The Book of Phoenix

Se déroulant dans le passé de Who Fears Death, et expliquant la manière dont notre civilisation c’est écroulée, The Book of Phoenix se passe dans notre futur proche, où le surnaturel se mélange avec la science.
 
Une grande corporation réalise, sur sept sites répartit dans des grandes villes américaines, des expériences génétiques sur des êtres humains, des clones et des entités extraterrestres (peu nombreuses). Phoenix, sur le site numéro 7 à New York, est l’une de ces expériences. Organisme génétiquement accéléré, à deux ans elle semble en avoir 40 et à la maturité, si ce n’est l’expérience, qui va avec. N’ayant connus que le monde de la tour 7, la mort d’un ami, une autre expérience, provoque chez elle une transformation qui va la lâcher sur le monde.
 
Ne pouvant plus vraiment mourir, tel l’animal mythique dont elle porte le nom, Phoenix débute un cheminement qui la mènera des États-Unis en Afrique, puis à nouveau aux États-Unis où elle incarnera le visage de la libération pour les expériences enfermé dans les sites de recherche.
 
Nnedi Okorafor propose ici un roman à la frontière entre fantastique et science-fiction qui voit son héroïne chercher un sens à sa vie et se heurter à la froideur de ses créateurs avant de diriger sa rage vers la libération des siens, puis vers la vengeance.
 
The Book of Phoenix est un roman que j’ai pris grand plaisir à lire, bien que la fin pèche un peu par son « grobilissime ».

Infinités

Recueil de nouvelles de l’auteur indienne (Inde), mais vivant aux États-Unis, Vandana Singh, The Woman Who Thought She Was a Planet and Other Stories, où dans son titre français (à paraitre en mai chez Lune d’Encre) Infinités, présente un ensemble de nouvelles se déroulant en Inde et centrée sur une personne confronté à un élément fantastique ou science-fictionel.

Les nouvelles du recueil sont bien écrites mais j’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans les histoires proposées durant la première moitié du recueil. La faute sans doute à des textes de bonnes factures mais proposant des intrigues que j’ai trouvé un peu plate.

Le lecteur curieux trouvera dans ses textes à la fois des morceaux de vie d’Indiens ordinaires et des éléments fantastiques : une femme qui se prend pour une planète et qui est colonisé pas des habitants, un professeur de mathématique obsédé par l’infini, un clochard de Dehli qui voient ses habitants du passé et du futur, etc.

De tous les textes du recueil, trois m’ont particulièrement marqués et plus :

  • « Conservation Laws » qui se déroule dans le futur, sur la Lune et narre l’expérience d’un astronaute qui est entré en contact avec une autre réalité lors ‘une mission sur mars.
  • « Three Tales from Sky River: Myths for a Starfaring Age  » qui propose trois légendes. Si la première est de notre terre, les deux suivantes sont d’autres planètes et frappe par leur étrange similitude.
  • « The Tetrahedron » : la vie banale d’une jeune étudiante de Dehli qui se retrouve fasciné par l’apparition d’un tétraèdre en plein centre de la ville, tétraèdre impénétrable et insondable.

Sorcerer to the Crown

Premier tome d’une nouvelle série de l’écrivaine malaise, mais vivant à Londre, Zen Cho. Sorcerer to the Crown suit la lutte de Zacharias Wythe, sorcier royale de la société des « Unnatural Philosophers », dans le Royaume Unis du XIXe siècle, pour sauvegarder sa place et changer les mentalités de ses paires.
 
Wythe est en effet dans une position délicate, nègre il a servi à son maitre et mentor, son défunt prédécesseur, à prouver que les noires pouvaient aussi apprendre la magie, il doit lutter pour conserver sa place que ses collègues lui dispute à cause de sa couleur de peau. Le fait que la quantité de magie du pays, qui provient de Fairie, est en constant déclin n’aide pas.
 
Devant faire faceà la calomnie et aux manigances des autres magiciens, la vie de Wythe se complique encore lorsqu’il prend sous son aile une jeune femme douée en magique, alors que tous le monde sait qu’une femme n’a pas la carrure pour faire un sorcier (enfin aux Royaume Unis, le reste du monde n’a pas la même vision), et possédant un trésor magique inestimable. Le tout alors que la politique colonial britannique provoque l’inimité de sorcières asiatiques qui viennent tester les nerfs des sorciers anglais.
 
