River of Stars

Se déroulant près de 400 ans après Under Heaven, River of Stars se déroule dans l’Empire de Kitai (une Chine quasi historique avec un soupçon de fantastique).
L’Empire a perdu une province face aux tribus des steppes il y a de cela quelques siècles, ils paient tribu (sous un autre nom) a ses voisins et les noblesses méprisent (et craint) les métiers des armes. Pourtant l’Empire est toujours prospère et voit fleurir les arts. C’est surtout le premier ministre et la court (lieux d’intrigues nombreuses) qui dirigent le pays tant l’Empereur est surtout préoccupé par l’extension et l’amélioration de ses jardins.
C’est dans ce contexte que River of Stars suit la trajectoire de plusieurs personnages jetés face à l’histoire en marche et au tourment et changement qui menace Kitai. Il y un bandit qui deviendra soldat souhaitant restaurer la grandeur de Kitai et récupéré la province perdue; il y a une jeune femme, trop éduquée par son père, qui rentre dans la famille impériale; et puis il y a un premier ministre vieillissant et un poète exilé. La trajectoire de ses personnages (surtout les deux premiers, figures centrales du récit) vont se croiser et se recroiser dans cette fresque s’étendant durant plusieurs décennies.
 Guy Gavriel Kay livre un roman riche et prenant où le monde ne vit pas que pour les personnages et où le souffle de l’histoire peut balayer les ambitions les plus grandes et purs. Le narrateur, le même que pour Under Heaven, est excellent et renforce l’attrait du récit. Le seul, léger, bémol que je pourrais faire est le manque d’une accroche claire pour lancer l’histoire (mais il faut dire que celle de Under Heaven reste une des meilleurs que j’ai pu lire).

Reines et Dragons

Reines et Dragons est l’anthologie, 2012, du festival des Imaginales. Su le thème des reines et des dragons, Lionel Davoust & Sylvie Miller ont sélectionné un ensemble de textes de fantasy qui sont, dans l’ensemble, de bonne facture.
« Le Dit du Drégonjon et de son Elfrie » de Chantal Robillard est un conte (une fable ?) formellement très intéressante, sur la domination masculine. Sur le fond, j’avoue avoir été un peu déçu par une histoire qui m’est un peu passé au dessus…
« Chuchoteurs du dragon » de Thomas Geha se déroule dans un royaume où un dragon choisit, via une marque, deux monarques. La reine actuelle, par amour, va chercher à comprendre ce que cache la caste qui veille sur la volonté du dragon. Elle découvrira un dangereux secret. Une nouvelle classique que j’ai pris plaisir à lire.
« Ophëa » d’Adrien Thomas narre le défis d’une Reine, veuve à cause d’un dragon, lancé à la noblesse : elle épousera celui qui vengera son époux. Un savoureux twist final change la perspective sur la situation initiale.
« Au cœur du Dragon » d’Anne Fakhouri se déroule en des montagnes où une caste de grimpeurs va chercher dans les pics les pierres précieuses se trouvant dans les nids des dragons. Le lecteur suit l’initiation de deux jeunes gens (dont l’un à une origine mystérieuse). Une nouvelle fort sympathique qui m’a fait penser au film Dragon, bien que j’aurai aimé en savoir plus sur les « origines mystérieuses ».
« Achab était amoureux » de Justine Niogret est une nouvelle étrange que j’ai pas du tous aimé…
« Morflam » de Pierre Bordage voit une reine devoir affronter un dragon qui se trouve être le miroir de sa manière de régner. Convenu, mais bien écrit.
« Azr’Khila » de Charlotte Bousquet est un superbe texte sur une vengeance de la part d’une vielle femme dont la tribu nomade a été massacré par des pillards urbains. Le texte, d’ambiance africaine (ais-je trouvé), est violent et très fort (surtout la fin qui vient comme un coup de poing).
Autre bon texte du recueil, « Où vont les Reines » de Vincent Gessler se déroule dans un royaume dont la reine se rend chaque année dans les montagnes afin d’affronter les dragons. La princesse, tombée enceinte d’un officier de la garde, doit s’y rendre à son tour. Un texte qui commence comme une fable guerrière et qui se termine par être une histoire de femme et de maternité.
« Le Monstre de Westerham » de Erik Wietzel narre comment un jeune dragon part à la recherche des hommes afin de ramener un trophée et finit par se lié d’amitié avec une reine cherchant à reconquérir son royaume. Une nouvelle qui aurait pu être une histoire d’amitié mais qui, au final, ne l’est pas vraiment.
« Under a Lilac Tree » de Matthieu Gaborit est l’autre texte dont j’ai le sentiment d’être passé à côté. Une histoire de Urban Fantasy où une femme s’occupe d’un monde magique assez poétique et part à la recherche du dragon pour l’aider à survivre à ses rêves…
« Cet œil brillant qui la fixait » de Nathalie Dau est un très bon texte qui narre comment les cadeaux de soleil et de la lune ont été utilisé par deux peuples afin de se faire la guerre. Mais quand une jeune princesse est sélectionnée pour devenir la Créature qui défend l’un des royaumes, les choses vont changer. Une histoire avant tous romantique et tragique.
« Les Sœurs de la Tarasque » de Mélanie Fazi est une des autres bonnes nouvelles du recueil. Sur une île, à l’époque contemporaine, des jeunes filles sont marquées et préparées dans une école spéciale afin eue l’une d’entre elle serve d’épouse au dragon. la narratrice est une de ses jeunes filles qui doute et qui est plus attirée par l’une de ses camarades que par le dragon. Alors quand cette dernière est choisie par le dragon, elle devient curieuse. La fin m’a laissé sur ma faim et j’avoue espérer pouvoir lire à nouveau un texte se déroulant dans le même « univers ».
Reines et Dragons est un bon recueil de nouvelle, le seul reproche que je pourrais lui faire est d’avoir un thème assez convenue ce qui se reflète en partie sur les choix d’histoires présentées.
Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

