Utopiales 09

Utopiales 09 est une anthologie de nouvelles parue dans le cadre du festival éponyme. Elle propose six nouvelles de Robert Charles Wilson, Catherine Dufour, Walter Jon Williams, Pierre Bordage, Stéphen Baxter et Jean-Philippe Jaworski, ainsi qu’une préface de Ugo Bellagamba.

De manière générale les nouvelles proposées ici sont de bonnes factures même si je n’ai pas accroché aux nouvelles de Bordage et à celle de Baxter.

Williams propose une nouvelle uchronique intéressante sur ce qu’aurait pu être la vie d’Elvis si elle avait été politisée.

Jaworski, qui est avouons le la raison pour laquelle j’ai acheté ce recueil, propose une sympathique nouvelle sur le destin d’une épée magique dans les grandes steppes de Mongolie.

Dufour et Wilson proposent deux textes de bonne facture, mais j’ai beaucoup de mal avec la première et son texte à la sexualité trop affirmée et à mauvaise escient à mon gout. Le second produit un texte sympathique sur la vie d’un trentenaire divorcé mais j’ai trouvé la fin à base d’entités célestes un peu bizarre.

La préface de Bellagamba sur la vie numérique et la vie réel est très juste et fort plaisante à lire.

Donc, au final, un recueil fort sympathique vu son rapport qualité/prix/temps de lecture.

Sword of Ice

Sword of Ice and Other Tales of Valdemar est un recueil de nouvelles, paru en 1996, proposant quinze histoires se déroulant dans le monde imaginaire, créé par Mercedes Lackey, de la série des Hérauts de Valdemar mais écrits par d’autres auteurs. C’est le premier recueil du genre paru dans le monde de Valdemar.

Pour ceux qui ne connaisse pas le cycle des Hérauts de Valdemar, il s’agit d’une série de Romantic Fantasy. Dans un monde médiéval fantastique l’élite du royaume de Valdemar est formé par les Hérauts. Ces derniers sont liés pour la vie à un Compagnon, un cheval blanc intelligent, qui choisit son hérauts pour ses hautes qualités morales. Le cycle se caractérise par de nombreux actes héroïques et une place importante laissée aux relations entre les personnages et aux histoires de cœur. On aime ou on aime pas, mais il n’empêche que Lackey a une plume fort agréable à lire et que son cycle est un des meilleurs du genre.

Pour en revenir à Sword of Ice and Other Tales of Valdemar, les quinze nouvelles constituant ce recueil sont, dans l’ensemble, de bonne facture et ne se déroulent pas toutes à Valdemar ni mettent toutes en scène les Hérauts. Maintenant, aucune nouvelle ne ressort fortement du lot et ne me laissera une trace profonde.

Ceci étant dit, si vous avez aimer le cycle des Hérauts de Valdema, ce recueil fait une lecture fort agréable qui permet de se replonger dans un univers riche et attrayant.

Les nombreuses vies de Harry Potter

Les nombreuses vies de Harry Potter paru il y a peu chez Les Moutons Électriques est un essai fort joliment illustré sur Harry Potter et les autres étudiants en magie célèbre de la littérature. La particularité de cette collection, la bibliothèque rouge dont ce volume est le dix-septième paru, est de traiter de son sujet comme si les personnages de fiction et les mondes dans lesquels ils évoluent étaient vrais.

Ainsi, ce volume s’ouvre par une présentation de la société des sorciers et sorcières ainsi qu’une discussion sur la magie et les différentes écoles qui l’enseignent. Il se poursuit par une chronologie détaillée des grands évènements du monde magique. Quelques nouvelles sont ensuite proposée et, finalement, un essai sur l’étymologie des noms dans Harry Potter et un autre sur la figure de l’orphelin dans la littérature du merveilleux closent l’ouvrage.

