Machine of Death

Le recueil de nouvelles Machine of Death est né d’un appel à texte, en 2007, dont la consigne était de proposer une nouvelle centrée autour d’une « machine à mort ». Un appareil au fonctionnement mystérieux mais qui, après analyse sanguine, prédit, sur une petite carte et avec une exactitude parfaite, la cause de la mort. Ces prédictions sont parfois ambiguës et ne sont pas datées, mais elles sont toujours corrects.
Avec ce pitch initiale, Machine of Death propose plus d’une trentaine de nouvelles qui explore la question de la mort et le fait de savoir comment l’on meurt. Difficiles du coup de donner un résumé de chaque nouvelle, les auteurs abordants la thématiques depuis plusieurs angles; mettant en scène tout aussi bien les inventeurs de la machine, ses premiers pas dans le monde que les sociétés qui vivent avec depuis plusieurs genérations.
La grande majorité des nouvelles sont bonnes ou excellentes et Machine of Death s’est révellé être une excellente surprise tant par la qualité des nouvelles que par les questionement qu’elles abordent. Le receuil est disponible gratuitement en téléchargement PDF et proposé en licence creative common, certaines nouvelles sont même proposées dans les variantes les plus ouvertes de cette licence.
Pour vous donner un avant gout, je ne résiste pas à reproduire ici la nouvelle la plus courte du recueil, écrite par Brian Quinlan :
« HIV INFECTION FROM MACHINE OF DEATH NEEDLE
“Well,” I thought, “that sucks.” »
Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

Railsea

Depuis quelques années, China Miéville explore, à chaque nouveau roman, un genre littéraire différent en lui donnant un twist que la critique qualifie de « weird ». Le roman « young adult » Railsea, sorti en 2012, n’échappe pas à cette exploration; il s’agit d’un roman d’aventure maritime dans la lignée de livre comme Moby Dick ou l’île au trésor. Le twist étant qu’ici il y a pas d’océans et de mers parcourus par des poissons et autres baleines, mais une terre que sillonne d’innombrables rails (le railsea du titre) et qui est peuplée de taupes géantes et d’insectes nombreux.
C’est donc dans un monde ayant visiblement possédé une technologie avancée (il y a des ordinateurs par exemple) que des trains circulent sur une mer de rails. Celle-ci est entretenue par des trains mystérieux appelés les anges et qui est visiblement d’une technologie avancée. Sur cette mer de rail, parsemée d’îles rocheuses où vivent les hommes, des trains de chasse à la taupe, de commerce, de récupérateurs de technologie sur des trains « échoués », des trains militaires, mais aussi des trains pirates circulent inlassablement. Les capitaines de trains chasseurs de taupe traquent leur « philosophie » sans relâche.
C’est dans ce contexte que le jeune Sham Yes ap Soorap embarque pour son premier voyage dans le train chasseur de taupe, comme assistant du médecin de bord, du capitaine Abacat Naphi. La découverte d’un train « échoué » et d’une série de photos gardée dans la carte mémoire d’un appareil photo le lancera sur les traces de deux adolescents puis, au péril de sa propre vie, sur celle du bord du monde et de ce qui se trouve au dela.
Difficile de parler du roman sans en déflorer l’intrigue, mais Miéville propose tous ce qui fait le sel des romans d’aventures marins avec la dextérité de son « worldbuilding ». Une lecture très agréable (et un roman dont il ne faut pas 50 pages pour y entrer, comme c’est souvent le cas chez Miéville) ponctuée de nombreux chapitre de mise en abyme sur la narration du récit lui même. La version audio est bien servi par une lecture agréable.

The Ocean at the end of the lane

Dernier roman en date de Neil Gaiman (et dont il assure lui même la lecture dans la version audio) The Ocean at the end of the lane est une histoire pour adulte sur les risques qu’il y a à fréquenté la Féerie.

