Cleer

Cleer sous-titré une fantaisie corporate, n’est pas un roman mais un ensemble de six nouvelles se déroulant dans la même multinationale et réunissant les mêmes personnages centraux.

Cleer est le nom d’une multinationale tentaculaire qui projette une image quasi mystique de elle-même. Cette entreprise est si grande qu’elle à un service nommée Cohésion Interne chargée de gérer les problèmes internes du groupe et contrôler les dommages à son image. Vinh et Charlotte sont ces dernières recrues, le lecteur les suit dans différents projets.

Cleer montre, bien entendu, les magouilles du monde des affaires, le côté carriériste de ses employés, la complétion qui y règne… Mais Cleer est plus que cela. C’est également des nouvelles au côté mystique prononcé, une multinationale dirigée par des partners mystérieux et puissant, c’est également des touches d’anticipation et du mystère.

Étrangement, ou pas, Cohésion Interneme fait fortement penser au service Circonstance Spéciale du cycle de S&F de La Culture. Les nouvelles ont aussi une forte consonance fantastique et biblique. Si j’ai pris plaisir à lire Cleer, je dois dire que j’ai eu plus de mal avec de nombreux passages où la narration reflète les perceptions altérées des protagonistes. J’ai été également un peu frustré par les non-dits et sous-entendus sur la réalité derrière la multinationale Cleer. Je n’ai jamais été un grand fan des jeux d’énigmes.

Ceci étant dit Cleer reste un sacrément bon bouquin., comme le dit d’ailleurs Tiberix dans sa critique.

Kalpa Imperial

Kalpa Imperial est un recueil de nouvelles de l’écrivaine argentine Angelica Gorodischer. Il exerce sur moi une fascination étrange depuis ma première lecture il y a de cela une petite décennie.
Je reviens en effet régulièrement à ces récits, comptés à la première personne par un narrateur peu avare de commentaires de digressions. Le ton résolument tourné vers l’oralité donne le sentiment d’écouter un conteur un soir autour du feu. Ce dernier narre différents épisodes de « l’Empire le Plus Vaste Qui N’ait Jamais Existé. » Il déroule l’histoire de villes, d’Empereur et d’Impératrice, du Sud, toujours rebelle, de petites histoires et de grandes Histoires. Tous cela dans un monde qui n’a pas vraiment de chronologie et où l’Empire à exister de tout temps et semble partit pour exister à jamais.
Ces nouvelles me fascinent par la langue et par les visions qu’elles déclenches. J’y reviens régulièrement afin de vérifier si, avec le temps, j’y retrouve le merveilleux de la première lecture; et je le retrouve à chaque fois. Je suis d’ailleurs à chaque fois un peu surpris, tant je me dis qu’il n’est pas possible qu’une telle pépite ne soient pas connue en français où mieux connus en anglais (langue dans laquelle le recueil a été traduit par Ursula K. Le Guin). Ainsi si vous qui me lisez l’avez lu, je serais très curieux de connaitre vos impressions.

Dingo

Dingo est le dernier ouvrage de Charles de Lint, auteur canadien et figure incontournable de la Urban Fantasy.

Ce, court (~200 pages), roman nous entraine dans une petite ville proche de la ville imaginaire de Newford. Miguel un jeune-homme de 17 ans y fait la rencontre de Lainey, une australienne de son âge dont il tombe immédiatement amoureux. Mais voilà, Lainey n’est pas une jeune fille ordinaire : elle et sa sœur jumelle sont des esprits animaux, capable d’être humaine et/où dingo. Pourchassée par leur père pour le compte d’un ancien esprit dingo très puissant enfermé dans un arbre. Miguel, Lainey, sa sœur et Jonny, le dur à cuire de l’école, devront déployé des talents d’ingéniosité et de courage afin de protéger les deux sœurs.

Résumé comme cela, Dingo fait penser à un roman pour adolescents/jeunes adultes; et ma fois il l’est. C’est un livre que j’aurais sans aucun doute adoré lire à ce moment là. Il est truffé de références discrètes qui parleront à ce public là (WOW par exemple). Néanmoins il peut également intéresser des adultes tant l’écriture de de Lint est agréable et ses talents de conteur éprouvés. Bien que parfois un peu simpliste (de peur de choquer le public cible ?), Dingo est un livre que j’ai pris plaisir à lire et que je conseil à toute amateur d’Urban Fantasy qu’un tout petit peu de « mièvrerie » adolescente ne fait pas peur.