This is How You Lose Her

Troisième livre de l’écrivain dominicano-américain JunotDiaz, This is How You Lose Her est un recueil de nouvelles tournant autour de la thématique des histoires d’amours (et de culs aussi) de Yunior, le personnage récurant de l’auteur, un dominicano-américain élevé dans un quartier populaire de New York et devenu professeur d’université (un peu comme l’auteur, tien…).

Si les nouvelles peuvent se lire de manière individuelle, elles forment, mis bout à bout, une tranche importante de la vie de Yunior et complètent celles déjà parues dans le recueil Drown.
Difficile de résumer chaque nouvelle de manière individuelle. Elles forment un condensé (si on excepte “Otravida, Otravez” qui parle de la vie amoureuse d’une immigrée dominicaine) de la vie amoureuse de Yunior. Elle montre les femmes importantes de sa vie (une femme plus âgée avec qui, ado, il vit une aventure torride, la femme de sa vie qu’il perdra pour l’avoir trompé, les relations avec son frère ainé décédé d’un cancer et grand séducteur, sa vie d’homme mure seule et trainant ses “erreurs” de jeune homme) et la manière dont sa relation aux femmes et à la sexualité c’est construite.
Écris dans un anglais mâtiné d’espagnol, les nouvelles du recueil sont une plongées dans la vie d’un Dominicain élevé aux États-Unis et qui navigue comme il peut dans le grand melting pot américain. L’écriture est cru et parsemé, ici et là, de référence à la culture geek.
Bien que moins intéressant de ce point de vue que son premier roman, et mon punchy que Drown, This is How You Lose Her reste un recueil dont j’ai beaucoup apprécié la lecture.
Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

The brief wondrous life of Oscar Wao

The brief wondrous life of Oscar Wao est un roman improbable qui narre une saga familiale sur trois génération qui s’étend de la République Dominicaine de Trujillo au New York des années 80 et 90. Le roman est improbable car il mélange avec bonheur, ce qui n’était pas gagné, une saga familiale, l’histoire de la République Dominicaine, une touche de réalisme magique et des références geek à foison.

Le roman, dont le narrateur principal (mais pas le seul) est Yunior le personnage centrale de Drown, suit la vie de Oscar Wao, un jeune dominicain né et vivant aux États-Unis, gros, geek en phase terminal, obsédé par les filles mais incapable d’en avoir une seule. C’est que la famille de Oscar a une histoire particulière et transporte avec elle la malédiction du fuku (une chose typiquement dominicaine) depuis l’époque où son grand-père à tous perdu à cause du dictateur Trujillo. Les différents chapitres de The brief wondrous life of Oscar Wao narrent les différents évènements de cette saga familiale en nous plongeant dans les méandres de l’histoire dominicaine contemporaine.

Le tout est écrit avec brio et rythme et est parsemé de références geeks et de notes de bas de page sur la République Dominicaine qui présente avec un ton tout particulier l’histoire du pays. Ainsi, Trujillo est régulièrement comparé à Sauron et ses lieutenants aux spectres de l’anneau, la grand-mère d’Oscar maitrise la Voix des Bene Gesserit, etc. Ce mélange, puisque un peu de réalisme magique/fantastique c’est glissé dans le roman, aurait pu donner un OVNI littéraire indigeste; et bien il n’en ait rien et la lecture de ce livre (dont la gestation à pris onze ans) et un vrai bonheur qui devrait plaire aux geeks comme au amateur de littérature contemporaine de qualité.

Drown

Il y a des facette de la réalité de nos sociétés que l’on connait intellectuellement mais qui malgré cela reste trop éloigné de notre réalité quotidienne pour qu’on en saisisse ne serait-ce qu’une fraction; la vie des immigrants latino-américains aux États-Unis est pour moi une de ces facettes. C’est sans doute pour cela que la lecture du premier, et à ce jour seul, recueille de nouvelle de Junot Díaz, Drown, m’a fait l’effet d’un uppercut dans l’estomac.

Les dix nouvelles qui forment se recueil narre différente partie de la vie de Yunior, un jeune dominicain dont le père immigré aux États-Unis a fait venir sa famille, après cinq ans sans les avoir vue, à New York, puis, après quelques années, les a abandonné à nouveau pour de bon. Les dix nouvelles du recueil partage le même narrateur, Yunior, et sont écrit tantôt au présent, tantôt au passé. Elles narrent, dans un langage cru et direct, différents moment de sa vie en République Dominicaine et à New York. Le panorama d’un jeune immigré dominicain pauvre se trouve ainsi déroulé avec brio devant nos yeux. La dernière nouvelle du recueil qui revient sur l’histoire de son père clôt celui-ci avec à propos en permettant de connaitre enfin ce père dont l’absence marque l’ensemble des neuf autres nouvelles.

Drown, de par l’histoire qu’il raconte et la manière dont elle est racontée, est un recueil prenant qui laisse un arrière gout amère dans la bouche et qui m’a ouvert de nouveaux horizons; il me fait pour tous cela le rapprocher des excellents recueils de nouvelle d’Edwige Danticat que sont The Dew breaker et Krik? Krak!.