Faery City

Faery City n’est pas vraiment un roman comme les autres, en effet Mathieu Gaborit, l’auteur, c’est fait accompagné par Amandine Labarre aux illustrations. Au final, cette ouvrage est donc un court roman, presque une nouvelle, illustré.

On y suit les aventures de Brune, une jeune fille de 19 ans qui, suite au décès de sa grand-mère, part à la recherche de ses origines. Elle découvrira un Paris parallèle, refuge des êtres merveilleux depuis la Saint Bartélhémy où ceux-ci ont été sauvagement massacré. Elle devra également découvrir la signification d’un mystérieux tarot afin de prendre la place qui lui est due dans les Arcanes de ce monde féérique.

Cette histoire d’Urban Fantasy vaut surtout pour ses belles illustrations. L’histoire intéressante ressemble plus à un prologue ou une introduction à une histoire plus vaste. Personnellement je en peux qu’espérer qu’elle cette dernière sera racontée.

The Chosen Place, the Timeless People

Lorsque j’ai commencé ma lecture de ce roman de Paule Marshall, je dois bien avoué qu’il m’est tombé des mains et que j’ai du m’y reprendre à trois fois avant de pouvoir dépasser la quatrième page. Ma fois, bien m’en a pris car ce roman est un véritable petit bijou.

Le roman suit la trajectoire de plusieurs personnages : un anthropologue juif américain blanc, sensible et ouvert d’esprit; sa femme une bourgeoise américaine blanche; un jeune anthropologue américain; un jeune noir des Caraïbes et une femme mure, également des Caraïbes, au lourd passé. Ces personnages se retrouve dans la région pauvre de Bourne Islande : Bournhills. Cette région et cette île imaginaire des Caraïbes servent de creuset pour une réflexion très fine et très intelligente sur le colonialisme, le néo-colonialisme, le sous-développement, l’aide au développement, etc.

Il est difficile de retracer l’intrigue de ce roman tant il est riche. L’écriture est riche et complexe et l’auteur alterne avec bonheur les points de vue narratif selon le personnage dont elle parle. Une lecture au final donc peut-être un peu difficile mais qui vaut largement la peine tant ce roman est riche et profond.

Northern Lights

En prévision de l’adaptation cinématographique, prévue en décembre, de Northern Lights (The Golden Compass au ciné), premier volet de la trilogie His Dark Materials, j’ai décidé de le lire avant de voir le film.

L’histoire, tous d’abord, est une quête “classique”. Une jeune fille, aux origines peu claire, élevée à Oxford, part pour un voyage afin de sauver un de ses amis enlevé par une mystérieuse organisation. En chemin, elle rencontre des alliés et des ennemis, et lève peu à peu le voile sur le mystère de sa naissance et les butes de l’organisation. Au final, une histoire connue, permettant l’identification des adolescents à l’héroïne de l’histoire. L’originalité n’est pas là.

L’écriture n’est pas originale non plus, mais est d’excellente qualité, Northern Lights est agréable à lire; rien à redire de ce côté là.

L’originalité se niche dans l’univers : un XIXe siècle parallèle, ou une église fragmentée est toute puissante. Chaque humain est lié à un daemon, un fragment de son âme qui prend une forme animale et accompagne toute sa vie “son humain”, lui donnant un compagnon intelligent. Un monde où se trouve également un peuple d’ours blanc intelligent, véritable machine de guerre sur pattes. Un monde surtout où les scientifiques et religieux s’interrogent sur l’origine et les propriétés du “Dust”. Et c’est là toute l’originalité de ce premier livre, les autres se déroulent en partie sur d’autres monde : un Univers original, décalé mais pas trop. C’est également une critique voilée de l’extrémisme religieux et du fanatisme.

Au final, peut-être pas un chef d’œuvre, mais définitivement un livre à part dans l’abondant production actuelle.

Les Noëls électriques

Un recueil de nouvelles de Noël destiné aux adultes, voila un livre qui m’a intrigué. C’est donc avec impatience que j’ai ouvert ce livre et lue les différentes nouvelles qui ce cachent sous une magnifique jaquette dorée.

Comme tous recueil de nouvelles, Les Noëls électriques cache des perles et des nouvelles que je me serais passé de lire. Mais c’est avec plaisir que je reconnais qu’il y a ici plus de perles que nouvelles à oublier.

“Adaptation” narre l’histoire d’un libraire, ancien comptable, père d’une petite fille, et divorcé qui, la veille de Noëls, fait la connaissance des fantômes de Noël. Ces derniers ne sont plus que l’ombre d’eux même, mais ils seront néanmoins capable de lui apporter un peu de joie.

“Un contrôle de Noël” est un nouvelle jouissive sur une famille contrôlée par la brigade de respect des traditions de Noël. Une nouvelle déjantée mais c’est tellement bon !

