May le Monde

Second ouvrage que j’ai reçu en partenariat avec Blog-O-Book, May le Monde est le plus récent roman d’une figure importante de la SF française : Michel Jeury. De son propre aveux, dans la préface, c’est aussi sa dernière incursion dans la SF. Il se trouve que, incidemment, c’est le premier ouvrage que je lis de lui.

Ce roman, se déroulant dans un univers parallèle proche du notre mais où les gens changent régulièrement, conte l’histoire de May. Cette jeune fille d’une dizaine d’année atteint d’une étrange maladie semble détenir des pouvoirs sur les différents mondes parallèles. Le roman se déroule d’ailleurs dans plusieurs d’entre eux avec des noms, des lieux et des personnages qui les traversent. Mondes parallèles ou créations de May, la question restent d’ailleurs ouvertes.

Je vais le dire franchement ce roman me laisse une sensation bizarre. Parfois vous lisez un livre, voyez un filme écoutez une musique et vous avez le sentiment de tomber sur quelque chose de hors norme mais après l’avoir lu/vu/écouté vous êtes bien en peine de savoir si cela vous a plus ou pas. La dernière fois que cela m’était arrivé c’était avec le film Valhalla Rising. Et bien cela m’est arrivé à nouveau avec May le Monde.

Jeury y développe un ensemble de mondes parallèles qui se répondent. Il créé même un langage proche du notre mais différent. Le lecteur le comprend, les mots lui semblent familiers mais pourtant c’est un langage qui n’existe pas. C’est brillant, mais franchement c’est aussi déroutant. Je n’aime pas l’admettre mais je crois que je n’ai pas très bien compris le roman. J’ai été entrainé par le texte, par les mots mais je n’ai pas toujours tout compris. C’est déroutant et arrivé à la fin de ma lecture je ne sais pas si ce roman est génial, si c’est moi qui suis trop stupide pour le comprendre ou si en fait il n’y rien à comprendre et si ce roman n’est au final que de la poudre jetée aux yeux du lecteur.

Si ceux qui me lisent ici l’ont lu et compris je veux bien un résumé en commentaire, moi pendant ce temps là je reste pensif.

Chien du Heaume

Chien du Heaume est un premier roman de Fantasy né de la plume de Justine Niogret. Il a été couronné de quelques prix ce qui a attiré mon attention.

Le roman conte l’histoire de Chien du Heaume, une mercenaire dans un moyen âge fantasmé qui recherche son nom. Elle a en effet quitté jeune son village d’origine avec son père maintenant mort et ne connait pas sa véritable identité. Sa quête la mène au castel de Broe et au près du chevalier Sanglier. C’est autours de ce lieu et de ce personnage qui sa quête et sa vie vont tourner.

Le roman à le bon goût d’être court. Violent, direct, à l’écriture néanmoins travaillée, Chien du Heaume se lit d’une traite et c’est un peu sonné qu’on réalise que le roman a touché à sa fin. Pourvu de quelques petits défauts (une histoire qui tourne parfois un peu au tours du pot, par exemple), il n’en reste pas moins un excellent roman que j’ai pris grand plaisir à lire.

Les enfants de Svetambre

J’ai reçu Les enfants de Svetambre dans le cadre d’un partenariat avec le site Blog-O-Book. C’est donc avec une certaine curiosité que je me suis plongé dans ce recueil de nouvelles de Luci Chenu.

Et ma fois je suis un peu emprunté car j’aimerai beaucoup encensé ce recueil reçu à titre gracieux contre une critique sur mon blog. Malheureusement, je dois dire que je n’ai pas accroché au recueil. Objectivement ces différentes nouvelles fantastiques et de science-fiction tournant autour des thématiques de la femme, de l’identité, de l’enfance et de la naissance ne sont pas inintéressantes. Mais, à quelques exceptions près, souvent d’ailleurs des textes en collaboration, je n’ai pas été séduit par les différentes nouvelles.

Pourquoi ? Je me le demande. La présentation est plutôt intéressante : chaque nouvelle s’ouvre ainsi par un petit texte de présentation de l’auteure. Mais globalement le recueil me donne l’impression de ne pas avoir été réfléchi. J’ai le sentiment que l’auteure y a entassé toute sa production de nouvelle sans qu’un vrai tri éditorial aie été fait. Le très bon côtoie ainsi le moyen et le médiocre. Je n’ai pas non plus aimé la poste-face en forme d’hommages à l’auteure qui fleurent bon l’auto congratulation gratuite (même si l’auteure n’était visiblement pas au courant de l’ajout de cette poste-face).

Un recueil donc où à côté de quelques perles (Haine, Rupture et commencement; Le village-aux-chats; Ulates; Trois Sabres; entre autres) se trouve entassé le mauvais et le moins bon. Un fan de Lucie Chenu y trouvera par contre sans doute son compte.

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond

Premier livre de Haruki Murakami que je lis et je choisi un essai un peu atypique : Autoportrait de l’auteur en coureur de fond. Il s’agit d’un ouvrage autobiographique de réflexions sur la course à pied.

