Le cirque des damnés

Troisième tome des aventures d’Anita Blake, le cirque des damnés reprend les ingrédients des deux premiers : une vague de meurtres surnaturels, le maitre vampire de la ville qui cherche à séduire Anita, son patron qui veut qu’elle travaille d’avantage, un collègue à l’amitié ambiguë qui veut des informations, des rapports de séduction ambiguës et compliqués et des factions surnaturelles en guerre.

A partir de là, il faut bien l’admettre, ce troisième tome est une décalque de la structure des deux premiers. Et pourtant j’ai pris plaisir à le lire. L’écriture est agréable (en tous cas dans sa version française), l’action rythmée et, je n’ai pas honte de le dire, j’ai passé un fort bon moment de lecture. De plus, l’univers surnaturel d’Anita Blake se densifie à chaque volume. Pour l’instant je vais encore continue ma lecture de la série. Il est claire, par contre, que ceux qui sont vite blasés par le genre pourront se passer de la lecture de ce tome.

Arlis des forains

Roman de Mélanie Fazi dont j’apprécie beaucoup les nouvelles, Arlis des forains se déroule dans la petite ville américaine de Bailey Creek. Arlis dix ans a été adopté bébé par une troupe de forain qui sillonne les États-Unis. Sa mère adoptive, qu’il n’appelle pas maman, est une ancienne cavalière ayant eu un accident. Arlis l’aime profondément et rêve du jour où ils quitteront la caravane pour se sédentariser. La troupe est un mélange de personnages hétéroclites aux fortes personnalités et aux relations complexes tissées de non-dits et de vielles rancunes.

Lorsqu’il arrive dans la petite ville de Bailey Creek, Arlis devient proche de Faith, la fille du pasteur qui a le même âge que lui. Elle l’initie au culte du dieu du maïs. Arlis a alors des visions qui lui ouvre peu à peu les clefs de son passé. Mais est-ce bien le dieu du maïs qui lui livre ces secrets où cela vient-il de lui ?

Arlis des forains est un roman d’apprentissage où le surnaturel apparait par petites touches en révélant peu à peu les différents secrets entourant la troupe de forain et la passé d’Arlis. D’une lecture agréable, ce roman au rythme lent aurait pour moi mérité soit d’être d’avantage étoffé sans d’être réduit pour faire une longue nouvelle. Il n’en reste pas moins d’une lecture fort agréable à défaut d’être des livres qui marquent.

La Horde du Contrevent

Si la taille, près de 700 pages de La Horde du Contrevent peut sembler rédhibitoire à certain, son histoire et son imaginaire valent le détours. Un monde construit par le vent : l’eau, la roche, le feu, la vie ne sont que des formes de vent plus ou moins ralenti.
Dans ce monde particulier, l’Hordre s’est donné comme mission de découvrir, en partant de l’extreme-aval, la source des vents : l’extreme-amont. Pour cela, à intervalle régulier, une compagnie d’hommes et de femmes surentrainés dès leur plus jeune âge sont envoyés à pieds pour une longue errance en direction de l’extreme-amont. La horde, car c’est leur nom, devra affronter des vents capable de raser des villages entiers, elle devra également faire face aux chrones, des créatures de vent capable de courber le temps ou de modifier la matière.
Ce roman chorale, dans le sens premier du terme (l’histoire est comptée par les différents membres de la Horde), est impressionnant de maitrise et d’imaginitivité. C’est une lecture initiatique et poétique. Le roman souffre néanmoins parfois de quelques longueurs et la multiplicité des personnages est au début déroutante. Mais ce n’est pas cela qui m’a le plus dérangé, c’est plutôt une chute qui, si elle est originale, m’est apparue évidente assez rapidement dans le récit, ce sont aussi des personnages qui, malgré trente ans passés ensemble et un objectif titanesque à atteindre, sont capables de garder par dévers eux des secrets de premières importances. Nonobstant ces quelques réserves, La Horde du Contrevent est un roman extraordinaire que tout amateur devrait prendre le temps de lire.

Bara Yogaï

En commençant Bara Yogaï je me réjouissais de fouler à nouveau les rues de Yirminadingrad grâce à ses sept nouvelles. Et ma fois je suis déçu. En effet, si les sept nouvelles de ce recueil, comme attendu, ne respire pas la joie et le bonheur, elles sont beaucoup plus intimistes que celle du recueil précédant et elles ne se déroulent pas toutes dans la ville de Yirminadingrad.
En y réfléchissant, ce n’est pas tant le ton noir des nouvelles qui m’a déplus, ni le côté intimiste, mais plutôt le fait que les héros de l’histoire ne sont plus les même. Dans Yama Loka Terminus, la ville de Yirminadingrad est le point focal du récit, c’est également le vrai héros de l’histoire, alors que dans Bara Yogaï les vrais héros sont les gens, petits, surtout, ou grands qui peuples les nouvelles. A tout prendre, je préfère quand la ville est le héros.

