Rois et Capitaines

Rois et Capitaines est une anthologie de nouvelles de fantasy, contrairement à l’anthologie Dragons, paru également au mois de mai, que j’avais trouvé plaisante mais sans plus, Rois et Capitaines est un vrai petit bijou.

Sans rentrer dans le détail, les différentes nouvelles qui composent se recueil, sur les rois et les capitaines (donc beaucoup de récits de bataille) sont d’excellentes factures. Mes préférées sont les nouvelles de Jean-Philippe Jaworski, de Rachel Tanner, de Lionel Davoust et et de Thomas Day; mais les autres nouvelles du recueils sont tout aussi intéressantes à lire.

Le sommaire de cette incontournable de l’imaginaire français actuel est :

  • Claire & Robert Belmas, « Dans la main de l’orage »
  • Pierre Bordage, « Dans le coeur de l’Aaran »
  • Armand Cabasson, « Serpent-Bélier »
  • Lionel Davoust, « L’impassible armada »
  • Thomas Day, « La Reine sans nom »
  • Johan Heliot, « Au plus élevé trône du monde »
  • Julien d’Hem, « Le Crépuscule de l’Ours »
  • Catherine Dufour, « Le Prince des pucelles »
  • Jean-Philippe Jaworski, « Montefellòne »
  • Laurent Kloetzer, « L’Orage »
  • Maïa Mazaurette, « Sacre »
  • Rachel Tanner, « La Demoiselle »

Gromovar en dit également le plus grand bien sur son blog !

Tancrède

Tancrède, sous titré une uchronie, est un roman, se présentant sous la forme d’un journal intime, qui narre les aventures du prince normand Tancrède de Hauteville qui part, en 1096, en croisade avec son oncle Bohémond de Tarente. Au fil de l’avancée de la croisade, Tancrède, homme de fois, va peu à peu prendre conscience de la violence des croisés et de la diversité des infidèles. Manipulé dans l’ombre par une mystérieuse société secrète, il finira par se convertir à l’Islam et mené, dans un mouvement uchronique, la reconquête de Jérusalem et l’union des royaumes musulmans, alors que l’ombre des assassins planent sur toute la seconde partie du roman.

Uchronie intéressante, Tancrède est un roman passionnant qui se lit vite, malgré, à mon goût, quelques petites faiblesses dans l’écriture qui transparaissent ça et là. Si les croisades, l’histoire et les uchronies vous attires, ce roman devrait vous combler.

Les aventures d’un tee-shirt dans l’économie globalisée

Les aventures d’un tee-shirt dans l’économie globalisée, écrit par une économiste américaine, suit la trajectoire d’un tee-shirt acheté aux États-Unis depuis le champ de coton jusqu’à sa destruction en passant pas sa fabrication et sa distribution.

Au delà de l’aspect anecdotique de l’histoire d’un tee-shirt, cet ouvrage propose une réflexion sur le fonctionnement de l’économie globalisée. Organisé en quatre parties (correspondant auxquatre grandes étapes de la vie d’un tee-shirt : croissance du coton, fabrication du tee-shirt, distribution du tee-shirt, « recyclage » du tee-shirt), Pietra Rivoli, l’auteure, montre que l’économie globalisée n’est pas tant un lieu où le marché libre règne en maitre, mais plutôt un endroit où les lobies et les politiques créent de la distorsion sans arrêt. Ainsi les acteurs de l’histoire d’un tee-shirt passent plus de temps à tenter de contourner les écueils du marché (l’esclavage pour les besoins de main-d’œuvre, par exemple) qu’à fonctionner selon les théories économiques.

Les aventures d’un tee-shirt dans l’économie globalisée est au final un livre très intéressant qui permet de mieux comprendre le fonctionnement de la globalisation. Les deux seuls reproches qu’on peut peut-être lui porter est d’être très centré sur les USA (le livre y est d’abord paru en anglais) et un certain biais libérale de son auteure.

