Hush, Hush

Prenez un pitch comme Twilight : une ado de 16 ans (Nora) dans une petite ville américaine « gloomy » (Portland) donnez lui une histoire familiale un peu compliquée (un père assassiné il y a une année, une mère souvent absente de la maison pour le travail), mettez là dans un lycée et faite lui rencontrer lors d’un cours scientifiques un sombre et mystérieux nouvelle élève (un cours de biologie, le mystérieux ténébreux et très attirant élève s’appelant Patch). Pour se démarquer augmenter un peu la dose d’érotisme et de tension sexuelle, sans néanmoins un passage à l’acte, et prenez, à la place du vampire, la nouvelle créature surnaturelle à la mode : l’ange (déchu dans ce cas). Et voila ! Vous obtenez Hush, Hush, le premier volume à sucés d’une nouvelle série Bit-Lit pour ados.

Vous l’aurez compris l’histoire ne brille pas par son originalité débordante. Alors certes c’est bien écrit (enfin bien traduit en tous cas) et cela se lit vite. Le schéma n’est pas nouveau mais j’ai trouvé la progression de l’histoire bien plus agréable et maitrisé que Twilight. Après avoir fini ma lecture ce qui me taraude n’est pas le manque d’originalité de la série, après tout bon nombre de genre littéraire qui me plaise ont une pléthore d’ouvrages qui décalques à l’infini les mêmes schémas. Non, ce qui me chicane c’est la vison très machiste renvoyé par cette littérature destinée aux jeunes filles. En effet, le schéma qui semble se dessiner dans mes lectures c’est une jeune fille intelligente et déterminée qui fond (dans le sens sexuelle du terme) pour un jeune homme mystérieux, potentiellement dangereux et bourré de secrets. Les clefs pour comprendre ce qui se passe vraiment sont en mains masculine (et, parfois, il est vrai adultes). Et pour couronner le tout si l’attirance est souvent réciproque c’est presque toujours le garçon qui mènent le bal et qui a un meilleur contrôle sur son désirs (la plupart du temps parce qu’il ait plus expérimenté). Sans vouloir faire de mauvais parallèle, cela me rappelle quand fortement la vision des femmes développées dans les romans anglais du dix-huitième siècle.

Mainstream

Mainstream est une enquête journalistique sur la culture de masse. Frédéric Martel a parcouru le globe durant cinq ans et réalisé plus de milles interviews pour écrire son ouvrage. Celui-ci se présente comme une synthèse de ces derniers et cherche à comprendre la géopolitique de la culture de masse aujourd’hui.
L’ouvrage est structuré en deux grandes parties. La première explore les différentes facettes de la production nord-américaine dominante dans la culture de masse. Les méthodes utilisées pour produire de l’entertainment, l’évolution de celles-ci durant le siècle écoulé, mais également les flux financiers et la puissance des lobbys du cinémas et de la musique sont tour à tour abordés et décortiqués.
La seconde partie va à la rencontre des outsiders. Les pays/régions qui ont soit une influence culturelles régionale, soit une envie de tailler des croupières à l’Amérique, soit encore qui ont su, jusqu’à maintenant du moins, résister à l’hégémonie américaine sont abordés. Les productions culturelles chinoises, japonaises, coréennes, indiennes, européennes, turques, arabes, latinos et africaines sont discutées. Cette partie aborde le cinéma, mais aussi la musique, la littérature, les mangas et l’information. C’est un vaste panorama de la production culturelles et informatives (le soft power) qui se déploie ici.
Martel conclut son ouvrage par une longue conclusion synthétisant les points importants de sa démonstration et ouvrant des perspectives d’avenirs et un questionnements sur le rôle d’Internet, de la dématérialisation et de la démographie dans le future de cette géographie culturelle globale.
Mainstream est un ouvrage très intéressant et complet qui offre une réflexion globale sur les productions culturelles d’aujourd’hui. Très instructifs !

