Génération WWW

J’ai obtenu cet essai de Ralph Hababou grâce au programme Masse Critique. Il avait déjà attiré mon regard sur les étales des libraires et j’ai donc profité du programme pour le recevoir et le lire.

Premières constatations, la lecture de ce livre est aisée et rapide (je l’ai lu en deux jours sans me pressé) et je ne suis visiblement pas le lecteur auquel ce livre s’adresse en priorité.

En effet, Génération WWW (Web, Woman, Weather) est une présentation, sous forme journalistique et en survol, de ce qui, pour Hababou, représente les grands enjeux et tendances du début du XXIe siècle. Hababou étant, d’après ce que j’ai pu comprendre de son livre, avant tout connus pour ses écrits destinés aux cadres sur la relation aux clients, son livre, ais-je trouvé, s’adresse avant tous à cette catégorie de personne.

Que dit Hababou ? En résumé que la montée en puissance des technologies de l’information, que l’intégration des femmes à l’entreprise et que la prise en compte des questions de développement durable sont les principaux défis et moteurs de ce début de siècle.

Si je partage son analyse, construite à partir d’exemples concrets et d’entretiens, je regrette que son livre, au demeurant bien construit, documenté et agréable à lire, ne fasse qu’enfoncer ce que je considère comme de nombreuses portes ouvertes et reste, sommes tout, très superficielle dans sa présentation. Je nuance quand même on analyse par le fait qu’étant de la génération W et professeur de géographie au secondaire, les trois grands sujets traités par Hababou font partie de ma vie depuis de nombreuses années. Cet ouvrage sera sans doute plus intéressant, pour un cadre des générations précédentes pour qui ses nouveaux thèmes sont… nouveaux.

The Fiddler of Bayou Teche

The Fiddler of Bayou Teche est une nouvelle, originellement parue dans le recueil The Coyote Road, Trickster Tales, qui a eu l’honneur d’une lecture sur le podcast anglophone gratuit de fantasy PodCastle.

L’histoire, racontée à la première personne, est celle d’une jeune albinos élevée dans le bayou par une mystérieuse femme qui, la nuit venue, soigne les loups-garous qui le hante. A la mort de cette dernière, la jeune fille reprend son « travail. » Mais elle est rapidement attirée par le village proche et par le son d’un joueur de fiddle. Celui l’ayant vu danser au son de sa musique toute la nuit, vient la cherché pour qu’elle dans avec ces cinq fils qui lui ont lancé un défi.

Je n’en dirais pas plus pour ne pas déflorer l’histoire, mais il s’agit bien d’une histoire de trickster. Merveilleusement lu, cette excellente nouvelle m’a tenu en haleine d’un bout à l’autre.

Elle peut se télécharger en cliquant sur cette phrase !

Celui qui bave et qui glougloute

Celui qui bave et qui glougloute est une nouvelle de Roland C. Wagner, éditée par Les 3 souhaits dans un court livret, en hommage à Lovercraft.

Elle met en scène un farwest uchronique et fantastique où les Amérindiens sont, un beau jour, aidé par les Martiens dans leur lutte contre les colons américains, bientôt aidés à leur tour par les Vénusiens grand ennemis des Martiens.

C’est dans ce contexte qu’un chasseur de prime et un professeur d’université tenteront de comprendre d’où viennent ces êtres étranges et ce qu’ils nous veulent vraiment. Pour ce faire, ils parcourent les États-Unis où ils croisent les Daltons, Jesse James, Calamity Jane, le nécronomicon et d’autres légendes de l’ouest. Quand à Celui qui bave et qui glougloute du titre… et bien ma fois il sera peut-être la solution…

Cette nouvelle parodique est très fraiche à lire et m’a apporté un réel plaisir de lecture, à conseiller.

Utopiales 09

Utopiales 09 est une anthologie de nouvelles parue dans le cadre du festival éponyme. Elle propose six nouvelles de Robert Charles Wilson, Catherine Dufour, Walter Jon Williams, Pierre Bordage, Stéphen Baxter et Jean-Philippe Jaworski, ainsi qu’une préface de Ugo Bellagamba.

De manière générale les nouvelles proposées ici sont de bonnes factures même si je n’ai pas accroché aux nouvelles de Bordage et à celle de Baxter.

Williams propose une nouvelle uchronique intéressante sur ce qu’aurait pu être la vie d’Elvis si elle avait été politisée.

Jaworski, qui est avouons le la raison pour laquelle j’ai acheté ce recueil, propose une sympathique nouvelle sur le destin d’une épée magique dans les grandes steppes de Mongolie.

Dufour et Wilson proposent deux textes de bonne facture, mais j’ai beaucoup de mal avec la première et son texte à la sexualité trop affirmée et à mauvaise escient à mon gout. Le second produit un texte sympathique sur la vie d’un trentenaire divorcé mais j’ai trouvé la fin à base d’entités célestes un peu bizarre.

La préface de Bellagamba sur la vie numérique et la vie réel est très juste et fort plaisante à lire.

Donc, au final, un recueil fort sympathique vu son rapport qualité/prix/temps de lecture.