Dehors les chiens, les infidèles

En ce moment, et par le plus grand des hasards, je suis dans une période « low fantasy ». Ainsi après Gagner la guerre et Le royaume blessé, je me suis attaqué à Dehors les chiens, les infidèles, premier roman de fantasy de Maïa Mazaurette; et ma fois bien m’en a pris tant ce roman est de bonne qualité.

Dans un monde où le soleil a disparu avec la disparition de l’étoile du matin, une arme sainte prise par Galaad pour partir en guerre et disparue avec lui, le monde est divisé entre les partisans de la lumière, les croyants, et des ténèbres, les incroyants et les sans-Dieu. Tous les cinq ans, depuis maintenant près d’un siècle, cinq questeurs sont exilés de la grande cité d’Auristelle afin de rechercher l’étoile du matin et de faire revenir le soleil. Spérance et sa clique sont de ceux-ci. Une expédition au cœur de la cité des incroyants les lancera sur la trace de la location véritable de l’arme de Galaad et les mettra en prise avec l’hypocrisie de la religion, de la politique et d’eux-même pour, peut-être, ramener la lumière.

Le monde créé par Mazaurette est un endroit sombre, où de trop rares miracles côtoient la déchéance humaine, les déformations physiques, l’obscurantisme et le fanatisme. Son écriture collant à ses personnages forme un roman sombre et oppressant que j’ai lu avec plaisir. Une vraie réussite.

l’avis de Gromovar
l’avis du Pendu

Les Gardiens de Ji tome 2

Le deuil écarlate est le second tome de la troisième trilogie de Ji (la volonté du démon étant le premier) et visiblement Pierre Grimbert s’est fait conseillé par Bob pour écrire son cycle…

Ainsi, ce deuxième tome propose la suite des aventures de la troisième génération des héritiers de Ji, suite à la mystérieuse disparition des deux générations précédentes, ces jeunes adultes cherchent à comprendre se qui c’est passé et pourquoi la magie et les dieux qui ne devraient plus exister semblent réapparaitre. Pour ce faire, et escorter d’un membre de la seconde génération « réscapé », ils se renderont sur l’île de Ji et à la rencontre de Usul, Celui-Qui-Sait, et ce toujours poursuivi par un mystérieu ennemi.

La trame de ce troisième cycle, comme je l’ai déjà dis dans la critique du premier tome, reprend tout les éléments des deux premiers cycles : des jeunes gens confrontés à de mystérieux assassins, un mystère qui semble impliquer le destin même du monde, des secrets de familles dont on auraient pu penser que cette fois-ci ils ne sauraient pas secrets, une quête initiatique, des prophéties, des cachoteries entre « héritiers », etc.

Ainsi, si le premier cycle était classique mais très bien monté avec un monde original à découvrir, le deuxième sentait un peu le réchauffé mais rester agréable, ce troisième cycle me parait médiocre et n’apporte rien de nouveau à l’histoire; on prend les mêmes, ou presque, et on recommence. Me connaissant je me ferais sans doute avoir dans une année et je lirais la suite car je suis curieux de savoir comment Grimbert s’en sortira, mais à moins d’une grande surprise je serais sans doute très déçu.

Man in the dark

Man in the dark est le dernier roman paru, à ce jour, de Paul Auster. Il est centré sur le personnage de Brill, un octogénaire, cloué par un accident de voiture dans une chaise roulante, et vivant avec sa fille divorcée et sa petite fille qui a perdu il y a peu son petit-amis. Le roman se déroule durant une nuit où Brill est étendu dans sa chambre en pleine obscurité. Afin de conjurer le sommeille et d’éviter de penser à sa femme morte d’un cancer et aux images de la décapitation du petit ami de sa petite fille, il imagine un monde où les attentats du 11 septembre n’ont pas eu lieu et où l’Amérique est en guerre avec elle-même. Le personnage centrale de ses rêveries vient de notre monde et doit y retourner pour éliminer Brill afin de mettre fin à la guerre…

