You are not a gadget

You are not a gadget est un essai polémique de la part d’un des pionner de l’informatique, père de la réalité virtuel : Jaron Lanier. Lanier propose une réflexion critique sur l’utilisation d’Internet aujourd’hui, sur les théories des informaticiens de premier plan sur l’évolution du réseau et, plus globalement, sur ce que l’informatique nous fait à nous humain.

Lanier critique fortement les propos de nombreux spécialistes sur l’émergence d’une conscience sur le net, sur la validité de l’intelligence collective (hive mind), sur la Singularité. Pour ce faire il se base sur des exemples et des réflexions philosophiques sur la manière dont les structures de l »outil informatique génèrent et formatent des structures, réductrices, chez l’être humain.

L’essai de Lanier est complexe et, je trouve, peu facile d’accès. A titre personnel, si je l’ai trouvé intéressant, j’ai parfois l’impression que Lanier se perd dans des critiques qui, bien que fondées, minimisent la capacité humaine à s’adapter de manière positive aux changements. Sa vision pessimiste de la « génération Internet » me semble, par exemple exagérée. Une lecture intéressante donc, mais difficile et souvent très pessimiste.

PS : Je m’interroge également sur le lien entre un prophète aux dreads dans le comics/film The Surrogates et Jaron Lanier, tant il semble se ressembler.

The short second life of Bree Tanner

The short second life of Bree Tanner est un court récit (une novela en anglais) se déroulant dans l’univers de Twilight, durant le troisième roman pour être exacte. Et oui, j’ai poussé le masochisme jusqu’au point de lire l’intégralité de la saga et ses « produits dérivés. »

Et si l’histoire de Bree Tanner, jeune fille de quinze ans transformée en vampire par Victoria (la méchante vampire pas gentille et revancharde) pour servir de chaire à canon dans sa vendetta contre les Cullens est toute aussi mièvre, gentille et chaste que le reste de la saga, cette novela est somme toute bien sympathique. Sans fioritures et écrit d’une manière claire et directe, elle se lit vite et propose une sympathique plongée dans l’univers des jeunes vampires qui découvrent leur condition dans des circonstances presque normales.

Au final, ce n’est pas le texte qu’il faut avoir lu, mais un texte rapide et sympa qui eus aussi digeste que le premier tome de la saga (qui n’est pas si mal quoiqu’en dise les mauvaises langues).

La petite fille qui voulait devenir papillon !

Ouvrage reçu dans le cadre du programme Masse Critique, je me suis dit que lire et chroniquer un libre pour enfant serait chose facile. Et pourtant, La petite fille qui voulait devenir papillon ! m’a donné un peu de file à retordre.

En effet, si ma fille de 16 mois est encore un peu jeune pour vraiment apprécier un livre (même pour enfant) dans toute sa complexité, je m’étais naïvement dit que les illustrations l’attireraient. Hélas, si les jolies illustrations colorées de ci livre m’ont bien plus, elles ont laissé de marbre ma fille qui a à peine daigné y jeté un coup d’œil avant d’aller chercher un autre de ses livres pour ne plus jamais y revenir.

L’histoire l’aurait peut-être d’avantage scotchée si elle avait été plus âgée ? Je ne saurais le dire, mais moi elle ne m’a pas scotchée. Elle est pourtant jolie : l’histoire d’une petite fille qui veut devenir papillon et que l’amour d’un autre petit garçon fera « revenir » sur terre. Mais la raison qui se cache derrière ce rêve est bien sombre : la petite fille est orpheline de père et c’est pour aller le revoir au ciel qu’elle veut des ailes.

Peut-être qu’un enfant dans ce cas trouvera un certain réconfort dans cette histoire, moi personnellement je l’ai trouvé très triste et, pour tout dire, un peu macabre. Si un jour ma fille me parle d’un/une de ses amis/es qui n’a plus son papa, je ressortirais peut-être ce livre, mais dans l’intervalle je ne vais pas m’y attarder d’avantage.

Des nouvelles du Tibbar

Des nouvelles du Tibbar est un recueil de nouvelles fraichement paru chez les Moutons électriques. Les douze nouvelles du recueil ont comme point commun de se dérouler, à divers époque, au Tibbar (occidental pour être précis). Un monde étrange, sorte de mélange entre un royaume de féerie, un royaume de Fantasytm et un monde à l’histoire aussi riche et variée que le notre. Les différentes nouvelles se passe à différentes époques du Tibbar et il arrive souvent que la bassemagie ou la hautemagie fassent office de technologie. Les différentes histoires s’attachent d’avantage à narrer des anecdotes, des bouts de vie que l’histoire avec un grand H.
Ce recueil m’a beaucoup surpris. En effet, l’écriture poétique de Rey dépeint un univers dépaysant en abusant du nom farfelu que le lecteur ne peut comprendre. Si ce genre de chose a tendance à m’agacer chez la plupart des écrivains qui en usent et abusent, ici étrangement la sauce a bien pris pour moi. Rapidement j’ai pu me laisser porter par ces noms exotiques et par un trajet mouvementé de bus, les déboires d’esprits sylvains, le malheurs de gastronomes voulant manger du dragon, d’un sort de haute magie auto-répliquant (une maladie quoi !), etc.
Vous l’aurez compris, malgré ses bizarreries des nouvelles du Tibbar m’a conquis et arrivé à la fin de ma lecture, je n’ai qu’un mot : encore !