Fanhunter: Las montañas de la locura

Lors d’une récent séjour en Espagne, quel n’a pas été ma surprise de voir sur les rayonnages d’un libraire, un roman de  Cels Piñol se déroulant dans l’univers du jeu de rôle parodique Fanhunter (et de son petit frère Fanpiro). Les deux jeux sont des versions comiques de l’Appel de Cthulhu et du Monde des Ténèbres. Le résumé m’apprend en plus que ce roman débute au moment où se termine les montagnes hallucinées de Lovecraft….
C’est donc avec une certaine curiosité, et appréhension, que je me suis lancé dans la lecture de Fanhunter: Las montañas de la locura. L’histoire est relativement simple à résumer : un richissime homme d’affaire, âgé semble-t-il de plusieurs siècles, cherche à mettre en place une expédition pour se rentre au pôle afin de protéger l’humanité d’une menace ancienne. Il recrute, entre autre, Erika Constantine, la fille de John, afin de l’accompagner et de devenir sa biographe.
A partir de là le roman narre la mise en place de l’expédition, ce qui implique entre autre de recruter des hommes et surtout de mettre la main sur la copie du Necromicon qui appartenait au récent décédé Lovecraft. L’expédition en elle même n’occupant que le dernier quart du roman.
Bonne surprise, la lecture est plaisante et le roman intéressant. Cels Piñol propose un mélange entre son univers fantastique (le lecteur y croisera même un fanpiro, un vampire se nourrissant de livre), l’imaginaire fantastique littéraire et des personnalités marquantes qui ont vraiment existé. Le tous mâtiné de technologie en avance sur son temps (clones du Dr Moreau, radio très longue portée, stylo bille, etc.). C’est probablement ce dernier point qui a un peu coincé avec moi : pourquoi faire un roman pseudo-historique pulp, si c’est pour y introduire des technologies datant de la fin du XXe siècle ?
Au final, un bon roman quand même, ce qui, vu le matériel de départ (des jeux de rôle parodique) n’était pas gagné. Si je retombe sur un livre de l’auteur, je me laisserai volontiers tenter à nouveau.