Cette histoire un peu tordue est le prétexte pour plonger dans les interrogations et les doutes d’un homme au crépuscule de sa vie et des doutes et tragédies qui l’ont touchés lui et sa famille. L’écriture de Auster démontre une maitrise de la narration impressionnante et se lit avec facilité et fascination. On retrouve également dans ce roman certaine des obsessions de l’écrivain sur le sens de la vie et sur les interaction entre les personnages de fiction et leur créateur. Si j’ai aimé la lecture de Man in the dark, force est d’admettre qu’une seconde lecture me serait peut-être nécessaire pour en percer une plus grande partie des ses arcanes, une caractéristique « austerinienne » peut-être ?

Dragons

Dragons anthologie est un recueil de nouvelles tournant toutes autour de la figure du dragon. Les différentes nouvelles du recueils vont de moyen à bon et se déroulent à des époques variées et mettant en scène une infinité de variation sur le thème imposé.

A titre personnelle j’ai particulièrement apprécié Chansons pour Ouroboros de Daylon la nouvelle qui ouvre le recueil, une nouvelle exigeante, un jeu littéraire qui n’atteint toute sa saveur qu’une fois la nouvelle finie; Les années d’orichalque d’Ugo Bellagamba, une nouvelle sur des chevaliers-dragons, la mythologie scandinave et la fin d’un monde et le début d’un autre;, Au seuil de Loïkermaa de Francis Berthelot, une histoire de fraternité impossible entre un enfant et un dragon; Draco Luna de David Camus, la fin de Baudoin, le roi lépreux, et un mystérieux dragon lunaire; La suriedad d’Estelle Faye, une histoire de pirate, de mythe premier et bien sur de dragon; D’un dragon à l’autre de Jérôme Noirez, une histoire d’éveil se déroulant durant la seconde guerre mondiale; L’huile et le feu de Joahn Heliot, une histoire de dragon dans le sud des États-Unis qui a un très fort gout de polar et de pétrole, sans doute ma nouvelle favorite du recueil, et Dragon caché de Mélanie Fazi, l’histoire d’un enfant différent possédant des pouvoirs sur les plantes et où la présence du dragon est avant tout métaphorique.

Les autres nouvelles du recueils sont plus moyenne, la nouvelle de Thomas Day, la contrée du dragon, est-elle très bien écrite, mais j’ai l’étrange impression qu’elle n’est vraiment compréhensible que pour le lecteur qui a parcouru d’autres ouvrages de l’auteur, dommage !

Un regret, et de taille, l’absence de pré-face ou de postface proposant une introduction au recueil et/ou une mise en perspective. Mais si vous aimez les dragons, ce recueil est fait pour vous !

Le royaume de l’idéal

Septième volume de la série des douze Royaume (après la mer des ombres, Le rivage du labyrinthe, la majesté des mers, le vent de l’infini, les ailes du destin, et les rives du crépuscules ) le royaume de l’idéal est un recueil de cinq nouvelles (dont une un peu plus longue que les autres) et mettant en scène différents personnages déjà aperçu dans la série. Toutes les nouvelles se déroule avant les évènements narré dans les deux derniers volumes de la série. De manière général, il s’agit avant tous de grandes discussions sur les valeurs morales et politiques des souverains des douze royaumes.

– « Fleur d’hiver » présente un voyage de Taiki, peu de temps après qu’il aie choisi un souverain au royaume de Tai, dans un royaume plus au sud.

– « A la faveur de la Lune » est consacré au dilemme de Gekkei qui a assassiné le souverain du royaume de Kyô, libérant ainsi le royaume de l’égarement de son souverain, mais qui en même temps s’est rendu coupable de régicide. Il ne veut donc pas exercer le pouvoir mais semble l’homme le plus à même d’assurer l’interrègne.