Les nombreuses vies de Harry Potter est un ouvrage intéressant et bien fait à l’esthétique léchée, il souffre néanmoins, à mon sens, de deux gros défauts. Le premier est que si le parti pris de parler des personnages de fictions comme des êtres réels est intéressant, je reste plus sceptique sur celui de mélanger la « réalité » de plusieurs œuvres fictionelles. Ainsi Harry Potter nettoient d’autres mages et Hogwart d’autres écoles. Le résultat donne parfois le sentiment d’un gros mélange qui affaiblit la portée des analyses proposées et compliquent la lecture. Deuxièmement, le choix des œuvres abordées n’est pas, comme souvent dans ce genre d’ouvrage et pour des raisons évidentes, exhaustif. Ce qui pourrait ne pas être un défaut si la manière dont le choix s’est opéré était transparent; hors ce n’est pas le cas ici. J’ai, par exemple, été très surpris de ne pas lire de mention de Jonathan Strange & Mr Norell.

Mais que ces réserves ne vous empêches pas de vous plonger dans un ouvrage fort intéressant (et dont les deux derniers articles sont les plus passionnant).

Lininil a disparu

Grand fan des aventures de Valérian et Laureline en format BD, c’est avec surprise et une certaine curiosité que je suis tombé sur le premier roman des su-cités.

Lininil a disparu, puisque t’elle est son nom, est un court roman parut chez Mango Jeunesse. Il se déroule dans le tentaculaire Point Central durant la période de galère des deux ex-agents spatiotemporels. La Terre a disparu et leur vaisseau abimé est en rade sur Point Central. Fauchés, ils acceptes une mission proposée par le trio d’espions shingouzs et se lance à la recherche du bi-prince Lininil qui a été enlevé.

Lors de leur recherche, nos valeureux héros parcourront Point Central de long en large et de bas en haut afin de mettre à jour une conspiration politique d’envergure. Chemin faisant, ils rencontreront toutes la ménageries peuplant régulièrement les BD de Christin et Mézières.

Passé le moment d’adaptation du au changement de format, ce roman est plaisant et retranscrit bien l’ambiance des BD. Sans être une lecture indispensable, je la conseil à tous les fans, petits ou grands, de Valérian et Laureline tant elle constitue un ajout appréciable à leurs aventures. Je me pose néanmoins la question du plaisir qu’y trouverait une personne qui ne connait pas la BD tant les références sont nombreuses.

La charmeuse de bêtes

La charmeuse de bêtes est un roman japonais de fantasy pour ados de Nahoko Uehashi en deux tomes. Dans un monde médiéval un royaume pacifique dirigé par une reine de descendance divine est protégé par un royaume vassale qui se charge de l’acte impure de la guerre. Les tôdas, des serpents géants sont utilisés par ce dernier afin de mener les combats.

C’est dans ce royaume qu’Érin, 10 ans, vit avec sa mère vétérinaire chargée de soigner les tôdas. Cette dernière a quitté son peuple de nomade pour s’installer dans un petit village. Mais les todas à sa charge meurent et elle est condamnée à mort. Faisant preuve de mystérieuse capacité de contrôle des tôdas elle sauve sa fille, Érin, d’une mort atroce. Débute alors pour Érin une vie d’orpheline qui, sur une dizaine d’année, va la menée d’un vielle apiculteur à l’académie vétérinaire. Là, son intelligence va lui permettre de contrôler les ôjûs, les oiseaux royaux seuls prédateurs connu aux tôdas, et, de fait, jouer un rôle majeur dans l’avenir des deux royaumes.


Roman d’apprentissage, La charmeuse de bêtes est un roman plaisant qui se lit rapidement. L’écriture très direct et simple (écueil du japonais ou de la traduction ?) est peu recherché et l’histoire souvent naïve. Mais le monde dépeint est dépaysant et l’histoire somme toute prenante.

21st Century Skills

21st Century Skills Learning for life in our times est un ouvrage américain d’une fondation de réflexion sur l’éducation. Il propose une réflexion sur les compétences à acquérir au vingt-et-unième siècle et sur la manière dont l’école et l’enseignement doit changer pour les inclure dans le cursus des élèves.