Sorcerer to the Crown est un roman plaisant et divertissant qui, à défaut de renouveler le genre, se laisse lire.

Written in Fire

Troisième, et dernier tome, de la série de Marcus Sakey se déroulant dans notre monde mais où une partie de la population mondiale à développer des habilités surhumaines (capacité d’abstraction, de planification, d’analyse, etc.), Written in Fire voit la conclusion des événements mis en branle dans Brillance et A better World.
 
Alors que la Maison Blanche a été détruite et que la pays est au bord de l’implosion, l’ancien agente gouvernementale et brillant Nick Cooper est à la recherche d’un scientifique qui a mise au point un sérum capable de rendre n’importe qui brillant. Sa traque va le mener à se confronter une nouvelle fois au terroriste brillant Jon Smith qui, grâce à son génie de la planification et prévision, est sur le point de réaliser son grand plan.
 
Tous cela se déroule alors que le « New Canaan Holdfast » au Wyoming (une sorte d’Israël pour les brillants) est assiégé et menacé par une armée de bric et de broc constitué de survivalistes, patriotes et milices extrémistes et que des forces dans le gouvernement lui même veulent des mesures radicales.
 
Tiraillé entre les extrémistes de tous bord, Nick Cooper tente a tous prix de rester fidèle à ses convictions, de protéger ses enfants et de rester vivant.
 
Written in Fire conclut la trilogie de la même manière qu’elle a été commencée. Le roman est agréable à lire et divertissant, mais j’ai trouvé que la répétions de la même construction une troisième fois (de manière simpliste : Nick Cooper court derrière les méchants qui ont toujours un coup d’avance sur lui avant d’avoir une fulgurance qui lui permet d’avancer) était peut-être de trop. Le roman reste néanmoins divertissant et propose une fin en demi-teinte intéressante.

La Stratégie des as

Premier roman de l’auteur belge Damien Snyers, La Stratégie des as est un roman de Fantasy urbaine au accent steampunk. Se déroulant dans la cité de New-Krakov dans la Pologne du XIXe siècle, une cité où se côtoie elfes, trolls et humains (les plus nombreux), le roman suite un groupe de malandrins, un elfe,  une demi (elfe-humaine) et un troll qui se retrouvent engagé, et un peu forcé, pour voler une pierre précieuse dans une maison bourgeoise de la ville.
 
Le roman est écrit à la première personne, du point de vue de l’elfe, et décortique la manière dont les trois compères, vite rejoint par une quatrième voleuse engagée pour réaliser le même travail, se dépatouillent pour accomplir leur forfait : recherche d’informations, observation des lieux, élaboration de plans et mise en place du vol lui même, sans oublier les coups fourrés. Le tous alors que le vol, simple en apparence, cache un secret magique ancien….
 
Bien que pas exempt de défauts, la sous-utilisation des spécificités de son univers et les enjeux somme tout assez faibles étant pour moi les plus importantes, La Stratégie des as est un premier roman bien mené et agréable à lire qui m’a divertit.

Barsk

Barsk: The Elephants’ Graveyard est un roman de science-fiction/space-opera se déroulant dans un futur lointain. Une alliance de système formé par différentes espèces d’animaux intelligents contrôle une portion importante de l’espace, les seules espèces intelligentes d’ailleurs. Parmi les membres de l’alliance les animaux à fourrures sont majoritaires et déprécient clairement les animaux qui en sont dépourvu. C’est le cas des Fants, lointains descendants des éléphants terrestres, qui habitent sur une planète composés d’un archipel d’îles et dont le statut lui permet de rester à l’écart de l’Alliance.
 
C’est sur Barsk qu’est produit le Koph, une drogue qui permet aux parleurs de contacter la mémoire des morts et de converser avec eux. C’est d’ailleurs une Fant qui à la première mis découvert et codifié cela, elle était également doué de précognition et a laissé plusieurs prophétie dont une qui mentionne « le Silence » et un danger pour Barsk et les Fants.
 