Magiciennes et Sorciers

Après Rois et Capitaines, le salon des Imaginales a accouché d’une nouvelle anthologie consacré à la magie.

Les nouvelles de ce récit se centre avant tous sur les magiciennes et peu de sorciers parcours ses pages. Dans l’ensemble le recueil est fort bien fait et passionnant à lire. Plusieurs auteurs (Laurent Gidon, Charlotte Bousquet, Rachel Tanner , et Jean-Philippe Jaworski) proposent des nouvelles se déroulant dans des univers qu’ils ont déjà explorés en roman. Si la nouvelle de Jean-Claude Dunyach m’a paru brouillonne et fade, et la nouvelle de Jaworski (à ma grande tristesse) verbeuse et peu facile d’accès pour qui ne connait pas bien ses écrits, le reste du recueil vaut vraiment le détour. Une mention particulière au texte de Pierre Bordage qui, pour une fois (l’homme donne rarement de grand texte lorsqu’il écrit des nouvelles) est excellent.

Le sommaire de ce recueil :

  • Cœur de serpent, Sire Cédric
  • Djeeb l’encharmeur, Laurent Gidon
  • Toiles déchirées, Charlotte Bousquet
  • Exaucée, Maïa Mazaurette
  • T’humilierai, Justine Niogret
  • L’Ultime illusion, Érik Wietzel
  • In caude venimum, Rachel Tanner
  • Margot, Julien d’Hem
  • Le crépuscule des maudites, Sylvie Miller & Philippe Ward
  • L’Autre, Pierre Bordage
  • Respectons les procédures, Jean-Claude Dunyach
  • Quelques grammes d’oubli sur la neige, Lionel Davoust
  • La troisième hypostase, Jean-Philippe Jaworski
  • Chamane, Fabien Clavel

El Asedio

Dernier livre en date de l’écrivain espagnol Pérez-Reverte, El Asedio est un gros roman se déroulant dans la Cadix des année 1811-1812.

C’est dans, et autours, de la ville assiégée par l’armée napoléonienne, et alors que se discute et s’écrit la nouvelle constitution, que Pérez-Reverte déploie un roman chorale qui suit les pas de plusieurs personnages qui se croisent et se côtoient. Il y a ainsi le capitaine français en charge du bombardement de la ville, la patronne d’une maison commerciale, un homme du peuple, un corsaire espagnol, un taxidermiste qui espionne pour la France et un commissaire de police sur les traces d’un tueur en série.

L’intrigue principal du roman tourne autours d’un tueur en série qui élimine de façon particulièrement horrible des jeunes femmes en laissant les corps à proximité d’un impact d’obus. Mais, même si le roman prend parfois des atours de roman noir, El Asedio est avant tous un roman historique qui dépeint le siège d’une ville.

Excellent roman, un lecteur impatient trouvera sans doute que l’intrigue principal traine en longueur et tourne parfois un peu en rond. Il pourra également penser qu’il y a un petit côté surnaturelle de trop aux motifs du meurtrier. Mais malgré ces quelques faiblesses, ce roman est pour moi l’un des meilleurs de l’écrivain espagnol.

El Naranjo

El Naranjo, l’oranger, est un recueil de cinq nouvelles de Carlos Fuentes dans lesquelles un oranger fait à chaque fois une apparition plus ou moins furtive.

Les deux premières nouvelles (Las dos orillas et Los hijos del conquistador) proposent des visons intéressantes des premiers temps de la conquête des Amériques. La première par une narration de la plume de l’interprète de Cortez qui vire à l’utopie, la seconde par un dialogue entre deux fils du même Cortez.

La troisième nouvelle (La dos Numancias) narre la chute de Numance et plus généralement le récit de la conquête romaine (oui oui la Rome antique) de l’Espagne. Les deux dernières nouvelles se déroulent également aux Amériques (une à Acapulco dans les années nonante, l’autre est un récit de la main de Colomb); je ne serais en dire grand chose ne les ayant pas lues.

Première lecture de Carlos Fuentes et sentiment mitigé à la sortie. Je n’ai pas eu le courage de terminé le recueil, lors de ma tentative de lecture des deux dernières nouvelles le recueil m’est un peu tombé des mains. Je dois dire que l’écriture de Fuentes manque de fluidité à mon goût. Ceci étant dit j’ai quand même bien apprécié la lecture des trois premières nouvelles qui proposent un regard assez intéressant sur Cortez pour les deux premières et une continuation plaisante, bien qu’un peu verbeuse, de Salammbô . Une lecture pas mal mais qui ne me donne par envie de revenir à Fuentes dans l’immédiat.

