Hullabaloo in the Guava Orchard

Hullabaloo in the Guava Orchard me fait furieusement penser à Como agua para chocolate (Les épices de la passion en français) de Laura Esquivel. De ce roman indien se dégage en effet une ambiance proche du réalisme magique.

Hullabaloo in the Guava Orchard narre l’histoire de Sampath Chawla, jeune Indiens un peu mou de 20 ans, qui un beau jour décide de quitter l’appartement familiale pour aller s’installer sur les branches d’un « arbre à Guava ». Sa famille le rejoint bientôt et monte un petit business autour de sa prétendu sainteté qui attire rapidement des pèlerins venus de l’Inde toute entière. Si l’on ajoute à cela sa mère, obnubilée par la cuisine, son père, obnubilé par l’argent, et sa soeur, obnubilée par l’amour, des singes ivres et des fonctionnaires peu efficaces, on obtient un mélange des plus drôles.

Hullabaloo in the Guava Orchard forme, à un autre niveau de lecture, égallement une satyre de la société indienne; que cela soit au niveau des coutumes des ses habitants, de la stupidité de ses élites, ou encore de l’inefficacité de son administration. Au final une lecture courte (le livre fait à peine 200 pages), drôle et agréable.

Babyji

Babyji est un roman de « coming of age1 » se déroulant de le Delhi de la fin des années 80. Anamika est une adolescente de 16 ans appartenant à la caste des brahmanes. Anamika est une des meilleurs élèves de Delhi, elle est « prefect » dans son lycée, elle adore la physique, mais surtout Anamika se cherche. Elle découvre peu à peu sa lesbianité au travers de plusieurs aventures interdites. Avec une femme d’âge mur, avec l’employée de maison de caste inférieur, avec une camarade d’école, Anamika papillonne et s’interroge sur le sens de sa vie et de la Vie. Elle s’inspire pour cela de ces cours de physiques.

Alors qu’Anamika se découvre, l’Inde vit une petite révolution : la prise de mesures de discrimination positive envers les basses castes met le pays en ébullition. Des adolescents appartenant aux hautes castes s’immolent par le feu pour protester. La tentation d’étudier à l’étranger, les USA, est également grande.

Babyji met en parallèle l’arrivée à maturité d’une adolescente dont les préférences sexuelles sont fortement réprimé par la morale, et un pays dont le système de caste est peu à peu remis en question.

Le roman est très bien écrit et très bien maitrisé. Anamika a des aires de Lolita indienne. Franchement, au début le roman ne me plaisait pas plus que cela, c’est dans sa seconde partie que j’y ai découvert toute sa dimension politique pour finalement ressortir de ma lecture avec un sentiment d’avoir lu une très bon livre. Si vous aimez le genre « coming of age », vous ne pourrez qu’aimer ce roman, sinon vous y trouverez de bonne chose également, bien que le côté très sensuelle de l’histoire puisse en déranger certain.

1. Si vous savez comment dire « coming of age » en français et/ou espagnol, laissez un commentaire je suis intéressé !