Près de 800 ans après sa prophétie, des Fants qui se rendent sur l’île cimetière afin de mourir sont enlevé par une opération secrète de l’Alliance qui veut en apprendre d’avantage sur le Koph et sa fabrication. L’historien et Parleur Jorl, seul Fant ayant brièvement servis dans la Patrouille qui parcours l’espace pour l’Alliance, réalise que quelque chose d’anormal se passe. Alors qu’il prend la mer pour tenter de comprendre il se retrouvera au cœur d’une conspiration menaçant Barsk et organisée par un sénateur de l’Alliance. Personnage central pour la résolution du danger, Jorl est aussi le jouet d’un plan vieux de près de 800 ans et qui se met finalement en place.
 
Barsk: The Elephants’ Graveyard me fait penser à une version technologique et avec moins de réflexion des Fables de l’Humpur de Bordage. Si Gromovar a trouvé le roman « d’une mollesse stupéfiante » et ennuyeux, je ne serais pas aussi dur que lui. Barsk est un roman divertissant et sans grande prétention. Le lecteur friant d’une littérature de genre qui propose une réflexion de fond ferrait ainsi mieux de passer son chemin; celui qui cherche un space-opréa qui prend son temps et propose une histoire divertissante pourrait par contre y trouver son compte.

Lágrimas en la lluvia

Lágrimas en la lluvia (Des larmes sous la pluie dans sa traduction français) est un roman, se déroulant à Madrid en 2109, inspiré, et hommage, à Blade Runer.
L’humanité a évolué technologiquement au point de pouvoir effectuer des téléportations sur de longues distances (mais au risque de mutation génétique radical, voir mortel) et a pu ainsi rentrer en contact avec des extraterrestres, exploiter les ressources d’autres planètes, créer deux stations indépendantes dans l ‘espace (deux sociétés aux idéologies opposées et extrémistes) et développer des répliquant (les réps), des humains améliorés créés en laboratoire, né adulte et avec une espérance de vie d’une dizaine d’année.
Bruna Husky est une répliquante de combat vivant à Madrid et travaillant comme détective privée. Après qu’une autre répliquante, délirante, ait essayé de la tuer, Bruna est engagée par le mouvement pro-rép afin d’enquêter sur des répliquants ayant perdu l’esprit et s’étant lancer dans des meurtres gratuits. La source de cette folie semblant se trouver dans des mémoires illicites (que certains reps s’injectent afin d’avoir l’impression de vivre plusieurs vies). Débute alors pour Bruna une enquête compliquée qui la mènera jusqu’à devoir enquêter sur les suprématistes humains alors qu’un climat de terreur et de haine s’installe peu à peu sur la ville.
 
Roman hommage, Lágrimas en la lluvia est bien écrit mais où regrette sa longueur et le côté fourre-tout du monde imaginé par Rosa Montero qui mélange un peu trop de thématique à mon goût.

Slade House

Court roman se déroulant dans le même univers que The Bone Clocks, Slade House se présente sous la forme de cinq récits, écrit à la première personne, et espacés chacun de neuf ans (le premier en 1979 et le dernier en 2015) se déroulant au tours de la propriété de Slade House.
Cette maison de Londres à la particularité d’être habité par un frère et une sœur qui pour maintenir leur immortalité doivent sacrifier une victime chaque neuf ans. Les différents récits composant le roman narre le destin de chacune des victimes au moment de leur « prise de contact » avec Slade House.
Slade House est un roman bien écrit à mi chemin entre le fantastique et l’horreur (bien que ce dernier point soit surtout pour les personnages du roman et pas vraiment pour le lecteur). Il propose une histoire intéressante qui complète agréablement, et avec des enjeux moins grands, The Bone Clocks. L’écriture à la première personne permet de plus au livre audio (le format dans lequel j’ai lu le roman) d’être vraiment très immersif. Comme tous les romans de David Mitchel de nombreux clin d’œil sont fait à ces autres livres.
Bref Slade House est à conseillé à ceux qui veulent découvrir David Mitchel en douceur (le roman n’est pas gros, les enjeux relativement simple mais la richesse des personnages est propre à Mitchel) où à ceux qui ont apprécié The Bone Clocks et en veulent encore un peu plus.

