Après Dune

Depuis la mort de Frank Herbert, son fils, Brian, a publié plusieurs ouvrages se déroulant dans l’univers de son plus célèbre cycle : Dune. Situés bien avant, ses romans narrent la guerre contre les machines pensantes et l’origine de l’Empire.

Mais un jour Brian a retrouvé des notes de son père contenant des informations sur ce qui était prévu pour terminer le cycle de Dune. Son fils a donc décidé, en se basant sur les notes de son père, de terminer le cycle. Ainsi a été écrit les deux ouvrages (en fait un gros roman scindé en deux parties) qui forme le cycle Après Dune : Les Chasseurs de Dune et Le Triomphe de Dune.

Débutant à la fin de La Maison des Mères (attention spoilers en approche) , Après Dune est une chronologie romancé de la trentaine d’années qui suivent l’évasion de Chapitre du ghola Duncan Idaho dans un non-vaisseau. Les romans voient l’arrivée de l’Ennemi et les tentatives de l’humanité pour lui résister.

Le roman alterne les points de vue montrant ce qui se passe dans le non-vaisseau (des gholas et encore des gholas), sur Chapitre où les Honorés Matriarches et le Bene Gesserit ont fusionné, sur Tleilax où un maitre mineur doit obéir aux Honorés Matriarches, dans la guilde où les navigateurs doivent faire face à une pénurie d’épice et où l’Oracle du Temps tente de protéger l’humanité, et finalement dans le camp des danseurs visages qui manigancent leur propres intrigues.

Tous ces éléments forment une fresque qui clôt clairement le cycle de Dune. Les deux romans sont très intéressants et j’ai pris plaisir à les lire. Ils ne sont néanmoins pas exempt de défauts. Les romans ne forment pas une histoire homogène, mais plutôt une chronologie qui a été romancée; difficile de dire si c’est ce que Herbert père aurait souhaité, mais en l’état cela donne le sentiment que les éléments de la chronologie ont été romancés afin de les présenter sans autres réflexions. Certains éléments importants qui font avancer l’intrigue (et notamment la conclusion) sont des Deus ex machina qui sont beaucoup trop gros à mon goût. Finalement, les auteurs ont ajouté des éléments tirés de leurs propres romans sur Dune; si cela ne gêne pas l’intrigue et est, finalement assez logique, le lecteur peut à nouveau se demander si c’est ce que Herbert père avait en tête.

Mais ces éléments ne doivent pas détourner ceux qui ont apprécier le cycle de Dune de deux romans qui sont agréables à lire et proposent une « vraie » fin à ce grand cycle.

A Better World

Second tome d’une série, A Better World débute trois mois après la fin du premier tome. Suite au scandale rendu publique à la fin du premier tome, le vice-président, un professeur d’histoire, a pris les rênes des États-Unis et l’agence gouvernementale chargée de contrôlé les « brillants » (apparu au début des années 80, les brillants, 1% de la population, ont tous un don, tel que le génie stratégique, la capacité de lire les gens comme dans un livre ou, pour les moins puissants, de factoriser des grands nombres ou d’estimer le nombre de bonbon dans un jarre, qui leur permet, dans une spécialité précise, d’exceller) a perdu beaucoup de son pouvoir.
Nick Cooper, ancien agent d’élite de cette agence, est en congé prolongé lorsque le président l’engage comme un de ses conseiller. En but au radicalisme des autres conseillers, le pays doit faire face à une attaque terroriste de grande ampleur qui laisser trois cités américaines sans nourritures et sans électricités. Face à la menace terroriste, Nick se démène pour tenter d’empêcher une guerre civile. Découvrant qu’il a été un pion du génie de la stratégie John Smith, il commence une course contre le montre.
Dans le même temps, un scientifique fait son possible pour protéger sa famille dans la cité de Cleveland, une des trois cité en état de siège, alors que ses travaux sont peut-être la clef de la paix ou d’une révolution.
Si les thématiques abordés par le roman ne sont pas neuves, A Better World est une lecture prenante et agréable. Cette série me plait vraiment beaucoup et j’espère pouvoir lire prochainement le tome suivant.

