Leviathan

Je suis un peu emprunté pour donner mon avis sur Leviathan. En effet, j’ai trouvé ce roman génial; il est d’ailleurs très proche d’être un des meilleurs romans que j’ai lus. Mais dans le même temps si je résume l’intrigue je crains qu’elle ne semble terriblement ennuyeuse :

un inconnu meurt dans l’explosion de la bombe qu’il fabriquait. Peu de temps après, et alors que l’enquête est en cours, un écrivain qui reconnait dans cet homme un de ses vieux amis décide de conter sa vie afin que le monde puisse comprendre comment son ami à fini par mourir. Débute ensuite une histoire qui se déroule sur près de vingt ans (des années 70 au début des années 90), faite de rencontres, de personnages qui se croisent, le tout sur une toile historique. Le tout afin de comprendre la vie de Sach, l’homme qui meurt au début du roman.

Raconter comme cela, l’histoire semble bien banale, mais le roman qui en découle est fascinant, l’écriture parfaitement maitrisée et la trame fascinante. Sans doute un des meilleurs romans qu’il m’a été donné de lire.

The farming of bones

Le quatrième de couverture de the farming of bones débute par ces mots d’un critique du Time : “A powerful, haunting novel… every chapter cuts deep, and you feel it.” Ce commentaire me semble particulièrement adéquat tant l’écriture de Danticat tombe juste et vous prend aux tripes et au cœur.

The farming of bones, son premier roman, narre l’histoire de Amabelle, une jeune haïtienne au service d’une famille dominicaine dans la petite bourgade de Alegria. La première moitié du roman narre sa vie quotidienne entre son service domestique et ses amours avec un jeune coupeur de cane de la ferme voisine.

Dès la seconde moitié du roman, l’histoire bascule dans l’horreur lorsque débute le massacre des Haïtiens ordonné par le dictateur Trujillo. L’on suit ainsi la fuite d’Amabelle pour rejoindre la frontière et la sécurité relative de son pays.

Sur ces bases historiques, le roman s’étend de 1937 à 1966, Danticat continue sa recherche de la tragique histoire haïtienne. Doté d’une écriture coupante et précise, ce roman, comme les autres écrits de l’auteure, vous prend et vous lessive. Une magnifique lecture qui ne peut laisser indifférent.

Temeraire

En vacance, j’ai donc profiter des deux dernières semaines pour lire les quatre tomes (un cinquième est annoncé pour la mi-juillet) de la série Temeraire de Naomi Novik.

Le “pitch” de départ de la série est assez simple : Le début du XIXe siècle, l’Europe est preque entièrement sous la botte de Napoléon, le Royaume Uni resiste comme il peut et les dragons existent. Ces derniers sont des créatures inteligentes qui forment les forces aériennes de nations. Lié à leur naissance avec un capitaine, ils constituent l’élite des troupes européene. Un capitaine de navire anglais se retrouve lié à un dragon d’origine chinoise particulièrement puissant et inteligent. La série conte ainsi leurs aventures d’une écriture agréable et atachée au quotidien de ces personnages; ici point de grandes élipses temporelles mais un suivit quasi journalier des personages.

His majesty’s dragon conte ainsi comment Laurence rentre en possecion d’un oeuf de dragon et comment il devient son capitaine. Il s’attache à suivre leurs premiers pas dans les divisions aériennes britaniques : leur entrainement, leur premier combat contre les forces napoléoniennes et la croissance de Temeraire.

The Throne of jade narre le voyage de Temeraire en Chine. En effet, l’Empire chinois souhaite récuperer ce dragon issue d’une lignée précieuse et destiné à Bonaparte. Le livre se divise en deux grandes parties : le voyage en bateau vers la Chine et la Chine elle même, cette dernière traitant de manière beaucoup plus “humaine” les dragons que les Européens qui semblent bien rustre en comparaison.

Black powder of war s’attache au voyage de retour vers l’Europe qui aura lieu par terre. Ainsi, après avoir traverssé toute l’Asie, Temeraire et son équipage se retrouveront prisonier à Istanbule, puit finiront par rejoindre la Prusse dans sa lutte contre Napoléon avant de retourner en Angleterre.

Empire of Ivory vera les protagonistes de la série repartire pour l’Afrique afin de chercher une cure à un mystérieu mal qui frappe les dragons britaniques. Afin de trouver un reméde, le dragon et son capitaine devront faire face à la traite négrière mais égallement aux anciennes forces qui reposent au coeur du continent noir.

Dans l’ensemble la série Temeraire est bien écrite et se lit avec plaisir. Bien qu’à mon sens elle ne valle pas la série des dragons de Pern, la référence selon mes goûts en terme de relation hommes-dragons, elle se situe dans la lignée des grandes saga de Fantasy.