Ainsi, selon les auteurs, les compétences importantes de notre siècle sont la pensée critique, les compétences liées aux travail en groupe et au multiculturalisme, l’adaptabilité, l’apprentissage autonome, l’innovation, la créativité et les compétences liées aux nouvelles technologies (« Information, Media et ICT literacy »).

Pour développer ces compétences chez les élèves, l’école doit abandonner le mode d’enseignement magistral et développer le travail sur des projets. Les auteurs vont même plus loin en demandant à ce que l’organisation pratique de l’école change avec, par exemple, des salles de classe plus ouverte et plus favorable à l’échange entre élèves.

En tant qu’enseignant, je trouve cette ouvrage intéressant et je partage plusieurs de ses points de vue. Néanmoins, je regrette que, comme souvent dans ce genre de discussion, un certain nombre de point soient systématiquement peu abordés : que faire des élèves peu scolaires et/ou défavorisés socialement, comme gérer les résistances émergent des élèves eux même habitués aux formes traditionnelles d’enseignement, etc. De la même manière, j’ai une tendance naturelle, et peut-être parfois exagérée, à me méfier un peu des ouvrages qui, comme celui-ci, émanent de fondations ou de groupes de réflexions privés financés par des groupements économiques et privés dont l’idéologie n’est pas toujours clairement apparente.

Peter & Max

Bill Willingham est très connu pour être l’auteur d’une séries de comics à succès intitulée Fables. Cet excellent comics met en scène des personnages de fables et de contes de fée qui ont du, depuis quelques siècles, se réfugiés dans notre monde, à New York, car leur monde ont été conquis par une armée commandé par un mystérieux Empereur. Les Fables, car c’est le nom qu’il se donnent, réfugiées ont signé un accord qui pardonnent touts leurs crimes avant l’arrivée à Fabletown, le quartier qu’ils occupent, à l’insu des humains, dans New York. Ainsi la Belle et la Bête sont respectivement assistante du maire, le prince charmant, et shérif, Blanche Neige est mariée au grand méchant loup, Frau Tottenkinder dirige les quelques sorciers qui ont pu se réfugier à Fabletown, etc.

Du comics, Willingham est passé au roman avec Peter & Max a Fables novel. Ce roman, superbement illustré par Steve Leialoha et contenant en bonus une courte BD, narre les aventures des deux frères ennemis Peter et Max. Le roman, à l’image de ce qui y fait dans les comics, est une ré-écriture de l’histoire du flutiste d’Hamelin. Il narre, tout d’abord l’histoire de Peter qui a hérité de Frost la flute magique familiale et de son frère Max rongé par la jalousie et l’envie alors que les armées de l’Empire déferlent sur leur monde. Peter se réfugiera à Hamelin où il deviendra voleur et Max perdu dans la forêt noir rentrera en possession d’une autre flute magique qui fera de lui un être puissant et maléfique. En parallèle, l’histoire se passe également de nos jours alors que Max entre dans notre monde et que son frère Peter, réfugié à Fabletown, s’en va l’affronter pour la dernière fois.

Autant le dire d’emblée, ce roman est un petit bijou fort agréable à lire et qui pourra même intéresser ceux qui, honte à eux, ne connaissent pas le comics. Les illustrations superbes qui illustrent l’ouvrage ainsi que la couverture rigide en font de plus un fort belle objet. Mon seul regret est la fin de l’histoire qui, si logique et tout à fait dans le ton, arrive peut-être un peu abruptement au vue de toute la tension narrative accumulée dans le roman.

Le Roi du cinéma muet

En me baladant, il y a quelque temps, sur le site Blog-O-Book, je suis tombé sur une offre pour un service de presse d’un livre indien (Le Roi du cinéma muet); intrigué, je me suis dit que cela ferait une lecture sympathique et, en deux trois mouvements, j’ai reçu mon exemplaire.