Matricia

Troisième volume de la trilogie de l’Archipel des Numinées, et le meilleur, Matricia se déroule dans l’état du même nom. Détruit par une peste qui transforme ses habitants en goules contagieuses.
C’est dans sa capital que le destin de l’Archipelle se joue. Une magicienne puissante, une sorcière du Destin, et son Oncle, vendu à la sombre divinité qui menace l’Archipel, tirent chacun leur tour une carte du tarot et conte un souvenir en lien avec la carte tirée ; le jeu est mortel et se déroule au cœur de la capital déserte de Matricia. Au fil des souvenirs se dessine une histoire de vengeance : la vengeance d’une fille métisse d’une puissante famille de Matricia qui a fait un pacte avec un démon, la dérive d’un ancien chef de famille, devenu fou, laissé pour mort et qui s’est mis au service de la divinité qui veut détruire l’Archipel.
Entre cette histoire, s’intercale celle de Angelo, le nécromant apparu dans le Cytheriae. Réhabilité parmi les mages, il est envoyé en mission suicide pour savoir ce qui se passe sur Matricia. Ses pas le porteront vers la capitale avec, peut-être, le moyen de sauver l’archipel…
Très bien écrit, fascinant à lire, Matricia éclaire d’un jour nouveau les deux précédents romans en dévoilant le combat entre une divinité féminine et une divinité masculine. La fin du roman laisse ouverte la possibilité d’une suite ; une seule question : quand ?
 
Lu dans le cadre du challenge SFFF au féminin

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Atopia Chronicles

Premier volume d’une série, Atopia Chronicles propose une vision du « monde de demain ». Dans un futur proche, le développement de l’informatique et des modules d’interface permet d’implanter directement sur le système nerveux une interface avec le cyberespace et une puissante IA qui accompagne, et peut même prendre le contrôle du corps, l’individu.
Dans ce monde deux nouveaux états, construits sur des plateformes maritimes, sont en confrontation, Atopia et Terra Nova. Cognix, le consortium derrière Atopia, a développé le système pssi qui permet d’expérimenter à la fois la réalité virtuelle et la réalité augmentée directement via une interface cérébrale, la rendant ainsi indistinguable de la réalité elle-même. Le système permet également l’enregistrement permanent du vécu des individus, la surveillance de leurs paramètres vitaux, la conscience multiple. Le système génère également sa propre IA qui sert de secrétaire virtuel hautement performant et qui prend en charge le pilotage du corps lorsque l’individu se trouve dans le cyberspace (pour manger, faire du sport ou se laver, voir avoir des interactions sociales) ou quand des éléments de réalités augmentés cachent la réalité (éviter de rentrer dans des gens si vous avez décidez de les effacer de votre champ visuel, par exemple.
Le roman centre son intrigue sur la préparation, et ses conséquences proches, du lancement du système pssi pour le grand public. En effet, si le système est utilisé depuis une vingtaine d’années à Atopia (avec des enfants qui ont grandi avec le système installé dès leur naissance), le reste du monde utilise des systèmes de réalité virtuel et augmentée plus primitifs.
Chaque chapitre du roman, dans ses deux premiers tiers du moins, suit un personnage différent, d’Atopia ou d’ailleurs, proposant une vision des différentes utilisations, et dangers, possible du système pssi. Chaque chapitre se déroule en même temps, le lecteur acquiert ainsi peu à peu une vision globale des enjeux du lancement du système pssi ; et bien évidement il y a des choses cachées et des complots dans les complots. Le dernière tiers du roman voit les différents éléments mis en place se rencontrer et interagir entre eux, un groupe de personnage d’Atopia est alors au centre de la narration.
Le roman est excellent et propose une réflexion intéressante sur les réalités virtuels et leurs utilisations. L’utilisation de plusieurs points de vues sur un même événement et malin car il met le lecteur dans la position de l’utilisateur du système pssi capable de fractionner sa conscience. Le twist final est peut-être de trop, j’attends d’avoir lu le second tome pour me décider.

Sumerki

Se déroulant à Moscou de nos jours, Sumerki de Dmitry Glukhovsky narre l’histoire de Dmitry Alexeïevitch, un traducteur, trentenaire un peu désabusé, qui accepte une traduction de l’espagnol au russe, alors que son espagnol est un peu rouillé.
Cette traduction est le second chapitre d’une expédition au Yucatán au XVIe siècle, armée par le prêtre franciscain Diego de Landa, à la recherche d’un site sacré et des manuscrits qu’ils contiennent (De Landa est le responsable d’un autodafé qui détruisit la majorité des textes de la civilisation maya).
Alors qu’il avance dans la traduction, et qu’il traduit les chapitres suivants, Dmitry se retrouve obsédé par ce récit au point qu’il ne se lève plus le matin que dans l’espoir d’avoir en sa possession le chapitre suivant. Mais peu à peu des événements étranges apparaissent dans sa vie : des meurtres, une maladie tropicale, des créatures du folklore maya, etc. Le tout répondant aux péripéties du récit que Dmitry traduit.
Dmitry poursuit néanmoins la traduction, dans la peur, afin de savoir ce qui arrive. Tous cela se déroulant alors que dans le monde des catastrophes naturelles de plus en plus violentes répandent morts et chaos.
Si le début du roman et son ambiance de mystère mon séduit, j’ai trouvé que l’auteur tirait un peu trop longtemps sur cette corde et que le fin mot de l’histoire, révélé à la fin du roman, est un peu trop tiré par les cheveux à mon goût ; un roman raté pour moi.