Le roman débute alors que le narrateur, âgé d’une quarantaine d’années, se rend dans la rue (lane) de son enfance et se dirige, presque sans le vouloir, vers la ferme des Hempstock (trois femmes, une grand-mère, sa fille et sa petite-fille de 11 ans) et vers la mare qui s’y trouve. Là il se remémore les événements qui se sont déroulés alors qu’il avait 7 ans et qu’il avait oublié.

Le narrateur était alors devenu amis avec la plus jeune des Hempstock, Lettie, et avait du faire face à une créature de féerie qui a envahit sa vie sous la forme d’une nounou très envahissante et dangereuse….

L’histoire est cruel pour le narrateur et illustre les dangers, mais aussi une partie des merveilles, qui peuple la féerie. The Ocean at the end of the lane est un roman qui se lit vite et qui est une vraie réussite.

Même pas mort

Première Branche (pour reprendre la terminologie de l’auteur) de la trilogie Roi du monde, Même pas mort est sans doute le texte le plus abouti de Jean-Philippe Jaworski à ce jour.

Se déroulant dans l’antiquité celtique, Même pas mort se présente comme la première partie de la vie d’un grand roi, sa jeunesse, que celui-ci narre à un marchand hellène. Ainsi, après un super préambule, le lecteur suit la vie de Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Bellovèse aurait du être roi des Turons, mais son oncle maternelle a vaincu, et tué, son père lors d’une guerre connue sous le nom de guerre des sangliers. Élevé par sa mère avec son frère cadet Ségovèse dans un domaine éloigné de la court, Bellovèse ne reçoit qu’une éducation noble partiel, principalement des mains du héros Sumarios, héros servant le haut roi Ambigat, l’oncle dont il a été question plus haut.

Lorsque le roman commence,  Bellovèse fait route, avec Sumarios et le barde Albios en direction de l’île des vielles afin de se rendre auprès des Gallicène, de puissantes femmes vivant hors du monde. Il a en effet été frappé d’un interdit par le haut druide car il aurait du mourir lors de sa première bataille, hors il a survécu n’étant ainsi ni tout à fait vivant ni tout à fait mort.

Jaworski déroule ensuite l’histoire de Bellovèse dans ce qui semble, à première vu, être une chronologie inversée (allant du voyage de Bellovèse vers l’île des vielles jusqu’à sa jeunesse) alors qu’il s’agit en fait de la chronologie correcte des évènements (je n’en dis pas plus, lisez le livre vous verrez bien).  Le lecteur apprend ainsi comment Bellovèse a participer à sa première bataille et n’est pas mort comme il l’aurait du, il apprend ensuite quel a été sa jeunesse dans une partie où la vérité se mélange aux mythes et légendes celtes.

Même pas mort est un roman exigeant, superbement écrit dans une langue recherchée, mais jamais précieuse. Le rythme du récit est également très bon et la fiction historique se mêle avec les mythes et légendes afin de former la première partie d’un récit qui à toute les atouts pour devenir légende.

Au final ce roman est un must pour qui prétend aimé les romans de Fantasy. Si je devais avoir quelque bémols c’est plus sur des choses annexes : le format hadcover qu’apprécie beaucoup les moutons électriques n’est pas mon favoris, j’aurais préféré un softcover, ceux des moutons sont forts jolis. Ensuite, et là il s’agit d’un vœux dont j’espère que l’éditeur et/ou l’auteur entendront, j’aurais appréciés, à défaut d’une carte et d’un glossaire qui aurait été fort utiles, de lire une postface (peut-être l’occasion d’un bonus sur le site des moutons….) éclairant les mythes et légendes celtes utilisées par l’auteur et la manière dont il a utilisé les sources antiques pour construire son récit. Ce vœux est surtout lié à mon envie de comprendre comme Jaworski a construit ce qui est ammené à devenir, j’en suis persuadé, un roman clef de la fantasy francophone.

Le plus dure maintenant : attendre 2014 (et 2015) pour pouvoir lire les deux branches suivantes !