“Noir comme neige” est une nouvelle noir sur le remord, le passé et la mort. Le tout dans un hôpital durant la nuit de Noël.

“Un léger moment d’absence” voit un lutin du père Noël consulté un psychiatre pour des problèmes d’identités. Une excellente nouvelle écrite au vitriol.

“L’arbre et les corneilles” nous parle de transmission des valeurs à une nouvelle génération. Une femme enceinte se soumet à une tradition familiale, et les corneilles lui apportent des fragments de son passé.

“Tchingumabob” fait partie des quelques nouvelles que je n’ai absolument pas aimées. Une histoire de voyage virtuel avec des créatures puissantes sur fond d’histoire d’amours. Vraiment mauvais !

“Evasion à Gui 5” ou lorsque un ancien père Noël ayant péter un plomb s’échappe de l’asile et menace de tuer tous les enfants pas sage du monde. Les elfes auront fort à faire pour sauver Noël !!! Une autre nouvelle écrite au vitriol.

“Du chauffage au sol considéré comme arme d’attaque” est une enquête policière s’inspirant de Sherlock Holmes. Saint Nicolas mène l’enquète sur fond de guerre avec les pères Noël.

“Dans l’antre du docteur Coppelius” ou quand un draguer impénitent doit surveiller un enfant d’un magasin géant de jouets. J’aurais pu dire, ou comment faire une nouvelle d’horreur sur Noël.

“La mort des joujoux” la naissance et la déchéance du père Noël sur un ton humoristique. Pas mal, mais un cran au dessous du reste du recueil.

“Les harpes d’or”, la guerre des tranchés de la première guerre mondial durant la nuit de Noël, poignant et dur.

“Noël dans la cathédrale de Reims” est une nouvelle composite formée de témoignage sur la fin de Noël, lâchés par l’ensemble de la communauté internationale et par l’économie.

“Soudain tout à changé” est une sympathique nouvelle sur la mort, les souhaits qu’on a lors de son vivant et le père Noël.

“Bienvenue à C*** Island” une nouvelle étrange, faisant pensé à la série “le prisonnier”, se déroulant sur Christmas Island. Pas mal, mais également un cran en dessous.

“Le père Noël à des principes”, le père Noël a été assassiné pour une banal histoire d’adultère. Une nouvelle policière fort sympathique.

“Le poney” est une autre nouvelle d’horreur (diffuse) sur Noël. Ou comment réagir quant des cadeaux assouvissant les souhaits profond de ceux qui les reçoivent comment à apparaitre.

“l’étoile du nord” est une nouvelle d’anticipation sur l’état de notre monde d’ici quelques décennies vu par les yeux d’un enfant. Touchant !

“Mystère et boules de Noël” une nouvelle sympathique, mais également un cran au dessous, sur l’amitié entre un chat et un lutin.

“Winter Wonderland Inc.” clôt le recueil sur une nouvelle qui dépeint au vitriol la multinationale tentaculaire de Noël au travers du récit d’un de ses employés (la personne chargée d’analyser les lettres au père Noël). Un récit fort sympathique.

Les Noëls électriques se termine par un texte d’analyse survolant les différentes traditions de Noël dans le monde.

Au final, je ne peux que conseiller ce superbe recueil qui ferrait, je le pense, un très jolie cadeau de Noël.

Comme un roman

Hier, alors que je parlais de ce bouquin, j’ai été pris d’une envie soudaine de le relire. Aussitôt pensé, aussitôt fait ! Et Comme un roman est toujours aussi bon que dans mes souvenirs.

Pennac offre ici à la fois une réflexion sur la lecture et sur ce qu’est “être lecteur”, mais également sur la pédagogie et l’école qui, parfois (souvent ?), tue le plaisir de la lecture. Tous cela d’une écriture fluide et agréable. Même si je ne suis pas convaincu à 100% par certaines de ces remarques (notamment sur celle pour redonner le gout à la lecture), ce roman (essaie ?) touche juste. Il n’a, de plus, presque pas vieilli : et si le langage des “jeunes” à changer, il exprime, dans le fond, toujours la même chose : la révolte adolescente et le rejet de ce qui est imposé.

Je ne résiste pas ici de reproduite “Les droits imprescriptibles du lecteur” :

1. Le droit de ne pas lire.
2. Le droit de sauter des pages.
3. Le droit de ne pas finir un livre.
4. Le droit de relire.
5. Le droit de lire n’importe quoi.
6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
7. Le droit de lire n’importe où.
8. Le droit de grappiller.
9. Le droit de lire à haute voix.
10. Le droit de nous taire.