Comme des fantômes


Comme des fantômes est le recueil des nouvelles écrites par Fabrice Colin jusqu’en 2005, dont certaine inédite. Disons le tout de go, si les nouvelles et l’écriture sont de bonne qualité et ce recueil est objectivement bon, je ne l’ai pas aimé. Je ne l’ai même pas lu en entier.

En effet, la présentation est très “postmoderne” : l’auteur est annoncé comme mort et ce recueil comme “l’ultime collection de son œuvre inachevée”. Les nouvelles côtoient donc de faux témoignages de proche, d’analyses littéraires bidons diverses, et autres choses du même (bon ?) gout. Et là c’est trop pour moi, j’ai donc abandonné la lecture avec un grand soupir. Décidément Colin était, à mon gout, bien meilleur lorsqu’il faisait du roman de commande pour les éditions Mémnos.

Le vent de l’infini I & II

Quatrième volume de la saga de fantasy japonaise Les douze Royaumes (après la mer des ombres, Le rivage du labyrinthe et la majesté des mers), le vent de l’infini reprend peu de temps après la fin de la mer des ombres.

Le roman suit la trajectoire de trois jeunes filles dont les destins vont se croiser. Yôko, tout d’abord, la nouvelle reine du pays de Kei éprouve de grande difficulté a dirigé son royaume. Elle doit faire face à la fois aux casseroles laissées par l’ancienne souveraine, la méfiance du gouvernement, son manque de confiance en soi et, étant originaire du Japon, sa méconnaissance de la vie quotidienne des douze Royaumes.

Suzu, en suite, jeune fille originaire également du Japon, qui a été propulsé dans un monde qu’elle ne comprend pas et qui semble ligué contre elle. Lorsqu’elle apprend que la nouvelle reine de Kei vient du même endroit qu’elle, elle entreprend un long voyage pour la rencontrer et pouvoir partager avec elle la misère d’être loin de chez soi.

Shôkei, finalement, ancienne princesse du pays de Hô dont le père a été renversé par une, juste, révolte populaire et qui a été déchu de son statut d’immortel et obligé à vivre la vie des gens du commun. Lorsqu’elle apprend qu’une jeune fille de son âge est devenu reine de Kei, elle décide de tout faire pour la renverser et prendre sa place.

Ces trois jeunes filles grandiront et muriront au cours de leur périple avant de, enfin, se rencontrer. Roman de “coming of age-fantasy”, ce livre, avant tous destiné aux adolescents, se lit facilement et propose une fantasy rafraichissante qui, bien que souvent prévisible, est un réel plaisir à lire.

Les intermittences de la mort

Dans un pays inconnu, le premier jour de la nouvelle année la mort cesse de faire son travail. Soudainement, plus personne ne meurt à l’intérieur des frontières et les divers autorités du pays craignent le pire.

Les intermittences de la mort, du prix nobel de littérature José Saramago, narre donc les moments étranges vécus par le pays où la mort ne frappe plus. Le narrateur-conteur se glisse tour à tour au près du gouvernement, de l’Église, de la maphia (avec “ph” oui !), des groupes économiques, de l’homme du peuple, etc. afin de raconter son histoire. Le flux de la narration est continu et la narrateur se glisse par moment dans la peau de ses personnages et interpelle le lecteur à d’autres. La seconde moitié du roman est centrée sur la mort (avec un “m” minuscule, oui !) et sur ses motivation.

Les intermittences de la mort me laisse une impression bizarre. C’est à la fois un roman que j’ai pris plaisir à lire; une écriture particulière qui semble être la patte de Saramago et qui, bien qu’un peu déroutante au début, est superbement maitrisée. Mais dans le même temps, l’histoire narrée me parait être d’une banalité affligeante; j’aurais ardemment souhaité quelque chose de plus palpitant avec un pitch pareil. Au final, une lecture intéressante qui me laisse une impression en demi-teinte.

Avant l’hiver : architectoniques des Clartés

Avant l’hiver est le premier volume d’une série consacrée à Léa Silhol a paraitre aux Moutons électriques. L’objectif de cette collection, bibliothèque des Vertiges, est de lever peu à peu le voile sur la toile silholienne.

Ce premier opus donc, s’intéresse à la structure des cours féériques. Une trame principal, les recherches d’un historien fay (Kelis pour ceux qui connaissent un peu la trame) lie les différentes nouvelles qui constituent ce recueil (mais est-ce bien un recueil). Si la plupart de ces nouvelles sont inédites, un petit nombre sont connues mais prennent un sens nouveau à la lumière des révélations du recueil.