Half a Crown

Troisième, et dernier, tome de la série du « Subtile Changement » (et qui sortira cette année en français chez Lune d’Encre), Half a Crown s’éloigne un peu des deux premiers tomes dans le sens qu’il ne s’agit plus d’une enquête policière et que l’action se déroule dans les années 60 (soit une dizaine d’année après les événements des deux volumes précédant).
Suivant la structure établi pour la série Half a Crown alterne une narration à la première personne, ici Elvira, une jeune fille de 18 ans, pupille de Carmichael, sur le point d’être présentée à la Reine et de faire ses débuts dans « le monde » et une narration à la troisième personne qui suit Carmichael, devenu chef de « The Watch », une gestapo à l’anglaise.
Carmichael a monté une cabale à l’intérieur de son organisation afin d’exfiltrer, discrètement, une partie des juifs arrêtés durant les dix années depuis qu’il est à la tête de l’organisation. Alors que le roman débute, il a fort à faire avec l’organisation d’une conférence de paix à Londres qui réunit, notamment, l’Allemagne Nazies, le Japon et le Royaume-Uni pour discuter du futur du monde alors que le Japon et l’Allemagne se partagent les restes de l’URSS qui a perdu sa longue guerre.
Elvira, quant à elle, doit être présentée devant la Reine dans peu de temps, elle se rend avec une amie et son soupirant à un rallye fasciste qui tourne mal suite à une émeute provoqué par des agitateurs qui veulent la démission du Premier Ministre jugé trop mous. Arrêtée, elle est conduite en prison et évite la déportation grâce à l’intervention de son oncle (et ce bien qu’elle soit innocente).
Alors qu’un complot fomenté par l’ex roi qui avait du abdiqué est mis en mouvement, les ennemis « politiques » de Carmichael utilise Elvira pour tenter de lui nuire. Débute alors un jeu dangereux qui risque de couter beaucoup à l’ex-inspecteur.
Prenant à bras le corps son uchronie, Jo Walton traite directement de ce qu’implique la vie sous un régime fasciste/totalitaire, du prix de la résistance et propose une fin légèrement optimiste (ce qui lui a été reproché) à sa trilogie. Bien qu’à mon avis un cran au dessous des deux autres romans du cycle, Half a Crown ne reste pas moins une fin brillante pour une trilogie indispensable.

Hamlet au paradis

Second volume de la trilogie du Subtile Changement, Hamlet au paradis (que j’ai écouté en VO) se déroule peu de temps après le premier tome. L’action se déroule toujours en 1949 dans un Royaume-Unis qui a fait la paix avec Hitler en 1940, écartant Churchil et sa clique du pouvoir. L’Europe est ainsi contrôlée en grande partie par l’Allemagne nazie qui est toujours en guerre avec la Russie de Staline, alors que les États-Unis ne sont jamais entré en guerre et vivent repliés sur eux-même.
C’est donc dans un Royaume-Unis où le fascisme monte peu à peu en puissant que l’inspecteur Carmichael se retrouve à enquêter sur la mort d’une actrice reconnue qui s’est fait exploser chez elle, avec un inconnu, alors qu’elle fabriquait une bombe. L’enquête de Carmichael occupe un chapitre sur deux alors que les autres suit Viola Lark, une jeune femme issue de l’aristocratie mais qui est devenu actrice de théâtre. Viola Lark a une famille un peu particulière, ayant plusieurs sœurs, l’une d’elle a épousé Himmler alors qu’une autre s’est tournée vers le communisme.
Alors qu’elle vient d’accepter le rôle de Hamlet dans une version « inversée » de la pièce, elle est contactée par sa sœur communiste qui va la forcer à rejoindre une conspiration. En effet, lors de la première de Hamlet, le premier ministre et Hitler, en visite diplomatique à Londre, doivent assister à la pièce; une occasion en or de les éliminer grâce à une bombe.
L’enquête de l’inspecteur Carmichael et le récit de Viola Lark, manipulée au début puis de plus en plus consentante, vont donc naturellement se rejoindre. 
 Hamlet au paradis est un excellent roman qui, au delà d’une intrigue passionnante, dépeint avec finesse une société où la montée du fascisme touche tous les citoyens. Jo Walton donne vie à des personnages qui ne sont ni tous noir, ni tous blanc ce qui renforce la puissance de son récit.
Clairement Hamlet au paradis réussit le tours de force d’être, à mon avis, encore supérieur au premier tome de la série.