Las cosas que perdimos en el fuego de Mariana Enriquez

Les onze nouvelles fantastiques, se déroulant en Argentine, qui forment le recueil Las cosas que perdimos en el fuego sont autant d’uppercuts qui frappent le lecteur.

Les différentes nouvelles ont plusieurs point en commun : récit court, baignant dans le fantastique, ayant souvent un protagoniste féminin, se terminant abruptement sans donné d’explications ou d’épilogues.

Las cosas que perdimos en el fuego forme donc un recueil où la violence du quotidien rencontre le fantastique de manière crus et violentes. C’est un recueil qui fouille dans ce cas l’humanité a de plus sombres et qui le fait bien. Les lecteurs de Notre part de nuit retrouveront même ici la visite d’une maison hantée qui est une version plus ancienne d’une scène retravaillée du roman.

Notre part de nuit de Mariana Enriquez

Roman fantastique argentin récemment traduit en français, j’ai audio-lu Notre part de nuit de Mariana Enriquez en VO. Dans ce roman, Enriquez construit un récit qui mêle l’histoire récente de l’Argentine (de la dictature des années 70 à 80, le retour à la démocratie et les soubresauts qui l’ont accompagnés, avec des événements sociaux importantes, comme l’épidémie du Sida par exemple) et les vies d’un père et de son fils, Juan et Gaspar.

Notre part de nuit débute par un road trip à travers l’Argentine, au début de l’année 1981, qui voit Juan, qui vient de perdre son épouse Rosario dans un accident de bus, se rendre chez sa belle famille avec son fils. Dans ce prologue, le lecteur découvre un père aimant mais malade, parfois violent avec son fils et surtout capable de prouesses surnaturels; car Juan est un médium la santé fragille.

A partir de là le lecteur plonge dans la vie du père et du fils en faisant des allers et retours entre le « présent » de la vie de Gaspar et le passé de la vie de ses parents. Juan est en effet un médium qui a été, très jeune, pris sous l’aile d’une famille riche d’Argentine membre de l’Ordre, un culte cherchant l’immortalité en communiquant avec des puissances surnaturels.

Difficile d’en dire d’avantage sans déflorer les secrets du roman qui se révèlent peu à peu. Je dirais juste que le roman tape juste; Enriquez construit une atmosphère de dangers et de violences contenues où le surnaturel est le miroir de l’histoire agitée de l’Argentine. L’enjeux de l’avenir de Gaspar menacé par sa famille maternelle et l’Ordre est menée crescendo jusqu’à un final très satisfantt tout en restant dans le ton du reste du récit.

Bref, Notre part de nuit est un très bon roman fantastique.