The Best of All Possible Worlds

Second roman de Karen Lord, The Best of All Possible Worlds est un roman de science-fiction se déroulant dans un futur indistinct où l’humanité a atteint les étoiles. Les Terrans (le nom des terriens) se sont mélangés à trois autres « races » (ou plutôt devrais-je dire « branches de l’humanité) et vivent sur de nombreuses planètes. Le roman se déroule sur l’une d’entre elle uniquement : Cygnus Beta.
 Une des branches de l’humanités, les Sadiri, ont vu leur planète détruite. Les seuls survivants, principalement des hommes, sont ceux qui étaient hors-planète à ce moment-là. Une colonie de Sadiri s’installe sur Cygnus Beta et, afin de sauver leur race, lance un programme de recherche d’épouse potentiel. Les Sadiri ont en effet cultivé des pouvoirs télépathiques et une culture particulière qu’il souhaite préservé.
Le conseiller Dllenak, avec la bénédiction du gouvernement de Cygnus Beta, part donc en une mission d’une année visitant les différentes sous-cultures de la planète afin de trouver des candidates potentiels (analyses génétiques et culturels à l’appuis). Dans son équipe se trouve Grace Delarua, une biologiste, qui est aussi la narratrice du récit.
Le roman est un mélange de science-fiction « à l’ancienne » (les Sadiri font fortement penser à des Vulcains, par exemple), de roman d’exploration (les différentes sous-cultures de Cygnus Beta sont autant d’occasion de confrontation à des cultures exotiques) et de romance (avec, l’inévitable ?, histoire d’amour entre Delarua et Dllenak).
Je dois admettre que je suis partagé sur ce roman. Je l’ai « lu » en version audio et j’ai apprécié mon écoute (la narratrice est excellente) . Mais dans le même temps je ne peux m’empêcher de penser que si je l’avais lu de manière traditionnelle, il me saurait tombé des mains assez rapidement. L’écriture est pourtant bonne, le « worldbuilding » bien fait… et pourtant j’ai le sentiment qu’il manque un je ne sais quoi à The Best of All Possible Worlds pour être vraiment excellent.

Planète à louer

Dans un futur proche, notre planète rentre en contact avec une civilisation intergalactique. La rencontre ne se déroule, hélas, pas à l’avantage de la Terre. Ecrasée par la supériorité technologique des races extraterrestres, elle devient une planète pauvre, isolé du reste de la galaxie et où les aliens viennent passer leurs vacances.
Le futur que décrit Yoss, dans la tradition de la Science-fiction classique, est particulièrement déprimant. L’humanité, réduite à être ;des citoyens de seconde zone, vivote sur les miettes que veulent bien lui laissé les Xenos. Une part importante des femmes, et des hommes, se prostituent pour gagner leur pitance, la toute puissante sécurité planétaire, gangrénée par la corruption et le népotisme, maintient l’ordre, les mafias font leur beurre sur les pauvres et l’office de promotion du tourisme dirige réellement la planète pour le compte des Xenos.
Ce tableau (une illustration assumée science-fictionelle du Cuba des années nonante) est présenté au sein de sept nouvelles liées par une unité de lieu et des personnages récurent. Chaque nouvelle traite d’une problématique : prostitution, sport, exil pour les artiste, corruption de la sécurité planétaire, fuite des cerveau, émigration clandestine et survie grâce à la générosité d’un Xenos.
Si j’ai pu lire que Planète à louer pèche par une science-fiction trop classique et une certaine transparence de son propos, , j’ai personnellement beaucoup apprécié la lecture de ce recueil. En effet, Yoss écrit bien (ou/et est sacrément bien traduit) et réussi à produire une critique de Cuba qui peut également se lire comme un ouvrage de science-fiction pure. Pour moi une vraie réussite !
Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

