La Chasse sauvage du colonel Rels

La Chasse sauvage du colonel Rels est un court recueil de neuf nouvelles et un interview de Armand Cabasson. Chaque nouvelle du recueil est centrée sur un personnage et montre un moment important de sa vie. Les nouvelles sont concentrées et se terminent souvent de manière assez abrupte, laissant parfois les personnages sur une trajectoire que le lecteur devine.
Le lecteur de La Chasse sauvage du colonel Rels sera plonger dans plusieurs guerres à différentes époques : le Japon du XVIe siècle, la guerre civile américaine, le moyen âge espagnol, Londres lors de la grande peste, etc. Chaque nouvelle est centrée sur un personnage : un noble libertin traquant le Roi Peste à Londres, un colonel sudiste semant mort et destruction dans les troupe nordiste, un général sudiste défiguré ayant fait d’une ville un véritable labyrinthe, de nobles samouraïs face à leurs destins, un peintre chargé par l’inquisition de faire le portrait du diable, un viking lors d’une bataille contre les saxons, un noble russe défendant sa cité, et une petite fille faisant des cauchemars (nouvelle que je n’ai pas pu finir, je suis devenu assez sensible sur ce sujet depuis que je suis père).
La Chasse sauvage du colonel Rels est un excellent recueil dont chaque nouvelle est un concentré d’émotion et d’instantanés forts.

Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

Malédiction

Second tome des Chroniques du Grimnoir, Malédiction, Spellbound, débute quelques mois après la fin du premier tome.
Le chairman est mort, bien que pour le monde entier, et la plupart des agents de l’Empire japonais, il soit toujours bien vivant, et Jack Sullivan et ses amis du Grimnoir continuent à lutter pour les actifs sachant qu’un de leur plus grand ennemis n’est plus.
Quand un actif tente d’éliminer le président des États-Unis, une obscure organisation gouvernementale, le Bureau du coordinateur de l’information, désigne la société du Grimnoir comme responsable, désignant même plusieurs membres de la société, dont Jack et Faye, ennemis public numéro 1. Dans le même temps, Jack Sullivan reçoit un appel téléphonique du chairman lui annonçant l’arrivée imminente d’un mystérieux ennemis qui traquent, afin de l’éliminer, la créature à l’origine de la magie. Sullivan reçoit donc la mission de traquer cette créature afin de protéger le monde.
Traqué par une organisation gouvernementale qui semble très bien informée et qui a un agent, le mystérieux Corbeau, qui semble être un actif extrêmement puissant. Avant de pouvoir traquer le scout de l’ennemi qui menace la Terre, Sullivan et ses amis du Grimnoir vont devoir rétablir leur honneur et défaire le Bureau du coordinateur de l’information afin de protéger les actifs américains.
Toujours aussi intéressant, le second tome des Chroniques du Grimnoir se lit, comme le premier tome, d’une traite. Je suis curieux de voir ce que le troisième tome réserve.

Johan Heliot vous présentes ses hommages

Johan Heliot vous présentes ses hommages est un recueil réunissant des nouvelles déjà publiées entre 2002 et 2009, et un inédit.

Sans rentrer dans le détail des vingt nouvelles, proposée par une préface de Michel Jeury, le lecteur trouveran dans ce receuil bon nombre d’uchronie littéraire. Johan Heliot met ainsi en scène nombre de personnages de l’histoire de France et/ou de la littérature du XIXe et du début du XXe siècle, souvent dans des aventures à forte connotation science-fictionelle.

Sherlock Holmes, Arsène Lupin, James Bond (l’une des meilleurs nouvelles du receuil à mon goût), Le général de Gaule, Fantomas, etc. sont ainsi projeté dans des aventures avec des extrateresstres, des clones, des mondes paralèles, l’inconscient humains, où tous simplement d’autres personnages de fictions ou de la réalité.

Si globalement les nouvelles sont bien écrites, Johan Heliot vous présentes ses hommages me laisse un sentiment mitigé. J’ai eu souvent, en effet, le sentiment qu’il me manquait des références, historiques et littéraires, pour aprécier à leur juste valeur les nouvelles proposées et les nombreux clin d’oeil qu’elles contiennent. Le recueil est néanmoins très interessent et devrait plaire aux amateurs des oeuvres littéraires utilisées.

Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

The Grimnoir Chronicles: Detroit Christmas

Étant bien plongé dans l’univers des Chroniques du Grimnoir en ce moment, je n’ai pas résisté à lire une nouvelle disponible gratuitement en ligne et servant de prequel à la trilogie.