L’avis de Nebalia (tout aussi enthousiaste)

The golem and the jinni

Le pitch de The golem and the jinni ressemble à un pitch de roman bit-litt : à New York, à la tout fin du XIXe siècle un djinn emprisonné sous forme humaine et un golem fraichement animée et libérée de son créateur doivent se construire un futur parmi les hommes. Le lecteur s’attend à une superbe histoire d’amour entre deux créatures fantastiques et je dois avouer que si le roman n’avait pas été conseillé, via Twitter, par une auteure que j’apprécie, je n’aurais sans doute jamais eu la curiosité de lui laisser une chance…
Bien m’en a pris car The golem and the jinni n’est pas cela; il y a certes une légère tension amoureuse, comme toute histoire entre un homme et une femme, mais le roman a aucun moment ne peut se résumer à cela. The golem and the jinni est en effet avant tous un roman d’immigrés. Il y a d’un côté le golem, créée en Europe par un rabbin défroqué pour servir de femme à un juif qui décèdera durant la traversée de l’Atlantique quelques heures à peine après avoir animé son golem. De l’autre, il y a un djinn, emprisonné il y a plus de mille ans dans une lampe à huile, bloqué sous forme humaine, sans souvenirs de la manière dont il fut capturé, qui se retrouve libéré par un ferblantier.
Le roman suit donc comment ces deux étrangers (doublement étranger en fait)vont se créer une place à New York, l’une dans le quartier juif, l’autre dans le little Syria. La trajectoire de ces deux personnages, l’un fier, indépendant presque rebelle, l’autre curieux, intelligent mais également prudent et réservé, vont bien évidement se croiser. De leur rencontre ce n’est point tant une histoire de cœur qui va naitre, mais plutôt une rencontre de deux philosophies de vie différente.
Outre le golem et le djinn, dont l’histoire passée se découvre également au fil des pages, le roman suit également le parcours de plusieurs personnages secondaires, dont, notamment, le créateur du golem, un rabbin défroqué craignant plus que tous sa propre mort.
The golem and the jinni est un excellent roman dont la version audio m’a captivé. Pour moi définitivement un de mes coups de cœur de cette année.