Musiques de la Frontière

J’adore les romans de Léa Silhol, et j’aime encore plus ses nouvelles. Son écriture est à la fois gracieuse, complexe, évocatrice et me capture à chaque lecture. La semaine dernière j’ai donc eu envie de relire le recueil Musiques de la Frontière.

Au fils des différentes nouvelles de ce recueil émerge l’histoire du peuple Fay. Ces enfants de l’homme, nés à notre époque, enfermé car trop sublime, trop différent, dévoile ici leur histoire : la conquête de leur ville, Frontière, ville hors du temps et de l’espace, la terre promise des Fay que l’on doit trouver avant de pouvoir y entrer; des histoires tragiques, de fureurs, de glamours et de beautés, des histoires d’apaisement, d’amour et de paix retrouvée enfin. Au final une histoire qui se raconte dans ce superbe recueil, devenus, hélas, difficile à trouver.

L’écriture de Léa Silhol puissante et belle convient parfaitement à ces histoires de Fantasy urbaine. Un must pour tous les fan d’imaginaire et de littérature française.

The Dew Breaker

Après avoir lu Krik? Krak!, je me suis lancé dans la lecture d’un autre recueil de nouvelles d’Edwidge Danticat, nouvelles qui sont égallement liées entre elles (même d’avantage que dans Krik? Krak!). Ce lien est si fort que pour une fois je ne passerais pas chaque nouvelle en revue.

Les histoires qui se croisent dans the dew breaker confronte un Tonton Macoute “rangé” à des victimes de la violence de la dictature des Duvalier. La plupart des nouvelles se déroulent aux USA et posent des questions telles que la vie après la violence, le poids du passé pour la génération suivante et la capacité de l’homme à l’oubli, au pardon et à la vengeance.

Ces nouvelles qui se répondent, et au final forment un cercle ou la fin du recueil croise son début, sont tous simplement superbes. Bien écrites, elles vous prennent à la gorge, aux tripes et au cœur. The dew breaker vous laisse, au final, lessivé et sans voix. Une lecture forte et sublime qui laisse des traces.

Annie John

Ce court roman raconte la sortie de l’enfance et l’entrée dans l’âge adulte de Annie John une adolescente au caractère bien trempé vivant sur l’île d’Antigua. Chaque chapitre conte une anecdote, un bout de vie qui montre la transformation progressive de la petite fille vers la femme. Transformation qui passe par le rejet de valeurs maternelles, la découverte d’un lesbianisme latent (mais toujours en restant dans la subtilité).

Franchement je ne sais pas pourquoi j’aime cette nouvelle, l’histoire n’est pas spécialement trépidante, mais la puissance de l’écriture et l’universalité de son thème mon profondément touché. Une très bonne lecture, courte et rapide qui plus est.

La majesté des mers

Troisième volume du cycle des douze Royaumes (mais situé chronologiquement avant la mer des ombres et Le rivage du labyrinthe), la majesté des mers narre les premières années du règne du roi de En “actuel”. Le royaume de En est resté longtemps sans souverain et a donc sombré dans l’anarchie. C’est donc un royaume affaiblit et hautement corrompu que le nouveau roi a découvert, ce dernier étant, comme son Kirin, originaire du Japon et non des douze Royaumes. Pour compliquer le tout : le nouveau roi semble bien indolent et le Kirin doute des mérites de la royauté.

C’est dans ce contexte que le royaume devra faire face à une rébellion et à l’enlèvement du Kirin. Cette rébellion sera un test pour le nouveau roi qui devra démontrer sa capacité à gouverner.

Le roman est plaisant à lire, même si j’avais trouvé la traduction des deux volumes précédant plus fluide. L’histoire est bien menée et les personnages sont haut en couleur et originaux. Une très bonne lecture pour de la fantasy différente et de saveur asiatique.

Le vendeur de sang

Premier livre d’une série de livres en rapport avec la Chine que je dois lire pour un cours. D’emblée, je dois dire que si le vendeur de sang se lit facilement ce n’est pas un livre qui m’a plut.

Il raconte l’histoire de Xu Sanguang, de sa jeunesse jusqu’à l’âge de ses 60 ans. Ce Chinois de classe modeste, se mariera, aura trois enfants (dont un bâtard qui n’est pas de lui, mais cela il ne le sait pas au départ) et traversera l’histoire chinoise de la seconde moitié du XXe siècle. La grande constance de sa vie, c’est que à chaque problème (disette, maladie, etc.), il ira vendre son sang, le liquide qui le relie à ses ancêtres.

Ce roman est avant tous une chronique de la vie ordinaire d’un Chinois de classe modeste. Elle est ponctuée du petits évènements tragico-comiques. Objectivement le roman est plutôt bon; une fois de plus, il ne m’a pas vraiment plus.