Interférences

Sous une couverture que je trouve archi-moche, Interférences propose cinq merveilleuses nouvelles de l’auteur cubain Yoss.
Trois sont liées entre elle par les lieux et la chronologie. Elles se déroulent sur notre planète et mettent en scènes les rivalités existantes entre le petit pays et le grand pays. Le petit pays est dirigé par un « dictateur affable (Guide éclairé de son Peuple) » alors que le grand pays est une démocratie. Dans la première nouvelle, « les interférences » un citoyen du petit pays voit sa télé se mettre à capter les trois chaines nationales dans le futur. S’en suit la description minutieuse de l’utilisation de ces connaissance par le petit pays : un vrai régal à lire (mention spéciale pour la technique de réparation cinétique, taper avec un marteau, de réparation du petit pays).
« Les pièces » voit une étrange épidémie frapper le grand pays, et dans une moindre mesure le petit pays. Des individus se transforme en pièce de construction, très solide et organique, avant de former d’étrange machinerie. Finalement, dans « les cheminées », l’orgueil national des deux pays est testé lorsqu’il s’agit de construire  une cheminée d’usine plus grande que celle du voisin. Une nouvelle satirique à la chute glaçante.
Deux nouvelles « bonus » closent se recueil :
« Ils étaient venus » décrit l’avant, le pendant et l’après d’une étrange invasion de touristes extraterrestres. Chaque phrase de la nouvelle décrivant un événement se déroulant sur Terre. Mises bout à bout elles donnent un panoramas saisissant.
« Seppuku » conte le suicide rituel de 99 samouraïs qui ont délivré leur région du règne d’un daimyo mauvais mais qui en paient l’ultime prix car ils ont failli à l’honneur du bushido. Une superbe nouvelle, je m’interroge sur sa réalité historique (si quelqu’un peu m’aider).
Au final un excellent recueil. Mon seul regret est de ne pas arriver à mettre la main sur les versions espagnoles des nouvelles (là aussi je veux bien de l’aide).
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Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

Existence

Existence se déroule dans notre futur, 2050, et propose une réflexion sur l’avenir de la Terre et de l’humanité. Les questions qu’adressent le roman sont celles de notre place dans l’univers, de l’existence d’autres races/civilisations intelligentes, et sur les moyens de rentrer en contact avec elle.

Pour ce faire, Brin dresse le portrait de notre planète dans la seconde moitié du XXIe siècle : un monde où les États existent encore mais on perdu de leurs prestiges et de leur pouvoir (les États-Unis se sont disloqués et la Chine est devenu La grande puissance, par exemple), où les changements environnementaux ont modifiés la géographie (de nombreuses villes côtières ont été inondées) et où les réseaux se sont encore développés et la réalité augmentée « couvre » la réalité de nombreuses couches d’informations supplémentaires.
C’est dans ce contexte, non pas décrit mais vécu par les protagonistes de l’histoire, qu’un astronaute chargé de nettoyer l’espace proche des nombreux débris qui l’encombre, récupère un étrange ovoïde lisse qui est en réalité une capsule contenant les simulations virtuels de nombreuses entités extraterrestres.
Sur ce point de départ, David Brin créé un récit à facette qui suit l’astronaute ayant découvert ovoïde, un enfant autiste relié au réseau, une jeune journaliste d’investigation, un riche héritier ayant eu un accident, sa mère, un écrivain travaillant pour le mouvement de renonciation à la technologie, un pauvre chinois ayant peut-être mis la main sur un second ovoïde…
De ces différents personnages, Brin tisse un récit passionnant qui met l’humanité fasse à des choix pour assurer son avenir, explorer l’espace et entrer en contact avec d’autres civilisations. Le livre audio, en anglais, est agréable à écouter et possède plusieurs narrateurs qui facilitent le suivi du roman face aux changements de personnage focale du récit. Je regrette néanmoins une transition entre différentes époques (à partir du dernier tiers du roman) un peu abrupte et qui laisse certaines sous-récits un peu en plan. Malgré cette réserve, Existence est un roman passionnant, tous comme l’est la postface de l’auteur qui l’éclaire de manière intéressante.