Sword of Ice

Sword of Ice and Other Tales of Valdemar est un recueil de nouvelles, paru en 1996, proposant quinze histoires se déroulant dans le monde imaginaire, créé par Mercedes Lackey, de la série des Hérauts de Valdemar mais écrits par d’autres auteurs. C’est le premier recueil du genre paru dans le monde de Valdemar.

Pour ceux qui ne connaisse pas le cycle des Hérauts de Valdemar, il s’agit d’une série de Romantic Fantasy. Dans un monde médiéval fantastique l’élite du royaume de Valdemar est formé par les Hérauts. Ces derniers sont liés pour la vie à un Compagnon, un cheval blanc intelligent, qui choisit son hérauts pour ses hautes qualités morales. Le cycle se caractérise par de nombreux actes héroïques et une place importante laissée aux relations entre les personnages et aux histoires de cœur. On aime ou on aime pas, mais il n’empêche que Lackey a une plume fort agréable à lire et que son cycle est un des meilleurs du genre.

Pour en revenir à Sword of Ice and Other Tales of Valdemar, les quinze nouvelles constituant ce recueil sont, dans l’ensemble, de bonne facture et ne se déroulent pas toutes à Valdemar ni mettent toutes en scène les Hérauts. Maintenant, aucune nouvelle ne ressort fortement du lot et ne me laissera une trace profonde.

Ceci étant dit, si vous avez aimer le cycle des Hérauts de Valdema, ce recueil fait une lecture fort agréable qui permet de se replonger dans un univers riche et attrayant.

Les nombreuses vies de Harry Potter

Les nombreuses vies de Harry Potter paru il y a peu chez Les Moutons Électriques est un essai fort joliment illustré sur Harry Potter et les autres étudiants en magie célèbre de la littérature. La particularité de cette collection, la bibliothèque rouge dont ce volume est le dix-septième paru, est de traiter de son sujet comme si les personnages de fiction et les mondes dans lesquels ils évoluent étaient vrais.

Ainsi, ce volume s’ouvre par une présentation de la société des sorciers et sorcières ainsi qu’une discussion sur la magie et les différentes écoles qui l’enseignent. Il se poursuit par une chronologie détaillée des grands évènements du monde magique. Quelques nouvelles sont ensuite proposée et, finalement, un essai sur l’étymologie des noms dans Harry Potter et un autre sur la figure de l’orphelin dans la littérature du merveilleux closent l’ouvrage.

Les nombreuses vies de Harry Potter est un ouvrage intéressant et bien fait à l’esthétique léchée, il souffre néanmoins, à mon sens, de deux gros défauts. Le premier est que si le parti pris de parler des personnages de fictions comme des êtres réels est intéressant, je reste plus sceptique sur celui de mélanger la « réalité » de plusieurs œuvres fictionelles. Ainsi Harry Potter nettoient d’autres mages et Hogwart d’autres écoles. Le résultat donne parfois le sentiment d’un gros mélange qui affaiblit la portée des analyses proposées et compliquent la lecture. Deuxièmement, le choix des œuvres abordées n’est pas, comme souvent dans ce genre d’ouvrage et pour des raisons évidentes, exhaustif. Ce qui pourrait ne pas être un défaut si la manière dont le choix s’est opéré était transparent; hors ce n’est pas le cas ici. J’ai, par exemple, été très surpris de ne pas lire de mention de Jonathan Strange & Mr Norell.

Mais que ces réserves ne vous empêches pas de vous plonger dans un ouvrage fort intéressant (et dont les deux derniers articles sont les plus passionnant).

Lininil a disparu

Grand fan des aventures de Valérian et Laureline en format BD, c’est avec surprise et une certaine curiosité que je suis tombé sur le premier roman des su-cités.

Lininil a disparu, puisque t’elle est son nom, est un court roman parut chez Mango Jeunesse. Il se déroule dans le tentaculaire Point Central durant la période de galère des deux ex-agents spatiotemporels. La Terre a disparu et leur vaisseau abimé est en rade sur Point Central. Fauchés, ils acceptes une mission proposée par le trio d’espions shingouzs et se lance à la recherche du bi-prince Lininil qui a été enlevé.

Lors de leur recherche, nos valeureux héros parcourront Point Central de long en large et de bas en haut afin de mettre à jour une conspiration politique d’envergure. Chemin faisant, ils rencontreront toutes la ménageries peuplant régulièrement les BD de Christin et Mézières.

Passé le moment d’adaptation du au changement de format, ce roman est plaisant et retranscrit bien l’ambiance des BD. Sans être une lecture indispensable, je la conseil à tous les fans, petits ou grands, de Valérian et Laureline tant elle constitue un ajout appréciable à leurs aventures. Je me pose néanmoins la question du plaisir qu’y trouverait une personne qui ne connait pas la BD tant les références sont nombreuses.