– « Correspondance » est… une correspondance entre Rakushun et Yôko, quelque temps avant le couronnement de cette dernière, qui permet une plongée dans leur quotidien.

– « Utopie », la plus longue nouvelle et probablement la plus intéressante, narre les derniers temps du roi de Sai qui voulait tellement créer le royaume idéale qu’il perdit la voie.

– « Retours au pays » conte la rencontre, et la discussion, entre le roi de En et le prince de Sô en voyage incognito dans le royaume de Ryû.

Un recueil de facture moyenne, qui intéressera surtout les aficionados des douze royaumes et laissera de marbre les autres.

Jouer avec l’histoire

Jouer avec l’histoire est la première publication d’un petit éditeur associatif qui veut proposer des ouvrages d’analyses et de réflexions sur le jeu de rôle comme loisir. Le première opus, sortit il y a peu, est consacré, comme son nom l’indique, aux liens entre l’histoire (la petite et la grande) et le jeu de rôle. Il propose plusieurs articles de réflexion sur le sujet.

La première partie, sur trois, de l’ouvrage donne la parole à des auteurs de jeux de rôle historique afin qu’ils puissent parler de la genèse et du traitement de l’histoire dans leur jeu. Te Deum pour un massacre, Pavillon Noir et Maléfices ont ainsi le droit à un article.

La seconde partie est consacré à des réflexions sur le jeu en contexte historique. Un article propose des conseils et une analyse de l’écriture d’une campagne historie, un autre discute l’utilisation de la notion de genre afin de type une partie historique et le dernier, plus universitaire, analyse les représentations des rolistes sur le Moyen-Âge.

La troisième, et dernière partie, est consacrée à l’épineuse question des périodes douloureuses de l’histoire en jeu de rôle. Dans les faits, les trois articles se concentrent sur la période de la seconde guerre mondiale. Un article s’interroge sur la manière de traiter, en supplément et en jeu, cette période si chargée, un autre propose une discussion sur les liens entre le Nazisme et le jeu de rôle (avec de gros morceau de pulp à l’intérieur, et le dernier est une réflexion sur la création d’une campagne utilisant le mythe de Cthulhu et se déroulant en 1942.

Au final ce première opus est très intéressant à lire et propose de nombreuses réflexions passionnantes sur ce qui est pour moi plus qu’un hobby, presque une passion. Si je devais faire juste deux reproches à Jouer avec l’histoire, se serait son côté « auberge espagnole » et, sur la dernière partie, une emphase presque exclusive sur la second guerre mondiale. Si mon second reproche se passe, je pense de commentaires, le premier mérite un petit développement. Si les différents articles proposés sont intéressants ils souffrent, à mon sens, d’un dispersement important. Se côtoient un article de type scientifique (dans le ton et sur son sujet), des conseils de maitrise, des réflexions générales sur l’histoire et le jeu de rôle, des réflexions sur la création d’un jeu, ou d’une campagne, spécifique… Mais au final, cela fait également la richesse de l’ouvrage que je ne peux que conseiller aux rolistes qu’un peu de réflexion sur leur loisir interesse. De plus si le premier tome marche bien, un deuxième sur l’horreur sera mis en chantier.

Pour se le procurer vous pouvez tanner votre boutique préférer ou vous rendre sur le site de Pinkerton Press (où un article est en téléchargement gratuit).

Blogosphère de la fantasy

Bon chez les corbeaux d’à côté, il y a un article proposant de développer la blogosphère des littératures de l’imaginaire.

A priori je suis plutôt pour, sauf que moi et la technologie même si cela ne fait pas tout à fait 2 (après tout je blogue) on est pas non plus copain comme cochon…. donc j’essaye de suivre les conseils du billet avec backlinks et autres termes techniques, mais si cela ne marche pas c’est parce que je ne suis pas doué….

Vous pouvez reprendre des activités normales.