La qualité est au rendez-vous et les aficionados de Léa Silhol, dont je fais partie, seront en territoire connues et devraient être conquis. Pour les autres…. et bien je dirais que la conquête pourrait s’avérer plus dure. En effet, l’ouvrage revient sur de nombreux personnages de la trame silholienne sans forcément prendre le temps de les présenter. Cela ne gâchera en lien la lecture de bon nombre de nouvelle, mais le lecteur béotien risque de se sentir un peu égaré.

Égaré, c’est même ainsi que je me suis senti au début de ma lecture alors que mon cerveau tentait avec peine de situer les personnages dont les noms (je ne suis pas doué avec les noms) ne voulaient pas se fixer sur des évènements. Mais au final mon cerveau a pu y arriver et j’ai pris grand plaisir à la lecture d’Avant l’hiver qui lève le voile sur l’histoire des cours, et ce, même si le voile levé ne fait, parfois, que montrer d’autres voiles plus lointain que l’on voudrait lever mais que l’on ne peut atteindre. Frustration de ne pas savoir plus, et plaisir d’en savoir plus se mêlent ainsi; on se croirait en Ombre.

Introduction à la pensée chinoise

De manière générale j’évite de parler des ouvrages théoriques que je lis pour mes études, mais là je suis tombé sur un ouvrage intéressant, bien écrit et relativement facile d’accès : Introduction à la pensée chinoise. Cet ouvrage présente les différentes formes que prend la “philosophie” chinoise. taoïsme, confucianisme, moisme, légisme, bordisme chan ont ainsi le droit à une présentation détaillée de leur naissance, de leurs préceptes et de leur évolution dans l’histoire chinoise.

L’ouvrage discute également de l’existence de la “philosophie chinoise” et des évolutions de la pensée chinoises ces dernières années. L’ensemble du livre est construit au travers de paragraphes répondant aux principales interrogations de chaque école de la pensée chinoise. Le tout est présenté de manière claire, abordable et concise.

Un seul regret néanmoins, l’absence de présentation des spécificité du marxisme/communisme chinois. Un regret qui ne ternit pas l’intérêt de ce livre. Une chose me reste à faire maintenant : trouver l’équivalent pour la pensée indienne.

Les Gardiens de Ji tome 1

Troisième cycle se déroulant dans l’univers de Ji, la volonté du démon reprend les recettes qui ont déjà été utilisées pas Pierre Grimbert dans les deux premiers cycles : des jeunes sont propulsés sur les routes du monde de Ji avec à leurs trousses de mystérieux assassins. Les mystères qui entourent les évènements semblent liés à l’histoire de leurs ancêtres (parents ou plus lointain). Afin de survivre ils devront apprendre à se faire confiance et s’entraider, ainsi que découvrirent les secrets liés à leurs familles.

Si le premier cycle, bien que de facture classique, était excellent, aussi bien au niveau de l’écriture que de l’imaginaire développé, le deuxième cycle faisait un peu “on prend les mêmes, ou presque, et ont recommence”, le début de troisième cycle laisse à penser que Grimbert ré-utilise une troisième fois la recette des deux premiers cycles.

Honnêtement je le lirais en entier car je suis un grand curieux, mais d’un point de vue réaliste je ne peux le recommander qu’aux fans inconditionnelles de l’univers de Ji, où éventuellement aux jeunes que la Fantasy ultraclassique émerveillent encore. En effet, l’écriture est correcte mais plate, le schéma déjà vue mille fois dans la Fantasy et deux fois sur ce cycle, et les idées peu novatrices.

Babel Tour

Babel Tour est un recueil publié par l’université de Paris Sorbonne et réalisé par des étudiants en Master d’édition. En tant que tel il est difficile de se le procurer et c’est bien dommage. En effet il contient à la fois des nouvelles, des poèmes et des photos sur thème de Babel, soit le double thème de la ville et de la communication.

Ne me voilant pas la face, je reconnais que ma principale motivation pour mettre la main sur cet ouvrage est la présence d’un texte de Léa Silhol en son sein. Et si ma fois ce texte, presque un essaie sur la différence, intéressant, il souffre d’un trop grand travail sur la langue qui en rend plus difficile d’en saisir le sens profond.

Mais surtout, et ,je dois l’admettre, à ma grande surprise les autres textes du recueil vont du bon à l’excellent, du fantastique au réalisme, de la ville moderne à la ville futuriste, et je ne regrette pas mon achat. Je ne peux, au final, que conseiller ce recueil d’excellente qualité à tous ceux que le thème de la ville inspire. Comme je le disais, je crains hélas qu’il soit difficile à se procurer, mais l’effort vaut la peine.