Cytheriae

Second roman du cycle de l’Archipel des Numinées, Cytheriae se déroule dans la cité-état du même nom. Après les événements survenus à la fin d’Arachnae, la cité de Cytheria vit une situation tendue. Elle doit faire face à l’arrivée de réfugiés de Matricia qui fuient l’épidémie de peste qui s’y est déclenché, elle doit faire face également au mécontentement croissant de sa population. La princesse de la ville, dont le demi-frère à moitié démon est enfermé dans le Labyrinthe où lui sont livrés les condamnés, s’accroche au pouvoir et craint que le Conseil des Moires perdent son pouvoir.
Proposant une intrigue moins politique qu’Arachnae, Cytheriae voit son intrigue également tourné autour du mal ancien qui se réveille dans l’Archipel. Alternant différents points de vue, le roman mélange deux enquêtes policières : une sur une série de suicides liés entre eux par la présence de carte de tarot près des corps, l’autre sur d’étranges créatures qui rodent dans les canaux de la ville et tuent humains et créatures maléfiques. Une écrivaine publique au passé traumatisant rentre en possession du journal de la Bête, alors que son amant, un nécromant déchu enquête sur la créature ancienne qui s’éveille.
Roman complexe et, je trouve, mieux maitrisé que le premier tome (les personnages ont plus d’épaisseur, par exemple), Cytheriae reste un roman sombre très intéressant à lire.
Lu dans le cadre du challenge SFFF au féminin

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Widdershins

Se déroulant plusieurs années après The Onion Girl, Widdershins propose une conclusion à l’histoire de Jilly. Le roman noue plusieurs trames narratives qui se croisent et se répondent.
Le roman débute lorsque Lizzie, une violoniste jouant d’un groupe de musique celtique traditionnelle, rencontre coup sur coup des bogans, un « cousin » de la tribu des corbeaux (un esprit amérindien) et un cousin cerf. Elle se retrouve alors, bien malgré elle, prise en otage d’un conflit qui la dépasse, entrainant avec elle Geordie et Jilly.
A partir de ce point de départ, le roman se subdivise en différentes trames narratives. Il y a ce qui arrive à Jilly, qui se retrouve a devoir faire face, de manière très directe, à ses terreurs d’enfant (elle a été abusée par son frère) dans le monde des esprits. Lizzie se retrouve a devoir trouver son chemin dans ce même monde des esprits après avoir été enlevé par les bogans.
Plusieurs esprits se lance a la recherche de Jilly et Lizzie (par devoir ou par amitié profonde et sincère) mais se retrouve rapidement pris dans l’inimité existante entre les esprits amérindiens et les Fays venus d’Irlande avec les migrations européennes. Les tensions deviennent si importantes que le clan des Buffalo est sur le point de déclencher une guerre. Une dispute entre un esprit saumon et un esprit corbeau sont la source de tous cela, leur relation et leur implication est également décrite dans le roman.
Excellent roman, Widdershins prend toute sa dimensions pour les lecteurs qui ont déjà lu une partie du cycle de Newford et qui ont lu The Onion Girl. Bien que pouvant se lire sans trop de difficulté sans ce « bagage », je ne le conseillerai pas comme cela.

Arachnae

Premier volume, sur trois, de la série se déroulant dans l’Archipel des Numinées (un ensemble de cités-états, la plupart des matriarcats, où les prêtresses du destin, les trois moires, ont un rôle de conseillères du pouvoir important). Chaque volume peut se lire de manière indépendante mais partage une trame de fond commune.
Dans Arachnae, premier roman du cycle qui se déroule dans la cité éponyme, l’auteure lie plusieurs trames entre elle pour former un roman sombre qui mélange intrigue policière et complot politique. Le roman alterne les points de vue entre le prince de la cité, les trois moires, ses conseillères, une courtisane et une espionne marquée par le destin.
Trois grandes intrigues se mêlent et s’interpénètrent. Au niveau policier c’est une série de meurtres particulièrement sordides qui occupent la police : des cadavres mutilés sont retrouvés dans le quartier du labyrinthe, un bidonville dans la ville. La police cherche a retrouver le, ou les meurtriers. En faisant jouer ses leviers, elle s’attache les services de Théodora, une espionne qui hésite à suivre son destin, afin de l’aider à retrouver les coupables.
Dans le même temps le Prince de la ville joue un jeu politique complexe et dangereux afin de sauvegarder sa place sur le trône et d’affaiblir le conseil des moires qui conseil les dirigeants de la ville depuis toujours. De nombreux complots sont déployés contre lui et ses trois enfants. Ses plans impliquent la mort de son fils, le Prince le sait et l’assume. Théodora saura un élément important de la réalisation de ceux-ci.
En toile de fond, la montée d’une puissance ancienne et mauvaise qui menace l’ensemble de l’archipel. Arachnae voit cette menace émergé, les autres romans du cycle la traite plus en détail.
Arachnae est un roman sombre qui ne ménage pas ses personnages ; il met également en scène des personnages féminins forts. J’ai apprécié la lecture de ce roman de fantasy sombre.
Lu dans le cadre du challenge SFFF au féminin