Dimension Necropolice

A la base, Necropolice est un jeu de rôle se déroulant au Brésil et qui permet de jouer des inspecteurs de police ayant des dons de médium. De ce jeu (qui se trouve dans ma collection mais que je n’ai pas encore pris eu le temps de lire), est né une anthologie de nouvelle : Dimension Necropolice.
Je m’attendais à des nouvelles typées fantastiques, mâtiné de policier; le recueil en fait s’apparente plus à un recueil de nouvelles policières où le fantastique est présent mais, globalement, de manière relativement légère. Dimension Necropolice est d’ailleurs une très bonne surprise et j’ai pris grand plaisir à le lire.
« Ma Baunilha » de Benoît Attinost, narre une histoire d’amour entre un psychopathe et une jeune fille. L’histoire est racontée du point de vue du psychopathe et la chute est, comment dire, « savoureuse » ?
« Duo » de Maxime Plasse décrit l’enquête d’un flic hanté. Je dois admettre que la nouvelle ne m’a pas spécialement marquée et, qu’à la fin de ma lecture du recueil, son histoire reste floue…
« Diablo nao morre para sempre » de Chris Debien est une des très bonne nouvelle du recueil. Elle suit la trajectoire d’un flic infiltré dans un gang qui, après avoir du faire les pires bassesses pour faire avancer sa mission, décide de revenir vers sa femme (qui le croit mort) et son supérieur (qui est le seul au courant de sa mission). Bien évidement les choses ne vont pas se passer comme prévu et la mission se révéler avoir d’autres motifs que la justice.
« Comme un léger goût de cendre » de Thomas Hervet narre une enquête sur fond de vengeance, mais les enquêteurs sont-ils vraiment si blanc que cela. Une autre bonne nouvelle du recueil.
« Mort en deux temps » de Fabien Clavel est une sympathique enquête dans le milieux des télénovelas, avec une victime, son fantôme et de la drogue.
« Morceau par morceau » de Mahyar Shakeri suit le travail d’un légiste. Celui-ci se révèle néanmoins être plus sombre que ne le laisse penser la première partie de la nouvelle.
« La tête de l’emploi » de Julien Heylbroeck se déroule dans la forêt amazonienne. Un des pilier de la section Medium, O Ghoul, enquête sur la mort de trois jeunes dans un village reculé : magie noire, esprits, trafic de drogue et chantage sont au programme d’une enquête fort sympathique.
« Destination Petropolis » de Fabien Fernadez est une nouvelle assez décousue où j’ai l’impression de ne pas avoir eu les codes pour bien la comprendre. C’est dommage car le pitch de départ est fort sympathique : un avion de trafiquant de drogue se fait intercepter par l’aviation brésilienne car il était sur le point d’entrer dans l’espace aérien d’un avion ministériel.
« Ghostalk » d’Eric Nieudan réunit des éléments disparate pour comprendre le destin de l’inventeur du « facebook » permettant de communiquer avec les morts. Une autre très bonne nouvelle du recueil.
« Règlement de compte à Sao Batista » de Nicolas Cluzeau est une enquête de format assez classique : un meurtre, une vengeance, le tout lié au passé d’agent infiltré d’un des inspecteurs. Le twist : le coupable est déjà mort….
« 10 Feuillets » de Franck Plasse est une habile enquête, présentée sous forme de feuillets (qui font eux même partie de l’histoire) sur un meurtre d’une voyante. L’auteur se paie même le luxe de faire un crossover entre l’univers du jeu Necropolice et celui de BIA.
« Août 1972 » de David Bray est une nouvelle étrange se déroulant dans les années 70 dans une asile psychiatrie d’où trois gamins tentent de s’enfuir. Si la nouvelle est assez fascinante, je n’ai pas compris ce qu’elle faisait dans ce recueil….
« Pour Rosa » de Charlotte Bousquet est une enquête sur une jeune fille de 16 responsables de trois meurtres. Elle assume totalement et veut un procès pour raconter son histoire. Une nouvelle dure sur le viol et l’indifférence de la justice. La fin est, malheureusement, un peu abrupte pour moi.
« Consommé » de Sandy Julien se déroule dans un restaurant select, à une seul table, où le personnelle change souvent, surtout lorsque la viande vient à manquer dans le frigo. Une bonne nouvelle avec peu, pas ?, de lien avec le jeux de rôle.
Au final, je ne peux que conseiller Dimension Necropolice, un recueil de nouvelles policières (mais pas que) avec une touche de fantastique. La lecture est accessible à ceux qui ne connaissent pas du tous le jeu de rôle, ce qui est une bonne chose.
Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.