The Mystery of Grace

La lecture de The Mystery of Grace de Charles de Lint est pour moi une première dans le sens que je n’ai pas lu ce roman mais écouté. Je me suis en effet lancé pour une première expérience de livre audio. Expérience concluante et que je retenterai tant j’ai trouvé agréable de me faire lire une histoire lors de mes déplacements à vélo ou lors de jogging.

The Mystery of Grace se déroule, comme The painted boy, dans la ville de Santo Del Vado Viejo. Grace est une jeune mexicaine tatouée de la tête au pied qui travaille dans un garage. Elle vit une vie normale entre sa passion pour les voitures et ses amis lorsqu’elle tuée lors d’un casse. Mais au lieu de passer de l’autre côte, elle se retrouve, avec d’autres personnes mortes avant elle dans le même quartier, dans une version fantôme de ce dernier. Pouvant revenir deux fois par an dans le monde des vivants, Grace va trouver l’amour et lutter pour pouvoir continuer son chemin vers l’autre côté.

Bien que dans le genre qu’affection De Lint, The Mystery of Grace ne met pas en scène de puissants esprits tirés des spiritualités du monde, mais des gens de tous les jours confrontés aux mystères de la vie et de la mort. J’ai trouvé cela rafraichissant et très agréable à entendre. Les deux voix, une féminine et une masculine, racontant le récit sont plaisantes, un regret néanmoins : la voix féminine a un fort accent américain lorsqu’elle lit les quelques expressions et mots en espagnol alors que l’héroïne est d’origine mexicaine, ce n’est pas gênant mais un peu dommage.

Le cadavre rieur

Le cadavre rieur est le second tome des aventures d’Anita Blake, réanimatrice de zombies et tueuse de vampires lorsque la justice l’exige. Ce second tome, écrit au début des années 90, est proche dans sa structure du premier tome.
En effet, Anita doit a nouveau mener une enquête alors qu’un mort-vivant commet des massacres sanglant dans la petit ville de Saint-Louis. Dans le même temps, elle se met à dos une des plus puissantes prêtresse vaudou d’Amérique du Nord. Comme si cela ne suffisait pas, un riche entrepreneur souhaite l’engager de grès ou de force pour une réanimation demandant un sacrifice humain et Jean-Claude, le nouveau maitre vampire de la ville semble déterminé à ce qu’elle soit sa servante humaine.
Si ce second tome, bien écrit (traduit ?) et vite lu, m’a plu; il ne propose rien d’original par rapport au premier tome si ce n’est un bon moment de lecture pour les amateurs du genre.

Yama Loka Terminus

Il y a souvent des livres qui plaisent, souvent aussi des livres qui plaisent moins, et puis parfois des livres que l’on déteste; et puis, trop rarement des livres qui claquent, la rencontre d’une écriture et d’un imaginaire qui, tout en étant compréhensible, est suffisamment neuf pour ouvrir une porte dans la tête. Yama Loka Terminus est de ceux-ci. Je n’avais plus pris une telle claque depuis Perdido Street Station de Miéville.

Peut être d’ailleurs est-il logique que la claque vienne d’une ville, à nouveaux. Léo Henry et Jacques Mucchielli propose, avec Yama Loka Terminus,  un recueil de nouvelle explorant la ville de Yirminadingrad sur les bords de la Mer Noire. Cette grande cité voit se croiser toute une faune d’habitants, locaux et étrangers, et semble attiré la misère du monde. Un monde noir, un brin futuriste avec ses manipulations génétiques et sa technologie parfois un peu en avance, souvent comme la notre en moins bonne état. Un monde à la géopolitique familière et étrangère à la fois. Un Monde enfin où se croise plusieurs religions fanatisées et éclatées et où le fantastique, par petite touche, comme du réalisme magique sombre, est bel et bien présent. Une lecture triste comme une pluie d’automne quoi.

Dans ses différentes nouvelles se croisent des personnes ordinaires; pas de super-héros à Yirminadingrad, mais des héros du quotidien qui font battre l’âme de la cité slave. Merci Au Pendu pour cette magnifique découverte.

Plaisirs Coupables

Après la Bit-Lit pour ados, je me lance courageusement dans la Bit-Lit pour adultes (entendez par là avec plus de sang et de sexe) avec un des monuments du genre : Anita Blake réanimatrice de zombies et, à ses heures perdues, tueuse de vampire. Plaisirs Coupables est le premier tome de cette série qui, il parait, devient de plus en plus chaude (comprenez on y voit de plus en plus de cul) à chaque tome.

Le monde d’Anita Blake est le notre, sauf que l’existence des vampires est connues et acceptées, et où les réanimateurs relèvent les morts pour de l’argent. Anita Blake est l’une d’entre eux, et douée en plus. Outre sa collection de pingouins en pluche, son travail de réanimatrice, son rôle de consultante pour la police, ce petit bout de femme est connue chez les vampires l’exécutrice. En effet, avec autorisation de la justice, il lui arrive d’éliminer les criminels vampires.