La charmeuse de bêtes

La charmeuse de bêtes est un roman japonais de fantasy pour ados de Nahoko Uehashi en deux tomes. Dans un monde médiéval un royaume pacifique dirigé par une reine de descendance divine est protégé par un royaume vassale qui se charge de l’acte impure de la guerre. Les tôdas, des serpents géants sont utilisés par ce dernier afin de mener les combats.

C’est dans ce royaume qu’Érin, 10 ans, vit avec sa mère vétérinaire chargée de soigner les tôdas. Cette dernière a quitté son peuple de nomade pour s’installer dans un petit village. Mais les todas à sa charge meurent et elle est condamnée à mort. Faisant preuve de mystérieuse capacité de contrôle des tôdas elle sauve sa fille, Érin, d’une mort atroce. Débute alors pour Érin une vie d’orpheline qui, sur une dizaine d’année, va la menée d’un vielle apiculteur à l’académie vétérinaire. Là, son intelligence va lui permettre de contrôler les ôjûs, les oiseaux royaux seuls prédateurs connu aux tôdas, et, de fait, jouer un rôle majeur dans l’avenir des deux royaumes.


Roman d’apprentissage, La charmeuse de bêtes est un roman plaisant qui se lit rapidement. L’écriture très direct et simple (écueil du japonais ou de la traduction ?) est peu recherché et l’histoire souvent naïve. Mais le monde dépeint est dépaysant et l’histoire somme toute prenante.

21st Century Skills

21st Century Skills Learning for life in our times est un ouvrage américain d’une fondation de réflexion sur l’éducation. Il propose une réflexion sur les compétences à acquérir au vingt-et-unième siècle et sur la manière dont l’école et l’enseignement doit changer pour les inclure dans le cursus des élèves.

Ainsi, selon les auteurs, les compétences importantes de notre siècle sont la pensée critique, les compétences liées aux travail en groupe et au multiculturalisme, l’adaptabilité, l’apprentissage autonome, l’innovation, la créativité et les compétences liées aux nouvelles technologies (« Information, Media et ICT literacy »).

Pour développer ces compétences chez les élèves, l’école doit abandonner le mode d’enseignement magistral et développer le travail sur des projets. Les auteurs vont même plus loin en demandant à ce que l’organisation pratique de l’école change avec, par exemple, des salles de classe plus ouverte et plus favorable à l’échange entre élèves.

En tant qu’enseignant, je trouve cette ouvrage intéressant et je partage plusieurs de ses points de vue. Néanmoins, je regrette que, comme souvent dans ce genre de discussion, un certain nombre de point soient systématiquement peu abordés : que faire des élèves peu scolaires et/ou défavorisés socialement, comme gérer les résistances émergent des élèves eux même habitués aux formes traditionnelles d’enseignement, etc. De la même manière, j’ai une tendance naturelle, et peut-être parfois exagérée, à me méfier un peu des ouvrages qui, comme celui-ci, émanent de fondations ou de groupes de réflexions privés financés par des groupements économiques et privés dont l’idéologie n’est pas toujours clairement apparente.

Peter & Max

Bill Willingham est très connu pour être l’auteur d’une séries de comics à succès intitulée Fables. Cet excellent comics met en scène des personnages de fables et de contes de fée qui ont du, depuis quelques siècles, se réfugiés dans notre monde, à New York, car leur monde ont été conquis par une armée commandé par un mystérieux Empereur. Les Fables, car c’est le nom qu’il se donnent, réfugiées ont signé un accord qui pardonnent touts leurs crimes avant l’arrivée à Fabletown, le quartier qu’ils occupent, à l’insu des humains, dans New York. Ainsi la Belle et la Bête sont respectivement assistante du maire, le prince charmant, et shérif, Blanche Neige est mariée au grand méchant loup, Frau Tottenkinder dirige les quelques sorciers qui ont pu se réfugier à Fabletown, etc.

Du comics, Willingham est passé au roman avec Peter & Max a Fables novel. Ce roman, superbement illustré par Steve Leialoha et contenant en bonus une courte BD, narre les aventures des deux frères ennemis Peter et Max. Le roman, à l’image de ce qui y fait dans les comics, est une ré-écriture de l’histoire du flutiste d’Hamelin. Il narre, tout d’abord l’histoire de Peter qui a hérité de Frost la flute magique familiale et de son frère Max rongé par la jalousie et l’envie alors que les armées de l’Empire déferlent sur leur monde. Peter se réfugiera à Hamelin où il deviendra voleur et Max perdu dans la forêt noir rentrera en possession d’une autre flute magique qui fera de lui un être puissant et maléfique. En parallèle, l’histoire se passe également de nos jours alors que Max entre dans notre monde et que son frère Peter, réfugié à Fabletown, s’en va l’affronter pour la dernière fois.

Autant le dire d’emblée, ce roman est un petit bijou fort agréable à lire et qui pourra même intéresser ceux qui, honte à eux, ne connaissent pas le comics. Les illustrations superbes qui illustrent l’ouvrage ainsi que la couverture rigide en font de plus un fort belle objet. Mon seul regret est la fin de l’histoire qui, si logique et tout à fait dans le ton, arrive peut-être un peu abruptement au vue de toute la tension narrative accumulée dans le roman.