La nouvelle se déroule en 1931, la nuit de Noël, à Detroit. Elle met en scène le « Heavy » Jack Sullivan alors qu’il travaille comme détective privé et, afin de re-payer sa liberté, pour le FBI. Il se retrouve chargé par la femme d’un soigneur (un des pouvoirs les plus rares et les plus demandés) de retrouver son mari qui a été enlevé ou assassiné. Son enquête le mènera vers la pègre et sur les traces de deux dangereux actifs recherchés par le FBI.

Sympathique à lire, Detroit Christmas joue à fond la carte du genre noir : détective privé, belle cliente plantureuse, pègre, action et coup fourré. Un complément sympa au roman mais qui ne donne tous son selle qu’une fois le premier tome de la trilogie lu (les bases de l’univers ne sont que peu expliquées).

Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

Magie Brute

Magie Brute, Hard Magic en anglais, est le premier tome de la trilogie des Chroniques du Grimnoir. J’ai lu ce texte en version audio anglaise, il est traduit en français au édition de l’Atalante. Sous une couverture assez cheap et, à mon gout, moche, ce cache un roman qu’il est difficile de lâcher une fois commencé.
Magie Brute se déroule dans les années 1930 aux États-Unis. Si l’histoire du monde de Magie Brute est similaire au notre jusqu’au XIXe siècle, elle diverge avec l’apparition, de plus en plus nombreuses, de personnes possédant un pouvoir magique. Celui-ci est plus ou moins important, selon la quantité de magie qu’une personne peut puiser avant d’être, temporairement, à sec, et permet d’influencer un aspect de la réalité. Les Voix peuvent influencer les gens, les Lazarus peuvent animer des corps et parler aux morts, les « Heavy » manipulent la gravité, etc.
Dans cette univers, la première guerre mondiale a vu des batailles titanesques secouer l’Europe : créatures invoquées, bataillons d’actifs (le nom donné aux personnes ayant un pouvoir), morts-vivants, etc. Le conflit c’est terminé lorsque les États-Unis ont utilisé le rayon de la paix (un artefact développé par des ingénieurs rendus plus intelligents par leur pouvoir) sur Berlin. Le japon c’est constitué en Empire sous les ordres du Chairman, un puissant actif qui a utiliser le pouvoir de l’État afin de développer et entrainer les actifs japonais. Ils ont même des actifs plus puissant grâces à des kanjis gravés à même la peau.
C’est dans ce contexte que le « Heavy » Jack Sullivan, capable modifier la gravité et bien plus intelligent que la plupart des gens imaginent, aide, en échange d’une remise de peine, le FBI a traquer des criminels actifs. Lors d’une d’une traque, il attire l’attention de deux organisations antagonistes : des agents de l’Empire japonais et des membres de la société secrète du Grimnoir qui aide les actifs dans le monde entier. Échappant de peu à une tentative d’assassinat, il rejoint le Grimnoir afin de lutter contre l’Empire.
Dans le même temps, une jeune fille, Faye capable de se téléporter est élevée par un fermier portugais. Lorsque celui-ci est froidement assassiné en lui confiant un étrange appareil mécanique, elle part à la recherche des assassins de son « grand-père ». Joint au sein du Grimnoir, Jack Sullivan et Faye vont mener une course contre la monter contre les agents de l’Empire afin d’éviter qu’une arme encore plus puissante que le rayon de la paix soit utilisées contre New York, quitte pour cela à devoir affronter le chairman en personne.
Posant les bases d’un univers intéressant, Magie Brute se commence et ne se lâche plus jusqu’à la dernière page.

Brillance

Première incursion d’un auteur de polar dans le domaine des super-héros, Brillance est un thriller se déroulant, aux États-Unis, dans une version de notre monde où, depuis le début des années 80, un pour cent des bébés sont des brillants. Ceux-ci sont comme certains autistes, ils ont des capacités hors normes (mémoire totale, capacités à lire les intentions des gens, habilités avec les chiffres, etc.) mais sans les limitations sociales des autistes.
C’est dans ce contexte que les États-Unis ont mis en place une agence spécialisée afin d’étudier, canaliser et contrôler cette population. Tous les enfants sont testés à l’âge de 8 ans et ceux qui sont détectés comme « brillants » sont envoyés dans des académies où ils sont conditionnés afin de servir au mieux les intérêts de la nation. Une branche particulière de l’agence est chargée de lutter contre le terrorisme. Une partie des brillants ont en effet recours à des actes délictueux afin, de leur point de vu, de lutter pour leurs droits. Dans les domaines scientifiques de nombreuses avancées sont dus à des scientifiques brillants.
Nick Cooper est un brillant, capable de lire les intentions des gens d’après leur gestuelle, il est également un des meilleurs agents de l’agence fédéral. Depuis plusieurs années il traque les hommes du terroriste brillant le plus recherché des États-Unis : John Smith. Alors que celui-ci vient de perpétré un sanglant attentat, Cooper part en sous-marin afin de le débusquer et de l’éliminer. Mais cette traque lui fera découvrir l’envers du décors et mettre à mal plusieurs de ses certitudes.
Ayant acheté la version audio de Brillance par curiosité, j’ai été attrapé par un roman bien ficelé et intéressant (le fait qu’il soit narré à la première personne convient, de plus, particulièrement bien pour une version audio). Arrivé au terme de celui-ci, je n’ai qu’une envie : qu’un autre roman dans le même univers soit écrit. Je ne sais pas si cela est dans les plan de Markus Sakey, mais je l’espère très fortement.

