Anansi Boys

Fat Charlie mène une vie médiocre mais tranquille à Londres : un boulot de comptable minable, une fiancée avec une futur-belle mère exécrable, et surtout il vit loin de son père. Mais au final Fat Charlie n’est pas mécomptant de sa vie. Mais voila qu’un beau jour son père décède alors qu’il chantait une chanson dans un karaoké. Ce jour là la vie de Fat Charlie bascule.

Elle bascule, car son père n’est pas n’importe qui : c’est Anansi l’araignée des mythes africains. Et non contant d’avoir un dieu comme père, Fat Charlie a aussi un frère, Spider, qui s’invite dans sa vie et la met sans dessus dessous : plus de travail, plus de fiancée, et la police qui s’intéresse à lui. Fat Charlie doit réagir pour sauver sa vie et, qui sait, découvrir sa propre nature.

Gaiman livre ici un roman dans la droite ligne de American Gods. Seulement il est beaucoup plus léger, on rit beaucoup et on suit avec plaisir une histoire bien ficelée et, malgré la légèreté du propos, joliment documenté. Une lecture très très agréable.

Krik? Krak!

“Krik?” demande le publique, “Krak!” répond le conteur avant de commencer son histoire. C’est par ces deux mots que commence la narration d’une histoire à Haïti, et c’est par ces deux mots que Edwidge Danticat a décidé de nommer son recueil de nouvelles. Des nouvelles qui nous parles de Haïti et des femmes. L’écriture puissante de Danticat et les thèmes qu’elle aborde font que chaque nouvelle est un coup de point que l’on reçoit. Un recueil fort donc, mais d’une beauté sublime et d’un écriture limpide et évocatrice.

“Children of the sea” narre le destin tragique d’un boat people perdu en mer et de sa petite-amie restée à Port-au-Prince, alors qu’une sanglante révolution vient d’avoir lieu.

“Nineteen Thirty-Seven” raconte les derniers jours d’une femme emprisonnée, le destin de sa fille, et le rituel secret qui les lient.

“A wall of fire rising” suit la vie familiale d’une famille pauvre, de l’amour d’une mère pour son fils jusqu’au rêve impossible d’un père sans estime de soi.

“Night Women” : la vie d’une mère et prostituée dans sa “cabane” à la fois lieu de vie avec son fils le jour et lieu de travail la nuit.

“Between the pool and the gardenias” : une femme, employée domestique à Port-au-Prince, trouve un nourrisson abandonné, elle le prend, il meurt, son amour pour lui aura de tragique conséquence pour elle.

“The missing peace” : une femme à la recherche de sa mère, un village et son charnier, une adolescente qui devient femme. Une histoire de maturité et de tragédie.

“Seeing things simply” : une adolescente pose nu pour une peintre française. Une plongée dans les mentalités haïtiennes et dans l’estime de soi d’une femme en devenir.

“New York day women” : une Haïtienne à New York voit sa mère dans la rue, elle la suit et découvrira un pan de la vie de sa mère qu’elle n’aurait jamais soupçonné.

“Caroline’s wedding” : une longue nouvelle qui narre les préparations du mariage d’une américaine d’origine haïtienne, ses relations avec sa mère et sa sœur, née en Haïti. Une nouvelle sur la perte d’une fille, sur la transmission de l’identité et, quelque part, sur l’exil et la nature humaine.

“Epilogue: Women like us” : un épilogue en forme de plaidoyer pour l’écriture et la mémoire ancestrale.

The Ladies of Grace Adieu

The Ladies of Grace Adieu est un recueil de nouvelles de Susanna Clarke. La meilleur manière de résumer ses nouvelles et son style d’écriture serait de dire que Clarke a écrit ce qu’aurait écrit Jane Austen si elle avait fait de la Fantasy. Ainsi toutes les nouvelles de ce recueil se déroulent dans le Royaume Uni des XVIIIe et XIXe siècles, écrites comme si elles étaient d’époque et mettant en prise des humains avec les êtres de Faerie. C’est très agréable à lire et elles sont, dans l’ensemble, d’excellentes factures. Par contre si vous n’aimez pas Jane Austen et la littérature du XIXe siècle vous n’aimerez probablement pas le recueil.

Dans l’ordre les nouvelles parlent de :

“The ladies of Grace Adieu” met au prise trois jeunes femmes, et leur vision de la magie, avec J. Stranger, un des plus grand mage d’Angleterre, et sa vision masculine de la magie.

“On Lickerish Hill” conte les péripéties d’une jeune épouse qui fait un pacte avec un lutin.