Kalpa Imperial

Kalpa Imperial est un recueil de nouvelles de l’écrivaine argentine Angelica Gorodischer. Il exerce sur moi une fascination étrange depuis ma première lecture il y a de cela une petite décennie.
Je reviens en effet régulièrement à ces récits, comptés à la première personne par un narrateur peu avare de commentaires de digressions. Le ton résolument tourné vers l’oralité donne le sentiment d’écouter un conteur un soir autour du feu. Ce dernier narre différents épisodes de « l’Empire le Plus Vaste Qui N’ait Jamais Existé. » Il déroule l’histoire de villes, d’Empereur et d’Impératrice, du Sud, toujours rebelle, de petites histoires et de grandes Histoires. Tous cela dans un monde qui n’a pas vraiment de chronologie et où l’Empire à exister de tout temps et semble partit pour exister à jamais.
Ces nouvelles me fascinent par la langue et par les visions qu’elles déclenches. J’y reviens régulièrement afin de vérifier si, avec le temps, j’y retrouve le merveilleux de la première lecture; et je le retrouve à chaque fois. Je suis d’ailleurs à chaque fois un peu surpris, tant je me dis qu’il n’est pas possible qu’une telle pépite ne soient pas connue en français où mieux connus en anglais (langue dans laquelle le recueil a été traduit par Ursula K. Le Guin). Ainsi si vous qui me lisez l’avez lu, je serais très curieux de connaitre vos impressions.

Dimension Suisse

Dimension Suisse est un recueil de nouvelles de science-fiction et de fantastique dont les nouvelles ont comme point commun, outre le genre littéraire, d’avoir été écrite par des auteurs suisses romands. A part certaines nouvelles se déroulant en Suisse, cette particularité ne transparait, je trouve, pas spécialement des les différents textes, de bonnes factures, du recueil.

Bien que l’ensemble des textes soient sympathiques, certains m’ont plus marqués que d’autres :

Homéostasie de Laurence Suhner narre ainsi un boulot d’une médium dans un futur où la Terre se meurt.

L’Autre Moi de Lucas Moreno est une histoire de voyage dans le temps dans un monde post-singularité.

Divergence Daniel Alhadeff conte l’histoire d’amour, au début du XXe siècle, entre une médium et un habitant du monde des rêves.

Partir, c’est mourir un peu de Jean-François Thomas est une aventure militaire montrant les risque de la téléportation quantique.

Finalement, le poème en alexandrin de Tom Haas : J’ai croisé des vaisseaux est pour moi le meilleur texte de Dimension Suisse. En quelques lignes bien écrites, Tom Haas retrace les visions des vaisseaux spatiaux dans la science-fiction.

Un recueil bien sympathique, donc, avec une belle petite préface et une postface érudit sur l’histoire de la SF en Suisse romande.

PS :
Certaines nouvelles du recueil peuvent être écoutées sur Utopod :

  • Puni de Thibaut Kaeser (que je n’ai pas lue ni écoutée, depuis que je suis papa certains textes me sont devenus pénibles).
  • Au-dessus de Shibuya de Sébastien Cevey.

PPS :
Le sommaire de Dimension Suisse

Sébastien GOLLUT : Ceux qui marchent
André OUREDNIK : Cette ville qu’ils appellent Sanzu
Sébastien CEVEY : Au-dessus de Shibuya
Thibaut KAESER : Puni
Robin TECON : Les Miens
Laurence SUHNER : Homéostasie
Denis RODITI : Jay, le basset et le gitan
Lucas MORENO : L’Autre Moi
Daniel ALHADEFF : Divergence
François ROUILLER : Remugle en neurocratie
Jean-François THOMAS : Partir, c’est mourir un peu
Yves RENAUD : Parfois mon reflet
Tom HAAS : J’ai croisé des vaisseaux (poème)
Jean-François THOMAS: La science-fiction suisse : alarmes, alertes et dangers ou le charme concret de l’anti-utopie (postface)

Salammbô

Roman de Flaubert, dont étudiant en secondaire j’avais beaucouup aprécié la lecture de Madame Bovary, Salammbô est un roman historique narrant la guerre des mércenaires qui opposa Carthage à ses anciennes troupes suite à la défaite du la première guerre punique.

Bien qu’historique, le roman se permet quelques libertés avec l’histoire, le personnage de Salammbô, fille d’Hamilcar Barca, n’a, par exemple, aucune verité historique. La révolte des mercenaires est narrée du début à la fin du conflit et la narration change régulièrement de point de vue entre les principaux protagonistes carthaginois et mércenaires. L’écriture est déscriptive, « nerveuse » et directe et montre bien la violence de la guerre.

La figue de Salammbô est centrale dans le conflit car elle est à la fois une des motivations, intime et cachée, au conflit et une des solutions de celui-ci. Le conflit lui même semble être prisonier d’une logique égoiste et dépeint plus grands homme de l’histoire sous un jour peu flateur.

Au final, ce roman ne plaira sans doute pas à tous le monde; pour ma part j’ai eu beaucoup de mal a me détacher de ma lecture une fois celle-ci entamée.