Gun Machine

Polar de Warren Ellis, Gun Machine débute lorsque le détective du NYPD John Tallow intervient pour une querelle de voisinage. Il perdra son partenaire de vingt ans et découvre un appartement dont les murs, le sol et le plafond sont couverts d’armes à feu. L’analyse de ces dernières révèlent qu’elles sont toutes liées à des homicides non-résolus ayant eu lieu sur plusieurs décennies.
Débute ainsi pour Tallow une enquête qui le confrontera au service scientifique de la police, à trois influents et ambitieux hommes qui ont fait un pacte avec un tueur et à un tueur méticuleux, discret et efficace qui vit entre le New York d’aujourd’hui et le New York que connaissait les indiens.
Difficile d’en dire plus sans dévoiler d’avantage l’intrigue. Gun Machine est un polar efficace et agréable à lire. Le pitch de départ est, je trouve, super intéressant et le roman a une petite touche de sombre folie qui me plait. Une lecture, donc, que j’ai beaucoup aimé.

Et d’Avalon à Camelot

Second recueil de Lucie Chenu sur les mythes arthuriens (le premier était De Brocéliande en Avalon) Et d’Avalon à Camelot propose dix nouvelles mettant en scène le mythe, dans le passé ou à l’époque contemporaine. Si tous les textes ne se valent pas, l’ensemble de l’anthologie est de bonne facture.
« Excalibur Circus » de Gudule est le récit d’une mère dont le fils a disparu après une représentation de cirque. Il est entré dans une attraction destiné à deviner son destin et n’en est pas sorti, l’épée figée dans la pierre à l’intérieur de l’attraction n’était également plus là…. Récit sympathique, mais sans plus.
« Trick or Treat » de Yael Assia suit les pas d’un jeune homme se croyant la réincarnation de Taliesin et qui est accro à la féerie. Mais le prix pour s’y rendre est élevé… Certainement pas la meilleure nouvelle du recueil, mais elle bien écrit et repose sur une bonne idée.
« Ce que chuchotait l’eau » d’Anne Fakhouri se pas à l’époque du mythe. Elle suit les pas du sénéchal Keu qui doit se rendre dans un fief éloigné afin d’en vérifier les comptes. Une très bonne histoire qui jette un regard intéressant sur le personnage.
« Le chevalier noir » de Lunan est une nouvelle qui, en se mettant dans la peau du chevalier noir, propose un point de vue intéressant sur l’origine d’Excalibur et des chevaliers de la table ronde. Si l’idée est bonne j’ai moins aimé son traitement.
« Voyage sans retour » de Rémy Gallart est une histoire de voyage entre les mondes qui tourne mal. Une tentative de modifier le mythe de Merlin qui, bien qu’agréablement écrite, m’a laissé de marbre.
« Le sacre du nouvelle an » de Dean Whitlock se déroule à notre époque et met en scène Mordred, Morgane et Galaad dans la quête d’Arthur et l’accomplissement d’une vengeance. Un très jolis texte qui interroge la fonction même du mythe arthurien.
« L’histoire du Haut-Portail » d’Estelle Valls De Gomis est une histoire sympathique qui pourrait se résumer en Gauvain chasseur de vampire à l’ère victorienne.
« Décharmé, peut-être » de Léonor Lara est mon second coup de cœur du recueil, un Perceval immortel qui retrouve la réincarnation de Merlin à notre époque. Une confrontation importante où Perceval tente de comprendre pourquoi il a failli et quel est le but de Merlin.
« Fata Morgana » de Sara Doke se déroule à notre époque et rejoue le mythe dans une famille riche. Morgana qui aime beaucoup son demi-frère Arthur  mais qui est tenu à l’écart par sa famille. Elle devient une neurochirurgienne réputée et est appelé pour sauver son frère après un grave accident. Un très très bon texte.
« Une légende est née » de Nicolas Cluzeau relate la quête de Gwnewyr afin de donner un héritier à Arthur. Une nouvelle aux tons historiques et fantastiques où la reine adultérine est présenté sous un jour différent. Un autre très bon texte.
Au final,  Et d’Avalon à Camelot est un très bon recueil. Les textes de Cluzeau, Fakhouri, Lara et Whitlock étant pour clairement au dessus du reste.
Rentre dans le cadre du challenge nouvelles et novellas.