“Mrs Mabb”, ou comment une jeune femme va lutter contre cette personnalité de la Faerie afin de récupérer l’homme qu’elle aime. A mon avis une des meilleurs histoires, avec celle de Mr Simonelli, du recueil.

“The Duke of Wellington misplaces his horse” se déroule dans l’univers de Stardust, et narre les péripétie du duc de Wellington au delà du mur.

“Mr Simonelli or the Fairy widower” est un extrait du journal du révérend Simonelli qui découvre, dans un coins perdu de l’Angleterre, ses origines féériques et les étranges coutumes des princes qui y habitent.

“Tom Brightwind or how the fairy bridge was built at Thoresby” ou comment un prince de féérie en voyage avec un médecin juif va construire un pont en une nuit.

“Antickes and frets” raconte les mésaventures de la Reine Mary d’Ecosse qui cherche à se venger de la Reine Elizabeth à travers la confection de vêtement aux coutures magiques.

“John Uskglass and the cumbrian charcoal burner” raconte les mésaventures du “Raven King”, le plus grand magicien britannique de tous les temps, face à un charbonnier et aux Saints catholiques.

La trilogie vendéenne

La trilogie vendéenne, L’enjomineur 1792, 1793, 1794 de Bordage revisite l’histoire française en y entremellant du fantastique, un peu à l’image de ce qu’a réalisé Orson Scott Card avec son cycle d’Alvin le faiseur.

On y suit plusieurs personnages dont les destins se croisent et s’influencent. Les deux principaux vont faire un chasser croiser durant les trois ouvrages.

Emile, jeune homme abandonné enfant et élevé de le bocage vendéen par un curé éclairé. Celui que l’on dit fils de fée, traquera l’esprit du mal de la Vendée à Paris. Il cotoyera les êtres de la lune, et les suppôts du soleil, les membres de la société secrete des adorateurs de Mitra.

Cornuaud est une brute, engagé comme matelot sur un navire de la traite, il est ensorcelé par une esclave. Un démon a pris possession de lui qui le pousse à tuer les blancs. Cornuaud tracera son chemin de Nante au bocage de la Vendée, en passant par Paris laissant dernière lui une trainée de cadavres. Servant tours à tours sous les couleurs monarchistes et républicaines, il poursuivra sa quête pour sa survie et peut-être sa rédemption.

Si le premier volume se déroule principalement en Vendée et est teinté d’un légère optimiste, le deuxième opus (centré sur Paris) et le troisième (retour en Vendée) s’enfonce peu à peu dans la Terreur. La folie des hommes est présentées de longs en large, que se soit à travers des horreurs de la répression parisienne ou nantaise, ou dans la tourmente du conflit vendéen. Mais au final cette trilogie reste, à mon sens, la meilleur de Bordage depuis les guerriers du silence. Une fresque historique et humaniste, qui montre ce que l’homme peut de pire et de meilleurs.

A concise Chinese-English Dictionary For Lovers

A concise Chinese-English Dictionary For Lovers est le journal de Z. (tant son nom est imprononçable par les Anglais) une jeune chinoise de 23 ans que ses parents ont envoyé à Londres pour qu’elle y apprenne l’anglais. Là, elle tombe amoureux d’un sculpteur de 20 ans son ainé et découvre à travers lui la liberté et un type de vie qu’elle n’a jamais connu en Chine. Un voyage, seule, à la découverte de l’Europe terminera sa maturité.

L’ouvrage est écrit sous forme de journal intime, dont l’anglais s’améliore au fil du temps, sur treize mois. Chaque chapitre débute par la définition d’un mot du vocabulaire anglais.

A concise Chinese-English Dictionary For Lovers est un livre divertissant et intéressant, on y voit le choc culturel causé par la rencontre de deux modes de vie différents, et au final l’enrichissement que chacun peut y trouver. Une lecture plaisante.

D’autres avis sont disponible depuis chez BOB !

The Lies of Locke Lamora

The Lies of Locke Lamora est le premier petit bijou d’un jeune auteur. Il narre avec brio et truculence les péripéties de Locke Lamora et son gang de voleurs de haut vol, les Gentlemen Bastards, dans la ville de Camorr, une Venise improbable.

Locke est avant toute chose d’une prétention énorme et lui et sa bande s’amuse à élaborer les arnaques les plus complexes. Jusqu’au jour où lui aussi se fera manipuler. Il y laissera plus que des plumes, dans une histoire fort riche.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un bouquin de fantasy si rafraichissant, à lire de toute urgence !