Il faut savoir qu’Haruki Murakami cours un Marathon à l’année depuis ses trente ans et sa décision de laisser tomber son club de jazz pour se consacrer à l’écriture. Ses réflexions sur la course à pied sont donc celle d’un passionné.

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond montre avec intelligence et humour comme la course à pied structure presque autant que l’écriture la vie de l’auteur. C’est aussi un pied de nez, probablement bien involontaire, à ceux qui pense que le sport n’est pas compatible avec le travail intellectuel.

Difficile néanmoins de résumer ce livre. Structurer en réflexions datées et écrites en l’espace d’une année, l’essaie forme à la fois un journal d’un coureur et les réflexions d’un auteur sur les choix de vie, l’écriture, la littérature et, dans une moindre mesure, le monde.

Déroutant mais fort intéressant, je ne peux qu’en conseiller la lecture.

Ceux qui sauront

Ceux qui sauront est un roman « young adult » de Perre Bordage. Il propose une uchronie dans laquelle la révolution française a été un échec qui c’est soldé par la restauration de la monarchie. Depuis le savoir, et donc l’instruction, et la technologie sont réservées uniquement à l’élite du royaume.

Le roman se déroule en 2008 et suit, alternativement d’un chapitre à l’autre, deux adolescents. L’un est un coup noir, un membre du peuple qui suit des cours clandestins et tente du survivre dans une France où le travail se fait rare (on délocalise dans les colonies) et la vie dur; l’autre est la fille du ministre des finances, instruite et protégée des durs réalités, elle doit, à son grand désarrois, prochainement faire un bon mariage pour augmenter le statut familial.

Ces deux ados vont vivre un événement traumatique qui va les réunir, puis les séparer, mais qui va surtout changer leur manière de voir le monde. Ils n’auront alors de cesse de vouloir le changer tout en survivant.

Si la trame général est ultra classique : deux ados, deux mondes : une histoire d’amour (voir mon précédent billet), l’histoire reste fort agréable à lire et propose une vision humaniste, comme souvent avec Bordage, d’un monde totalitaire où le savoir et la technologie sont confisquées par une élite. A ma grande surprise le roman est très sombre et la fin n’a rien d’un « happy end. » Les talents de Bordage font, de plus, merveille pour proposer un roman très intéressant et agréable à lire.

Ship Breaker

Troisième ouvrage de Paolo Bagigalupi, dont j’ai déjà critiqué le recueil de nouvelles Pump Six, Ship Breaker est un roman destiné avant tous à des ados et jeunes adultes.

Il conte donc une histoire relativement classique d’un ado travaillant dans le démantèlement de vieux navires. Un travail dangereux et très mal payé. Peu après avoir échappé à la mort, il découvre un bateau dernier cris échoué sur les rochers. Alors qu’il croit à son jour de chance, il doit y avoir des richesses à récupérer sur un si joli navire, il découvrir une survivante de son âge. Pour cette fille venu quasiment d’un autre monde, il va lutter pour qu’elle survive et sortir de sa condition.

Se déroulant en Floride/Louisiane, Ship Breaker n’est pas intéressant pour son histoire somme tout assez classique ni son écriture maitrisée, mais pour le monde qu’il dépeint : un futur où l’humanité a ravagé écologiquement la Terre, où notre époque est appelé « l’age de l’accélération », où les matières premières sont rares, où la grande majorité de l’humanité survit pendant que quelques uns ont de quoi vivre dans le grand luxe et la technologie, où des ouragans « tueurs de cité » sont choses courantes, où la génétique à créer de nouveaux esclave. Une anticipation intéressante basée sur notre mode de vie actuel. Elle a de plus le bon goût de ne pas être jetée au visage du lecteur, mais plutôt d’être présente en arrière fond, toujours mais subtilement.

Casus Belli 3e génération

Mon blog est avant tous un blog de lecture, mais roliste depuis déjà de nombreuses années, je ne peux passer sous silence la résurrection de Casus Belli. Ce mythique titre roliste francophone revient pour une troisième mouture mensuel dont le premier numéro est disponible depuis hier en kiosque.

Pour le sommaire détaillé, je vous suggère de faire un tour sur le GROG. Pour ma part, je souhaite ici le mettre un peu en lumière et propager la bonne parole.

Un mot néanmoins avant de me lancer dans une petite critique perso. Critiquer un magasine est un exercice périlleux tant il est vrai que chaque lecteur tend à se mettre dans les habits du rédacteur en chef et propose ce que le mag aurait/devrait être selon lui. Tout les goûts étant dans la nature, chaque lecteur a une vision différente du mag parfait. Et, étrangement, s’il ne vient pas à l’idée du roliste internaute de critiquer en détail Paris Match ou Sciences & Vie, lorsqu’il s’agit d’un magasin touchant à son hobby il devient prolixe.

Ceci dit, qu’ai-je penser de ce premier numéro. La maquette est dépouillée et sobre et tout à fait à mon goût. Les articles sont lisibles et bien présentés; si on s’attache aux détails, on se rend vite compte qu’il y a derrière la maquette un vrai travail de mise en page et de présentation.