Une vie déjà bien remplie, qui se complique lorsque une puissante et vielle maitresse vampire la charge (pour ne pas dire l’oblige) d’enquêter sur une série de meurtres de vampire. Son enquête sera compliqué par ses liens, récents, avec Jean-Claude, un autre maître vampire, des goules, un tueur de vampire aussi efficace que froid, des rats-garous et sa « cliente ».

Si je connaissais déjà les grandes lignes de l’histoire pour avoir lu l’adaptation comics de ce roman, j’ai pris plaisir à la lecture d’une Bit-Lit adulte et débarrassée de la fausse pudeur des titres ados que j’ai pu lire. Je ne sais pas si je lirais toute la série, mais pour le moment je lirai le suivant c’est sur.

Hush, Hush

Prenez un pitch comme Twilight : une ado de 16 ans (Nora) dans une petite ville américaine « gloomy » (Portland) donnez lui une histoire familiale un peu compliquée (un père assassiné il y a une année, une mère souvent absente de la maison pour le travail), mettez là dans un lycée et faite lui rencontrer lors d’un cours scientifiques un sombre et mystérieux nouvelle élève (un cours de biologie, le mystérieux ténébreux et très attirant élève s’appelant Patch). Pour se démarquer augmenter un peu la dose d’érotisme et de tension sexuelle, sans néanmoins un passage à l’acte, et prenez, à la place du vampire, la nouvelle créature surnaturelle à la mode : l’ange (déchu dans ce cas). Et voila ! Vous obtenez Hush, Hush, le premier volume à sucés d’une nouvelle série Bit-Lit pour ados.

Vous l’aurez compris l’histoire ne brille pas par son originalité débordante. Alors certes c’est bien écrit (enfin bien traduit en tous cas) et cela se lit vite. Le schéma n’est pas nouveau mais j’ai trouvé la progression de l’histoire bien plus agréable et maitrisé que Twilight. Après avoir fini ma lecture ce qui me taraude n’est pas le manque d’originalité de la série, après tout bon nombre de genre littéraire qui me plaise ont une pléthore d’ouvrages qui décalques à l’infini les mêmes schémas. Non, ce qui me chicane c’est la vison très machiste renvoyé par cette littérature destinée aux jeunes filles. En effet, le schéma qui semble se dessiner dans mes lectures c’est une jeune fille intelligente et déterminée qui fond (dans le sens sexuelle du terme) pour un jeune homme mystérieux, potentiellement dangereux et bourré de secrets. Les clefs pour comprendre ce qui se passe vraiment sont en mains masculine (et, parfois, il est vrai adultes). Et pour couronner le tout si l’attirance est souvent réciproque c’est presque toujours le garçon qui mènent le bal et qui a un meilleur contrôle sur son désirs (la plupart du temps parce qu’il ait plus expérimenté). Sans vouloir faire de mauvais parallèle, cela me rappelle quand fortement la vision des femmes développées dans les romans anglais du dix-huitième siècle.

The Painted Boy

Jay, un ado américain d’origine chinoise, quitte Chicago pour se rendre à Santo Del Vado Viejo en Arizona. Il quitte sa famille, et surtout son autoritaire grand-mère, en quette de lui même et du sens à donner à sa vie. En effet, depuis ses onze ans, Jay à un tatouage de dragon qui est apparue sur son dos. Son chemin le mènera dans la communauté latino de la ville et à s’opposer aux gangs qui la gangrènent. Mais Jay n’est pas un ado ordinaire, c’est un dragon. Cette puissante famille d’esprits veillent sur un lieu et ses habitants. Jay ferra donc l’apprentissage de la vie adulte et l’apprentissage du monde spirituel. Il croisera ainsi de nombreux esprits animaux vivant parmi les hommes avant de trouver sa place.

The Painted Boy reprend tout les éléments qui font des romans de De Lint une réussite : l’apprentissage, les esprits animaux, le mélange de différents mythes et légendes dans le melting pot américain, le monde des esprits, la musique comme force de vie, etc.. Dans ce sens, The Painted Boy est un bon roman agréable à lire et qui tourne bien. Maintenant, il m’a quand même un peu laissé sur ma faim. Ceci pour deux raisons : la première est qu’au final aucuns des éléments utilisés dans ce roman n’est foncièrement nouveau pour qui a déjà lu un peu De Lint. Deuxièmement, j’ai eu un peu l’impression de m’être tromper sur la marchandise. En effet, j’attendais un roman utilisant les particularités des traditions chinoises et asiatiques; je me suis en fait trouver à lire un roman où ses traditions tenaient la seconde place et où les traditions amérindiens et latinos tenaient, une fois de plus, le  haut du pavé. Ce n’est pas que ce n’est pas bien, c’est juste que ce n’est pas nouveau chez l’auteur.