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Le Chevalier

Premier tome de la trilogie du Haut-Royaume, Le Chevalier est un roman de Fantasy se déroulant dans un monde où les dragons étaient des dieux qui perdent peu à peu leur pouvoir. Vénérés comme tel, ils ont laissé leur marque sur le monde, notamment par les guerres qui ont eu lieux entre les hommes et les dragons les plus mauvais (le dragon de la destruction, ou celui de l’Obscure par exemple) une paix fragile s’est installée.
Dans le Haut Royaume, l’une des deux grandes puissances, le Roi, malade et mourant, s’est retiré dans la plus imprenable de ses forteresses, pendant que la Reine intrigue afin de prendre, ou plutôt consolider, son contrôle sur le Haut Royaume. Elle s’apprête à restituer une cité stratégique au puissant royaume voisin contre une somme important pour renflouer les caisses vides du Haut Royaume.
Sur les conseils d’un représentant du Dragon du Destin, le Roi fait libérer Lorn de la pire prison du Haut Royaume (un lieu où l’Obscure est si présent qu’il marque les êtres et détruit les âmes et les esprits). Ancien chevalier, amis proches des princes du Haut Royaume, Lorn a été emprisonner pour haute trahison. Libéré, il est restauré dans ses prérogative et même élevé à une position importante. Pion du Roi, ou du Destin, Lorn défend les intérêts du Haut Royaume, à moins que, marqué par l’Obscure, Lorn ne cherche à se venger…
Le Chevalier est un roman intéressant qui se lit avec plaisir. Le monde développé par Pevel est intéressant et riche. Après avoir lu Les Lames du Cardinal, je ne peux m’empêcher de me poser la question sur l’utilisation des dragons par l’auteur. Il y a des similitudes entres les Lames et le Haut-Royaume : des créatures anciennes, perdant leur pouvoir, œuvrant dans l’ombre….
Au final, Le Chevalier est un bon début de cycle avec un personnage clair-obscur intéressant.

Les Derniers Parfaits

Les Derniers Parfaits est un roman de Fantasy. Classique dans son postulat de base et dans son déroulement : quatre prisonniers, enchainés ensembles et qui ont peu en commun, s’évadent lors du siège d’une ville et doivent collaborer afin de survivre à la traversée du royaume ennemis. Bien sûr, durant leur voyage, ils deviendront proches et changeront le cours de l’histoire car parmi eux se cache des personnes d’exceptions aux pouvoirs hors norme…
L’originalité du roman réside dans l’utilisation d’un imaginaire français. L’histoire se déroule en effet dans une version un peu différente de notre Europe. La magie existe et a permis à un puissant Empire de régner sur le monde. Celui-ci est tombé après un cataclysme, qui par exemple à fait de l’Espagne une île, en laissant de nombreuses reliques magiques, plus ou moins puissantes. Chaque individu possède une étincelle de magie qu’il utilise au travers d’un animal totem, il y a des exceptions, qui lui confère ainsi quelques pouvoirs et une partie de son caractère. Les Derniers Parfaits prend place durant la période de l’hérésie cathare. Alors que celle-ci était matée dans le sang, un pacte avec des démons a été conclu et les Cathares se sont forgés un royaume qui mène une guerre d’expansion contre la France.
Les Derniers Parfaits se lit avec plaisir et propose un cadre intéressant. A titre personnel, j’ai préféré la première moitié du roman et regrette la manière dont certains tropes de la Fantasy ont été utilisés ; notamment les personnages qui ont des pouvoirs hors-normes et un objet magique quasi omnipotents qui dirige une partie de l’histoire. Ses réserves mis à part, Les Derniers Parfaits est un bon roman.