Au niveau du contenu, j’ai été agréablement surpris par la qualité des aides de jeu et scénarios présentés. C’est parfois un peu court à mon goût mais c’est le format qui veut cela. Si les scénarios et aides de jeu spécifiques ne me seront pas d’une grande utilité ce n’est pas à cause de leurs qualités intrinsèques mais plutôt du fait que je ne joue pas / m’intéresse pas particulièrement aux jeux traités (Loup solitaire, AdC, Devâstra, D&D3.5, Metal Adventures). Les aides de jeu général ont par contre retenu toute mon attention.

Les critiques par contre m’ont laissé un drôle d’arrière gout. En effet, si elles décrivent bien le contenu des suppléments j’ai trouvé qu’elles manquaient de critiques justement. Je n’ai pas eu l’impression que les points forts et les points faibles des jeux critiqués étaient mis en évidence. Mais ce reproche peut être fait à de nombreuses critiques réalisées dans la presse en général.

Dans les petits détails, je trouve dommage le manque de news/critiques des jeux au niveau international (surtout anglais en fait), la séparation entre critiques et critiques en colonnes et l’absence de Mongol et Gotha (ah nostalgie quand tu nous tiens !). J’ai par contre beaucoup apprécier la présence des Crapougnhat de Guiserix et d’une Bellaminette (ah nostalgie quand tu nous tiens !), ainsi que l’orientation jeu de rôle et aides de jeu choisie.

Vivement le suivant en espérant que le magasine sera trouver son public et résistera dans un marché pas facile.

Voix du futur

Voix du futur est un recueil un peu particulier car il ne présente pas des fictions mais de longues interviews avec certains des auteurs marquants de la science-fiction française : Stefan Wul, Michel Jeury, J.-P. Andrevon, Serge Brussolo, Jacques Barbéri, Ayerdhal, Pierre Bordage et Marucie G. Dantes.

Ces interviews parlent bien sur de l’œuvre de chaque auteurs mais également de leur histoire personnelle, des auteurs, événements et personnes qui les ont influencés et de leurs projets. Elles sont complètes et sacrément bien menées.

Si j’ai pris plaisir à la lecture de ces interviews deux choses me chagrinent un peu. La première, qui n’est que de mon fait, c’est que j’ai réalisé que plus qu’un fan de SF, je suis un fan de Fantasy au sens large, et que, finalement, à part les auteurs américains de l’âge d’or et quelques exceptions, je n’ai pas lu tant de SF que cela. De coup, la majorité des auteurs interviewés ici n’ont pas fait partie de mes lectures. La seconde est que, à deux exceptions (Ayerdhal et Bordage), les interviews ont entre cinq et dix ans. Ce qui fait qu’une partie de leur contenu est malheureusement un peu datée.

Il n’en reste pas moins que si un second volume devait sortir je serais sans aucun doute intéressé à le lire.

Cygnis

La claque ! Presque rien à ajouter; je l’avoue j’ai surtout lu Cyngis car j’ai rencontré il y a peu son auteur (ami d’amis) et me suis dit qu’un premier roman de SF, recevant de bonnes critiques méritait bien que je m’y penche. Bien m’en a pris car Cyngis est un excellant roman.

Difficile d’en parler sans déflorer ses mystères qui se dévoilent à la fin du roman en l’éclairant d’une lumière nouvelle. Le monde : un monde post-apocalyptique où les survivants d’une humanité qui c’est autodétruite survit dans les étendus sauvages parmi les ruines de l’ancien monde sources de peurs, de richesses (les artefacts encore fonctionnels du temps d’avant) et de dangers (les robots encore fonctionnels du temps d’avant. Le pitch : Syn un trappeur qui « chasse » les robots pour récupérer du matériel à revendre va être pris bien malgré lui dans les filets d’une guerre entre la communauté de la ville de Méandre et les populations troglodytes. Tous cela pendant que son histoire familiale le rattrape et que l’amour le trouve.

Le tout est écrit dans un style très agréable à lire et au fort pouvoir d’évocation. Les thématiques abordées sont classiques mais fort bien mis en scène. Une lecture plus que conseillée donc qui me fait attendre avec impatience le prochain roman de Vincent Gessler.

Chagrin d’école

Second ouvrage de Pennac que je lis, après Comme un roman, Chagrin d’école m’a beaucoup plus. Il s’agit d’une réflexion à base autobiographique sur les cancres, l’enseignement, les enseignants et l’école.

Beaucoup de choses dans ce texte qui se lit avec plaisir, peut-être un peu trop d’ailleurs. S’il doit avoir un défaut c’est sans doute celui de l’éparpillement et des digressions; défaut qui fait également son charme. Le message de Pennac ? Difficile de tout résumé, mais sans doute qu’être cancre est une souffrance et pas une fatalité, qu’être enseignant est compliqué et merveilleux, que personne n’est parfait, que tous ont une chance (encore faut-il leur la donner), que rien ‘est perdu ni jamais acquis, que la pensée magique est à l’œuvre dans nos sociétés, etc.

Un ouvrage foisonnant, une lecture agréable, une réflexion rafraichissante, un parler franc : un merveilleux livre en somme !