The Painted Boy

Jay, un ado américain d’origine chinoise, quitte Chicago pour se rendre à Santo Del Vado Viejo en Arizona. Il quitte sa famille, et surtout son autoritaire grand-mère, en quette de lui même et du sens à donner à sa vie. En effet, depuis ses onze ans, Jay à un tatouage de dragon qui est apparue sur son dos. Son chemin le mènera dans la communauté latino de la ville et à s’opposer aux gangs qui la gangrènent. Mais Jay n’est pas un ado ordinaire, c’est un dragon. Cette puissante famille d’esprits veillent sur un lieu et ses habitants. Jay ferra donc l’apprentissage de la vie adulte et l’apprentissage du monde spirituel. Il croisera ainsi de nombreux esprits animaux vivant parmi les hommes avant de trouver sa place.

The Painted Boy reprend tout les éléments qui font des romans de De Lint une réussite : l’apprentissage, les esprits animaux, le mélange de différents mythes et légendes dans le melting pot américain, le monde des esprits, la musique comme force de vie, etc.. Dans ce sens, The Painted Boy est un bon roman agréable à lire et qui tourne bien. Maintenant, il m’a quand même un peu laissé sur ma faim. Ceci pour deux raisons : la première est qu’au final aucuns des éléments utilisés dans ce roman n’est foncièrement nouveau pour qui a déjà lu un peu De Lint. Deuxièmement, j’ai eu un peu l’impression de m’être tromper sur la marchandise. En effet, j’attendais un roman utilisant les particularités des traditions chinoises et asiatiques; je me suis en fait trouver à lire un roman où ses traditions tenaient la seconde place et où les traditions amérindiens et latinos tenaient, une fois de plus, le  haut du pavé. Ce n’est pas que ce n’est pas bien, c’est juste que ce n’est pas nouveau chez l’auteur.

Comment se débarrasser d’un vampire amoureux

Dans la tradition de la Bit-Lit et dans la pure lignée de Twilight, Comment se débarrasser d’un vampire amoureux est un roman de vampires, de lycée et de jeunes filles en fleure…. Pourquoi le lire me direz-vous, moi que ne suit plus ado et qui n’est jamais été jeune fille ? Et bien, outre le fait que je trouve ce genre de roman intéressant (oui oui), j’avais lu à plusieurs endroit sur le Web qu’il faisait partie du haut du panier. Ce qui est sur c’est qu’il est bien écrit (traduit ?) et agréable à lire.
L’histoire est du Bit-Lit ado pur sucre : Jessica est une ado de dix-sept ans dans une petite ville rurale des États-Unis. Adoptée en Roumanie par ses parents tri-classé agricultures bio/végétariens/anthropologues, elle vit la vie normal d’une ado normale dans une petite ville normale. Jusqu’au jour où débarque le ténébreux (et beau et arrogant) Lucius Vladescu qui prétend être un vampire et promis en épousailles à Jessica afin de mettre fin à une guerre entre famille vampirique. Bien sur pour Jessica ce ne sont que des fadaises … parce que ce sont des fadaises n’est-ce pas ?
Tentant dans un premier temps de se débarrasser de ce prétendant gênant (même si des papillons volent dans son ventre parfois en étant prés de lui), c’est lorsque ce dernier laisse tombé et sort avec la pouf du lycée que Jessica se rend compte de son charme. Si l’histoire est bien construite et comprends quelques rebondissement sympathique, le lecteur ne peut ignorer la métaphore sexuelle filée du vampire : la jeune vampire ne le deviendra vraiment qu’au moment où elle sera mordu par un vampire…. Si le côté « découverte de la sexualité » est beaucoup plus direct que dans Twilight, je ne peux m’empêcher de trouver le roman emprunt d’un machisme assez désagréable : c’est le vampire qui fait la vampire, c’est Lucius qui sait, c’est Jessica qui tombe, malgré elle, dans ses filets, etc.
Si ce n’est ce gros bémols, j’ai pris plaisir à lire un roman bien écrit, vite lue et qui devrait plaire aux ados friandes de vampires,