Les coups de coeurs des Imaginales

Chaque année depuis dix ans les Imaginales désigne un auteur coup de cœur qui sera mis en vedette durant le festival. A l’occasion de la dixième année de cette initiative, une anthologie proposant une nouvelle inédite de chacun a été publié. Sous la direction de Stéphanie Nicot, le lecteur peut donc lire dans Les coups de cœurs des Imaginales :
« Une Simple Promesse » de Thierry Di Rollo est une nouvelle de Fantasy qui voit une sorte de chevalier se rendre au près d’un ermite afin de pouvoir rentrer dans le territoire des morts. Une nouvelle très classique, convenue et peu imaginative.
« Le Secret de Parsigou » de Jérôme Camut est une nouvelle bi-classée fantastique-SF qui envoie un journaliste dans un petit village perdu de la France profonde dont les habitants ont semble-t-il une très grande longévité, tout en vivant avec un siècle de retard. Une des meilleurs nouvelles du recueil, très bien construite et très bien menée.
« Le Chirurgien » de Erik Wietzel est une sympathique nouvelle fantastique dans laquelle un chirurgien réputé voit, un jour, se répercute sur son corps les effets des opérations réalisées la veille.
« La Stratégie du chasseur » de Rachel Tanner a pour protagoniste la même demi-elfe que sa nouvelle proposée dans Elfes et Assassins. Une mission secrète au Kosovo sur la trace d’une juge disparue qui enquêtait sur des trafics d’organes. Une nouvelle pas forcément originale, mais qui respecte bien les canons de la bit-litt et qui ne démérite pas dans ce genre-là.
« Trois renards » de Mélanie Fazi est une nouvelle fantastique sur une musicienne qui, lorsqu’elle joue, voit, comme d’autres avant elle, les animaux. Cette connexion lui échappe peu à peu alors qu’elle s’embourbe dans une relation amoureuse violente. Une superbe nouvelle sur la violence conjugale et la musique.
« Profanation » Jean-Philippe Jaworski suit le procès, et surtout la défense, d’un pilleurs qui vole les cadavres laissés sur le champ de bataille durant les guerres de succession faisant suite à l’indépendance de Ciudalia. Une excellente nouvelle d’un autre que j’adore.
« Séréna » de Sir Cédric est une nouvelle fantastique impliquant un marchand de rêve, un client et une sirène. Mais lorsque l’on fait commerce avec celui qui pourrait être le diable, les rêves peuvent vite virer au cauchemar. Une sympathique nouvelle sur le thème du « pact avec le malin ».
« La Nuit sur le plateau du K’fên »m de Charlotte Bousquet est une nouvelle de fantasy se déroulant dans un monde inspiré des légendes arabes. Une jeune fille fuit dans le désert un maris qui lui a été imposé. Une jolie lecture durant laquelle je n’ai pu me défaire d’un sentiment de déjà lu, mais où ?
« Derrière les barreaux » de Lionel Davoust est un texte sur l’autisme et les dauphins. Surement très intéressant, le sujet un peu sensible pour moi (l’autisme, pas les dauphins) a fait que j’ai interrompu ma lecture, que l’auteur m’en excuse.
« Élixir » de Samantha Bailly narre la vie d’une puissante empathe dans une cité vivant sous un dôme de protection. Une dystopie pas forcément mal écrit mais dont le sujet a déjà été traité de nombreuse fois.
Une anthologie au final en dent de scie : de très bons textes (Fazi, Camut, Jaworski et Bousquet) côtoient des textes très convenus (Bailly, Di Rollo et Tanner) et des textes moyens (les autres).

L’avis de Gromovar.

Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

The Teleportation Accident

Ayant eu envie de me laisser surprendre, je me suis lancé dans l’écoute de The Teleportation Accident de Ned Beauman sur la base de quelques bonnes critiques vues sur le Net et à moitié lues. J’ai donc trouvé un roman que je pensais être de la SF, ou du moins du fantastique, et qui est en fait un roman de « littérature blanche » (pour autant que l’expression ait un sens) avec de petites touches de polars et de SF. Au risque de paraitre un peu élitiste, je dirais que c’est tout à fait le genre de petites touches qui fait dire aux critiques classiques que l’auteur a fait une incursion importante dans le domaine des littératures de l’imaginaire, là où le lecteur habitué à ces, mauvais, genres se dit que c’est bien léger quand même.
Mais le roman me direz-vous; et bien il suit les tribulations de Egon Loeser, un décorateur de théâtre allemand raté, frustré sexuellement et envieux de Berlin des années 30 jusqu’en Californie durant la guerre, en passant par Paris, sur les traces d’une belle jeune fille, Adel Hitler (aucun lien de parenté avec le dictateur) qu’il souhaite trousser. Le tout alors que l’Histoire, celle avec un grand « H », se déroule à côté de de Loeser sans que celui-ci y prête aucune attention, englué qu’il est dans ses problèmes personnels.
Divisé donc en trois parties, le lecteur découvre les mondanités un peu vaines du Berlin des années 30, le Paris cosmopolite de l’avant-guerre et la Californie durant la guerre où se croise réfugiés allemands, scientifiques au servie de l’Etat et espions russes. Le roman est également traversé par la figue du dramaturge Adriano Lavicini dont Loeser est un admirateur : l’accident historique semble au centre d’une conspiration mystique, Loeser a été victime d’un accident similaire, bien que moins grave, lors d’une pièce et un physicien américain, obsédé par Lovecraft, effectue des recherches sur la téléportation.
Si le roman est bien écrit et tient le lecteur en haleine (dans mon cas l’auditeur, le narrateur de la version audio, en anglais, est très agréable à écouter), j’ai attendu longtemps le moment où le roman assumerait ses sous-entendus fantastique/SF et basculerait sans que jamais ce moment n’arrive. The Teleportation Accident me fait donc, au final, l’effet d’un acte manqué : un bon roman qui se veut une incursion dans les littératures de genre sans jamais oser assumer son envie, dommage !