Five autobiographies and a fiction

Five autobiographies and a fiction est un recueil de six nouvelles de Lucius Shepard. Le titre est du au fait que cinq des textes sont des variations infusées de fantastiques de la vie qu’aurait pu avoir Shepard s’il avait fait d’autres choix. J’ai trouvé le recueil inégale. Si certaines nouvelles m’ont beaucoup plus, d’autres m’ont parue très longues et moins intéressantes.
« Ditch Witch » se centre sur un automobilisme qui prend une jeune femme en stop. Lors d’une halte dans un petit village, et après une partie de jambe en l’aire, l’automobilisme se retrouve la proie de nains de jardin allemands. La jeune fille qu’il a prit en stop n’est peut-être pas étrangère à cela…. Une nouvelle qui m’a laissé un sentiment mitigé.
« The Flock » raconte comment un jeune, membre de l’équipe de foot américain de son lycée, se retrouve, dans une petite ville, confronté à des corbeaux polymorphes et mal intentionnés. Une des bonne nouvelle du recueil.
« Vacancy » voit un ancien acteur de film fantastique être rattrapé par son passé. L’ancien acteur travaille comme vendeur d’auto et observe, depuis son travail, qu’une des chambres du motel en face semble avoir des clients mais ne jamais les laissé repartir…. Une nouvelle qui tombe très juste avec un côté fantastique oppressant. L’une des deux meilleurs du recueil.
« Dog-Eared Paperback of My Life » voit un romancier obtenir un roman sur des mondes parallèles qu’il n’a jamais écrit mais qui est de sa main. Décidé à faire la lumière sur la chose, il suit le parcours initiatique, en Asie, décrit par le roman. Une nouvelle qui propose des éléments intéressants mais qui traine beaucoup en longueur et qui a de nombreuses, et inutiles, scènes de sexe.
« Halloween Town » : suite à un accident, un travailleur sur chantier voit son intelligence augmenté lorsqu’il est au soleil. Réalisant trop facilement la vacuité des gens, il s’installe dans une petite ville, un village même, américain un peu particulier : il est construit dans une faille et donc ne reçoit que peu de soleil. Le village est plein de mystère et il va devoir y faire face. Une nouvelle au relent de pulp avec foret mystérieuse, secrets bien gardés, pollution et mutants. Mon seul regret est que la particularité du héro est très peu exploitée.
« Rose Street Attractors » est une nouvelle se déroulant à Londres à l’époque victorienne (la fiction du titre). Un jeu psychiatre ambitieux est appelé au chevet d’une patiente un peu particulière : elle est un fantôme. Le frère du fantôme a en effet, sans le vouloir, développé un appareil permettant de matérialiser les esprits. L’autre très bonne nouvelle du recueil, le travail de jeune psy se déroulant dans un quartier pauvre, dans une ancienne maison close et le client étant plein de secrets.
Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

The Dirty Streets of Heaven

The Dirty Streets of Heaven est le premier roman d’une trilogie d’urban fantasy de Tad Williams se déroulant dans la cité, fictive, californienne de San Judas. Narré à la première personne, dans un style « roman noir », par Bobby Dollar, de son vrai nom Doloriel, un ange incarné sur terre servant d’avocat aux âmes mortes durant leur jugement.
Doloriel est un ange curieux et cynique mais qui fait son travail du mieux qu’il peux. Amnésique sur sa vie pré-angélique et n’ayant jamais vu Dieu (ces deux points étant commun à la majorité des anges), il est bien content de pouvoir exercer comme avocat sur Terre, loin de sa ancien travaille de « nettoyeur » dans la lutte contre « l’opposition ».
Mais, alors qu’il se rend à un jugement tous ce qu’il y a de plus normal, il se retrouve embarqué dans un mystère qui va mettre en péril sa vie (l’éternelle aussi) et les accords entre anges et démons. En effet, l’âme qui doit être jugée disparait sans laisser de trace. Premier cas de ce qui va rapidement menacé de devenir une épidémie, Bobby doit aussi faire face à des accusations de vol de la part d’un prince-démon, alors qu’une créature venu du fond des âges le poursuit.
Les trames narratives du roman semblent parfois sorties toutes droit du jeux de rôle INS/MV, l’humour potache en moins et beaucoup plus de cynisme en plus. Agréable à écouter, le récit écrit à la première personne s’adapte très bien à l’oral, The Dirty Streets of Heaven est un roman fort sympathique. Le second tome sort d’ici la fin de l’année et j’ai bien l’intention d’y jeter une oreille.