Dernières nouvelles de la terre…

Je suis toujours un peu méfiant avant de débuter la lecture d’une nouvelle de Bordage; autant ses romans sont en général bien écrit et mené, je trouve ces nouvelles souvent un bon cran en dessous. Dernières nouvelles de la terre… réuni ses nouvelles publiées ces dernières années. Et bonne surprise, je les ai trouvées bien meilleurs que celles que j’avais lu par le passé.
La plupart des nouvelles de ce recueil propose des visions du futur de la Terre. Des futurs où les idéologies, les désastres écologiques, la technologies ont détruit ou abimé l’humanité. Quelques nouvelles traitent également du voyage dans le temps ou de la dispersion de l’humanité dans l’espace.
Si aucune nouvelle du recueil ne sort particulièrement du lot, elles sont toutes de bonne facture et propose d’intéressantes visions des futurs possibles.

Le trône d’ébène

Cela fait déjà pas mal de temps que je voulais lire un roman de Thomas Day, les nouvelles de cet auteur que j’avais pu lire étaient toutes plutôt bien écrites j’étais curieux. Bien m’en a pris ! Le trône d’ébène, prix Imaginales 2008, est un roman historique teinté de fantastique, ou plutôt un roman fantastique teinté d’historique.

Il narre la vie et les exploits de Chaka, roi des Zoulous qui se tailla, dans la première moitié du dix-neuvième siècle, un Empire avant d’être trahi par les siens et de rentrer dans la légende. Le trône d’ébène débute ainsi par le récit de sa naissance, pour se poursuivre par son entrée dans l’âge adulte, le sommet de sa gloire et sa déchéance. Des touches de fantastiques (une sorcière, une prophétie, des dieux africains) émaillent le récit sans jamais le surcharger. Des Européens (Portugais et Anglais) sont également présents à divers moments.

Au final, Le trône d’ébène est une belle histoire africaine, bien écrite, bien menée et sans longueurs. Sans aucuns doutes, je lirai d’autre récit de l’auteur.

Ender l’exil

Débuter un livre de Orson Scott Card, de la série d’Ender ou d’Alvin le faiseur, c’est pour moi comme débuter un space-opéra de Bordage : il n’y a quasiment rien de nouveau sous le soleil mais c’est toujours un grand plaisir de lecture.
C’est encore le cas avec ce nouveau tome de la série Ender. Après avoir donné une suite direct à La stratégie Ender mettant en scène les autres enfants de l’école de guerre, Card propose, avec Ender l’exil, un récit narrant les premières années d’Ender après sa victoire contre l’ennemi extraterrestre menaçant la terre. Celles là même rapidement expédiées dans les romans narrant sa vie.
Le lecteur suit ainsi le voyage de deux ans d’Ender et de sa sœur Valentine vers Shakespeare, la colonie dont Ender a été nommé gouverneur. Il est ensuite témoin de ses premières réalisations, de la découverte de son destin et de son départ pour une longue errance dans les étoiles. Le devenir du dernier enfant de Bean est également présente.

Comme je le disais en introduction, ce roman n’apporte rien de nouveau. Il est néanmoins de lecture plaisante et j’ai eu beaucoup de plaisir à le lire. Il est par contre à lire après avoir lu l’intégralité de la série sur Ender et celle sur Bean; en effet Ender l’exil apporte certaines réponses à des questions laissées en suspens dans ces deux cycles.

Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens

Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens est un ouvrage de psychologie sociale à destination du grand public. Il présente, tout en s’appuyant sur les théories de la discipline, divers méthodes de manipulations couramment utilisées dans la vente ou dans les entreprises.
L’ouvrage est intéressant car il décortique les mécanismes qui nous font prendre des décisions. Il insiste particulièrement sur l’aspect libre de la manipulation. Les techniques proposées vont du traditionnel pied-dans-la-porte à des techniques moins intuitives consistant à mélanger plus techniques. Il se conclut par une discussion sur les divers professions utilisant ou pouvant utiliser ces techniques (vente, enseignement, etc.).
On apprend ainsi qu’une demande anodine en apparence peut servir à préparer une demande plus couteuses afin d’augmenter ses chances d’acceptations. Demander l’heure à quelqu’un avant de lui demander de l’argent est ainsi plus efficace que simplement demander de l’argent. Une décision prise a une inertie importante qui mène celui qui l’a prend à s’y tenir plus fermement, même si celle-ci est de faible importance.
Un ouvrage au final fort intéressant qui souffre peut-être de quelques répétions et d’un humour pas toujours drôle à mon goût.

The Game

Neil Strauss est un journaliste américain qui, un peu par hasard, c’est retrouvé à rejoindre, au départ pour des raisons journalistiques puis personnelles, le milieu des pickup artists. Ces « dragueurs professionnelles » qui a force de décortiquer les mécanismes sociaux des relations hommes-femmes se font fort de pouvoir tomber n’importe quelles filles.
The Game est le récit autobiographique de ce milieux. Neail Strauss, rebaptiser Style, rencontre tous les grands gourous de la dragues et en devient un lui même. C’est ce monde fait de routines, de tactiques pour devenir le mâle alpha d’un groupe, de phrases d’ouverture, de moyens de neutraliser un boyfriend, que Strauss nous fait découvrir de l’intérieur.
Son écriture est agréable et, malgré quelques longueurs, son livre est très intéressant. Il présente non seulement quelques ficelles de la drague, mais également une décente ahurissante dans un milieu où la manipulation, la mauvaise fois côtoient les instincts les plus bas. Si les méthodes des rois de la drague, aussi « forcées » qu’elles paraissent, semblent bien fonctionner, le lecteur réalise vite que tous ces tombeurs cachent de nombreuses failles qui les rends en grande partie inaptes à avoir des relations sociales normales.
J’ai beaucoup apprécié la lecture de The Game. Arrivé au final de ce livre, je reste néanmoins très partagé sur l’expérience de vie qui y ai décrit. En effet, d’un côté la possibilité de tomber presque n’importe quelles filles et un fantasme que, j’en suis persuadé, tout homme caresse dans un coin plus ou moins grand de son cerveau. Mais en même temps, les techniques de drague s’apparentent tellement à de la manipulation super subtile que cela en donne un peu le vertige.les maitriser semblent de plus impliquer un grand risque de distorsion de la relation aux femmes qui ne sont plus vraiment des individus mais des cibles facilement manipulable.
Je ne suis pas célibataire et très heureux de ne pas l’être, et au final cela vaut peut-être mieux. Je n’ai ainsi pas à me poser la question de savoir si je teste certaines ficelles ou non. L’ignorance est parfois bien douce…

Rue Farfadet

Dans une France proche de la notre mais où les créatures fantastiques existent, la ville de Panam, en tant que capitale du Royaume, est une ville cosmopolite où se croise humains, nains, orques et autres joyeusetés. On peut même y croiser un elfe, fait rarissime.

Cet elfe, Sylvo Sylvain, est le héros de Rue Farfadet. Exilé des terres elfes pour une raison connue de lui seul, il vivote avec un pixie dans Panam. Ce détective privé sera pris, en enquêtant sur une bête affaire d’adultère, dans les filets d’un complot qui menace directement le pouvoir. Entre des attentats magiques, la police, la pègre et ses propres démons, Sylvo Sylvain aura fort à faire pour s’en sortir indemne.

Rue Farfadet joue avec bonheurs sur les différents clichés du genre noir (le détective alcoolique/dépressif, la vampe, la pègre, etc.) dans un Panam de fantasy urbaine mâtiné de steampunk (le roman se déroule en 1880, mais certaines technologies, comme le téléphone, sont déjà bien développées). Un romain très agréable dont j’espère pouvoir lire une suite un jour.