Jazz

Un homme marié de cinquante ans tire sur son amante de seize ans lors d’une fête, personne n’entant le coup de feu, la fille ne dis rien pour laisser le temps à son amant de fuir, au matin elle est morte.

A partir de ce fait divers Toni Morrison a écrit un roman qui fait maintenant partie de mon top 4 des meilleurs livres que j’ai eu l’occasion de lire. Jazz narre l’histoire des différents protagoniste de ce fait divers (le mari, sa femme, l’amante, la meilleurs amie de l’amante, etc.), touchant pour cela aux moments importants de l’histoire afro-américaine du début du siècle dernier (La grande migration, la vie à Harlem dans les années 20, le Jazz, etc.). Le tout narré par un narrateur inconnu qui suppose l’histoire, qui se trompe, qui rectifie; alors que sa narration devient comme un morceau de Jazz, donnant la voix à plusieurs instruments (les protagonistes de l’histoire) et capable de change à chaque lecture. Car, comme le narrateur le dis de lui même à la fin du livre, mais cette phrase peut s’appliquer au roman égallement : “Say make me, remake me. You are free to do it and I am free to let you because look, look. Look where your hands are. Now”.

Un seul mot : magistrale.

Espèces d’espaces

Suite à une discussion avec une amie j’ai eu envie de relire ce superbe livre. Georges Perec y dissèque avec bonheur la notion d’espace. De courts chapitres traitent ainsi ses différentes dimensions : de la page d’un livre à la terre entière, en passant par les portes, la rue, la ville, la chambre, le lit, etc. Le tout au travers de réflexions personnelles, de projets de roman, d’actes de mémoires.

Le plus surprenant d’Espèces d’espaces c’est que la réflexion n’est pas élevée et pédante, mais au contraire très terre à terre, à un niveau où l’on a pas l’habitude de penser. Il est ainsi très facile de s’approprier les nombreuses idées simples mais bien pensées de cette essaie. Une lecture rapide, bonne pour la tête et bien pensée sur ce qui après tout est une des dimensions fondamentales de la vie : l’espace.

Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?

Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?, sous ce titre provocateur se cache un essai sur la lecture et sur la critique/discussion littéraire. Le postulat de l’auteur, lui même professeur de littérature, est qu’il est légitime et souhaitable de parler d’un livre que l’on n’a pas lu, et que même lorsqu’on lit un livre on n’en conserve que des souvenirs fragmentaires qui dépendent de notre vécu et de nos attentes. En somme, personne n’est capable de parler d’un livre qu’il a lu, car personne n’est capable de lire dans l’absolu un livre.

L’important pour l’auteur est de pouvoir situer un ouvrage par rapport au autre ouvrage, c’est ce qui forme la culture littéraire. Il met égallement en avant que lorsqu’on lit un livre, on le compare continuellement avec notre attente de ce qu’est un livre parfait. En fait lorsqu’on parle d’un livre qu’on a lu, on ne fait que recréer ce livre à l’aune de nos attentes; le livre ainsi discuté se trouve alors à mi-chemin entre le livre lu et notre vision d’un livre parfait.

Bayard nous invite ainsi à une réflexion, appuyée par des exemples littéraires, sur ce qu’est la lecture et ce que sont le commentaire et la critique des livres; il utilise pour cela des concepts tels que ceux de “bibliothèque virtuelle”, de “bibliothèque intérieur”, de “livre écran”, ou encore de “livre fantôme”. Bien que je ne sois pas 100% d’accord avec la totalité de l’argumentation, notamment sur l’encouragement à la non-lecture (mais où est donc le plaisir du livre dans cela), j’ai trouvé la réflexion développée très stimulante et, en partie, décomplexante sur mes capacités d’analyse littéraire à un niveau universitaire.

Harry Potter and the deathly Hallows

Le dernier Harry Potter, vue que je ne souhaite pas gâcher le plaisir de la lecture pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, je me contenterais de donner un avis succinct sur l’ouvrage. Je l’ai bien aimé, il est aussi bon que les précédents, donne beaucoup d’informations sur le passé des personnages et résout toutes les trames narratives posées par Rowling. Il a des défauts, mais ceux-ci sont inhérents au limites posées par Rowling elle-même (roman centré sur Harry Potter, se déroulant sur une année scolaire, pour citer les deux principaux). Bien que peu adepte des adaptations cinématographique du petit sorcier, je suis vraiment curieux de voir comment va être adapté ce dernier tome, tant cela risque de donner un filme chiant à mourir là ou le livre capte bien les tourments de l’adolescence.

Si vous voulez plus de détails, je suis sur qu’un petit coup de google vous permettra d’attendre des nombreux sites remplis de spoilers…