque mots : Bella, une ado de 16 ans, se rend au près de son père dans une des villes les plus pluvieuses des USA et fait là la rencontre d’Edward Cullen, un mystérieux et beau jeune homme dont la famille a un comportement bien étrange. Elle tombe amoureux de celui qui se révèle être un vampire « végétarien » (il ne boit pas de sang humain). Débute ainsi une histoire d’amour qui, au fils des quatre romans, écrit à la première personne du point de vue de Bella, sera mise à rude épreuve par le meilleur amis loup-garou de Bella et le reste de la communauté vampirique.

Si le premier roman (Twilight) est fort agréable à lire, bien que sans réel surprise, les deux suivants (New Moon et Eclipse) sont verbeux et traine fortement en longueur. Le dernier volume de la série (Breaking Dawn) bien qu’un peu lourd au début, se révèle au final plutôt intéressant et très prenant.

N’étant pas une jeune fille en fleur, lecteur pour qui ces romans auront sans doute le plus d’impact, je dois dire que la lecture a été par moment (les tomes 2 et 3) fastidieuse et j’ai lu en diagonal de nombreuses pages. Mais au final, étant amateur de fantastique, je dois dire que la manière dont la société vampirique est décrite m’a pas mal plus. Mon conseil de lecture : lire en entier le premier, utiliser Internet pour suivre les péripéties des second et troisième tomes et lire le quatrième en se faisant violence durant les cent premières pages.

Génération WWW

J’ai obtenu cet essai de Ralph Hababou grâce au programme Masse Critique. Il avait déjà attiré mon regard sur les étales des libraires et j’ai donc profité du programme pour le recevoir et le lire.

Premières constatations, la lecture de ce livre est aisée et rapide (je l’ai lu en deux jours sans me pressé) et je ne suis visiblement pas le lecteur auquel ce livre s’adresse en priorité.

En effet, Génération WWW (Web, Woman, Weather) est une présentation, sous forme journalistique et en survol, de ce qui, pour Hababou, représente les grands enjeux et tendances du début du XXIe siècle. Hababou étant, d’après ce que j’ai pu comprendre de son livre, avant tout connus pour ses écrits destinés aux cadres sur la relation aux clients, son livre, ais-je trouvé, s’adresse avant tous à cette catégorie de personne.

Que dit Hababou ? En résumé que la montée en puissance des technologies de l’information, que l’intégration des femmes à l’entreprise et que la prise en compte des questions de développement durable sont les principaux défis et moteurs de ce début de siècle.

Si je partage son analyse, construite à partir d’exemples concrets et d’entretiens, je regrette que son livre, au demeurant bien construit, documenté et agréable à lire, ne fasse qu’enfoncer ce que je considère comme de nombreuses portes ouvertes et reste, sommes tout, très superficielle dans sa présentation. Je nuance quand même on analyse par le fait qu’étant de la génération W et professeur de géographie au secondaire, les trois grands sujets traités par Hababou font partie de ma vie depuis de nombreuses années. Cet ouvrage sera sans doute plus intéressant, pour un cadre des générations précédentes pour qui ses nouveaux thèmes sont… nouveaux.

The Fiddler of Bayou Teche

The Fiddler of Bayou Teche est une nouvelle, originellement parue dans le recueil The Coyote Road, Trickster Tales, qui a eu l’honneur d’une lecture sur le podcast anglophone gratuit de fantasy PodCastle.

L’histoire, racontée à la première personne, est celle d’une jeune albinos élevée dans le bayou par une mystérieuse femme qui, la nuit venue, soigne les loups-garous qui le hante. A la mort de cette dernière, la jeune fille reprend son « travail. » Mais elle est rapidement attirée par le village proche et par le son d’un joueur de fiddle. Celui l’ayant vu danser au son de sa musique toute la nuit, vient la cherché pour qu’elle dans avec ces cinq fils qui lui ont lancé un défi.

Je n’en dirais pas plus pour ne pas déflorer l’histoire, mais il s’agit bien d’une histoire de trickster. Merveilleusement lu, cette excellente nouvelle m’a tenu en haleine d’un bout à l’autre.

Elle peut se télécharger en cliquant sur cette phrase !

Celui qui bave et qui glougloute

Celui qui bave et qui glougloute est une nouvelle de Roland C. Wagner, éditée par Les 3 souhaits dans un court livret, en hommage à Lovercraft.

Elle met en scène un farwest uchronique et fantastique où les Amérindiens sont, un beau jour, aidé par les Martiens dans leur lutte contre les colons américains, bientôt aidés à leur tour par les Vénusiens grand ennemis des Martiens.

C’est dans ce contexte qu’un chasseur de prime et un professeur d’université tenteront de comprendre d’où viennent ces êtres étranges et ce qu’ils nous veulent vraiment. Pour ce faire, ils parcourent les États-Unis où ils croisent les Daltons, Jesse James, Calamity Jane, le nécronomicon et d’autres légendes de l’ouest. Quand à Celui qui bave et qui glougloute du titre… et bien ma fois il sera peut-être la solution…

Cette nouvelle parodique est très fraiche à lire et m’a apporté un réel plaisir de lecture, à conseiller.