Je viens d’en finir la lecture avec forte difficulté. Ce roman raconte, à la première personne, la vie d’Abani Chatterjee qui, à Calcuta au début du XXe siècle, devient acteur de film muet avant de connaitre la déchéance et un retour attendu dans un film de Fritz Lang qui ne sortira jamais.

Pour être correcte, je dois reconnaitre que l’écriture du roman est bien fait, Abani raconte sa vie avec un vocabulaire et un ton qui montre bien la haute opinion de lui même qu’à ce personnage. Les péripéties qui émaillent sa vie sont rocambolesques au possible et m’ont fait sourire. Pourtant, pourtant…. je dois admettre que je n’ai pas accroché, difficile à dire pourquoi, peut-être le sentiment que j’aurais du lire le roman en anglais, ou alors le fait qu’il est si centré sur l’histoire du cinéma muet qu’il manque peut-être à mon gout de réflexion sur l’histoire de l’Inde. Enfin bref, au final un roman qui a des qualités mais qui moi m’a laissé froid.

N’espérez pas vous débarrasser des livres

N’espérez pas vous débarrasser des livres est une la retranscription d’une conversation entre le philosophe et romancier (entre autre) italien Umberto Eco et l’écrivain et dramaturge français Jean-Claude Carrière. Ces deux hommes de lettres, nés au début des années 30, mènent une longue conversation sur les différents aspects des livres (historiques, utilisations, bibliothèques, conservations, oublis, etc.).

Comme on peut s’y attendre avec deux hommes de lettres tel que Eco et Carrière la conversation qu’ils mènent est d’un niveau très élevé et utilise de nombreuses références livresques et historiques. Elle est émaillée, comme toutes conversations, de nombreuses digressions forts intéressantes.

Maintenant cette conversation a en partie les défauts de ses qualités : elle est élevée, spirituelle, bourrée de références et… tenue par deux intellectuelles qui ont presque 80 ans. De fait, je pense qu’une partie de leur interprétation de l’évolution technologique et de l’avenir du livre (notamment électronique) est en partie marquée par la génération à laquelle ils appartiennent. Ceci étant dit, cette ouvrage reste une lecture très intéressante qui rebutera sans doute les personnes qu’une trop grande démonstration de culture intellectuelle et général dérange.

Generation X

Generation X de Douglas Coupland est considéré par beaucoup comme un roman majeur de la littérature anglo-saxonne. Il dépeint la première génération née après le baby boom (soit dans les années 60 et 70).

Le roman se déroule en Californie à la fin des années quatre-vingt et suit la vie de trois jeunes adultes (deux garçons et une fille entre 20 et 30 ans) vivant de petits boulots et refusant d’entrer dans le système. Le roman, écrit à la première personne par l’un des garçons, suit le parcours de ces membres typiques de la génération x qui oscille entre désenchantement, froide et quasi-cynique lucidité, envie de liberté et marginalisation. Le récit est émaillé d’histoires qu’ils se racontent et qui sont des plongées métaphoriques dans les rêves et aspiration de cette génération.

Au niveau inter-textuelle les bas de pages du roman présente des définitions et des dessins expliquant cette génération. En voici deux exemples :

« Mental Groud Zero: the location where one visualizes oneself during the dropping of the atomic bomb; frequently, a shopping mall. »

« Strangelove reproduction: Having children to make up for the fact that one no longer believes in the future. »

Je n’ai pas aimé ce roman. S’il m’a parfois arraché quelques sourires et que pas mal des définitions proposées en bas de page visent assez juste, j’ai trouvé le portrait brossé de la génération X (à laquelle j’appartiens bien que je sois nés à la fin des années 70) très déprimante. Bien que la génération X soit souvent considérée comme une génération moins chanceuse que la présidente (arrivée sur le marché du travail à la fin des Trente Glorieuses et ayant moins d’opportunités que la génération précédente), je ne suis pas sur que la vision si pessimiste et désenchantée proposée par Coupland soit la bonne. Un roman culte et célèbre certes, mais qui m’aura laissé de marbre.