The Long War

Second,et probablement pas le dernier, tome de la série commencée par The Long Earth, The Long War se déroule près de vingt ans après le premier volume et le moment où l’humanité a découvert le moyen d’accéder, un monde à la fois, à des terres parallèles.
Joshua Valienté s’est marié et vit une vie paisible à Hellknowswhere. Des dirigeables relient de manière continue les différents mondes de la longue terre et même un embryon d’Internet inter-monde est en place. L’humanité est maintenant répartie sur des milliers de monde. Néanmoins elle doit faire face à deux problèmes : le premier est la disparition progressive des trolls, des créatures humanoïdes qui peuvent naturellement naviguer entre les mondes, qui fuient l’humanité et la manière dont une partie d’entre elle les traite; la seconde, valable surtout pour les États-Unis, est les velléités de sécessions de bon nombre de colonies alors que les sentiments nationalistes sont exacerbées sur la Terre d’origine de l’humanité.
Dans ce contexte Joshua re-part en pérégrination sur la longue terre afin de re-trouver les trolls et les convaincre de donner encore une chance à l’humanité. Dans le même temps, une autre naturelle « steeper » (capable sans aide de voyager entre les mondes) les recherches également. Le lecteur peut aussi suivre le parcours d’un révérend sud-africain, ancien scientifique, qui enquête sur l’IA Lobsang, le parcours d’une expédition chinoise dans son exploration des autres terres, et celle d’un dirigeable militaire dans ses missions sur les autres terres. Le tout alors que l’activité volcanique dans le parc de Yellow Stone devient de plus en plus préoccupante….
The Long War permet au lecteur d’explorer d’avantage la longue terre et ses autres habitants intelligents. Si le roman est toujours de très bonne qualité, il est néanmoins un, petit, cran au dessous du premier tome et a un côté frustrant. Les auteurs ont en effet signé pour trois autres livres dans l’univers de la longue terre (une bonne nouvelle en soi), mais du coup une bonne partie de The Long War est consacré à la mise en place d’éléments qui sauront vraiment utilisé dans la suite; ainsi seul l’arc narratif concernant les trolls et l’indépendance des autres version des Amériques de la tutelle de Washington sont vraiment résolus. Je suis, du coup, resté sur ma faim. Le travers consistant à sur-représenté la présence américaine dans la longue Terre est également un peu agaçant.
Mais ce n’est pas une raison pour passer à côté d’un très bon roman qui met en appétit en attendant la suite.

Françatome

Court roman de Johan Heliot (il se lit facillement en quelques heures), Françatome est une uchronie dans laquelle la France, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, a recruté des scientifiques nazis (dont Van Braun) et lancé, avec succès, un programme spatiale ambitieux basé sur l’énergie atomique.
Se déroulant dans les années 80, le roman suit les traces du fils d’un des architecte de la puissance atomique française. Exilé depuis vingt ans aux États-Unis, après la mort de sa mère suite à une irradiation, il revient en France, à l’appel de sa sœur, afin d’assister aux funérailles de son père.
Mais, bien sur, les apparences sont trompeuses et dans une France dictatoriale, au proie à la guerre civile, il devra, avec l’aide d’un amis issus de son passé se rendre dans la station spatiale « la roue ». Le rêve de Von Braun : une station spatial nucléarisé et fonctionnant à l’énergie nucléaire qui devait assurer à la France la suprématie militaire et servir de tête de pont pour la colonisation du système solaire. Mais la roue à fait sécession et menace maintenant de s’écraser sur Terre contaminant au passage l’atmosphère de déchet radioactif.
Le roman alterne les chapitres se déroulant dans le présent de narration et des flashback du narrateur qui, privé de sa médication, dérive de plus en plus dans son passé et sa jeunesse (à la base de Hammaguir dans le désert algérien). Ce procédé narratif permet au lecteur de comprendre peu à peu les tenant et aboutissant d’une uchronie qui lorgne peu à peu vers la série « Fringe ».
Si Françatome n’est pas le meilleur roman de l’année, il reste néanmoins un roman efficace qui est agréable à lire.