Elfes et Assassins

Anthologie de l’édition 2013 des Imaginales, Elfes et Assassins proposent 13 nouvelles sur ce thème hautement important dans la littérature de Fantasy.
Ainsi, après une introduction des anthologistes, Pierre Bordage, avec « La Dernière affaire de Sagamor », une nouvelle bien écrite mais très classique d’un assassin engagé pour éliminé une elfe, créature rare et puissante.
Raphaël Albert propose une enquête de son elfe détective Sylvo Sylvain. Basé du point de vue du client, la nouvelle, « La Seconde Mort de Lucius Van Casper », narre la traque d’un puissant non-mort dans Paris. Bien écrite, elle se fond dans le thème sans forcer. J’aime décidément beaucoup  Sylvo Sylvain et la Paname de Fantasy qu’il parcourt.
Nathalie Le Gendre donne à lire, avec « La Légende d’à peu près Punahilkka », le voyage d’un conteur et de son apprenti. Pour faire passer le temps, le conteur narre l’histoire de Punahikka qui tombe dans un piège, une histoire qui, malheureusement pour l’apprenti, est bien plus réel qu’il ne semble…
Jean-Philippe Jaworski, dans « Le Sentiment du fer », revient sur la guerre d’indépendance de Ciudalia, dans l’univers des Vieux Royaumes. Un maitre assassin est recruté afin de voler à un patricien un, livre de poésie, qui est aussi un traité d’escrime, du plus célèbre spadassin elfe. Une mission qui dévoile les raisons probables de la victoire du Ciudalia contre son puissant voisin…
Anne Fakhouri, avec « Du rififi entre les oreilles », narre une histoire se déroulant à Chicago durant la prohibition. Elle suit un gang au service de Capone qui est spécialisé dans l’élimination de membre de la féerie. Pour sa prochaine mission, urgente, elle doit en plus se coltiner un demi-elf qui est le neveu du patron. Une nouvelle fort sympathique, peut-être un peu trop burlesque dans sa conclusion.
Rachel Tanner, dans « La Nature de l’exécuteur »,est dans une ambiance proche de la nouvelle de Fakhouri, mais dans une touche contemporaine. Une demi-elfe, ex-militaire, est chargée par les services secrets français d’éliminer un elfe qui est un des cerveaux de la protestation contre la construction de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes; problème : il s’agit de son oncle.
Jeanne-A Debats, avec « Eschatologie du vampire », met en scène Raphael, le vampire du roman Métaphysique du vampire, qui doit, à notre époque et alors qu’il ne travaille plus pour l’Église, éliminer l’anthécriste et sauver le monde de l’apocalypse programmé pour fin 2012. Le tout accompagné d’une elfe et alors que le destructeur du monde est un ado amoureux du fils caché de Titiana. Le lecteur retrouvera ici l’humour cynique et décapant de l’auteure.
« Elverwhere », de Xavier Mauméjean,est une uchronie fantastique dans laquelle l’Europe a été conquise par les cours de féerie unifiée. La nouvelle narre la préparation de la première visite officielle du souverain en Europe et sur le complot mis en place pour l’éliminer.
David Bry, dans « J’irai à la clairière », envoie un jeune homme élevé dans un monastère, au moyen âge, éliminer un elfe protecteur de la forêt. Cette traque, effectuée à contre-cœur, serre la grandeurs de l’Église…
Johan Heliot, avec « Grise Neige », propose une nouvelle très triste se déroulant durant la seconde guerre mondiale et où un enfant survivant tente d’éliminer les militaires nazis. Bien que très belle, et un peu prévisible, je regret qu’une nouvelle aussi sombre aie été choisie pour clore le recueil.
Anne Duguël (aka Gudule) donne à lire une superbe nouvelle, mais parfaitement insoutenable : « Le Sourire de Louise ». Elle narre l’histoire d’une petite fille près à sacrifier sa propre chaire pour les gentils elfes lui permettent d’avoir sa maman, ré-mariée et mère de deux autres enfants de son nouveau lit, rien que pour elle.
Finalement, si l’ensemble des nouvelles sont de très bonne facture, il y a deux nouvelles que je n’ai pas aimé du tous, pour ne pas dire que je ne les aie pas vraiment comprises : « Sans Douleur » de Fabrice Colin et « Libera me » de Fabien Clavel.
Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

Le Calice du Dragon

S’insérant dans le cycle du Dragon Griaule, Le calice du dragon débute peut avant le moment où débute la fresque sur Griaule et se termine après la mort du dragon. Pour ceux peu familier avec ce cycle, le dragon Griaule est un gigantesque dragon pétrifié quelque part en Amérique latine (une Amérique largement fantasmée et fantastique) autour, et sur lequel s’est développé tout une flore et faune et une ville. Le dragon pétrifié étant toujours vivant, il étant son influence subtile sur les régions environnantes….
Le Calice du Dragon s’intéresse à la vie de Richard Rosacher, un jeune chimiste un peu paumé qui découvre que le sang de Griaule, une fois injecté en petite quantité dans le corps humain, est une puissante drogue qui permet aux gens de voir la vie de manière positive. Ainsi débute la vie de « commerçant » de Richard; une vie sans cesse renouvelée  (il sera tour à tour trafiquant, richissime homme d’affaire, prophète douteur d’une religion à Griaule, stratège militaire et exilé). Son histoire est liée à Griaule, bien sur, à la ville de Teocinte et à l’ambitieux conseiller Brèque.
Ce roman, le seul du cycle, est une vraie réussite. S’il peut être lu indépendamment du reste des nouvelles concernant Griaule, je pense qu’il prend vraiment tous son sel pour celui qui à lu le premier recueil.

Léviathan Le Pouvoir

Dernier tome de la trilogie Léviathan (La Chute, La Nuit), Léviathan Le Pouvoir conclut l’histoire de Michael Petersen, un biologiste marin qui a peur de la mer et qui découvre que son passé est fabriqué et que ses proches ne sont pas ceux qu’ils prétendent être. La dernière pierre de cette bonne trilogie est, comme les deux autres romans, difficile à chroniquer sans donner quelques révélations. Le lecteur qui veut garder la fraicheur de ces dernières est invités à ne pas lire la chronique : « you have been warned » !
Dans ce dernier tome, Michael avance à grand pas dans la découverte de son passé. Il a des moments de « lucidité » où il arrive a transcender les limitations humaines comme le puissant mage qu’il a été. Son double obscure cherche toujours a obtenir vengeance du Comité, le groupe de puissant mage responsable de l’état de Michael. Dans le même temps, l’agent du FBI qui a découvert un moyen de détecter les mages est courtisé par la main droite (le nom qui est donné aux agents qui lutte contre les mages et pour maintenir l’humanité dans ses limitations) et, de manière plus brutale, par ceux de la main gauche (le Comité).
Ce roman voit les choses bougés et, arrivé à son terme, une partie de l’univers de l’échiquier du monde de Léviathan n’est plus le même…
J’ai beaucoup aimé cette trilogie. Arrivé à son terme j’ai hâte de pouvoir y retourner (ma frustration de savoir que certaines nouvelles s’y déroulant, « la voie du serpent » surtout, seront difficile, voir impossible à me procurer, est grande). Un autre regret, mais léger, est la manière dont la main droite est présenté : je trouve que pour être ennemis des mages elle est particulièrement incompétente et sous-équipée pour les affronter; peut-être qu’un texte la présentant de manière plus efficace et attrayante serait une bonne addition à cet univers que j’apprécie beaucoup.